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  • il y a 4 mois

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00:00Bienvenue au Cœur du Crime, un podcast ici des archives d'Europe 1.
00:11Savez-vous que plus d'un tiers des crimes et délits commis en France sont traités par la Gendarmerie Nationale ?
00:19Je m'appelle Yann Kermadek, je suis commandant de gendarmerie.
00:25Je dirige une section de recherche dont la mission essentielle est une mission de police judiciaire.
00:41L'histoire que je vais vous raconter est une histoire vraie.
00:46Tous les faits sont réels et se sont déroulés en France.
00:50Seuls les noms des personnes et des lieux ont été changés.
00:55Nous étions le 15 avril.
01:01Après un hiver long, triste et froid, le printemps ne nous avait pas encore fait signe.
01:07Il pleuvait depuis plusieurs jours et le sol était détrempé.
01:12Le jeune homme qui gambadait dans la forêt de la Garenne était soit courageux, soit inconscient.
01:18Comme ces citadins qui font leur jogging par n'importe quel temps, persuadés de garder la forme en pataugeant gaiement dans les flaques d'eau, alors que c'est bien souvent la pneumonie qui les guette.
01:29Le jeune cadre dynamique courait donc en pleine forêt, en jambant les branches d'arbres que le vent avait fait tomber et éclaboussant son jogging tout neuf avec la boue du sentier.
01:40Tout à coup, alors qu'il avait pris son élan pour franchir un obstacle plus haut que les autres, près d'une pile de bois coupée, il vit une tâche de couleur qui, dans ce coin de nature, paraissait tout à fait incongrue.
01:53Un rouge, plus rouge que le manteau du Père Noël.
01:58Le jeune homme, freiné dans sa course, manqua l'obstacle et s'étala de tout son long au milieu des branches, des brindilles et des feuilles humides.
02:07Péniblement, en jurant, il se releva et s'aperçut que la tâche de couleur rouge qui avait attiré son attention n'était autre qu'une veste de femme.
02:16Il s'approcha encore et découvrit avec horreur que le vêtement recouvrait un corps gisant dans la boue, le corps d'une femme égorgée.
02:29Les gendarmes de la brigade territoriale de Briel, alertés par le promeneur, arrivent sur les lieux du drame et demandent aussitôt le concours de ma section de recherche.
02:39Sur ordre du commandant de compagnie, je me rends donc à mon tour à l'endroit où l'on a découvert le corps de la femme assassinée.
02:49Le procureur de la République est là lui aussi.
02:53La victime est une jeune femme. Elle semble avoir une trentaine d'années.
02:58Elle présente une plaie béante à la gorge. Il ne fait aucun doute qu'elle a été exécutée.
03:05Pour l'instant, elle ne peut pas être identifiée.
03:09Il est 18h. Avant la tombée de la nuit, le chef Beauvais, technicien des investigations criminelles qui m'a accompagné,
03:18procède sur place à des constatations minutieuses et à des prélèvements,
03:22pendant que je fais le nécessaire pour essayer de connaître l'identité de la victime.
03:28J'apprends qu'une jeune femme disparue depuis le 13 avril fait l'objet d'une demande de recherche dans l'intérêt des familles.
03:35Il se pourrait fort bien que notre inconnue et cette jeune femme ne fassent qu'une seule et même personne.
03:43Rapidement, la victime est identifiée comme étant Geneviève Gobain, précisément la jeune femme disparue.
03:50Son compagnon, Bernard Dupuc, qui avait lancé la recherche dans l'intérêt des familles, la reconnaît formellement.
03:56C'est avec lui que nous devons tenter de reconstituer l'emploi du temps de la victime.
04:04Bernard Dupuc est un homme de 38 ans, grand, à la carure impressionnante, au visage carré, au menton volontaire.
04:11Malgré son chagrin, il fait de son mieux pour m'aider.
04:15Juste avant sa disparition, Geneviève avait rendu visite à son amie Christine, chez qui j'étais allé la rejoindre.
04:22Et on est partis de chez Christine vers 5 heures du soir.
04:25Avec ma voiture, on a pris la route en direction de Chaumont.
04:29Sur le chemin, on s'est un peu disputé.
04:32Vous savez, mon commandant Geneviève, elle était très jalouse et m'a fait une scène.
04:36Elle était vraiment furieuse contre moi.
04:38Et brusquement, alors que la voiture était arrêtée un feu rouge, elle est descendue et elle est partie en courant.
04:43Moi, le temps de me garer, je l'avais perdu de vue, forcément.
04:47Alors, je l'ai cherché dans les rues de Chaumont pendant une heure, mais je ne l'ai pas retrouvée.
04:52Je ne l'ai jamais revue.
04:54Et deux jours plus tard, inquiet de ne pas la voir revenir, d'être son nouvel, quoi.
04:57Je suis allé à la gendarmerie pour demander une recherche dans l'intérêt des familles, quoi.
05:02Et voilà le résultat.
05:05Monsieur Dupuc, vous me dites que votre amie était jalouse.
05:10Avaient-elles des raisons de l'être ?
05:12Mais non, mon commandant, dans la voiture, elle m'a fait une scène parce qu'elle trouvait que j'étais trop gentil avec sa copine Christine.
05:18Mais moi, je n'avais rien à me reprocher, n'est-ce pas ?
05:20Geneviève, elle était maladivement jalouse.
05:23C'est tout.
05:26Monsieur Dupuc, après avoir cherché Mlle Gobain dans les rues de Chaumont, qu'est-ce que vous avez fait ?
05:33Hein ?
05:34Ben, j'ai repris ma voiture et puis je suis rentré chez moi, quoi.
05:37Je me disais qu'elle reviendrait peut-être bien ou qu'elle me téléphonerait, quoi.
05:42Oui, monsieur Dupuc, est-ce que, en rentrant chez vous, vous êtes passé par la forêt de la Garenne ?
05:48Hein ?
05:49Ben non, pourquoi que j'y serais passé ?
05:51Non, je suis rentré directement chez moi.
05:55Je vous remercie, monsieur Dupuc.
05:56Les prélèvements de terre en surface et en profondeur, faits par le chef Beauvais dans la forêt,
06:04à l'endroit même où l'on a trouvé le cadavre de Geneviève Gobain,
06:08lui ont permis de détecter des traces d'épanchement et d'infiltration de sang.
06:12Le lieu exact et précis du crime a donc ainsi été déterminé.
06:18Pas très loin de l'endroit où a été découvert le corps de la victime,
06:22le chef Beauvais a effectué d'autres prélèvements de terre,
06:25et il a pris des photos.
06:28Il a ainsi relevé des empreintes très intéressantes de pneus de voiture.
06:33Peut-être ces traces appartiennent-elles au véhicule de l'assassin ?
06:39Les gendarmes que j'ai envoyés dans la forêt pour enquêter sur les lieux du crime
06:42et essayer de trouver des témoins,
06:45ont interrogé tous les promeneurs et tous les coureurs à pied et à vélo qu'ils ont pu rencontrer.
06:50L'un d'eux, un vieux sportif qui vient tous les jours faire quelques kilomètres
06:55dans la forêt, a vu, près de l'endroit où a été découvert le corps de la malheureuse jeune femme,
07:00une voiture qui allait puis qui revenait sur le chemin défoncé
07:04où peu de véhicules se seraient risqués.
07:07Je demande donc à entendre ce témoin
07:09qui se présente à mon bureau dans les plus brefs délais.
07:12En commandant, je m'appelle Georges Salmonet, j'ai 72 ans,
07:18j'ai fait du sport toute ma vie et c'est pour ça que je garde la forme, n'est-ce pas ?
07:22Tous les jours à la même heure, vous êtes sûr de me trouver dans la forêt
07:24en train de me dérouiller les jambes
07:26et c'est rare que je rencontre du monde,
07:29quelques sportifs comme moi, quelques promeneurs de chiens,
07:32mais c'est tout, il n'y a jamais de voiture.
07:35Ce chemin est trop défoncé, n'est-ce pas ?
07:37C'est pour ça que j'ai remarqué la voiture que j'ai vue passer samedi.
07:42Ah, et quelle heure était-il, M. Salmonet ?
07:45Écoutez, mon commandant, je pars de chez moi chaque jour vers 17h30, voyez,
07:50après la sueste.
07:51Comme ma maison se trouve à la lisière de la forêt,
07:53il me faut 15 minutes pour arriver jusqu'à l'endroit
07:56où on a découvert la pauvre jeune femme.
07:59Il devait être environ entre 18h, 18h30, n'est-ce pas ?
08:05M. Salmonet,
08:07« Pouvez-vous me décrire la voiture que vous avez vue ? »
08:09« Alors là, vous pouvez dire que vous avez de la chance, mon commandant.
08:13Les voitures, vous voyez, c'est mon truc.
08:15J'étais chef d'atelier dans un garage autrefois,
08:18alors quand je vois une bagnole, ça je peux dire tout de suite la marque.
08:21La marque est où ça, n'est-ce pas ? »
08:24« Donc, mon commandant, c'était une Talbo Samba Blanche, affirmatif.
08:31Avez-vous vu les occupants de la voiture, M. Salmonet ? »
08:34« Ben, il m'a semblé voir deux hommes, mais j'en suis pas très sûr, n'est-ce pas ?
08:39Les jambes vont bien, mais c'est les yeux, n'est-ce pas ? Ils vont plus très bien.
08:42Mais pour la voiture, je suis sûr qu'il s'agit d'une Talbo Samba Blanche, mon commandant. »
08:49« Je vous remercie, M. Salmonet. »
08:52Avant de demander la liste de tous les propriétaires de Talbo Samba Blanche du département,
08:59je continuais d'enquêter en demandant qu'on vérifie si la voiture de Bernard Dupuc,
09:05le compagnon de la victime, n'était pas par hasard celle qu'avait vu le témoin.
09:10Mais il n'en était rien.
09:14Bernard Dupuc, quant à lui, possédait une 205 GTI rouge, une voiture très voyante.
09:21Il était donc impossible de la confondre avec une Talbo Samba Blanche.
09:28Le 16 avril au matin, je me rends au domicile de Christine Vinan, l'amie de Geneviève Gobain.
09:35Christine Vinan est une jeune femme sympathique, assez jolie,
09:41qui connaît Geneviève Gobain depuis sa plus tendre enfance.
09:45C'était vraiment son amie intime.
09:48Christine Vinan est profondément bouleversée et ne comprend pas ce qui a pu se passer.
09:54Elle me confirme que Geneviève est bienvenue la voir le samedi 13.
09:58Elles ont déjeuné ensemble, puis Bernard Dupuc est venu chercher sa compagne.
10:04Quand je lui demande si son amie Geneviève lui avait fait des confidences,
10:11Christine Vinan semble tout à coup très gênée.
10:16Enfin, elle finit par me dire que Geneviève était très malheureuse,
10:20qu'elle ne s'entendait plus avec Bernard et qu'elle avait l'intention de le quitter.
10:26Bernard était un homme violent, d'humeur ombrageuse et d'une jalousie maladive.
10:31Geneviève ne savait pas comment faire pour le quitter.
10:35Elle avait peur de lui, craignant une réaction violente de sa part.
10:42Le jour du drame, Bernard Dupuc était donc venu chercher sa compagne
10:46et Christine Vinan les avait bien vus partir tous les deux vers 17h dans la voiture rouge de Bernard.
10:53Elle n'avait plus jamais revu Geneviève.
10:59Il lui semblait que dans le courant de la conversation,
11:03son amie lui avait parlé d'un dîner avec un ami de Bernard prévu pour ce samedi soir.
11:08Mais elle ne se souvenait pas que Geneviève avait précisé quoi que ce soit d'autre
11:12concernant ses projets pour cette soirée.
11:15A tout hasard, je demandais à Christine Vinan si elle connaissait quelqu'un dans l'entourage du couple
11:23possédant une Talbo Samba blanche.
11:28Mais ma question demeura sans réponse.
11:33Geneviève Gobain s'était-elle enfuie de la voiture de Bernard Dupuc comme celui-ci le prétendait ?
11:39Et si oui, où était-elle allée ? Et qui avait-elle rencontré ?
11:46Sinon, Bernard Dupuc était-il coupable ?
11:51Et à qui appartenait cette mystérieuse voiture blanche ?
11:56C'est ce que vous saurez dans quelques instants.
11:58Dans un sentier boueux de la forêt de la Garenne,
12:10on a retrouvé le corps de Geneviève Gobain.
12:14La jeune femme a été égorgée.
12:17Son compagnon, Bernard Dupuc, sans nouvelles d'elle depuis deux jours,
12:22prétend qu'il n'a pas revu Geneviève depuis samedi.
12:25Ce jour-là, il était allé la chercher chez une amie.
12:30Sur le chemin du retour, il s'était disputé
12:33et, d'après ses dires, Geneviève était descendue de voiture à un feu rouge
12:38et s'était enfuie au milieu de la foule.
12:43Le jour du meurtre, en fin d'après-midi,
12:46des témoins ont vu une Talbo Samba blanche
12:49non loin du lieu où l'on a découvert le cadavre de l'infortunée jeune femme.
12:55Je voulais revoir Bernard Dupuc parce qu'il m'avait menti au moins sur un point.
13:03Je le convoquais donc dans mon bureau.
13:06« Monsieur Dupuc, vous m'avez dit que vous vous étiez disputé dans la voiture
13:10avec votre compagne en revenant de chez Mademoiselle Vinan.
13:13Geneviève, vous avez fait, m'avez-vous dit, une scène de jalousie ? »
13:21« Êtes-vous bien sûr, monsieur Dupuc ? »
13:24« N'est-ce pas plutôt vous qui étiez possessif et coléreux ? »
13:30La réponse de Bernard Dupuc me sidère.
13:32« Et c'est pour ça que vous me convoquez, mon commandant ?
13:36Mais moi, je croyais que vous aviez trouvé le coupable.
13:39Mais j'ai du travail, moi, en ce moment, je vous assure que j'ai pas de temps à perdre, mon commandant. »
13:43« Monsieur Dupuc, si vous le préférez, je vous mets en garde à vue.
13:46Pour l'instant, vous êtes mon principal témoin, ne l'oubliez pas.
13:50Si je vous garde ici, je pourrais au moins vous poser toutes les questions que je voudrais, quand je voudrais. »
13:56« Qu'en dites-vous ? »
13:58« Bien, alors reprenons. »
14:01« C'est bien vous, n'est-ce pas, qui aviez fait une scène de jalousie à Mademoiselle Gobain, et non pas l'inverse. »
14:08« Ben oui, là, c'est moi. »
14:11« Alors pourquoi m'avez-vous dit le contraire, monsieur Dupuc ? »
14:14« Eh bien, je sais pas, moi. Par fierté, je suis un homme, quoi.
14:18De toute façon, ça ne fera pas revenir, n'est-ce pas ? »
14:19« Hélas, non, monsieur Dupuc. »
14:23« Maintenant, dites-moi, une fois que Mademoiselle Gobain a quitté votre voiture, qu'est-ce que vous avez fait ? »
14:28« Eh bien, je vous l'ai déjà dit, mon commandant. Je l'ai cherché, puis je suis rentré à la maison, ou que je l'ai attendu. »
14:36« Vous êtes rentré avec votre 205 GTI rouge ? »
14:39« Eh bien oui, avec quoi voulez-vous que je rentre ? J'ai pas d'autre voiture, moi. »
14:44« Monsieur Dupuc, ne deviez-vous pas, ce samedi soir, dîner avec un de vos amis ? »
14:50« Ah, vous savez ça aussi. »
14:53« Oui, eh bien, bien sûr qu'on devait dîner, mais étant donné les circonstances, j'y suis pas allé, forcément, n'est-ce pas ? »
15:00« Pouvez-vous me donner le nom de cet ami ? »
15:02« Hein ? Le nom ? »
15:04« Oui, ben, c'est... c'est François Azra. »
15:09« Son adresse ? »
15:10« Oh, je sais plus, moi. »
15:12« Ce n'est pas grave, monsieur Dupuc. Je la trouverai, cette adresse. »
15:16« Je vous remercie. Je vous prierai de ne pas quitter la ville. »
15:22Une fois Bernard Dupuc parti, je me mets en devoir de trouver l'adresse de cet ami et je décide de lui rendre visite.
15:31Accompagné de deux de mes hommes, je me rends au domicile de François Azra, qui, par bonheur, se trouve chez lui.
15:39Il est, hélas, chômeur et n'a donc pas, pour l'instant, d'activité.
15:45L'appartement dans lequel nous pénétrons est triste, sombre et en désordre.
15:52François Azra semble mal à l'aise.
15:55Quand je lui demande ce qu'il a fait samedi soir, il devient blanc comme un linge.
16:01Cependant, il me parle volontiers de son ami Bernard Dupuc, qu'il connaît depuis le service militaire.
16:08Il confirme avoir eu rendez-vous samedi soir avec Bernard et Geneviève pour aller dîner en ville.
16:15« Mais ils ne sont pas venus, mon commandant.
16:17Par la suite, j'ai compris pourquoi, n'est-ce pas ? C'est malheureux tout de même.
16:22Geneviève aurait dû rester dans la voiture avec Bernard.
16:25Ça lui aurait évité de rencontrer son assassin.
16:29Mais c'était sans doute son destin, pas vrai, mon commandant.
16:37Vous avez une voiture, monsieur Azra ?
16:39« Ben, oui, j'ai une voiture. Pourquoi ? »
16:44« Et qu'est-ce que c'est comme voiture ? »
16:46« Hein ? C'est une Simca. »
16:51« Une Simca ? »
16:52« Oui, c'est une Simca. »
16:55« Quelle couleur, monsieur Azra ? »
16:57« Eh ben, mais elle est blanche. »
17:02« Monsieur Azra, voulez-vous avoir l'amabilité de me montrer votre Simca blanche ? »
17:10« François Azra me semble de plus en plus mal à l'aise. Nous sortons de chez lui et, dans la rue, à quelques mètres de son immeuble, il n'a pas besoin de me montrer sa voiture. »
17:23« Je la vois. Elle me crève les yeux. »
17:28« Une Talbo Samba blanche. »
17:32« Immédiatement, nous emmenons François Azra, qui s'est mis à trembler comme une feuille. »
17:38« Arrivé dans mon bureau, je commence l'interrogatoire. »
17:41« Monsieur Azra, vous avez assassiné Geneviève Gobin, n'est-ce pas ? »
17:45« Non, non, non. Ah, non, non, non, c'est pas moi, ça. Je vous jure, c'est pas moi. C'est pas moi, hein, monsieur Azra. »
17:50« Des témoins ont vu votre voiture sur le chemin où a été retrouvé le corps de Geneviève Gobin. Ils vous reconnaîtront, n'en doutez pas. »
17:57« Mais écoutez, mon commandant, tout ça, c'est pas ma faute, n'est-ce pas ? C'est pas ma faute. Moi, je vous n'ai pas. »
18:03« Mais je suis au chômage, vous comprenez. J'ai plus un sou. »
18:07« Alors, on m'a proposé de l'argent pour la tuer. »
18:11« Qui ? Qui vous a payé pour tuer Geneviève Gobin, monsieur Azra ? C'est votre ami Bernard Dupuc, n'est-ce pas ? »
18:22« C'est lui ? »
18:23« Oui, oui, mon commandant, c'est lui. Il était fou de jalousie, vous comprenez. Geneviève allait le quitter. Alors, il s'est mis à la détester, vous voyez ?
18:36Mais plutôt que de la laisser partir avec un autre, il a voulu qu'elle meure. Mais il avait peur de ne pas pouvoir aller jusqu'au bout. Alors, il m'a demandé de la tuer à sa place. Vous comprenez ?
18:50Et c'est pour ça qu'il m'a donné 30 000 francs. Dans la situation où je me trouvais, je ne pouvais pas refuser. Vous comprenez, mon commandant ? »
19:00« Non, monsieur Azra, je vous avoue, je ne comprends pas. Mais racontez-moi comment vous avez tué Geneviève Gobin. »
19:08« Ah bon ? Il faut que je vous raconte. Et bien, voilà. Samedi après-midi, en sortant de chez Christine, n'est-ce pas ?
19:17Bernard et Geneviève, ils sont venus me chercher comme convenu, n'est-ce pas ?
19:21Arrivé chez moi, Bernard, il a prétexté un coup de fatigue. Alors, j'ai proposé qu'on prenne ma voiture pour aller dîner tous les trois en ville, n'est-ce pas ?
19:30Et on a pris le chemin de la forêt. Geneviève, elle ne s'est pas inquiétée, forcément. Elle avait confiance en moi, oui.
19:37Je lui ai dit que j'avais envie de faire un détour par la forêt, que ça nous détendrait.
19:43Et de toute manière, il était que six heures du soir. On avait le temps de faire une petite balade avant le dîner, vous voyez ?
19:49Alors, on s'est donc arrêté dans un endroit désert. Et pendant que Bernard et Yves Elgué, j'ai gorgé Geneviève avec le couteau que j'avais caché dans mon blouson.
20:05Non, n'est-ce pas ? Tout a été très vite, très vite. Elle n'a pas souffert, ça.
20:10Alors, j'ai laissé Geneviève par terre et puis, non, on s'est enfoui.
20:15Il faut vous dire, mon commandant, que pour me donner du courage, avant de partir de chez moi, j'avais bu un bon coup.
20:22Oui, un bon coup de whisky parce que je n'ai pas réfléchi.
20:28Mais une fois rentré chez moi, quand Bernard a récupéré sa voiture et que je me suis retrouvé tout seul,
20:34je me suis dit qu'on n'aurait pas dû laisser le corps comme ça, qui risquait d'être vite découvert, n'est-ce pas ?
20:39Alors, je suis retourné dans la forêt pour essayer de retrouver le cadavre de Geneviève que je voulais jeter dans les marais
20:45ou que personne ne l'aurait jamais...
20:47J'ai cherché, cherché, mais je n'ai pas retrouvé l'endroit où on avait fait ça.
20:55Alors, je suis rentré chez moi.
20:57Voilà. Je vous ai tout dit, mon commandant. J'ai tout dit.
21:05Les gendarmes qui étaient allés perquisitionner chez François Azra
21:09avaient retrouvé l'âme du crime, un couteau de boucher.
21:17Ainsi, pour trente mille francs,
21:21François Azra, qui, de toute évidence, ne jouissait pas de toutes ses facultés mentales,
21:26pour trente mille francs,
21:29François Azra avait tué Geneviève Gobin.
21:34Appréhendé à son domicile, Bernard Dupuc,
21:36qui avait commandité le crime,
21:40reconnaît les faits et avoue avoir organisé le meurtre de sa compagne.
21:46François Azra et Bernard Dupuc furent condamnés à vingt ans de réclusion criminelle.
21:52Pendant le procès,
21:53Azra expliqua qu'il risquait d'être expulsé de son appartement
21:57et qu'avec les trente mille francs,
21:59il comptait payer ses loyers en retard.
22:03De ce côté-là,
22:05il n'avait plus de soucis à se faire, n'est-ce pas ?
22:08Il allait être logé et nourri gratuitement pour un assez long temps.
22:14Quant à Bernard Dupuc,
22:16à l'énoncé du verdict,
22:18le condamnant,
22:20il s'écroula dans le box des accusés,
22:22victimes d'un infarctus.
22:25On est peu de choses, n'est-ce pas ?
22:28Vous venez d'écouter Au cœur du crime,
22:36un podcast issu des archives d'Europe 1.
22:39Réalisation,
22:40Julien Tarot.
22:41Production,
22:42Estelle Laffont.
22:43Patrimoine sonore,
22:45Sylvaine Denis,
22:46Laetitia Casanova et Antoine Reclus.
22:49Promotion,
22:50Marie Corpet.
22:51Au cœur du crime est disponible sur le site et l'appli Europe 1.
22:54Écoutez aussi l'épisode suivant en vous abonnant gratuitement sur votre plateforme d'écoute.
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