Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 11 mois

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Bienvenue au Cœur du Crime, un podcast issu des archives d'Europe 1.
00:11Savez-vous que plus d'un tiers des crimes et délits commis en France sont traités par la Gendarmerie Nationale ?
00:19Je m'appelle Yann Kermadek, je suis commandant de gendarmerie.
00:25Je dirige une section de recherche dont la mission essentielle est une mission de police judiciaire.
00:41L'histoire que je vais vous raconter est une histoire vraie.
00:46Tous les faits sont réels et se sont déroulés en France.
00:50Seuls les noms des personnes et des lieux ont été changés.
00:55Harry Murdoch est un homme d'affaires heureux.
01:03Il habite une cabane au bord de la décharge municipale et, en échange des services qu'il rend,
01:09en veillant au feu et en écartant les fouineurs d'ordures,
01:12la ville lui concède le droit à être le seul à en faire la récupération.
01:17À l'exception de sa nourriture, tout ce dont il a besoin lui est fourni par cette décharge.
01:24Tenez, le pantalon qu'il porte, par exemple, d'un excellent tissu et pratiquement neuf.
01:31Le fait qu'il soit bleu vif et taillé pour un homme d'un mètre quatre-vingt-cinq bien charpenté ne gâte en rien le plaisir d'Harry.
01:39Il a simplement raccourci chaque jambe et épinglé des plis autour de la taille.
01:45Comme ça, il trouve même que son mètre cinquante et sa silhouette fluette sont plutôt avantageusement mises en valeur.
01:55La décharge ne lui apporte pas seulement le nécessaire, mais aussi le luxe.
01:59C'est ainsi que, depuis six mois, le sol de sa cabane s'orne d'un tapis perçant.
02:05D'accord, des tâches de toutes sortes superposent un second dessin à l'original, mais ça n'en est pas moins un véritable persan.
02:15Même ses boissons lui sont fournies par cette décharge.
02:19Et les boissons, c'est très important pour Harry.
02:22Les bouteilles des bars et des nightclubs de la ville y arrivent en quantité impressionnante.
02:28Et une partie de la journée d'Harry se passe à verser les quelques gouttes que contiennent souvent encore ces bouteilles
02:35dans une bonbonne de près de cinq litres dont l'étiquette colorée s'orne de ces mots enchanteurs
02:41« Bourgogne, fleur de lys ».
02:44Harry ne fait aucune discrimination entre les liquides variés qu'il mélange avec amour.
02:49Whisky, rhum, gin, vin, tout lui est bon.
02:54L'extrait de citron aussi, et même certaines lotions capillaires à haute teneur en alcool.
03:01Et puis, il y a cette mixture d'un rouge vif, le supertonic script, car il tient en haute estime.
03:09Il lui arrive assez fréquemment de découvrir des flacons pleins,
03:12ce qui tendrait peut-être à prouver que les acheteurs se rendaient compte dès la première gorgée
03:18que leur malaise était encore plus doux à endurer que ce fortifiant à boire.
03:25Harry reconnaît volontiers que, pris sec, le fameux supertonic script n'a rien de très agréable.
03:32Mais mélangé à un assortiment d'autres liquides, une grande partie de son amertume disparaît.
03:39Et puis, il faut dire aussi qu'il donne une si belle couleur au contenu de la bonbonne.
03:46Harry ne boit pas seul.
03:48Il met soigneusement de côté chaque récolte hebdomadaire pour le vendredi soir,
03:53car le vendredi soir, il reçoit la visite de son grand ami Joseph Jefferson.
03:58Joseph, lui, vit dans la cave de la prison, juste à côté de la morgue.
04:05De ce fait, il se considère comme un membre estimé des forces de police,
04:10ce qui n'est toutefois pas précisément le cas.
04:13La vérité est que la police, l'as de le ramasser sans cesse pour ivresse sur la voie publique ou autre petit délit,
04:20a fini par lui procurer ce coin de cave en échange de menu-service.
04:24Joseph peut donc aller et venir à sa guise à condition de ne pas boire outre-mesure,
04:30ce qui, à part ses fiestas du vendredi soir avec Harry, ne lui arrive pas souvent,
04:35vu qu'il ne dispose d'aucun revenu.
04:39Un lien profond unit les deux hommes.
04:42Joseph apprécie chez Harry sa généreuse hospitalité du vendredi soir.
04:48Harry et sa bonne humeur contagieuse.
04:50Harry, lui, c'est la sagesse de Joseph qu'il apprécie.
04:56Et aussi sa conversation, car Joseph, résident sous la prison et à deux pas de la morgue,
05:01représente une mine intarissable d'histoires plus horribles les unes que les autres.
05:08Ce soir-là, Harry attend son ami avec une impatience particulière.
05:13Un échantillon d'un demi-verre de son mélange l'a convaincu que,
05:18cette semaine, il a réussi un mélange absolument parfait.
05:23La manière dont il lui avait brûlé la gorge et soulevé l'estomac en était une preuve indéniable.
05:29De plus, Joseph va, sans aucun doute, lui apporter une profusion d'informations détaillées.
05:36En effet, durant la semaine, il y a eu un hold-up dans une banque de la ville,
05:39et même un assassinat. Harry compte donc bien passer une excellente soirée.
05:46Joseph arrive ponctuellement à sept heures tapantes.
05:50À son habitude, il frappe un seul petit coup sec à la porte,
05:53sage précaution, car sans cela, la porte ne résisterait pas.
05:58Puis, sans attendre de réponse, il passe sa tête dans l'entrebaillement
06:02et claironne d'une voix tonnante « Y'a-t-il quelqu'un ? »
06:06« Oh, c'est toi ! » fait Harry comme surpris par cette visite.
06:11« Entre, entre donc ! »
06:14Ayant satisfait à cette coutume, les deux amis se serrent cérémonieusement la main
06:19et Harry, d'un geste courtois, désigne une chaise près de la table.
06:25Joseph s'assied et laisse tomber son vieux chapeau par terre.
06:30« Tu accepteras bien un petit verre ? » demande Harry en prenant comme toujours un air détaché.
06:37« Il ne faudrait pas que ça te dérange ! » répond Joseph en se léchant déjà les babines.
06:44Harry sort deux verres qu'il remplit à ras bord,
06:47puis il regarde attentivement son ami fermer les yeux,
06:51verser le breuvage dans sa bouche,
06:53l'y faire tenir quelques instants avec ravissement,
06:56puis se pencher en arrière pour le faire descendre dans sa gorge.
07:02« Oh ! Tu sais, Harry ! » fait Joseph.
07:06« Je crois que cette fois, t'as atteint la perfection ! »
07:12Rayonnant, son hôte avale une longue gorgée,
07:15mais évidemment la modestie lui interdit de commenter son chef-d'œuvre.
07:20« Je me suis laissé dire que tu avais été joliment occupé cette semaine, Joseph. »
07:29Joseph hoche gravement la tête.
07:31« Oh, ça, tu ne peux pas avoir idée !
07:34Avec le chef me courant après toutes les cinq minutes pour me demander un avis,
07:38et moi interrogeant les prisonniers jour et nuit,
07:42je te prie de croire que ça n'a pas été de la tarte ! »
07:45Les yeux de Harry brillent d'admiration.
07:47« Tu mènes une vie vraiment intéressante, Joseph. Parle-moi un peu de la morgue. »
07:55Joseph frémit, puis vide son verre d'un trait pour se donner du courage.
08:00« Un travail du syndicat ! »
08:04« La pauvre victime était une véritable passoire. Jamais vu un meurtre aussi bien fait. »
08:11Harry frissonne de plaisir.
08:12« Beaucoup de sang, je suppose. »
08:16Joseph secoue la tête.
08:17« Non, pas une goutte, mon vieux, pas une goutte.
08:20Le corps était complètement vidé de son sang par tous les trous qu'on y avait faits.
08:26Ces cadavres-là, ils sont pire encore que ceux qui saignent.
08:29On dirait des statues de marbre, à part les trous, évidemment. »
08:34« Et pourquoi on a fait ça ? »
08:37Demande avidement Harry.
08:38« Un type qui a trop parlé. Et au syndicat, tu sais, on n'aime pas du tout ça. »
08:46« C'est bien vrai, ça. »
08:48Fait gravement Harry en remplissant à nouveau leurs deux verres.
08:51« Tu te souviens de l'affaire que j'ai résolue il y a cinq ou six ans ? »
08:56Demande Joseph avec un sourire rêveur.
08:58« Oh, celui-là aussi, il avait été trop bavard. »
09:03« Lequel, le petit à moustache ? »
09:06Demande Harry, dont l'esprit commence à se perdre dans une brume cotonneuse.
09:11Joseph se prépare à répondre quand soudain, sans le moindre avertissement,
09:15la porte s'ouvre toute grande.
09:17Harry et Joseph voient d'abord apparaître deux énormes revolvers,
09:21puis deux hommes à l'air pas rassurants du tout.
09:27Il semblerait que la soirée de nos deux amis soit bien compromise.
09:31Mais peut-être pas autant qu'il y paraît à première vue,
09:36comme vous le constaterez dans quelques instants.
09:47Harry Murdoch, clochard de son état,
09:50invite chaque vendredi soir dans sa cabane
09:52son vieil ami Joseph, clochard lui aussi.
09:56Ensemble, ils sirotent en bavardant de curieux mélanges
10:01que fabrique Harry avec les fonds de bouteilles récupérés
10:04dans la décharge municipale.
10:06Mais ce soir-là, ils sont dérangés par l'irruption
10:10de deux hommes armés de revolvers et fort menaçants.
10:14« Non, mais t'as vu ça ? »
10:17fait l'un des deux hommes, un grand maigre aux cheveux blonds
10:20filasses et aux yeux bleus délavés.
10:22« Deux vieux en train de siffler du pinard. »
10:25Harry est le premier à se ressaisir.
10:27« Mais on vous a rien fait ! »
10:29s'écrit-il en bondissant sur ses pieds.
10:31« Qu'est-ce qui vous prend d'entrer comme ça dans la maison des gens ? »
10:34« Et il appelle ça une maison ! »
10:36glousse le blond en se tournant vers son acolyte
10:38qui regarde fixement Harry et Joseph de ses yeux ronds et noirs.
10:41Harry dresse bien droit à son mètre cinquante
10:44pour mieux protester contre cette insulte.
10:46Mais Joseph, tendant le bras par-dessus la table,
10:50l'oblige à se rasseoir.
10:52« T'énerve pas, Harry !
10:53C'est les types du syndicat !
10:55Entrons plutôt dans leur jeu ! »
10:57Harry, l'air très sérieux,
11:00semble considérer un instant la chose.
11:03« T'as raison, Joseph.
11:05Je vais chercher les cartes. »
11:08Les deux amis avaient baissé la voix,
11:09mais on aurait fort bien pu les entendre
11:11à cent pas.
11:13Le grand blond les dévisage
11:14avec autant de colère que de perplexité.
11:17« Vous êtes pas cinglés, non ?
11:19Parlez derrière notre dos, comme ça, devant nous ! »
11:22Son acolyte prend la parole pour la première fois.
11:24« Laisse tomber !
11:26Ça ne sont que des poivreaux,
11:27ils sont complètement sous. »
11:29« Ouais ! »
11:30fait le blond en s'avançant d'un pas
11:31pour examiner l'étiquette de la bonbonne.
11:33« Bourgogne fleur de lys !
11:36Mais ça m'a l'air d'être de la belle marchandise, ça ! »
11:39Il se tourne vers Harry et Joseph
11:41et ajoute d'un ton accusateur
11:42« Habiter une tourne pareille
11:45et boire du fleur de lys,
11:46vous devriez avoir honte ! »
11:48Il ouvre alors un placard mural
11:50et en sort deux verres qu'il remplit.
11:52Il entend un à son compagnon
11:54qu'il accepte avec un petit sourire.
11:56« Jerry ! »
11:57fait le blond.
11:58« Montrons un peu à ces deux vieux clowns
12:00comment il faut boire.
12:01Allez, cul sec ! »
12:04Ce qui suit est vraiment très bizarre.
12:09Les deux hommes laissent tomber leur revolver
12:11et leur verre en suffoquant
12:13et en échangeant des regards horrifiés.
12:15Puis, quand la mixture d'Harry
12:17atteint leur estomac,
12:18ils s'écroulent par terre
12:19en se tordant dans tous les sens.
12:21« Vite, vite ! Un docteur ! »
12:23hurle le blond.
12:24« Tu ! »
12:25rectifie l'autre dans une plainte angoissée.
12:28Harry et Joseph les regardent étonnés.
12:30« Mais qu'est-ce qu'il leur prend
12:32à ces deux-là ? »
12:34demanda Harry.
12:35« Des drogués ! »
12:36remarque Joseph en professionnel.
12:38« Ça leur arrive parfois comme ça
12:39sans crier gars.
12:40Ce qu'il leur faut, c'est de la cam. »
12:43« Ben, j'en ai pas sous la main ! »
12:45fait Harry.
12:46Puis, se tournant vers les deux hommes
12:48toujours étendus
12:48et gémissant à fendre l'âme,
12:50« Dites-donc les gars !
12:51Pourquoi vous iriez pas
12:52me chercher un petit peu de cam ?
12:54Vous vous sentiriez beaucoup mieux après ! »
12:56« Un docteur ! Un docteur ! »
12:58gagne-t-il en cœur.
13:00Joseph se verse un nouveau verre,
13:02le vide sans se presser,
13:04puis regarde pensivement les deux hommes.
13:06« Tu sais, Harry,
13:09ces deux types,
13:10ils avaient pas le droit
13:11d'entrer comme ça chez toi
13:13et nous menacer de leur revolver. »
13:16« Ça, c'est bien vrai, Joseph.
13:18Qu'est-ce qu'on leur avait fait ?
13:19Hein ? Rien ?
13:20On leur avait absolument rien fait ! »
13:24Soudain, leur conversation est interrompue
13:26par un hurlement de sirène
13:28et un instant plus tard,
13:30deux policiers font irruption
13:31dans la cabane,
13:32revolver au point.
13:32« Et vous n'auriez pas vu
13:34deux types ? »
13:35commence le premier d'entre eux.
13:37Puis, il aperçoit
13:38les deux hommes gisant sur le sol.
13:40« Bon sang, mais les voilà !
13:42Ouais, c'est bien eux !
13:43Qu'est-ce qui a bien pu leur arriver ? »
13:45« C'est pas notre faute,
13:46monsieur l'agent ! »
13:47fait Harry.
13:47« Ils sont entrés ici
13:48en nous menaçant
13:49et puis ils sont tombés malades.
13:52Des vrais gangsters, hein ? »
13:55« Mais en tout cas,
13:56à l'heure qu'il est,
13:56ils n'en ont plus l'air ! »
13:57remarque l'un des policiers.
13:59« Nous ferions bien
14:00de les emmener à l'hôpital.
14:01Qui meurt,
14:02ça nous est bien égal,
14:03mais avant,
14:04il nous faut leurs aveux
14:05au sujet du hold-up de la banque.
14:07Quant à vous,
14:08il faudra venir raconter
14:09votre histoire au commissariat. »
14:12Une demi-heure plus tard,
14:14Harry et Joseph sont assis
14:16en face du chef de la police.
14:19« Allons, messieurs
14:20les vieux poivreaux,
14:21détendez-vous.
14:23Vous n'êtes en aucune façon impliqués.
14:26James Nelson et Jerry White
14:28cherchaient à se cacher.
14:30Dites-nous ce qui s'est passé
14:31et après vous pourrez partir. »
14:35« Voilà comment c'est arrivé, chef ! »
14:38commence Joseph
14:39d'une voix pâteuse.
14:41« Mieux vaut laisser parler
14:44Harry ! »
14:44l'interrompt gentiment
14:46le policier.
14:46« Il a l'air beaucoup moins
14:48imbibé que vous, Joseph.
14:50Je vous écoute, Harry. »
14:52Harry s'éclaircit la gorge,
14:54mais avant qu'il ait eu le temps
14:55de dire un mot,
14:57un autre policier
14:58fait irruption dans la pièce.
14:59« Chef, nous avons
15:00les aveux complets
15:01des deux Lascars,
15:02non seulement à propos
15:03de l'affaire de la banque,
15:04mais aussi de trois
15:05ou quatre autres hold-up.
15:07Ils croyaient
15:07qu'ils allaient mourir,
15:08alors ils ont tout avoué. »
15:10Le policier tente alors
15:11un papier à son supérieur.
15:13« Tenez,
15:13voilà le rapport
15:14du médecin.
15:15Ils vivront,
15:16mais ils auront mal
15:17à l'estomac
15:18tout le restant
15:18de leur vie.
15:19Le Toubib n'a aucune idée
15:21de ce qu'ils ont pu boire,
15:22mais ça devait être
15:23sacrément puissant. »
15:25Le chef de la police
15:26s'adresse à Harry.
15:28« Dites-moi, Harry,
15:29qu'est-ce qu'ils ont bu
15:30au juste ? »
15:32Harry sortit
15:33nerveusement
15:34sur sa chaise.
15:35« Eh bien,
15:36voilà, monsieur,
15:38c'est quelque chose
15:39que j'ai trouvé
15:40dans la décharge. »
15:42« Mais c'est dangereux, ça.
15:44Et qu'est-ce que
15:45vous vouliez en faire ? »
15:47Harry se tourne
15:48vers Joseph
15:49d'un air gêné
15:50et soudain,
15:51il voit une mouche
15:53se poser
15:53sur le nez
15:54de son ami.
15:55« Les punaises ! »
15:56dit-il,
15:57prit soudain
15:57d'une inspiration géniale.
15:59« C'est un pour tuer
16:00les punaises !
16:01Hein que c'est vrai,
16:02Joseph ? »
16:03« Ouais, ouais ! »
16:04fait Joseph
16:04en louchant
16:05pour voir la mouche
16:06sur son nez.
16:06« Tu te souviens, Harry ?
16:08Les cafards,
16:09ils sont morts
16:10dès que j'en ai
16:11versé un peu
16:12sur eux. »
16:14« Mettez un secticide ! »
16:16dit le chef
16:17de la police
16:17à son sténographe,
16:19puis se tournant
16:20à nouveau vers Harry.
16:21« Maintenant, Harry,
16:22dites-moi,
16:22comment vous avez fait
16:23pour qu'ils boivent
16:24ce poison ? »
16:26« Mais ils ont cru
16:27que c'était
16:28du Bourgogne
16:29fleur de lys. »
16:31« Du Bourgogne
16:32fleur de lys ? »
16:34« Tiens, tiens ! »
16:36Il réfléchit
16:37quelques instants,
16:37puis hausse
16:38les épaules
16:39en désespoir
16:40de cause.
16:41« Notez
16:42qu'ils ont confondu
16:43l'insecticide
16:44avec du vin, »
16:46dit-il au sténographe.
16:49Une fois que
16:50tous les papiers
16:50sont prêts,
16:52Harry et Joseph
16:52les signent
16:53sans poser
16:54aucune question.
16:55Puis,
16:56Harry demande
16:56« Dites,
16:58on peut partir
16:59maintenant ? »
17:00« Pas encore,
17:01messieurs.
17:02Je ne vous l'ai pas dit,
17:03mais il y a
17:04une récompense
17:04de 30 000 dollars
17:05pour qu'il fera
17:06arrêter
17:06les deux gangsters.
17:08Et il est évident
17:09que vous avez
17:09droit à cette somme.
17:11Alors,
17:12voilà ce que
17:12je me suis dit.
17:14Cet argent
17:15peut vous permettre
17:16d'entrer
17:16tous les deux
17:17comme pensionnaires
17:18dans une maison
17:19de retraite.
17:20Il y en a une très bien
17:21ici, en ville.
17:22Un de maison
17:23clivie
17:23et il s'y plaît
17:24énormément.
17:26Beaucoup
17:26de vieux amis,
17:27d'excellents repas,
17:29une chambre
17:29bien propre
17:30et un bain
17:31tous les jours.
17:33Un bain
17:35tous les jours ?
17:37répète Harry
17:37en ouvrant
17:38des yeux
17:38tout ronds.
17:39Et même
17:40deux,
17:41si vous le désirez,
17:42dit le chef
17:42de la police
17:43en évitant
17:43le regard
17:44des deux amis.
17:46Chef,
17:47dit Harry,
17:48je ne crois pas
17:49que Joseph
17:50et moi
17:51on ait droit
17:52à la récompense.
17:54Hein ?
17:54C'est vrai,
17:55Joseph ?
17:56Oh, pour ça,
17:56c'est sûr,
17:57chef,
17:58fait Joseph
17:59avec en face.
17:59Nous ne méritons
18:01aucune récompense.
18:02Ces deux types
18:03allaient nous tomber dessus
18:04quand vos hommes
18:05sont arrivés
18:06à notre secours.
18:08Oui,
18:09ce sont eux
18:10qui ont droit
18:10aux trente mille dollars,
18:12reprend Harry.
18:12Après tout,
18:13ils ont fait
18:14tout le boulot
18:15et...
18:16Le chef de la police
18:18hoche pensivement
18:19la tête.
18:20Vous savez,
18:22c'est contraire
18:22au règlement.
18:25Il se passe
18:25une main sur le front,
18:26l'air de réfléchir
18:27intensément
18:28semble hésiter
18:30un peu,
18:32puis dit
18:33« En fait,
18:35il y a un autre moyen.
18:37Vous pouvez accepter
18:38la somme
18:39et en signer
18:39l'abandon
18:40au profit
18:41des œuvres
18:41de la police.
18:43Cela vous convient-il,
18:44messieurs ? »
18:46Ça leur convient
18:46effectivement fort bien.
18:48Harry et Joseph
18:48signent les documents
18:49qu'on leur présente
18:50avec des signes
18:51visibles
18:51de soulagement.
18:53Le chef de la police
18:55appelle une voiture
18:55pour les faire reconduire
18:57jusqu'à la cabane
18:58d'Harry,
18:59puis,
18:59une fois qu'ils ont
19:00quitté son bureau,
19:02ils se tournent
19:02vers son secrétaire.
19:05« Bénie,
19:05je crois que je leur ai
19:06fait une belle peur,
19:07une maison de retraite.
19:09Tu te rends compte ?
19:09Ce serait l'enfer
19:10pour eux.
19:11Ils n'y seraient pas
19:12restés un an
19:12et je préfère
19:13ne pas penser
19:14à ce qui serait arrivé
19:15s'ils s'étaient offerts
19:17pour trente mille dollars
19:18de torboyaux
19:19additionnés
19:20de leurs fameux
19:21insecticides. »
19:25De retour
19:28dans la cabane
19:28d'Harry,
19:30le premier geste
19:31des deux amis
19:31est de se servir
19:32une généreuse
19:33rasade
19:34de bourgogne
19:35fleur de lys.
19:37« Quand je pense
19:39au guépier
19:40dans lequel
19:40nous avons failli
19:41nous fourrir,
19:43j'en tremble encore,
19:45dit Harry.
19:46Tu te rends compte,
19:47Joseph ?
19:48Un bain
19:49tous les jours ! »
19:51Et il boit
19:52un grand coup
19:53comme pour effacer
19:54cette vision
19:55de cauchemar.
19:57« Et vivre
19:58dans une boîte
19:59remplie
20:00de vieux idiots ! »
20:02ajoute Joseph.
20:02« Mais c'est pas là-bas
20:04qu'on aurait la chance
20:05de boire
20:06quelque chose
20:06d'aussi bon ! »
20:08« Ah ben ça,
20:08tu peux le dire ! »
20:10fait Harry
20:10en caressant
20:11tendrement son verre.
20:13« Mais,
20:14Joseph,
20:15si on parlait
20:16quelque chose
20:17de plus gai... »
20:19« De quoi,
20:20par exemple ? »
20:22« Ben,
20:23tu pourrais me raconter
20:24un peu
20:24ce qui se passe
20:26à la morgue ? »
20:27Vous venez d'écouter
20:34Au cœur du crime,
20:36un podcast
20:36issu des archives
20:37d'Europe 1.
20:38Réalisation,
20:39Julien Tarot.
20:41Production,
20:41Estelle Laffont.
20:43Patrimoine sonore,
20:44Sylvaine Denis,
20:45Laetitia Casanova
20:46et Antoine Reclus.
20:48Promotion,
20:49Marie Corpé.
20:50Au cœur du crime
20:51est disponible
20:52sur le site
20:52et l'appli Europe 1.
20:54Écoutez aussi
20:55l'épisode suivant
20:56en vous abonnant gratuitement
20:57sur votre plateforme d'écoute.
Commentaires

Recommandations