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  • il y a 8 mois
Les peines prononcées à l'encontre des trois personnes directement impliquées dans l'assassinat de Christophe Lejard sont en définitive plus clémentes que celles requises par l'avocate générale :

Roseline Painchault est reconnue coupable d'avoir commandité le meurtre de son mari, escroqué une caisse de retraite et avoir organisé sa propre insolvabilité. Elle est condamnée à 25 années de réclusion criminelle.
Christopher Munsch est condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour l'assassinat de Christophe Lejard.
Arnaud Privat est condamné à 15 ans de prison pour complicité d'assassinat.
Quant à Sylvie Colomer, elle écope de 5 ans de prison pour tentative d'escroquerie et complicité d'escroquerie.
Roseline Lejard fait dans un premier temps appel de sa décision avant finalement de se désister et d'accepter donc sa peine.

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00:30...
00:01:0024 novembre 2010, Rognonna, près d'Avignon.
00:01:23Il est 7 heures, Christopher Lejar part travailler.
00:01:34Mais au bout du chemin, le 4x4 de son père l'empêche de sortir de la propriété.
00:01:38...
00:01:40Là, il voit son père qui gît par terre.
00:01:43Donc le premier réflexe qu'il a, c'est de remuer son père pour voir s'il n'a pas fait un malaise ou quoi que ce soit.
00:01:49Et là, il s'aperçoit qu'il y a du sang.
00:01:51Il part vite chercher son frère aîné, pas au mal, vient sur les lieux.
00:01:56Et à ce moment-là, il va prévenir sa mère.
00:01:58Madame Lejar vient sur les lieux, prend le pouls de son mari.
00:02:02Et à ce moment-là, ils font appel au service de Sopo.
00:02:14En arrivant, je vois un homme.
00:02:17Il est allongé sur le dos.
00:02:18Il y a une grosse marre de sang.
00:02:20Et le sang coule sous le véhicule.
00:02:24Ce monsieur est encore chaud.
00:02:25Mais il n'y a plus de pouls.
00:02:27Donc nous avons démarré immédiatement une réanimation cardio-pulmonaire.
00:02:34Et en soulevant légèrement ce monsieur, nous nous sommes rendus compte qu'en fait, la boîte crânienne était éclatée.
00:02:42Et que le cerveau était déjà éparpillé sur le sol.
00:02:48Donc la personne était décédée.
00:02:50...
00:02:50Christophe Lejar avait 48 ans.
00:02:57Il a été tué devant chez lui d'une balle en pleine tête.
00:03:02Le criminel, ou plutôt les criminels, Christophe Lejar les connaissait très bien.
00:03:08Et les gendarmes ont eu très tôt la bonne intuition.
00:03:15Mais devant la justice, le nez, ça ne suffit pas.
00:03:18Il faut parfois beaucoup de temps et pas mal d'astuces pour amener des assassins à se trahir.
00:03:24...
00:03:24On m'a demandé de m'occuper et de prendre en charge les victimes, c'est-à-dire la maman, qui était effectivement en pleurs.
00:03:36Nous avons donné deux comprimés d'anxiolithique de manière à la calmer un peu.
00:03:41Et nous avons pris en charge Christopher, donc le plus jeune, qui alternait quand même des périodes de prostration et de crise de larmes relativement importantes.
00:03:50Mais entre chaque crise de prostration et de larmes, Christopher m'a demandé à une dizaine ou une douzaine de fois comment se fait-il que la barrière métallique de chez eux était fermée, alors que systématiquement elle est restée ouverte pendant des années.
00:04:06Madame Pradel, c'est quoi cette histoire de barrière ?
00:04:12Cette fameuse barrière qui est habituellement levée et ouverte, ce jour-là elle est baissée.
00:04:17Donc immédiatement on va se dire que c'est non pas un meurtre mais un assassinat, puisque le fait de baisser la barrière était là pour le faire sortir de son véhicule et pour l'abattre plus facilement, très certainement.
00:04:28Quand on arrive, on ne connaît pas la personnalité du défunt, on ne sait pas ce qu'il faisait, on ne sait pas quelles étaient ses problématiques de couple, on ne sait pas quelles étaient ses fréquentations, on ne connaissait même pas son travail, donc on n'a aucun élément.
00:04:48On voit juste un corps allongé, dans un quartier somme toute assez résidentiel, un joli masque, pas de signes ostentatoires de richesses particulières, donc on ne peut pas dire que ce soit un crime d'argent pour braquer le véhicule.
00:05:09Autour de la voiture, les enquêteurs ramassent des mégots, un paquet de cigarettes vides, un bout de papier.
00:05:18Il réalise quelques prélèvements ADN sur la barrière, et petit à petit, un scénario se dessine.
00:05:32Le meurtrier était à côté, tapis derrière une haie, puisqu'il y avait une haie présente également, donc là tout de suite on comprend que le meurtre avait quand même une certaine préparation.
00:05:48Les gendarmes interrogent les voisins de Christophe Lejar. Certains ont entendu un tir à 6h30 du matin, de quoi situer formellement l'heure de l'assassinat.
00:06:01Et puis plusieurs témoins ont remarqué une moto, garée en bordure de la route, dès 5h45.
00:06:14La présence de cette moto n'était pas habituelle, même si c'est une route très passante, le quartier, tout le monde se connaît,
00:06:20et la présence du stationnement de cette moto proche de la route et proche du domicile de M. Lejar annonçait quelque chose qui n'était pas normal.
00:06:32Donc il pouvait penser qu'on s'orientait vers un guet-apens qui avait été conduit contre M. Lejar.
00:06:39On est un petit peu gênés sur la moto parce que les témoignages n'étant pas très fiables, les gens confondent entre une moto de crosse, une moto de course, est-ce que c'est un 125 ou autre, ils ne savent pas.
00:06:54Durant plusieurs jours, les gendarmes interrogent donc tous les automobilistes qui empruntent la route qui longe le mât.
00:07:00L'un d'entre eux a peut-être croisé la moto.
00:07:09Mais ils doivent se résigner. La moto a disparu aussi vite qu'elle est apparue.
00:07:24Une information judiciaire contre X pour assassinat a donc été ouverte. L'autopsie permet-elle de dégager d'ores et déjà des pistes ?
00:07:32Oui, elle est intéressante cette autopsie. Elle a lieu deux jours après le meurtre de Christophe Lejar, le 26 novembre 2010.
00:07:39Elle confirme un meurtre qui est consécutif à un tir par arme à feu.
00:07:45Alors on sait que le tireur se trouvait derrière Christophe Lejar.
00:07:49Il était ici parce que c'est un tir de l'arrière vers l'avant.
00:07:53On sait que le tireur était légèrement décalé sur la gauche parce que c'est un tir qui part de la gauche vers la droite, orienté comme ça.
00:08:03On sait aussi que Christophe Lejar ne s'est pas défendu parce qu'il n'a aucune trace de lésion sur son corps.
00:08:08Il a été totalement surpris par son assassin.
00:08:12Et qu'est-ce qu'ont conclu les gendarmes ?
00:08:13Alors l'hypothèse des gendarmes, c'est Christophe Lejar arrive avec sa voiture devant cette barrière fermée.
00:08:19Il descend de voiture. Il s'avance vers la barrière.
00:08:23Aussitôt, le tireur fait feu et Christophe Lejar va tomber ici, le long de sa voiture, là où on va le retrouver.
00:08:29Et est-ce qu'on sait si la victime est morte très vite ?
00:08:33La mort, elle était instantanée. Pourquoi ?
00:08:35Parce que ce tir, il est effectué à très courte distance.
00:08:38Le tireur se trouve tout près de Christophe Lejar.
00:08:41Si bien qu'au moment où il tire, la gerbe de plomb n'a pas le temps de se disperser, de s'ouvrir.
00:08:46Et les plombs de s'écarter, ça fait un effet balle.
00:08:49Les plombs restent groupés.
00:08:50Et ça explique aussi près que la décharge lui est arrachée tout l'arrière de la tête.
00:08:56Donc il est mort immédiatement.
00:08:57L'expertise balistique, est-ce qu'elle permet de déterminer l'arme ?
00:09:01Alors l'expertise balistique, elle est menée par un laboratoire de police.
00:09:04L'INPS, c'est le laboratoire de la police scientifique.
00:09:07Alors on va retrouver sur place des plombs et une bourre.
00:09:10La bourre, c'est un étui en plastique comme un dé à l'intérieur duquel se trouvent les plombs
00:09:14et qui part avec la gerbe de plomb.
00:09:16Alors plomb, ça veut dire munition de chasse.
00:09:20Et grâce à la bourre, à son diamètre, on va déterminer que c'est un calibre 12 de chasse.
00:09:26Mais on ne réussit pas à savoir s'il s'agit d'un fusil de chasse à canon juxtaposé
00:09:32ou un fusil automatique avec un seul canon, voire un fusil à pompe qui tire des munitions de chasse.
00:09:38Christophe Lejar vivait depuis 12 ans à Rognonna.
00:09:47Cogérant d'une entreprise de menuiserie, il n'avait jamais fait parler de lui.
00:09:55Les gendarmes se rendent donc à l'hôpital où sa veuve Roselyne a été admise en état de choc.
00:10:00Une fois arrivée à l'hôpital, Mme Lejar nous déclare spontanément
00:10:08« Pourquoi ici ? Pourquoi ici ? Et pourquoi pas son entreprise ? »
00:10:13Elle commence à nous emmener avec des histoires de fausses factures,
00:10:17de problèmes liés à l'entreprise, d'hommes de main.
00:10:20Donc elle perd un peu dans tous les sens,
00:10:22mais elle nous focalise essentiellement sur un problème lié à l'entreprise.
00:10:26Les enquêteurs se répartissent donc l'audition des 17 employés de la menuiserie.
00:10:34M. Lejar a une très bonne réputation au sein de son travail.
00:10:38Les employés entendus ou autres, même ses associés,
00:10:42font ressortir qu'il s'agit d'une personne qui est très proche de son travail,
00:10:46qui travaille beaucoup.
00:10:47C'est quelqu'un qui est un acharné du travail.
00:10:50C'est lui qui tient d'ailleurs son entreprise à bout de bras.
00:10:56Alors comment expliquer une telle exécution ?
00:11:00Une facture ou des délais non respectés ?
00:11:02Une tentative de raquette ?
00:11:05Des malversations comme le suggère l'épouse ?
00:11:08Tout est vérifié, les comptes.
00:11:11La société, elle, est saine.
00:11:13C'est vraiment une société qui a très peu d'années d'existence,
00:11:17qui a subi la crise de plein fouet.
00:11:18D'ailleurs, M. Lejar, à cause de ça, avait baissé son salaire
00:11:21pour pouvoir garder son personnel.
00:11:24Et il n'y avait aucun problème au sein de la société,
00:11:27qui était très bien cotée sur le marché.
00:11:41Est-ce qu'il a des antécédents judiciaires, Christophe Lejar ?
00:11:45Non, M. Lejar n'est pas connu particulièrement de la justice.
00:11:50Tous les renseignements sont favorables.
00:11:52C'est quelqu'un qui nous est décrit comme n'aimant pas le conflit.
00:11:55Un patron d'ailleurs assez coulant, qui n'a pas de conflit.
00:12:00Pas de cambriolage.
00:12:02Le 4x4 n'est pas volé.
00:12:04Manifestement, ce n'est pas un crime crapuleux.
00:12:07Alors qu'est-ce qu'il reste ?
00:12:08On va s'intéresser à M. Lejar.
00:12:12On va s'y intéresser parce qu'on trouve un petit peu curieux
00:12:15ce qu'elle nous dit immédiatement le jour du meurtre
00:12:18sur l'entreprise de son mari,
00:12:21sur le portrait qu'elle nous fait de son mari,
00:12:23qu'il avait beaucoup d'argent liquide souvent,
00:12:26qu'il avait des difficultés sur un chantier en particulier.
00:12:30Elle laisse sous-entendre qu'il pourrait y avoir là des mobiles.
00:12:33Et quand on essaye de vérifier ce qu'elle nous dit,
00:12:36on s'aperçoit que c'est faux.
00:12:37Donc, on se pose la question de savoir
00:12:40pourquoi Mme Lejar nous oriente
00:12:42vers des pistes qui, manifestement,
00:12:45ne sont pas pertinentes.
00:12:50Quand on travaille sur la vie du couple,
00:12:54il n'y a rien de transcendant qui ressort.
00:12:57C'est une famille traditionnelle.
00:13:00Rien qui sort de l'ordinaire.
00:13:02Roselyne et Christophe se rencontrent dans l'Orne
00:13:05alors qu'ils sont tous les deux célibataires.
00:13:08Elle a la charge de ses deux enfants
00:13:10qu'elle a eus d'un premier mariage.
00:13:12Elle essaye de retaper une maison
00:13:14pour justement abriter ses deux enfants.
00:13:15Et parmi ceux qui viennent l'aider à retaper cette maison
00:13:18va intervenir un homme.
00:13:19Et cet homme, c'est M. Lejar.
00:13:22Il a tout juste 18 ans.
00:13:23Elle a 27, 28 ans.
00:13:25Et ils vont commencer à s'aimer.
00:13:27Ils vont se marier.
00:13:28Ils vont avoir un enfant.
00:13:29Et ils vont vivre par la suite
00:13:30de longues années heureuses.
00:13:33Roselyne est une femme courageuse.
00:13:35À 19 ans, elle a été la plus jeune infirmière de France.
00:13:40Christophe, lui, ne vit à l'époque
00:13:43que de petits boulots de maçonnerie.
00:13:46C'est clairement elle
00:13:47qui est la femme qui fait bouillir la marmite.
00:13:50C'est elle qui travaille.
00:13:52C'est elle qui a gagné de l'argent.
00:13:54C'est elle qui a des biens immobiliers.
00:13:56Et c'est elle qui va aider
00:13:58celui qui, au départ, n'avait rien,
00:14:01ne travaillait pas réellement.
00:14:02L'aider, évidemment, en tant que femme,
00:14:05mais également en tant qu'aide financière
00:14:07tout au long de ces années.
00:14:11Roselyne travaille de nuit à l'hôpital
00:14:13tandis que Christophe s'occupe des enfants.
00:14:17Ça se passe relativement bien,
00:14:18sauf avec un des fils de Roselyne Lejar,
00:14:22Arnaud Privat,
00:14:23avec lesquels les relations sont plus ou moins tendues.
00:14:26L'enfant a du mal à supporter
00:14:28la présence de ce beau-père.
00:14:30Et ça ne s'arrange pas avec le temps.
00:14:33Leurs rapports deviennent tellement conflictuels
00:14:35qu'Arnaud est envoyé vivre chez son père.
00:14:41Quelques années plus tard,
00:14:43la famille quitte Lorne
00:14:44pour s'installer à Rognonna
00:14:46dans un grand mât
00:14:47que le couple retape pierre par pierre.
00:14:53Lui a trouvé du travail
00:14:54dans le sud de la France
00:14:55et lui a demandé de le suivre.
00:14:58Par amour, elle a dit oui
00:14:59pour abandonner sa vie, sa famille,
00:15:01sa maman, ses amis, son travail.
00:15:04Et cette femme qui a toujours travaillé
00:15:05depuis l'âge de 19 ans
00:15:06s'est retrouvée à la retraite
00:15:08très tôt puisqu'elle avait 47 ans.
00:15:10Un pari risqué
00:15:13qui s'avère payant.
00:15:16De simple employé,
00:15:17Christophe Lejar prend bientôt
00:15:19la tête de la société.
00:15:21Elle va l'aider financièrement
00:15:23de manière à ce qu'il puisse participer
00:15:25au rachat de l'entreprise.
00:15:26Elle va injecter de l'argent,
00:15:28injecter de l'argent dans les parts
00:15:29de la société,
00:15:30injecter de l'argent dans l'achat d'un terrain.
00:15:32Le ménage est à l'aise financièrement
00:15:37et dans le coin,
00:15:38Christophe Lejar est un gars très apprécié.
00:15:43C'était quelqu'un qui
00:15:44attirait énormément la sympathie.
00:15:47Les gens aimaient le côtoyer,
00:15:49aimaient partager avec lui,
00:15:51aimaient sortir avec lui.
00:15:57Quant à Roselyne,
00:15:59elle aussi fait l'unanimité,
00:16:01mais contre elle.
00:16:02Elle est décrite comme quelqu'un
00:16:06de très vénal,
00:16:07qui est assez sèche,
00:16:11qui n'est pas sympa du tout
00:16:12et qui tient M. Lejar
00:16:14par le bout du nez.
00:16:15Et c'est elle qui vraiment mène
00:16:17tout son petit monde à la baguette.
00:16:20Un portrait peu flatteur
00:16:22qui coïncide avec la première impression
00:16:25que Roselyne a faite au gendarme.
00:16:29Le soir, vers 17-18h,
00:16:30je retourne à l'hôpital
00:16:31remettre à la veuve
00:16:33le portefeuille de son mari.
00:16:35Et là, je me trouve en présence
00:16:36d'une dame
00:16:36qui est soulagée
00:16:38parce que je lui ramène
00:16:38le portefeuille de son mari
00:16:39avec les espèces.
00:16:41Et elle me dit
00:16:41« Ah, ça va,
00:16:42ils n'ont pas pris ses sous. »
00:16:4412h plus tôt, son mari était vivant
00:16:45et elle récupère son portefeuille
00:16:47le soir, elle était soulagée.
00:16:53La vérité, c'est que depuis
00:16:54quelques mois, rien n'allait plus
00:16:56entre Christophe et Roselyne.
00:16:58Elle attendait son mari à la maison,
00:17:03ce qu'elle avait de plus en plus
00:17:04de mal à accepter,
00:17:05ce qui l'a sans doute rendu
00:17:07quelque part aigri.
00:17:09Aigri d'attendre son mari,
00:17:11aigri de voir
00:17:11que lui était reconnu professionnellement
00:17:13et puis aussi peut-être
00:17:15aigri de voir
00:17:17qu'il était heureux.
00:17:20Il va avoir des propos
00:17:21peut-être aussi un peu plus durs
00:17:22allant jusqu'à exprimer
00:17:24à un moment donné
00:17:25qu'il était très en colère
00:17:27et que si elle continuait
00:17:28de lui pourrir son quotidien,
00:17:31il fallait qu'il trouve une solution.
00:17:37La solution,
00:17:38Christophe Lejar a fini par la trouver
00:17:40et elle est radicale.
00:17:43Un mariage au mois de septembre,
00:17:45il lui dit devant tout le monde,
00:17:47il chiche, on divorce.
00:17:48Et là, les bras lui en tombent,
00:17:51elle se retrouve devant
00:17:52le fait accompli.
00:17:54Un choc pour Roselyne.
00:17:59A partir de là,
00:18:00les disputes
00:18:01et les crises de colère
00:18:02se multiplient.
00:18:06A tel point que Christophe
00:18:07commence à se méfier
00:18:09de sa femme.
00:18:12Monsieur Lejar
00:18:12part tôt le matin,
00:18:14il rentre tard le soir,
00:18:15il déjeune au bureau,
00:18:16il prend le petit déjeuner au bureau,
00:18:18le midi,
00:18:18il mange avec ses collègues
00:18:19au restaurant
00:18:20et il rentre le plus tard possible
00:18:22pour être un minimum
00:18:22de temps à la maison.
00:18:23Il raconte à ses collègues
00:18:25de travail
00:18:25qu'il a peur
00:18:26d'être empoisonné
00:18:27parce qu'on retrouve
00:18:27dans le frigo de la cantine
00:18:29des plats tout préparés,
00:18:30des plats à réchauffer au micro-ondes.
00:18:31Toutes les précautions
00:18:32sont prises
00:18:33pour vivre au bureau
00:18:34plus qu'à la maison.
00:18:39Peur d'être empoisonné
00:18:41chez lui
00:18:41et par sa femme.
00:18:43Voilà une enquête
00:18:44qui ne traîne pas.
00:18:45En quelques heures,
00:18:47les gendarmes
00:18:48ont déjà une suspecte.
00:18:51D'autant que les éléments
00:18:52à charge
00:18:52tombent comme à grave lot.
00:18:55Après le climat de mi-fiance,
00:18:57les gendarmes découvrent
00:18:58un mobile possible
00:18:59en se penchant
00:19:00sur le patrimoine du couple.
00:19:03Elle voulait absolument
00:19:04qu'il signe
00:19:06les papiers du divorce,
00:19:07mais bien sûr
00:19:08en sa faveur
00:19:08et non en sa défaveur.
00:19:10Elle s'est rendue compte
00:19:11qu'elle risquait aussi
00:19:12d'y perdre
00:19:13d'un point de vue financier.
00:19:15Elle s'est donc confiée
00:19:16à sa voisine
00:19:17en disant
00:19:17il en est hors de question,
00:19:19je ne me laisserai pas faire.
00:19:20Il est hors de question
00:19:21qu'il me laisse sur la paille.
00:19:23Je ne partagerai rien
00:19:24et j'irai jusqu'au bout
00:19:26s'il le faut.
00:19:29Cette histoire d'empoisonnement,
00:19:31c'était des paroles en l'air
00:19:32ou il avait vraiment raison
00:19:34d'avoir peur,
00:19:35Christophe Lejar ?
00:19:36Quand on entend
00:19:37son environnement familial
00:19:39et surtout amical,
00:19:40c'est là qu'on apprend
00:19:41que M. Lejar
00:19:42depuis quelque temps
00:19:44nourrissait un certain nombre
00:19:45de craintes
00:19:46et ses craintes
00:19:47sont dirigées
00:19:48vers sa femme
00:19:49et il dit
00:19:52à un de ses amis
00:19:53j'ai même peur
00:19:53qu'elle s'en prenne
00:19:54physiquement à moi.
00:19:55Effectivement,
00:19:56c'est couché sur procès-verbal.
00:19:57C'est un des témoins
00:19:59qui nous le dit.
00:20:00Et il avait peur.
00:20:03Mais il n'y a rien d'autre
00:20:03dans le dossier ?
00:20:05Non,
00:20:05il n'y a aucun élément objectif
00:20:07ou aucun élément matériel
00:20:09pour venir objectiver
00:20:10ce sentiment
00:20:11qu'il ressent à l'époque.
00:20:13Roselyne Lejar
00:20:14semble près de ses sous.
00:20:15Est-ce qu'elle s'intéressait
00:20:16aussi à l'argent
00:20:17de son mari ?
00:20:19Oui.
00:20:19Donc,
00:20:20elle s'intéresse
00:20:20à l'argent de son mari.
00:20:22Elle va vider
00:20:23les comptes bancaires
00:20:24ou en tout cas
00:20:25une partie
00:20:25dans un temps
00:20:27assez proche
00:20:28des faits
00:20:28qui nous occupent.
00:20:29Et donc,
00:20:30il y a de l'argent
00:20:31qui part des comptes
00:20:32en direction
00:20:33des comptes bancaires
00:20:34de ses enfants.
00:20:36Donc,
00:20:36c'est de l'ordre
00:20:37à peu près
00:20:37de 30 000 euros.
00:20:39Et deux tiers
00:20:40partent
00:20:40sur le compte
00:20:41de Romuald
00:20:42de Privat.
00:20:43Donc,
00:20:43c'est un défi
00:20:45qu'elle a eu
00:20:46de sa première union
00:20:47avec M. Privat.
00:20:48Et un tiers
00:20:49de la somme
00:20:50part en direction
00:20:51du compte
00:20:51de Christopher Lejar
00:20:52qu'elle a eu
00:20:53avec M. Lejar.
00:20:54Dix jours
00:20:59après le crime,
00:21:01près d'une centaine
00:21:01de personnes
00:21:02se réunissent
00:21:02pour rendre
00:21:03un dernier hommage
00:21:04à Christophe Lejar
00:21:05parmi lesquels
00:21:06les gendarmes.
00:21:10Et là encore,
00:21:11le comportement
00:21:11de Roselyne
00:21:12en surprend
00:21:13plus d'un.
00:21:15Tous les témoignages
00:21:16sont inanimes.
00:21:17Mme Lejar
00:21:17se comporte
00:21:18comme une veuve
00:21:19joyeuse.
00:21:21Roselyne
00:21:21est plutôt détendue.
00:21:23Pendant la cérémonie,
00:21:24elle rit.
00:21:25Elle chuchote
00:21:26à l'oreille
00:21:27de ses amis.
00:21:28Elle n'a pas hésité
00:21:29à se confier
00:21:30aux proches
00:21:30du couple
00:21:31en disant
00:21:31que de toute façon
00:21:33il voulait
00:21:34lui pourrir la vie
00:21:34et qu'il n'avait
00:21:36quelque part
00:21:37que ce qu'il méritait.
00:21:41Des propos
00:21:41pour le moins
00:21:42maladroits
00:21:42mais toujours
00:21:44pas une preuve.
00:21:49Quand le lendemain
00:21:50de la cérémonie
00:21:51une personne
00:21:53vient tout affoler
00:21:54en nous disant
00:21:55qu'elle est en train
00:21:56de modifier
00:21:57complètement
00:21:57la scène de crime.
00:22:00La famille
00:22:00d'une victime
00:22:01qui touche
00:22:01à la scène de crime.
00:22:02Qu'est-ce que c'est
00:22:03que cette histoire ?
00:22:04Nous découvrons
00:22:05qu'ils ont commencé
00:22:06à démonter la barrière,
00:22:07qu'ils ont coupé
00:22:08la haie,
00:22:08qu'ils ont tendu
00:22:09de partout
00:22:09et la réponse
00:22:11et la réponse
00:22:11de Mme Lejar
00:22:12c'était
00:22:12parce qu'il y avait
00:22:13trop de gens
00:22:14qui s'arrêtaient
00:22:14devant chez elle,
00:22:15elle était importunée,
00:22:17elle voulait
00:22:17que ça disparaisse.
00:22:20À ce moment-là
00:22:20on va saisir la barrière
00:22:21parce qu'on sait
00:22:22que la barrière
00:22:22a un élément
00:22:23clé dans notre enquête.
00:22:24Les gendarmes
00:22:27sont furaxes
00:22:27mais Roselyne
00:22:29ne se laisse pas faire
00:22:30et ça se passe
00:22:30très mal
00:22:31quand elle comprend
00:22:32qu'ils vont
00:22:32perquisitionner la maison.
00:22:36On va fouiller
00:22:37toute la maison
00:22:37et on va avoir
00:22:39donc un incident
00:22:39avec Mme Lejar.
00:22:43Une bague
00:22:43de valeur
00:22:44a disparu
00:22:45et il nous accuse
00:22:46carrément
00:22:48d'avoir volé
00:22:49ou d'avoir
00:22:50pris cette bague
00:22:51lors de la perquisition.
00:22:54Veuve depuis 15 jours,
00:22:58Roselyne a déjà
00:22:59retrouvé
00:22:59tout son aplomb.
00:23:01Elle s'en prend
00:23:01au gendarme
00:23:02comme si elle avait peur
00:23:03de ce qu'il pourrait
00:23:04découvrir dans la maison.
00:23:07Il faut quand même
00:23:08savoir que
00:23:08pendant cette perquisition
00:23:09on va retrouver
00:23:10beaucoup,
00:23:11beaucoup d'espèces
00:23:11cachées partout
00:23:12dans la maison.
00:23:13Donc on va retrouver
00:23:14toutes les espèces
00:23:14qui vont être mis sous scellées.
00:23:15Il y avait la bague
00:23:16qui n'avait aucun intérêt
00:23:17direct
00:23:18dans le cadre
00:23:19de l'enquête
00:23:20puis cette bague
00:23:21au final
00:23:21va être retrouvée
00:23:22par Mme Lejar
00:23:23je crois
00:23:24dans son portefeuille.
00:23:24ou dans un porte-monnaie.
00:23:27Mais quelque part
00:23:29on a déjà
00:23:30une petite idée.
00:23:33Quelques semaines
00:23:34après le crime
00:23:35Roselyne Lejar
00:23:37est clairement
00:23:38dans le collimateur
00:23:39des gendarmes.
00:23:39Est-ce que vous pensez
00:23:40vous aussi
00:23:40qu'elle a fait le coup ?
00:23:42Il y a un certain nombre
00:23:42d'éléments
00:23:43qui sont curieux
00:23:45et qui sont troublants.
00:23:46Son attitude
00:23:47le jour des faits,
00:23:48le fait qu'elle vide
00:23:49les comptes,
00:23:50cette phrase
00:23:52qui est dite
00:23:52et rapportée
00:23:53par un témoin
00:23:54où elle préfère
00:23:55être veuve
00:23:55que divorcée,
00:23:56tous ces éléments
00:23:58nous font penser
00:23:58que manifestement
00:24:01elle est impliquée
00:24:02dans les faits
00:24:02qui nous occupent.
00:24:04Mais c'est un faisceau d'indices.
00:24:05Moi je n'ai pas
00:24:05de preuves tangibles,
00:24:06je n'ai pas d'ADN
00:24:07qui me fait dire
00:24:08qu'on n'a pas retrouvé
00:24:10l'arme du crime.
00:24:12À ce stade-là,
00:24:13ça relève quasiment
00:24:14d'une construction intellectuelle.
00:24:15Et les enfants,
00:24:16quelles relations
00:24:17entretenaient-ils
00:24:19avec leurs pères
00:24:20et vos pères ?
00:24:21À notre connaissance,
00:24:22les relations sont bonnes
00:24:23puisque dans le mas
00:24:24habitent
00:24:26Christopher Lejar,
00:24:29fils,
00:24:31et Romuald
00:24:32qui est le beau-fils.
00:24:35Les relations sont bonnes
00:24:37puisqu'en plus
00:24:38ils ont travaillé
00:24:38dans l'entreprise
00:24:39avec M. Lejar.
00:24:41Il n'y a pas de conflit
00:24:42entre M. Lejar
00:24:43et ses deux garçons.
00:24:45Vous les placez
00:24:45sous surveillance également ?
00:24:47Ils sont placés
00:24:47sur écoute.
00:24:49En fait,
00:24:49on va écouter
00:24:49toute la famille
00:24:50puisqu'on a du mal
00:24:52à imaginer
00:24:53que Roselyne Lejar
00:24:54puisse elle-même
00:24:55tenir le fusil
00:24:56qui va servir
00:24:57à abattre son mari.
00:24:59Ce n'est pas
00:24:59dans la psychologie
00:25:01féminine
00:25:01des femmes
00:25:03qui tuent
00:25:03leur mari
00:25:04avec des armes à feu.
00:25:06C'est rare.
00:25:07ça dénote
00:25:08une psychologie
00:25:08particulière
00:25:09et on se dit
00:25:10que pour un acte
00:25:12létal
00:25:12d'une telle violence
00:25:13très certainement
00:25:15les faits ont été
00:25:15commis par un homme.
00:25:18On se dit
00:25:18que l'hypothèse
00:25:19possible
00:25:20c'est qu'il y a eu
00:25:21un langage un peu
00:25:22familier
00:25:23dans le jargon
00:25:23qu'on utilise
00:25:24un porte-flingue.
00:25:25Mais on n'a pas réussi
00:25:27pour l'instant
00:25:28à savoir
00:25:29qui sont ces personnes.
00:25:31Donc on fait
00:25:32ces écoutes téléphoniques,
00:25:33on fait ces environnements,
00:25:34on cherche
00:25:35et on n'a rien.
00:25:42Des prélèvements
00:25:43ont été effectués
00:25:45le jour de l'assassinat.
00:25:46Qu'est-ce que ça donne ?
00:25:47Ça va donner
00:25:47des analyses,
00:25:48deux types d'analyses.
00:25:49D'abord,
00:25:50l'analyse
00:25:51des prélèvements
00:25:51qui ont été effectués
00:25:52sur la barrière.
00:25:53On sait que cette barrière
00:25:54elle a été touchée.
00:25:56Là,
00:25:56on cherche
00:25:56de l'ADN.
00:25:57Ensuite,
00:25:58l'analyse
00:25:59des prélèvements,
00:26:01des tampons noirs
00:26:02qui ont été passés
00:26:03sur les mains
00:26:04et sur les vêtements
00:26:05de la famille
00:26:06et des proches
00:26:07de Christophe Lejar.
00:26:09Et là,
00:26:09on recherche
00:26:09des résidus de tir.
00:26:11Alors,
00:26:12au niveau de l'ADN,
00:26:13c'est intéressant
00:26:13parce qu'on va retrouver
00:26:14deux ADN
00:26:16mêlés
00:26:17sur la barrière.
00:26:18L'un des deux ADN,
00:26:20c'est celui
00:26:20de la victime
00:26:21de Christophe Lejar.
00:26:23L'autre ADN,
00:26:24on va le comparer
00:26:25à celui
00:26:26des membres
00:26:27de la famille
00:26:27de Christophe Lejar.
00:26:29Ça ne donne rien.
00:26:30On va ensuite
00:26:30verser
00:26:31cet ADN
00:26:32au fichier
00:26:33des empreintes génétiques.
00:26:34Ça ne donne rien non plus.
00:26:36Pour l'instant
00:26:37et jusqu'ici,
00:26:38ça reste un ADN inconnu.
00:26:40Les analyses génétiques
00:26:41écartent donc
00:26:42la famille.
00:26:42Est-ce que c'est la même chose
00:26:43pour les prélèvements
00:26:45aux tampons noirs ?
00:26:45Non.
00:26:46Parce que
00:26:47les prélèvements
00:26:48aux tampons noirs
00:26:49vont révéler
00:26:50la présence
00:26:50de résidus de tir
00:26:52sur les vêtements
00:26:53de Roselyne Lejar,
00:26:54la femme de la victime.
00:26:56Ça veut dire
00:26:56qu'elle a tiré ?
00:26:57L'expert va dire
00:26:58dans son rapport
00:26:58qu'il y a trois possibilités.
00:27:00Soit elle a utilisé
00:27:02une arme à feu,
00:27:03soit elle se trouvait
00:27:04à proximité de quelqu'un
00:27:05qui a utilisé
00:27:05une arme à feu,
00:27:06soit elle a contaminé
00:27:08sa veste
00:27:08en se penchant
00:27:09sur le corps
00:27:10de son mari
00:27:11qui lui avait
00:27:12des particules
00:27:13de tir sur lui.
00:27:14Donc,
00:27:14ces particules
00:27:15auraient maculé
00:27:16la veste
00:27:17de Mme Lejar.
00:27:18Donc,
00:27:18on ne peut rien
00:27:19en conclure.
00:27:19On ne peut rien
00:27:20en conclure.
00:27:20Et comme il faut
00:27:21rester prudent
00:27:22et que le doute
00:27:23doit bénéficier
00:27:24à Mme Lejar,
00:27:25les gendarmes
00:27:26vont continuer
00:27:27leurs recherches.
00:27:30Et à force
00:27:31de chercher,
00:27:32les gendarmes
00:27:33vont trouver.
00:27:35L'ordinateur
00:27:36va vite nous parler.
00:27:38En effet,
00:27:39Mme Lejar
00:27:39s'est intéressée
00:27:42la veille du meurtre
00:27:43à comment recevoir
00:27:44son assurance-vie
00:27:45une fois que son mari
00:27:46serait décédé.
00:27:47Et un indice de plus.
00:27:53À croire que Roselyne
00:27:54fait tout
00:27:55pour attirer
00:27:56les soupçons.
00:27:57Et ce n'est pas fini.
00:27:59Lors de l'Assemblée
00:27:59générale
00:28:00convoquée
00:28:00pour désigner
00:28:01le successeur
00:28:02de son mari
00:28:02à la tête
00:28:02de l'entreprise,
00:28:04elle se montre
00:28:04particulièrement odieuse.
00:28:08Elle va
00:28:08de suite
00:28:09prendre parole
00:28:11de manière
00:28:11assez virulente,
00:28:14forte,
00:28:15agressive,
00:28:15monopolisant
00:28:17également
00:28:17le discours
00:28:19et scotchant
00:28:20en quelque sorte
00:28:21toutes les personnes
00:28:22qui pouvaient y assister.
00:28:26Elle va tenir
00:28:26des propos
00:28:26extrêmement salissants
00:28:28à l'égard
00:28:28de Christophe Lejar,
00:28:30racontant
00:28:30à qui voulait
00:28:31l'entendre
00:28:32qu'il a trompé.
00:28:34Elle veut encore
00:28:35faire passer
00:28:36M. Lejar
00:28:36une fois de plus
00:28:37pour un monstre.
00:28:38Ce n'est pas
00:28:38le gentil mari,
00:28:40au contraire,
00:28:41c'est lui
00:28:41qui lui en voulait.
00:28:42Elle,
00:28:43c'est presque
00:28:43une survivante
00:28:44d'après les propos
00:28:45qu'elle peut tenir.
00:28:47Les gendarmes
00:28:48vérifient,
00:28:49mais ils ne trouvent
00:28:50aucune trace
00:28:51de menace
00:28:51de la part
00:28:52de Christophe Lejar.
00:28:54Au lieu
00:28:54de la violence,
00:28:56c'est de l'amour
00:28:56qu'il découvre.
00:28:58Certes,
00:28:59pas pour Roselyne,
00:29:00mais pour Liliane.
00:29:03Christophe Lejar
00:29:04avait une maîtresse,
00:29:06une amie d'enfance
00:29:06qu'il avait retrouvée
00:29:07six mois
00:29:08avant sa mort
00:29:08grâce
00:29:09aux réseaux sociaux.
00:29:10très rapidement,
00:29:13il va se créer
00:29:15quelque chose
00:29:15d'extrêmement fort,
00:29:16d'extrêmement vrai,
00:29:17d'extrêmement sincère
00:29:18entre Liliane
00:29:20et Christophe Lejar
00:29:21qui va très rapidement
00:29:23déboucher
00:29:23vers une magnifique
00:29:25histoire d'amour.
00:29:27Il redécouvre
00:29:28avec Liliane
00:29:29la vie
00:29:31qu'il espérait.
00:29:32Évidemment,
00:29:38les gendarmes
00:29:39vont entendre
00:29:39la maîtresse
00:29:40et ça tombe bien,
00:29:42Liliane
00:29:42a des choses
00:29:43à leur dire.
00:29:46Christophe Lejar
00:29:47avait pris
00:29:47un certain nombre
00:29:48de dispositions.
00:29:49Il avait compris
00:29:50que le week-end
00:29:52du 27 novembre,
00:29:55Roselyne Lejar
00:29:56et son fils
00:29:57ne seraient pas là.
00:29:58Il avait envisagé
00:29:59de faire déménager
00:30:00l'ensemble
00:30:01de ses affaires
00:30:02dans un box
00:30:03pour qu'elle ne puisse
00:30:04pas lui prendre.
00:30:06Dans un premier temps,
00:30:07il voulait aller vivre
00:30:08dans sa société.
00:30:09Il avait prévu
00:30:10d'aller se retirer là-bas,
00:30:12le temps de trouver
00:30:13quelque chose.
00:30:14Et ça lui permettait
00:30:15surtout
00:30:15de pouvoir
00:30:17s'éloigner
00:30:17de Roselyne
00:30:18qui pour lui
00:30:19c'était important
00:30:20de ne plus subir
00:30:22cette pression.
00:30:24Christophe Lejar
00:30:25n'a pas eu le temps
00:30:25de déménager.
00:30:27Il a été abattu
00:30:28devant chez lui
00:30:29trois jours avant.
00:30:32Christophe Lejar
00:30:40avait une maîtresse.
00:30:41Ça vous fait
00:30:42un suspect de plus,
00:30:44ça, non ?
00:30:45On s'y intéresse
00:30:46à la dame.
00:30:48Et de ce que nous disent
00:30:49les témoins
00:30:50et l'environnement,
00:30:51en tout cas,
00:30:51le peu de personnes
00:30:52qui étaient au courant
00:30:54de cette relation,
00:30:55ils semblaient très heureux
00:30:57de cette relation.
00:30:57et rapidement
00:30:58cette piste
00:31:00va s'éteindre
00:31:00puisqu'on n'a aucun élément
00:31:02nous laissant penser
00:31:03qu'elle pourrait être
00:31:04impliquée dans les faits.
00:31:05Et Roselyne Lejar,
00:31:06vous avez cherché
00:31:07s'il entretenait
00:31:08une relation extra-conjugale ?
00:31:10La seule chose
00:31:11qui nous est intriguée,
00:31:13c'est ses rapprochements
00:31:14avec son ex-mari
00:31:15et avec M. Privat,
00:31:16dans une période
00:31:17relativement proche
00:31:19des faits.
00:31:19Et on s'est posé
00:31:20la question
00:31:21puisque que des ex-mariés-femmes
00:31:25et des contacts,
00:31:27ce n'est pas aberrant.
00:31:28Mais ce qui nous intrigue
00:31:29un petit peu,
00:31:29c'est que ces contacts,
00:31:31avant, n'existaient pas.
00:31:32On ne s'est pas interrogé
00:31:33très longtemps
00:31:33puisqu'on s'est rendu compte
00:31:34que M. Privat,
00:31:35on n'était pas impliqué
00:31:36dans les faits.
00:31:37Vous revenez donc
00:31:38continuellement
00:31:39sur Roselyne Lejar
00:31:41mais vous n'avez
00:31:41aucune preuve.
00:31:43Comment, dans ces conditions,
00:31:44on peut faire bouger
00:31:44une enquête ?
00:31:46On est fin juin 2011.
00:31:47Il va falloir qu'elle nous explique
00:31:48un certain nombre de choses,
00:31:50qu'elle nous fournisse
00:31:51des réponses
00:31:52sur des incohérences,
00:31:53sur son attitude,
00:31:54son comportement,
00:31:55sur ce qui était prévu
00:31:57avec le juge
00:31:58aux affaires familiales,
00:31:59les projets de divorce, etc.
00:32:00Donc on a quand même
00:32:01beaucoup de choses
00:32:01à lui demander,
00:32:02à Mme Lejar.
00:32:03Donc il faut la placer
00:32:04en garde à vue
00:32:04et on avait quand même
00:32:06un certain nombre d'éléments
00:32:07à demander à ses fils
00:32:09pour voir si les réponses
00:32:10de Mme Lejar
00:32:11allaient être corroborées.
00:32:13Et alors ?
00:32:13À ce moment-là,
00:32:14elle est toujours placée
00:32:14sur écoute.
00:32:15Et les écoutes nous apprennent
00:32:16que la mère de Mme Lejar
00:32:19ne va pas bien du tout.
00:32:22Elle s'est rendue en Afrique
00:32:23et en Afrique,
00:32:25Mme Lejar a contracté
00:32:26une maladie
00:32:26donc elle n'est physiquement
00:32:28pas très bien
00:32:28et psychologiquement,
00:32:30sa maman ne va pas
00:32:31très bien non plus,
00:32:32elle va même très mal.
00:32:33Donc du coup,
00:32:34je décide de retarder
00:32:37la phase opérationnelle.
00:32:39Au contraire,
00:32:39est-ce que cet état de faiblesse
00:32:41ne vous aurait pas été profitable ?
00:32:43Elle aurait pu nous être reprochée.
00:32:45Après,
00:32:46si elle avait fait des déclarations,
00:32:48si elle avait reconnu
00:32:49les faits en garde à vue,
00:32:50un avocat aurait pu nous dire
00:32:51« Mais attendez,
00:32:52elle n'était pas physiquement
00:32:53en état d'être placée
00:32:54en garde à vue ».
00:32:55D'ailleurs,
00:32:56c'est ce qu'on s'est dit,
00:32:56c'est que si on la place
00:32:57en garde à vue,
00:32:58nécessairement un médecin
00:32:58va venir vérifier
00:33:00la compatibilité
00:33:01de cette mesure
00:33:01avec son état de santé
00:33:02et il se peut que le médecin
00:33:03nous dise « Attendez,
00:33:04la garde à vue n'est pas
00:33:05compatible avec son état de santé
00:33:06donc il faut lever
00:33:07la garde à vue ».
00:33:08Et si on lève la garde à vue,
00:33:10là c'est mort.
00:33:12Soit on y va
00:33:13et vraiment on essaye
00:33:14de déclencher quelque chose
00:33:15sur la garde à vue,
00:33:16il faut aller au bout de la mesure,
00:33:18soit on s'abstient
00:33:18et on attend
00:33:19et on fait plus tard.
00:33:21En attendant d'aller chercher
00:33:23les Lejar,
00:33:24les gendarmes continuent
00:33:25de bétonner leur dossier
00:33:26et épluchent de nouveau
00:33:28les relevés téléphoniques.
00:33:30Une idée judicieuse
00:33:32car ils dénichent
00:33:33enfin quelque chose.
00:33:36Un numéro de téléphone
00:33:36qui revient très souvent,
00:33:37un appel entrant
00:33:39chez les Lejar,
00:33:41celui d'un portable
00:33:42localisé
00:33:43à l'autre bout
00:33:44de la France.
00:33:48Il y a un numéro
00:33:49qui va nous intriguer.
00:33:52Ce téléphone
00:33:53déclenche
00:33:54beaucoup dans l'orne
00:33:55et c'est un nommé
00:33:59Christopher Munch
00:34:00qui se sert de ce téléphone.
00:34:07Après avoir examiné
00:34:08les fadettes de la famille
00:34:10Lejar,
00:34:11les gendarmes
00:34:11s'intéressent donc
00:34:12à celle de ce
00:34:13Christopher Munch.
00:34:16Le téléphone
00:34:17est coupé
00:34:18au moment des faits
00:34:20alors que c'est quelqu'un
00:34:21qui s'en sert beaucoup
00:34:21en règle générale.
00:34:23Là,
00:34:23on n'a aucun appel
00:34:24pendant trois jours.
00:34:25Et ce qui est curieux
00:34:30aussi,
00:34:31c'est que le téléphone
00:34:32de Christopher Munch
00:34:33déclenche essentiellement
00:34:35les relais
00:34:35d'une commune de l'orne,
00:34:37le Thaï sur Huynes.
00:34:40Or,
00:34:40le Thaï,
00:34:41c'est la ville
00:34:42où vit le fils
00:34:43de Roselyne,
00:34:44Arnaud Privat,
00:34:45celui que la famille
00:34:46avait laissé
00:34:47derrière elle.
00:34:48Le téléphone de Munch
00:34:52éteint de façon
00:34:53tout à fait inhabituelle
00:34:54pendant trois jours.
00:34:55Ça,
00:34:55ça intrigue les gendarmes.
00:34:56Oui,
00:34:57ça les intrigue
00:34:57parce que ça les empêche
00:34:58de savoir où il était
00:34:59à ce moment-là.
00:35:00Il y a d'autres moyens,
00:35:01par exemple,
00:35:01sa carte bleue.
00:35:02Donc,
00:35:03les gendarmes
00:35:03vont lui faire à l'ancienne
00:35:04et ils vont découvrir
00:35:06que le 24 novembre
00:35:08à 16h17,
00:35:09la carte bleue de Munch
00:35:11a servi à payer
00:35:12dans un fast-food
00:35:13un café
00:35:141,10 euro
00:35:15ici,
00:35:16à Mio.
00:35:17Mio,
00:35:17c'est dans l'Aveyron.
00:35:18Et c'est sur le trajet
00:35:20qui va de l'Orne,
00:35:22dans Jean-le-Rotrou,
00:35:23à Rognona,
00:35:25endroit où a été tué
00:35:26Christophe Lejar.
00:35:28Et l'Orne,
00:35:29c'est l'endroit
00:35:29où habite Munch,
00:35:30mais habite aussi
00:35:31Arnaud Privat,
00:35:33le fils délaissé
00:35:34de Roselyne Lejar
00:35:35et tous les deux
00:35:36s'entendent
00:35:37comme deux frères.
00:35:41Christopher Munch
00:35:42et Arnaud Privat
00:35:43rejoignent maintenant
00:35:44Roselyne
00:35:45sur la liste
00:35:45des suspects.
00:35:47Seulement avant
00:35:47de les interpeller,
00:35:49les enquêteurs
00:35:49doivent récupérer
00:35:50des billes,
00:35:51leur passé,
00:35:52leur fréquentation,
00:35:53leur manie,
00:35:53leur faiblesse.
00:35:55Plus ils en sauront,
00:35:56plus leurs interrogatoires
00:35:57seront habiles.
00:35:59Et c'est par Munch
00:36:00qu'ils commencent
00:36:01leur enquête.
00:36:02« On sait que c'est quelqu'un
00:36:05qui a eu maille à partie
00:36:06avec la justice,
00:36:07c'est un délinquant
00:36:09de droit commun,
00:36:10sans plus. »
00:36:11« C'est un garçon
00:36:12qui n'a pas fait
00:36:13grand-chose de sa vie,
00:36:14qui porte déjà
00:36:15trois condamnations
00:36:16à son quasi-judiciaire,
00:36:18qui a eu des problèmes
00:36:18de toxicomanie
00:36:19et qui est surtout
00:36:20très influençable,
00:36:22toujours à la recherche
00:36:23d'une affaire
00:36:24pouvant lui rapporter
00:36:26un peu d'argent. »
00:36:28Un garçon à la dérive
00:36:30et sans le sou,
00:36:31voilà déjà
00:36:31un profil intéressant.
00:36:33En plus,
00:36:34c'est un type fragile,
00:36:36après une enfance
00:36:37compliquée.
00:36:39« Mon famille
00:36:40tuyau de poils,
00:36:41en clair et pour traduire
00:36:42les choses,
00:36:43beaucoup de demi,
00:36:44demi-frères,
00:36:46demi-sœurs,
00:36:48des beaux-pères
00:36:49ou des oncles
00:36:49qui sont les pères
00:36:50de la demi-sœur.
00:36:52Un père biologique
00:36:53qui apparaît
00:36:54et disparaît aussi vite
00:36:55puisqu'en fait
00:36:56il ne connaîtra pas
00:36:57son père biologique,
00:36:57il le découvrira
00:36:59au détour
00:37:00de ses 16 ans
00:37:01quand ce père
00:37:02reviendra
00:37:03pour une brève liaison
00:37:04avec la mère
00:37:05et laissera
00:37:06en toute trace
00:37:07de son passage
00:37:08une nouvelle sœur.
00:37:09Donc une famille
00:37:10très complexe,
00:37:11très brouillée,
00:37:12très absente
00:37:13où il est pour le moins
00:37:13difficile
00:37:14de trouver quelques repères.
00:37:17Munch a-t-il pu être
00:37:18à la recherche
00:37:18d'un mentor,
00:37:19d'une épaule
00:37:20sur laquelle s'appuyer ?
00:37:22D'autant que sa vie
00:37:23sentimentale
00:37:24ne semble pas
00:37:25plus stable.
00:37:26Il a deux enfants
00:37:27d'une femme
00:37:28qu'il a quitté
00:37:29pour un ami
00:37:29qu'il hébergeait.
00:37:32Ensuite,
00:37:32il retournait vivre
00:37:33chez sa mère
00:37:34à Nogent-le-Retrou
00:37:35à quelques kilomètres
00:37:36du Thaï
00:37:37où vit son meilleur ami
00:37:39Arnaud Privat.
00:37:40Christopher prend Arnaud
00:37:41pour son grand frère.
00:37:43C'est son confident,
00:37:44c'est son ami,
00:37:45c'est son frère,
00:37:46c'est tout
00:37:46pour Christopher.
00:37:47Christopher et Arnaud
00:37:53passent leur journée
00:37:54à ferrailler
00:37:54et à boire
00:37:56beaucoup,
00:37:58jusqu'à 3 litres
00:37:59de whisky par jour
00:38:00assaisonnés
00:38:01d'une vingtaine
00:38:01de joints.
00:38:03Encore une info
00:38:03que les gendarmes
00:38:05pourront utiliser
00:38:05en interrogatoire.
00:38:09Des gendarmes
00:38:09qui ont déjà
00:38:10un homme dépendant,
00:38:11fragile et instable
00:38:13et qui vont en trouver
00:38:14un deuxième
00:38:15avec Arnaud Privat.
00:38:20Arnaud a toujours été
00:38:21vécu comme un accident
00:38:22de pilule,
00:38:23c'est-à-dire l'enfant
00:38:24qui n'était pas voulu.
00:38:27D'autres témoins
00:38:27expliquent qu'il a été élevé
00:38:28comme un pitbull
00:38:29pour protéger sa mère.
00:38:31Les mots sont forts,
00:38:32sont violents
00:38:33et je crois
00:38:34sont très significatifs
00:38:35de ce à quoi
00:38:36il a été exposé.
00:38:37Le gosse a été chassé
00:38:38du domicile familial
00:38:39parce que jamais aimé.
00:38:43Il avait le droit
00:38:44à défesser aux orties
00:38:45et à manger
00:38:46dans loges à cochons.
00:38:48Je pense qu'il a dû
00:38:49apprendre à marcher
00:38:50sur les trottoirs
00:38:50très accidentés
00:38:52du vide affectif.
00:38:54Sa mère,
00:38:54dit autrement,
00:38:55ne lui a jamais filé
00:38:55un sou d'amour
00:38:56puisque sa mère
00:38:57va lui préférer
00:38:59celui qui va devenir
00:39:00son mari,
00:39:01Christophe Lejar
00:39:01et le gosse
00:39:02va être chassé,
00:39:04mis à la rue.
00:39:08Et à l'âge adulte,
00:39:10sa vie sentimentale
00:39:11ne s'arrange pas.
00:39:13La vie sentimentale
00:39:15d'Arnaud Privat
00:39:16est compliquée
00:39:17dans le sens
00:39:17où il y a deux femmes
00:39:18dans sa vie
00:39:19qui ont la particularité
00:39:20d'être sœurs
00:39:20successivement,
00:39:21bien entendu.
00:39:22La première,
00:39:23c'est Valérie
00:39:23avec laquelle il a un fils
00:39:24et la deuxième est Nathalie
00:39:26avec laquelle il a une fille.
00:39:33Les deux sœurs se déchirent
00:39:35et Arnaud doit se battre
00:39:37pour voir son fils aîné.
00:39:38Pour résumer,
00:39:42Arnaud et Christophe
00:39:43ont les mêmes problèmes,
00:39:44la même vie bancale.
00:39:48Arnaud Privat,
00:39:49Christophe Munch,
00:39:50ce sont deux vies en miroir.
00:39:52Des relations personnelles
00:39:54de part et d'autre
00:39:54qui se terminent mal,
00:39:56des trahisons,
00:39:58des enfants
00:39:58qu'on ne peut plus voir.
00:40:00Ce sont vraiment
00:40:00deux vies chaotiques,
00:40:02deux vies abîmées
00:40:02qui sont en miroir
00:40:03l'une de l'autre.
00:40:15Les gendarmes
00:40:15en savent maintenant
00:40:16suffisamment
00:40:17pour passer les suspects
00:40:18à la question.
00:40:20Le 4 octobre 2011,
00:40:22c'est enfin du jour J.
00:40:24Ils interpellent
00:40:25tout le monde en même temps.
00:40:27Roselyne Lejar
00:40:28à Rognonna,
00:40:29Arnaud Privat,
00:40:32Oteille,
00:40:34Christophe Munch
00:40:35à Nogent-le-Rotroux.
00:40:37Chez Christophe Munch,
00:40:39lors de la perquisition,
00:40:40on va se rendre compte
00:40:42quand même
00:40:42qu'il a été verbalisé
00:40:43à Montluçon.
00:40:45Montluçon,
00:40:46c'est la route
00:40:47qui mène
00:40:48de Nogent-le-Rotroux
00:40:49à Rognonna,
00:40:50en passant par Millau.
00:40:52On est toujours
00:40:53sur le même trajet.
00:40:54Donc là,
00:40:55on n'a plus aucun doute
00:40:56sur sa participation.
00:40:59L'ADN de Munch
00:41:00est prélevé
00:41:01et envoyé
00:41:02de toute urgence
00:41:02au FNAEG,
00:41:03le fichier national
00:41:04des empreintes génétiques.
00:41:08En attendant,
00:41:10l'interrogatoire commence.
00:41:12Et très vite
00:41:12à la question
00:41:13« Vous êtes-vous rendu
00:41:15dans le sud de la France
00:41:15entre le 23
00:41:16et le 25 novembre 2010 ? »
00:41:19Munch répond
00:41:20« Non ».
00:41:21Au départ,
00:41:26Munch
00:41:27ne reconnaît pas les faits.
00:41:29Il ne comprend pas.
00:41:30Il est très surpris.
00:41:32Effectivement,
00:41:33il a déjà été
00:41:33dans le sud.
00:41:35Il est un peu évasif.
00:41:36Il ne se souvient plus
00:41:37des dates.
00:41:38Il ne sait plus
00:41:39avec qui il était.
00:41:40Il se rappelle aussi
00:41:40avoir été au masse
00:41:41de M. Lejar
00:41:42pour faire des petits travaux
00:41:44avec lui,
00:41:45d'ailleurs,
00:41:45au cours de l'été.
00:41:47Mais après,
00:41:48non,
00:41:48il n'est pas revenu
00:41:50d'après ses déclarations.
00:41:53Les gendarmes
00:41:54savent qu'il ment
00:41:55et lui mettent
00:41:57la preuve sous le nez.
00:42:00Christopher Munch
00:42:00le voit
00:42:01avant de trouver
00:42:03une explication.
00:42:06« Je me suis rendu
00:42:06en Andorre
00:42:07pour acheter
00:42:08des cigarettes. »
00:42:11Bien sûr,
00:42:13Munch joue
00:42:14les fortes têtes.
00:42:16Les gendarmes
00:42:17espèrent avoir
00:42:17plus de chance
00:42:18avec Arnaud Privat.
00:42:20De but en blanc,
00:42:21il lui demande
00:42:21si Christopher Munch
00:42:22est l'assassin.
00:42:25« Vous êtes partis
00:42:26dans un délire dingue.
00:42:29Pour moi,
00:42:30ce n'est pas possible. »
00:42:33Les gendarmes
00:42:34essaient autrement.
00:42:36« Que pensez-vous
00:42:37des traces de poudre
00:42:38et de résidus
00:42:40de tir
00:42:40sur la veste
00:42:41de votre mère ? »
00:42:45Et là,
00:42:46il est un peu
00:42:46déstabilisé,
00:42:47mais il a une réponse.
00:42:48Il nous dit
00:42:48que sa mère
00:42:49se sentait menacée
00:42:50par son mari.
00:42:52Donc,
00:42:52lors d'une visite
00:42:53d'Arnaud
00:42:55à Rognona,
00:42:56il lui a demandé
00:42:56de manipuler
00:42:58une arme
00:42:58pour savoir
00:42:58comment on se sert
00:42:59d'une arme.
00:43:00Donc,
00:43:01il charge
00:43:01un fusil
00:43:02dans la maison
00:43:03et lors de la démonstration,
00:43:05un coup de feu
00:43:05part dans la maison.
00:43:06C'est la raison
00:43:08pour laquelle
00:43:09il nous explique
00:43:10que sa mère
00:43:10avait des traces de poudre
00:43:11sur le gilet
00:43:12qu'elle avait
00:43:13le jour du décès
00:43:14de son mari.
00:43:17Les constatations
00:43:18nous amènent
00:43:19à retrouver
00:43:19l'impact
00:43:20de projectiles
00:43:21dans les marches
00:43:22de la maison.
00:43:24Arnaud jure
00:43:25que sa mère
00:43:25n'a pas pu tuer
00:43:26Christophe Lejar,
00:43:27lui non plus d'ailleurs,
00:43:28même s'il ne l'a
00:43:29jamais aimé.
00:43:31« On n'a pas
00:43:32grand-chose
00:43:32sur Arnaud.
00:43:33Arnaud,
00:43:34au moment des faits,
00:43:35il a été à l'école,
00:43:36il a emmené
00:43:37ses enfants à l'école,
00:43:38il s'est bien fait voir,
00:43:39son téléphone
00:43:40est sur place.
00:43:42Il nous dira
00:43:43d'ailleurs
00:43:43qu'il a appris
00:43:44le meurtre
00:43:45de son beau-père
00:43:46par l'intermédiaire
00:43:47de son frère
00:43:47Hommel,
00:43:48qu'il en a pleuré,
00:43:49qu'il a été surpris,
00:43:50qu'on ne prenait pas,
00:43:51mais que comme sa mère
00:43:52lui avait dit
00:43:53que c'était suite
00:43:54au travail,
00:43:55donc il en a déduit
00:43:56que c'était
00:43:57un règlement de compte,
00:43:58il fait confiance
00:43:59à sa mère.
00:44:02Avec Arnaud,
00:44:03les enquêteurs
00:44:03sont allés
00:44:04jusqu'au bout.
00:44:06Alors,
00:44:06ils passent à Roselyne,
00:44:08qu'ils sont impatients
00:44:09d'entendre
00:44:09depuis des mois.
00:44:11C'est vrai
00:44:12qu'au début,
00:44:13elle paraît
00:44:13relativement surprise,
00:44:14elle est très fermée,
00:44:15puisqu'elle refuse
00:44:16certaines choses.
00:44:17on va avoir ce face-à-face
00:44:21qui va durer
00:44:21pendant 24 heures
00:44:22où on va avoir
00:44:24des réponses banales.
00:44:26Elle va nous dire
00:44:27que la veille,
00:44:28elle a fait des papiers,
00:44:29notamment de demande
00:44:29de divorce,
00:44:30qu'elle a travaillé
00:44:31très tard,
00:44:31jusqu'à 23 heures,
00:44:33qu'elle ne l'a pas
00:44:33entendu rentrer,
00:44:34il faisait chambre à part,
00:44:35donc elle n'a pas entendu,
00:44:36elle ne l'a pas vue,
00:44:38ils n'ont eu aucun échange
00:44:39la veille des faits.
00:44:41Elle perd la mémoire
00:44:42lorsqu'on lui parle
00:44:43des faits,
00:44:43en eux-mêmes.
00:44:44Par contre,
00:44:45tout ce qui est financier
00:44:47a une mémoire d'éléphant.
00:44:48Elle est capable
00:44:48de vous dire
00:44:49au centime près
00:44:50ce qu'elle avait,
00:44:52ce qui était,
00:44:52ce qu'elle a fait.
00:44:55Mais dès qu'on entre
00:44:56dans le vif du sujet,
00:44:57la Roselyne manipulatrice
00:44:59refait surface.
00:45:01Elle adopte toujours
00:45:02cette position de victime
00:45:03en disant
00:45:03je suis victime
00:45:04du meurtre de mon mari
00:45:05et elle continue
00:45:07à tenter
00:45:09de nous persuader
00:45:09que les auteurs des faits
00:45:12sont des personnes
00:45:13du milieu
00:45:13et qu'ils ont voulu
00:45:15le tuer
00:45:15pour une dette d'argent
00:45:16ou pour quelque chose
00:45:17comme ça.
00:45:18Donc,
00:45:18elle reste sur ce scénario,
00:45:20sur ce schéma
00:45:21qu'elle a construit
00:45:22et derrière laquelle
00:45:23elle se réfugie
00:45:24et qu'elle la pose
00:45:25avec force.
00:45:27Donc,
00:45:27pour elle,
00:45:27elle n'est pas impliquée
00:45:28là-dedans.
00:45:29Donc,
00:45:29pour elle,
00:45:30elle n'a rien à faire
00:45:30en garde à vue.
00:45:31Donc,
00:45:31pour elle,
00:45:32elle n'a pas à être avec moi.
00:45:37Trois interpellations,
00:45:38trois dénégations.
00:45:40Qu'est-ce qu'ils peuvent faire
00:45:41les enquêteurs ?
00:45:41Ils peuvent espérer
00:45:42un coup de chance
00:45:43et ils vont l'avoir
00:45:44le lendemain,
00:45:44le 5 octobre.
00:45:46Ils ont prélevé
00:45:47l'ADN de Munch
00:45:48dès qu'il est entré
00:45:49en garde à vue
00:45:50et ils l'ont envoyé
00:45:51en urgence
00:45:51au laboratoire.
00:45:53Et là,
00:45:53bingo !
00:45:54L'ADN qu'on a retrouvé
00:45:55sur la barrière,
00:45:56cet ADN inconnu,
00:45:58eh bien,
00:45:58c'est celui de Munch.
00:45:59Ce qui veut dire
00:46:00que Munch,
00:46:01il a bien touché
00:46:01la barrière.
00:46:02Les enquêteurs jubilent
00:46:06et ils y retournent
00:46:07en commençant,
00:46:08bien sûr,
00:46:09par Christopher Munch.
00:46:11Son ADN était sur la barrière.
00:46:13Il doit s'expliquer,
00:46:15dire la vérité.
00:46:18Il est plus de 22 heures.
00:46:20La nuit favorise
00:46:21les confidences.
00:46:24À la 7e audition,
00:46:25Munch se couche.
00:46:26J'ai été contactée
00:46:29par Mme Lejar.
00:46:31Elle m'a demandé
00:46:32de lui rendre un service
00:46:33contre de l'argent.
00:46:36Là, il commence
00:46:37à revenir sur ses explications.
00:46:38Il nous dit
00:46:39oui, effectivement,
00:46:39je me suis bien rendu sur place.
00:46:41Son rôle,
00:46:42et il devait vérifier
00:46:44que le 4x4 de M. Lejar
00:46:45était présent,
00:46:46de fermer la barrière
00:46:47et de partir.
00:46:50Une fois que j'ai mis
00:46:50cette barrière en place,
00:46:52j'ai quitté les lieux
00:46:52et je pensais,
00:46:54dira-t-il d'ailleurs,
00:46:54qu'il s'agissait simplement
00:46:55de donner
00:46:56une bonne correction,
00:46:57une bonne raclée.
00:46:58À M. Lejar,
00:46:58je n'ai jamais imaginé
00:46:59qu'avec cette barrière,
00:47:01j'allais participer
00:47:01à l'assassinat de cette homme.
00:47:05Sauf qu'il devait toucher
00:47:06une somme assez importante
00:47:08qui est de 15 000 euros.
00:47:10Faire traverser
00:47:11à Kétien,
00:47:11toute la France
00:47:12pour fermer une barrière,
00:47:13vous doutez bien
00:47:14que les enquêteurs
00:47:15n'ont pas du tout cru
00:47:16ce qu'ils nous disaient.
00:47:17Par contre,
00:47:18une fois qu'ils nous expliquent
00:47:19qu'il était sur place,
00:47:19on commence à comprendre
00:47:20son rôle,
00:47:21qui était un rôle
00:47:22très important.
00:47:22Maintenant que Munch
00:47:26a commencé à parler,
00:47:27Roselyne est coincée.
00:47:30C'est du moins
00:47:30ce que pensent
00:47:30les gendarmes.
00:47:32Difficile, Roselyne.
00:47:33Roselyne,
00:47:34je rappelle,
00:47:35c'est une maîtresse femme.
00:47:36C'est quelqu'un
00:47:37qui ne se laisse pas faire.
00:47:38Nous avons eu
00:47:38beaucoup de difficultés
00:47:40à lui faire expliquer
00:47:41certaines choses.
00:47:42Et la cuirasse
00:47:43se lézarde enfin.
00:47:45Il est temps de parler,
00:47:45Mme Lejar.
00:47:46Qu'est-ce qui s'est passé ?
00:47:47J'aimais mon mari,
00:47:50c'était un coup de folie.
00:47:54Elle craque,
00:47:54effectivement.
00:47:55Elle a quand même
00:47:56des pleurs.
00:47:57Mais elle réagit très vite,
00:47:58elle se ressaisit très vite.
00:48:00Elle redevient froide
00:48:01et redevient
00:48:02la Mme Lejar
00:48:03telle qu'on la connaissait.
00:48:06Donc,
00:48:07j'ai demandé de l'aide.
00:48:10À qui ?
00:48:11À M. Christo Munch.
00:48:14Vous l'avez demandé quoi ?
00:48:15S'il pouvait tuer mon mari.
00:48:16Elle va expliquer
00:48:23que c'est par crainte
00:48:25de voir
00:48:25tout ce qu'elle a pu construire
00:48:27depuis qu'elle était
00:48:28avec M. Lejar,
00:48:30de voir tout disparaître,
00:48:31d'avoir ce partage
00:48:32qui devait s'effectuer
00:48:33alors qu'elle s'est saignée
00:48:34toute sa vie
00:48:35pour son mari,
00:48:36pour que lui s'en sorte
00:48:37et qu'il ait enfin
00:48:38des revenus
00:48:39et qu'il ait une vie
00:48:40sociale confortable.
00:48:42Elle disait
00:48:42qu'elle l'aimait toujours,
00:48:43qu'elle ne supportait pas
00:48:44le fait qu'il puisse partir,
00:48:46qu'elle supportait
00:48:46plus le fait
00:48:47qu'il découche,
00:48:48qu'elle que sa vie
00:48:48part en éclats.
00:48:50Ça, c'est la façade.
00:48:54Je reste persuadé
00:48:55que derrière,
00:48:56le volet financier
00:48:57est le moteur
00:48:59et le principal argument.
00:49:00Vous lui avez demandé
00:49:03s'il pouvait tuer Christophe ?
00:49:05Qu'a-t-il répondu ?
00:49:06Oui.
00:49:08Divorce qui se passe mal
00:49:10selon elle,
00:49:11une idée lancée en l'air
00:49:12sous le coup
00:49:13de la colère,
00:49:14de l'énervement.
00:49:15Il serait peut-être bien
00:49:16comme on débarrasse
00:49:17une somme
00:49:18qui aurait été
00:49:19énoncée comme ça,
00:49:20mais rien ne va plus loin,
00:49:21dit-elle dans son esprit
00:49:23et en quelque sorte,
00:49:24c'est Christopher Munch
00:49:24qui,
00:49:25s'emparant de ses éléments,
00:49:26aurait réalisé un crime
00:49:27qu'elle n'avait pas commandité.
00:49:29Un crime que Roselyne Lejar
00:49:31n'aurait pas commandité,
00:49:33mais qu'elle a pourtant
00:49:34bien payé.
00:49:36Elle l'aurait payé
00:49:3615 000 euros
00:49:37en plusieurs fois.
00:49:39L'argent a été donné
00:49:40à chaque fois
00:49:41qu'elle se rendait au Thaï
00:49:43et que c'était juste
00:49:44entre elle et Munch
00:49:45qu'ils avaient prévu ça.
00:49:47Elle ne savait pas
00:49:48où ils devaient le faire,
00:49:50quand ils devaient le faire
00:49:51et comment ils devaient le faire.
00:49:52Pour elle,
00:49:53elle avait payé
00:49:54et c'était à Munch
00:49:55de faire le reste.
00:49:56En conclusion,
00:50:00les gendarmes ont
00:50:00un Christopher Munch
00:50:01qui baisse les barrières
00:50:02pour 15 000 euros,
00:50:04une Roselyne Lejar
00:50:05qui commandit un crime
00:50:07sans le vouloir
00:50:08et un Arnaud Privat
00:50:09blanc comme neige.
00:50:11C'est le seul point
00:50:12sur lequel
00:50:13les deux autres suspects
00:50:14sont d'accord.
00:50:14Arnaud,
00:50:17quand il a compris
00:50:18que les deux auteurs
00:50:20étaient identifiés,
00:50:21il s'effondrait devant nous.
00:50:22Il a demandé
00:50:22à mettre fin à l'audition
00:50:24et à sortir de la pièce
00:50:25pour fumer.
00:50:26Il s'est effondré en armes.
00:50:31Bizarre,
00:50:31ces pleurs.
00:50:33Soulagement,
00:50:34tristesse.
00:50:36La garde à vue
00:50:36est terminée.
00:50:37Les trois comparses
00:50:38sont conduits
00:50:39chez le juge d'instruction.
00:50:42Sans surprise,
00:50:42elle met les deux premiers
00:50:44en examen
00:50:44pour complicité d'assassinat
00:50:46et les envoie
00:50:47derrière les barreaux.
00:50:50Quant à Arnaud...
00:50:52Je découvre Arnaud Privat
00:50:54dans les jours
00:50:55du palais de justice
00:50:55d'Aix-en-Provence
00:50:56et il m'apparaît
00:50:59sortir tout droit
00:51:00d'un décor
00:51:01d'urgence psychiatrique.
00:51:04Il est visiblement
00:51:05apeuré,
00:51:06extrêmement fragile
00:51:07et présenté
00:51:09à cette occasion
00:51:10au juge d'instruction.
00:51:11Il y a un homme
00:51:12effondré de douleur,
00:51:13surtout quand je lui apprends
00:51:14que sa mère
00:51:15est partie au trou.
00:51:17L'accusation imagine
00:51:18qu'il a été à l'interface
00:51:19entre la mère
00:51:20qui commandite le crime
00:51:21et son ami
00:51:23Kassopha Munch
00:51:23qui l'exécute.
00:51:26La juge d'instruction
00:51:27va refuser
00:51:28de le mettre en examen
00:51:28en lui réservant
00:51:30le statut
00:51:30de témoin assisté.
00:51:32Il ressort
00:51:32sans même
00:51:33en contrôle judiciaire,
00:51:34libre comme l'air.
00:51:35Dominique,
00:51:40deux suspects
00:51:41en prison,
00:51:42un dehors.
00:51:42Oui,
00:51:43jusqu'au 13 décembre 2011
00:51:44parce que ce jour-là,
00:51:46nouveau rebondissement
00:51:47dans l'enquête,
00:51:48les gendarmes reçoivent
00:51:48un coup de fil.
00:51:50On est plus d'un an
00:51:51après la mort
00:51:51de Christophe Lejar.
00:51:53Au téléphone,
00:51:53un certain David.
00:51:55Et ce David,
00:51:56c'est l'homme
00:51:56qui vit désormais
00:51:57avec l'ex-compagne
00:51:59d'Arnaud Privat.
00:52:01Et il a des choses
00:52:02à raconter aux gendarmes.
00:52:09David est très inquiet.
00:52:12Il nous dit
00:52:13« Ma compagne
00:52:14est au courant
00:52:15de certaines choses. »
00:52:17Et là,
00:52:17nous allons apprendre
00:52:18que Arnaud
00:52:19se serait confié
00:52:20à son ancienne compagne
00:52:21en disant
00:52:21qu'il avait fait
00:52:23une bêtise.
00:52:24C'est lui
00:52:24qui avait fait
00:52:25l'intermédiaire
00:52:25avec sa mère
00:52:27et Christopher.
00:52:29Ces révélations,
00:52:31Arnaud
00:52:31les aurait faites
00:52:32à son ex-compagne
00:52:33trois jours seulement
00:52:34après le meurtre.
00:52:36Et sept mois plus tard,
00:52:37il semble
00:52:38prêt à tuer encore.
00:52:39Cette fois,
00:52:40sa cible,
00:52:41ça serait David.
00:52:42Et Arnaud
00:52:43a menacé
00:52:44cet homme
00:52:45en lui disant
00:52:45« Je l'ai déjà fait une fois,
00:52:47je peux le faire
00:52:48une deuxième fois. »
00:52:50Il m'a dit
00:52:51« Tu vas prendre la même.
00:52:52C'est ce qui s'est passé
00:52:53pour mon beau-père,
00:52:53il s'est pris une balle.
00:52:55Je vais te mettre la même
00:52:56avant demain matin. »
00:52:59On a quand même
00:53:00le droit
00:53:01à un change
00:53:01téléphonique
00:53:01qui dégouligne
00:53:02et qui transpire
00:53:03l'alcool.
00:53:06Arnaud Privat
00:53:07est méché
00:53:08au moment
00:53:08où il appelle
00:53:09son ex.
00:53:11Je ne pense pas
00:53:11que les menaces
00:53:12faites
00:53:12soient à prendre
00:53:13avec sérieux.
00:53:15Pour autant,
00:53:16on a là
00:53:16la révélation
00:53:17de ce que
00:53:18trois jours
00:53:18après l'assassinat,
00:53:19Arnaud Privat
00:53:20va se confier
00:53:20à son ex.
00:53:22Ce qui est paradoxal
00:53:23parce qu'elle
00:53:23le déteste.
00:53:24Et pour autant,
00:53:25il va à elle
00:53:26expliquer
00:53:26ce qui s'est
00:53:28véritablement passé.
00:53:31La question,
00:53:32bien sûr,
00:53:33c'est pourquoi
00:53:33pas nous l'avoir
00:53:34dit plus tôt
00:53:34puisqu'elle le sait
00:53:35depuis un moment.
00:53:36Toujours pareil,
00:53:37elle a peur.
00:53:38Elle a peur.
00:53:39Et puis,
00:53:39elle a peur pour elle
00:53:40et pour leur fils.
00:53:41Est-ce qu'il va
00:53:42s'en prendre
00:53:42au petit
00:53:42ou à elle ?
00:53:43Elle ne le sait pas.
00:53:44C'est pour ça
00:53:44qu'elle préfère
00:53:45ce terrain.
00:53:46Donc là,
00:53:46à ce moment-là,
00:53:47l'enquête
00:53:47va prendre encore
00:53:48un tournant
00:53:48supplémentaire.
00:53:51Arnaud Privat
00:53:51revient donc
00:53:52dans la boucle.
00:53:53Mais les accusations
00:53:54de son ex-compagne
00:53:55et de David
00:53:56ne suffisent pas
00:53:57pour le coincer.
00:53:59Alors les gendarmes
00:54:00décident
00:54:00de lui tendre
00:54:01un piège.
00:54:03Ils vont le faire
00:54:04convoquer
00:54:04par la juge
00:54:05pour l'inquiéter.
00:54:07Ils devinent
00:54:08que cet homme fragile,
00:54:09s'il se sait
00:54:10dans le collimateur,
00:54:11va forcément
00:54:12commettre une erreur.
00:54:14On sait que
00:54:16Christopher Munch
00:54:17a un téléphone
00:54:18en prison
00:54:18et on se doute
00:54:20bien que
00:54:21la première chose
00:54:22que va faire Arnaud,
00:54:23c'est de prendre
00:54:24contact avec Christopher
00:54:25pour lui dire
00:54:25qu'il est convoqué.
00:54:28Et ce qui se passe
00:54:29en prison,
00:54:30les gendarmes
00:54:31le savent bien.
00:54:33Au sein de la détention,
00:54:35les murs
00:54:35ont des oreilles.
00:54:37En tout cas,
00:54:37le téléphone portable
00:54:38qui est entre les mains
00:54:39de Munch
00:54:40que les gendarmes
00:54:41ont repéré
00:54:42est mis
00:54:43sur Égoute.
00:54:45Et là,
00:54:45on a une conversation
00:54:45qui dure 28 minutes.
00:54:53Et au cours
00:54:53de la conversation,
00:54:55on va comprendre
00:54:56qu'Arnaud Priva
00:54:57a été à l'interface
00:54:59en réalité
00:55:00du commanditaire
00:55:01qui est la mère
00:55:02et de l'exécutant
00:55:04qui est Christopher
00:55:05Munch.
00:55:07Ta mère a commandité,
00:55:09toi t'as recruté
00:55:10et puis moi j'ai exécuté.
00:55:14On a là
00:55:14la distribution des rôles.
00:55:17C'est dans l'oreille
00:55:17des enquêteurs.
00:55:18À partir de là,
00:55:19ça atterrit sur le bureau
00:55:20du juge d'instruction
00:55:20et c'est un des deux éléments
00:55:22qui expliquent
00:55:24que la juge
00:55:24reconvoque
00:55:25Arnaud Priva
00:55:25pour cette fois-ci
00:55:26le mettre en examen
00:55:27et les grouer.
00:55:30Cette fois,
00:55:31c'est bon.
00:55:31Les gendarmes
00:55:32tiennent le trio.
00:55:36Les trois suspects
00:55:37sont maintenant
00:55:38sous les verrous.
00:55:39Comment avez-vous suivi
00:55:41ce dernier rebondissement ?
00:55:43Moi, je m'étais toujours dit
00:55:44le jour où elle est placée
00:55:45en garde à vue,
00:55:46s'il doit y avoir des aveux,
00:55:47ça sera difficile.
00:55:49Ça sera compliqué
00:55:50d'avoir les aveux
00:55:50de Mme Lejar
00:55:51si jamais elle a vraiment
00:55:52commis des faits
00:55:54et finalement,
00:55:55il y a eu quand même
00:55:55des explications.
00:55:56Alors, on ne saura jamais
00:55:57ce qui se serait passé
00:55:58si on avait tapé
00:55:59en juin 2011
00:56:00et si on avait fait
00:56:00la phase opérationnelle
00:56:01à ce moment-là.
00:56:02Mais en tout cas,
00:56:03au final,
00:56:04c'était une bonne chose
00:56:05que cette opération
00:56:06n'ait pas lieu,
00:56:07que les gardes à vue
00:56:07ne soient pas déclenchées
00:56:08en juin 2011,
00:56:09qu'elles soient déclenchées
00:56:10plus tard
00:56:10puisqu'il va y avoir
00:56:11des éléments nouveaux
00:56:12qui vont arriver
00:56:12en septembre,
00:56:13septembre-octobre
00:56:14dans ce dossier
00:56:16et qui vont faire
00:56:16évoluer l'enquête
00:56:18de façon assez importante.
00:56:26Roselyne Lejar,
00:56:28Christopher Munch
00:56:29et Arnaud Privat
00:56:30sont maintenant en prison.
00:56:32Mais l'affaire Lejar
00:56:33n'est pas terminée.
00:56:37Une semaine plus tard,
00:56:39Arnaud Privat
00:56:39est devant le magistrat
00:56:41qui lance tout de go.
00:56:43Votre mère vous avait-elle
00:56:44confié avant les faits
00:56:45son projet
00:56:45de faire assassiner
00:56:46Christophe Lejar ?
00:56:48Oui,
00:56:51elle m'avait appelée
00:56:51plusieurs fois
00:56:52complètement hystérique,
00:56:53complètement folle.
00:56:58Arnaud Privat
00:56:59se met au début de l'automne
00:57:01à recevoir
00:57:02des appels téléphoniques
00:57:03de sa mère
00:57:03où elle lui explique
00:57:05que son beau-père
00:57:07envisage le divorce,
00:57:08qu'il veut la tuer,
00:57:10qu'il a engagé des tueurs.
00:57:11Petit à petit,
00:57:12elle lui dit
00:57:13qu'elle ne peut plus
00:57:13sortir de chez elle
00:57:14sans utiliser une perruque
00:57:15tant elle a peur.
00:57:17Elle va absolument
00:57:18le convaincre
00:57:18de ce qu'elle vit
00:57:19en danger
00:57:20et puis tenter
00:57:21de le convaincre
00:57:22de l'aider
00:57:22à se défendre
00:57:24tout simplement
00:57:24en se débarrassant
00:57:25de Christophe Lejar.
00:57:26ça rend Arnaud Privat
00:57:28à moitié fou.
00:57:30Il est sous le feu
00:57:32émotionnel
00:57:33imposé par sa mère
00:57:35au bout du fil.
00:57:36Je pense que
00:57:37Arnaud Privat
00:57:37n'est jamais parvenu
00:57:38à s'extraire
00:57:39des jupons
00:57:39destructeurs
00:57:40de sa mère.
00:57:41Elle va le chercher
00:57:43peut-être
00:57:44parce qu'elle le sait
00:57:45comme étant parmi
00:57:46les enfants
00:57:47celui qui est
00:57:47le plus malléable
00:57:48et puis celui
00:57:49qui est exilé
00:57:50géographiquement
00:57:50et qui n'a pas
00:57:51la capacité
00:57:52de contrôler
00:57:53la véracité
00:57:54de ce qu'elle lui dit.
00:57:56C'est vrai
00:57:56qu'il se laisse prendre
00:57:57à se rêver
00:57:58le sauveur
00:57:59le héros de sa mère.
00:58:03Arnaud Privat
00:58:03reconnaît
00:58:04du bout des lèvres
00:58:04qu'il a mis sa mère
00:58:05et Christopher Munch
00:58:06en contact
00:58:07mais surtout
00:58:08ils ne se mouillent pas.
00:58:11Arnaud Privat
00:58:12au fond
00:58:13s'abrite derrière
00:58:13moi j'ai fait que dire
00:58:15et puis Christopher
00:58:16a pris l'initiative
00:58:17parce qu'il n'avait pas
00:58:18trouvé de tueur
00:58:18de faire les choses
00:58:19mais je ne suis pas au courant
00:58:21je ne sais pas
00:58:21comment ça va se passer
00:58:22exactement.
00:58:22il y a une forme
00:58:23de lâcheté quand même
00:58:24de la part d'Arnaud Privat
00:58:25à l'égard
00:58:26de Christopher Munch.
00:58:28Bien sûr
00:58:28Christopher Munch
00:58:30est reconvoqué
00:58:31par le magistrat
00:58:32et maintenant
00:58:33il n'a plus le choix.
00:58:35J'ai vécu
00:58:35évidemment
00:58:36en tant qu'avocat
00:58:37les aveux
00:58:38de Christopher Munch
00:58:39le mobile
00:58:42de Christopher Munch
00:58:42c'est
00:58:43il faut sauver
00:58:44Arnaud Privat
00:58:45et il faut que je sauve
00:58:46Arnaud Privat
00:58:47il faut que je sorte
00:58:49ce frère
00:58:49de cette souffrance
00:58:50qui devient absolument
00:58:52invivable
00:58:52au quotidien.
00:58:54On est dans une relation
00:58:55plutôt fraternelle
00:58:56il n'y a pas de manipulation
00:58:58de l'un par l'autre
00:58:59mais cet amour fraternel
00:59:01mêlé d'admiration
00:59:02du côté de Christopher Munch
00:59:04parce qu'Arnaud Privat
00:59:05est un petit peu plus âgé
00:59:06vont faire que
00:59:07lui aussi
00:59:08il veut être un héros
00:59:09à ses yeux.
00:59:10Pour être le héros
00:59:16d'Arnaud
00:59:17Christopher Munch
00:59:18a accepté de tuer
00:59:20il explique au juge
00:59:21comment il a piégé
00:59:22Christophe Lejar
00:59:24il s'agit pour Christopher Munch
00:59:29de partir presque
00:59:30du nord de la France
00:59:31vers le sud de la France
00:59:33donc un temps de parcours
00:59:34sur la route
00:59:35qui est long
00:59:35qui à chaque instant
00:59:36permet de se repositionner
00:59:37de se refroidir
00:59:38de dire stop
00:59:39qu'est-ce que je fais ?
00:59:42Non
00:59:42c'est quelque chose
00:59:43qui semble-t-il
00:59:44a été assez linéaire.
00:59:46Christopher Munch
00:59:47était déterminé
00:59:48et pour ne pas être repéré
00:59:50il a décidé
00:59:51avec Arnaud
00:59:52de descendre en voiture
00:59:53avant d'acheter
00:59:54une moto sur place
00:59:55via une petite annonce internet.
01:00:02Il arrive très tard
01:00:03d'ailleurs
01:00:03chez le vendeur de motos
01:00:05ce qui peut être étonnant
01:00:06il se présente
01:00:07à visage découvert
01:00:08il est quasiment minuit
01:00:09l'achat de la moto
01:00:10sans même l'essayer d'ailleurs
01:00:11qui est embarqué
01:00:12dans ce minable fourgon
01:00:13avec lequel il a quasiment
01:00:14traversé la France.
01:00:16Après
01:00:16j'ai fait comme Arnaud m'a dit
01:00:18j'ai caché le camion
01:00:19sur une petite route
01:00:20j'étais stressé
01:00:21étendu
01:00:22à 5 heures
01:00:24j'ai regardé l'heure
01:00:25je me suis caché
01:00:27dans la haie
01:00:27monsieur Lejar
01:00:31est arrivé dans sa voiture
01:00:32il faisait nuit
01:00:36et j'ai vu l'effort
01:00:38de son 4x4
01:00:39il est arrivé
01:00:40jusqu'à la barrière
01:00:41il est descendu
01:00:42pour l'ouvrir
01:00:43Christopher Munch
01:00:44dit
01:00:45il m'a tourné le dos
01:00:47lorsque j'ai surgi
01:00:48il a tourné le dos
01:00:50il a compris
01:00:51sans doute
01:00:51Christophe Lejar
01:00:52ce qui se passait
01:00:53j'ai tiré
01:00:54j'ai vu une silhouette
01:00:59tomber
01:00:59et je suis parti
01:01:01Munch
01:01:02dans ses aveux
01:01:03a raconté
01:01:03qu'il avait mis des gants
01:01:04pour ne pas laisser de traces
01:01:05comment expliquer alors
01:01:07qu'on a pu trouver
01:01:08son ADN sur la barrière
01:01:09parce qu'il a contaminé
01:01:11ses gants
01:01:11en les enfilant
01:01:12il y a laissé
01:01:13son ADN
01:01:14de la transpiration
01:01:15des traces de contact
01:01:16et cet ADN
01:01:17il l'a posé
01:01:19sur la barrière
01:01:20ça s'appelle
01:01:21un ADN
01:01:22de transfert
01:01:23et sans ça
01:01:24les gendarmes
01:01:25auraient eu
01:01:25énormément de mal
01:01:27à le confondre
01:01:28Christopher Munch
01:01:29aurait donc traversé
01:01:30toute la France
01:01:31pour aller tuer
01:01:32un homme
01:01:32qu'il ne connait pas
01:01:33uniquement par amitié
01:01:35voire par amour
01:01:36pour Arnaud Privat
01:01:37c'est ça ?
01:01:38c'est ce qu'il dit
01:01:38aux enquêteurs
01:01:39amitié fidèle
01:01:40vous savez
01:01:41le diable
01:01:42se cache
01:01:43parfois
01:01:43dans les détails
01:01:44moi il y a quelque chose
01:01:46qui m'a frappé
01:01:46dans cette affaire
01:01:47c'est que
01:01:47le père biologique
01:01:49de Munch
01:01:49ce père
01:01:50qui ne l'a pas reconnu
01:01:51et bien il porte
01:01:53le même nom
01:01:54exactement
01:01:55que la victime
01:01:55il s'appelle
01:01:56Christophe Lejar
01:01:58mais ça ne s'écrit
01:01:59pas de la même façon
01:02:00ça se termine
01:02:01par un S
01:02:02alors que
01:02:03le nom de la victime
01:02:05se termine
01:02:05par un D
01:02:06alors de là
01:02:07à imaginer
01:02:09que Munch
01:02:10a voulu
01:02:11tuer le père
01:02:12on va laisser
01:02:12cette interprétation
01:02:14au psychanalyste
01:02:15le juge
01:02:18a toute l'histoire
01:02:19on attend le procès
01:02:20on pense que c'est fini
01:02:21mais Roselyne
01:02:23a encore des ressources
01:02:24la prison depuis
01:02:26huit mois
01:02:26la perspective des assises
01:02:28tout ça
01:02:28l'enflamme
01:02:30du fond de sa cellule
01:02:31elle rumine
01:02:32elle colère
01:02:32l'argent
01:02:35qu'elle a touché
01:02:35à la mort de son mari
01:02:36elle sait
01:02:37qu'elle va devoir
01:02:38le rendre au parti civil
01:02:39son fils
01:02:40sa belle soeur
01:02:40et dédommager
01:02:41Liliane
01:02:42la maîtresse
01:02:42de son mari
01:02:43et ça pour elle
01:02:44c'est inacceptable
01:02:46machiavélique
01:02:53perverse
01:02:54ne perdant pas
01:02:55ses objectifs de vue
01:02:56sauver l'argent
01:02:57elle aperçut
01:02:59effectivement
01:02:59en tant que veuve
01:03:00éplorée
01:03:01partie civile
01:03:02d'importantes sommes
01:03:04au titre
01:03:04des assurances vie
01:03:05qui avait été souscrites
01:03:06par son mari défunt
01:03:09et elle va s'empresser
01:03:10évidemment
01:03:10de mettre
01:03:10ce capital considérable
01:03:12à l'abri
01:03:12Roselyne
01:03:14s'est fait
01:03:15quelques amies
01:03:16en prison
01:03:16et avec l'une
01:03:18d'entre elles
01:03:18elle échafaud
01:03:20d'un plan
01:03:20elle va se rapprocher
01:03:23notamment
01:03:23d'une prénommée
01:03:24Sylvie
01:03:24Sylvie entre temps
01:03:26est sortie de prison
01:03:27et Roselyne
01:03:29a permis
01:03:29à Sylvie
01:03:30d'endosser
01:03:31un certain nombre
01:03:32de chèques
01:03:33grâce à la complicité
01:03:36de Sylvie
01:03:37Roselyne
01:03:38réussit à sortir
01:03:39de ses comptes
01:03:40une somme colossale
01:03:41près de 200 000 euros
01:03:43mais les gendarmes
01:03:45qui continuent
01:03:45de surveiller
01:03:46ces opérations bancaires
01:03:47ne ratent pas
01:03:48une miette
01:03:49de ses mouvements
01:03:49convoquée
01:03:53pour s'en expliquer
01:03:54Roselyne
01:03:55pousse le cynisme
01:03:56à son comble
01:03:57de manière très claire
01:04:02devant le juge
01:04:02d'instruction
01:04:03elle dira
01:04:04sans détour
01:04:05qu'elle ne voulait pas
01:04:07que cet argent
01:04:07puisse revenir
01:04:08au parti civil
01:04:10elle ne le mérite pas
01:04:13et de toute façon
01:04:14il n'y a rien
01:04:15qui peut compenser
01:04:16le préjudice
01:04:16subi par les partis civils
01:04:18ce qu'elle n'avait pas envisagé
01:04:21Roselyne
01:04:21c'est que
01:04:22cette femme rencontrée
01:04:23en prison
01:04:24incarcérée
01:04:25pour des faits d'escroquerie
01:04:26allait montrer
01:04:27qu'elle n'avait rien perdu
01:04:28de son art
01:04:29et lorsqu'elle voit
01:04:30Roselyne Lejar
01:04:32lui donner
01:04:32près de 200 000 euros
01:04:33elle va le dépenser
01:04:35dans l'acquisition
01:04:36de véhicules de luxe
01:04:38dans l'acquisition
01:04:39d'un certain nombre
01:04:40de biens
01:04:41pour son usage
01:04:42personnel
01:04:42ce qui va mettre
01:04:44bien évidemment
01:04:44très en colère
01:04:45Roselyne Lejar
01:04:46qui est toujours bien évidemment
01:04:47très proche
01:04:48de ses deniers
01:04:49quand Roselyne apprend
01:04:51qu'elle s'est fait plumer
01:04:52elle devient furieuse
01:04:53vexée
01:04:54et ne veut plus dire
01:04:55un mot au juge
01:04:56et la voilà maintenant
01:04:58poursuivie
01:04:59pour escroquerie
01:05:00avec sa copine Sylvie
01:05:02Roselyne Lejar
01:05:05limite son rôle
01:05:06à des paroles en l'air
01:05:07elle a renvoyé
01:05:08son premier avocat
01:05:09et elle multiplie
01:05:11les excentricités
01:05:12en prison
01:05:13comment allez-vous
01:05:14préparer sa défense ?
01:05:16je rentre très tardivement
01:05:17dans la procédure
01:05:18elle est très confuse
01:05:20lorsque nous nous rencontrons
01:05:21la première fois
01:05:21sur sa culpabilité
01:05:23ou son innocence
01:05:24d'ailleurs
01:05:24donc je vais d'abord
01:05:26étudier le dossier
01:05:26et je reviens
01:05:28en lui disant
01:05:28quelques mois après
01:05:29Roselyne Lejar
01:05:32j'accepte votre défense
01:05:33à une condition
01:05:33c'est que vous plaidiez
01:05:35coupable
01:05:35et entièrement coupable
01:05:36et alors elle accepte ?
01:05:38totalement
01:05:38immédiatement
01:05:40sans aucune restriction
01:05:41quelle impression
01:05:43elle vous a faite
01:05:44en prison ?
01:05:45le parloir d'avocat
01:05:46est au bout
01:05:47d'un long couloir
01:05:48et la fenêtre
01:05:50la porte est vitrée
01:05:51donc vous voyez
01:05:51arriver votre client
01:05:53qui marche
01:05:53sur une trentaine de mètres
01:05:54je vois arriver
01:05:56de loin
01:05:57une femme
01:05:58au physique
01:05:58presque juvénile
01:06:00enfantin
01:06:00qui doit peser
01:06:01au maximum
01:06:02de 40 kilos
01:06:03frêle
01:06:04chétive
01:06:05cheveux noirs
01:06:06on dirait
01:06:07une adolescente
01:06:09et au fur et à mesure
01:06:10qu'elle s'approche de moi
01:06:11je vois des choses
01:06:13dessiner beaucoup
01:06:13plus précisément
01:06:14et lorsqu'elle est devant moi
01:06:16je vois ses rides
01:06:18profondes
01:06:20qui zèbrent son visage
01:06:23et je me dis immédiatement
01:06:25que ces rides là
01:06:26ne sont pas simplement
01:06:26des rides
01:06:27du temps qui passe
01:06:28que cette femme là
01:06:30a dû avoir un vécu
01:06:31terrible
01:06:32qui s'est installé
01:06:34sur son visage
01:06:34elle s'assoit
01:06:36et dès qu'elle ouvre
01:06:38la bouche
01:06:38sa voix est étonnamment douce
01:06:39et quand elle lit
01:06:41quelque chose
01:06:41qui lui semble
01:06:43un peu gros
01:06:43ou un peu sorti
01:06:44de l'ordinaire
01:06:45comme une petite fille
01:06:46elle baisse les yeux
01:06:47en prison
01:06:48elle écrit beaucoup
01:06:49et en décembre 2012
01:06:51elle envoie une lettre
01:06:52au juge d'instruction
01:06:53oui
01:06:54elle dit au juge
01:06:55je suis la maîtresse
01:06:56de Munch
01:06:57est-ce qu'elle est crédible
01:06:58cette liaison
01:06:59tout le monde sait
01:07:00et le dossier révèle
01:07:01que ce n'est pas possible
01:07:02ils ne se connaissaient pas
01:07:04ne se sont jamais
01:07:05parler au téléphone
01:07:06elle n'a plus qu'un but
01:07:08qu'une obsession
01:07:09sauver
01:07:11tant
01:07:11et ce n'est pas encore fini
01:07:14des lettres
01:07:16Roselyne en écrit beaucoup
01:07:18M. Lejar
01:07:22était fidèle
01:07:23en amitié
01:07:23un de ses meilleurs amis
01:07:25était courtier
01:07:26en assurance
01:07:27et cet ami
01:07:28n'était pas l'ami
01:07:29de Mme Lejar
01:07:30elle écrit
01:07:32l'assureur
01:07:33une lettre
01:07:34absolument terrible
01:07:35l'assureur
01:07:36réclame le paiement
01:07:37d'une prime
01:07:38et elle va écrire
01:07:39il faut aller voir
01:07:40M. Lejar
01:07:41qui mange
01:07:42les pissenlits
01:07:43par la racine
01:07:44c'est lui
01:07:44qui vous doit
01:07:45cet argent
01:07:45Christophe est mort
01:07:48décédé
01:07:49crevé
01:07:50flingué
01:07:50enterré
01:07:51et depuis le 24 novembre 2010
01:07:54il mange
01:07:55les pissenlits
01:07:55par la racine
01:07:56c'est à la fois
01:07:59terrible
01:08:00méprisant
01:08:01méprisable
01:08:02et ça
01:08:03montre le visage
01:08:04d'une Mme Lejar
01:08:05qui n'est pas du tout
01:08:06le visage
01:08:06de cette veuve éplorée
01:08:07tout l'amour
01:08:08qu'elle avait eu pour lui
01:08:09s'est transformé en haine
01:08:10même en tant qu'enquêteur
01:08:11c'est pas des mots
01:08:12qu'on entend tous les jours
01:08:13de la bouche d'une veuve
01:08:14le détournement
01:08:18des 200 000 euros
01:08:19la lettre d'insulte
01:08:20à l'assureur
01:08:20Roselyne
01:08:21s'est encore mise
01:08:22dans le bon drap
01:08:23mais rien ne semble
01:08:25l'abattre
01:08:26elle continue
01:08:27elle va très vite
01:08:30comprendre
01:08:31que la personne
01:08:32la plus dangereuse
01:08:33pour elle
01:08:34y compris pour son fils
01:08:35c'est Christopher Munch
01:08:36qui lui
01:08:37avait du coup
01:08:38adopté une stratégie
01:08:39consistante
01:08:40à passer aux aveux
01:08:42elle a beaucoup d'idées
01:08:45Madame Lejar
01:08:46et sa dernière idée
01:08:48c'est de faire disparaître
01:08:50Christopher Munch
01:08:51c'est de le faire assassiner
01:08:52alors qu'il est évidemment
01:08:53détenu
01:08:54elle va donc
01:08:55à la faveur
01:08:56d'une partie de carte
01:08:57avec ses co-détenus
01:08:58faire une offre
01:08:59comme elle l'avait fait
01:09:00pour son mari
01:09:01elle va donc
01:09:03proposer
01:09:04que l'on puisse trouver
01:09:06un tueur
01:09:07contre une somme
01:09:08de 8 000 euros
01:09:09Christopher Munch
01:09:10vaut un peu moins
01:09:11que la vie
01:09:11de son mari
01:09:12Monsieur Lejar
01:09:13c'était 15 000 euros
01:09:14mais cette fois encore
01:09:18Roselyne n'a pas bien
01:09:19choisi
01:09:20ses confidentes
01:09:21car les co-détenus
01:09:22qu'elle a recrutés
01:09:23pour faire assassiner
01:09:24Munch
01:09:25vont la balancer
01:09:26C'est comme ça d'ailleurs
01:09:28que ce deuxième projet criminel
01:09:30arrivera aux oreilles
01:09:33de l'autorité judiciaire
01:09:34et inquiètera profondément
01:09:37Christopher Munch
01:09:38qui lui connaît
01:09:39Madame Lejar
01:09:40qui lui évidemment
01:09:41a vécu comme acteur
01:09:42le projet d'assassinat
01:09:44et la réalisation
01:09:45de l'assassinat
01:09:46de Christophe Lejar
01:09:46est persuadée
01:09:48qu'elle est tout à fait capable
01:09:49d'avoir commandité
01:09:50son propre assassinat
01:09:51Elle se dit proche
01:09:56de ses enfants
01:09:56à la vie de son fils
01:09:59Christopher
01:09:59se retrouve sans rien
01:10:00Munch
01:10:01il peut passer la trappe
01:10:03c'est pas grave
01:10:04pour elle
01:10:04une fois qu'il a
01:10:06accompli son geste
01:10:07elle n'en a plus besoin
01:10:08elle peut le mettre
01:10:09à la poubelle
01:10:10c'est quelqu'un
01:10:12qui est extrêmement dangereux
01:10:13Roselyne
01:10:15Les conclusions
01:10:20de l'instruction
01:10:20sont terribles
01:10:21je vous les lis
01:10:22la mise à mort
01:10:23a été réellement souhaitée
01:10:25abondamment évoquée
01:10:27méthodiquement organisée
01:10:29elle est la conjugaison
01:10:30de la haine
01:10:31de Roselyne Lejar
01:10:33de la vengeance
01:10:34d'Arnaud Privat
01:10:35et de la désinvolture
01:10:37criminelle
01:10:38de Christopher Munch
01:10:39ça régime le dossier ?
01:10:42Oui en partie
01:10:43de façon caricaturale
01:10:45le grand malentendu
01:10:47de ce dossier
01:10:47c'est que
01:10:48l'accusation
01:10:49a voulu faire
01:10:51de ce dossier
01:10:52l'assassinat
01:10:53par une femme
01:10:54vénale
01:10:54de son mari
01:10:55je prétends
01:10:56que cette femme
01:10:56n'était pas
01:10:57une femme vénale
01:10:58elle avait la valeur
01:10:59de l'argent
01:11:00je dis qu'une femme
01:11:02vénale
01:11:02n'aurait pas acheté
01:11:03à Christophe Lejar
01:11:04les parts d'associés
01:11:05sans exiger
01:11:06une contrepartie
01:11:07je dis qu'une femme
01:11:08vénale
01:11:08n'aurait pas acheté
01:11:09le terrain
01:11:09sur lequel construire
01:11:10je dis qu'une femme
01:11:11vénale
01:11:11n'aurait pas acheté
01:11:12le masque de Rognonas
01:11:13avec son propre argent
01:11:14alors que d'un point
01:11:15de vue juridique
01:11:16Christophe Lejar
01:11:17avait la moitié
01:11:18alors c'est contre cela
01:11:19qu'on s'est battu
01:11:20et qu'est-ce qu'il anime
01:11:21alors ?
01:11:22la haine
01:11:23la femme humilienne
01:11:24vous savez
01:11:25vous avez investi
01:11:26pendant 30 ans
01:11:26vous avez abandonné
01:11:28carrière
01:11:28vous avez aimé
01:11:29un homme
01:11:30vous savez qu'il vous trompe
01:11:31mais c'est pas grave
01:11:32pourvu que la vie familiale
01:11:33continue
01:11:34un beau jour
01:11:35après 20 ans
01:11:36vous vous apercevez
01:11:37que ce ne sont plus
01:11:38les passades
01:11:39vous vous apercevez
01:11:40qu'il va vous quitter
01:11:41vous vous apercevez
01:11:42que l'homme
01:11:43et elle le dit
01:11:43à plusieurs reprises
01:11:44l'homme que je découvre
01:11:47n'est pas celui
01:11:47que j'ai épousé
01:11:48et là
01:11:49elle se sent trahi
01:11:50elle se sent humiliée
01:11:51je ne dis pas
01:11:52que c'est une raison
01:11:53pour tuer
01:11:53je dis simplement
01:11:55qu'il faut regarder
01:11:56les fonctions humaines
01:11:57avec un petit peu
01:11:58de compréhension
01:12:00un petit peu de
01:12:01savoir les mécanismes
01:12:02sous lesquels
01:12:04réagissent les gens
01:12:05c'est devant la cour d'assises
01:12:11des bouches du Rhône
01:12:11à Aix-en-Provence
01:12:12que s'ouvre le procès
01:12:14de l'assassinat
01:12:15de Christophe Lejar
01:12:16et le boxe
01:12:18est plein
01:12:19trois accusés
01:12:22très différents
01:12:23Christopher Munch
01:12:25toujours fidèle
01:12:27à lui-même
01:12:28prêt à affronter
01:12:29ce procès
01:12:30prêt à affronter
01:12:31la violence
01:12:32évidemment
01:12:33de son acte
01:12:34prêt à affronter
01:12:35le regard
01:12:36des parties civiles
01:12:37de la famille Lejar
01:12:38à côté de lui
01:12:39dans le boxe
01:12:40Arnaud Privat
01:12:41méconnaissable
01:12:42apathique
01:12:44l'air absent
01:12:46et enfin
01:12:47Madame Lejar
01:12:48Madame Lejar
01:12:50qui semble
01:12:51très souffrante
01:12:52qui semble
01:12:53ne pas entendre
01:12:54les premières questions
01:12:55qui lui sont posées
01:12:57qui veut manifester
01:12:58quand même
01:12:59l'intention
01:12:59de participer
01:13:00au procès
01:13:00On a senti
01:13:04une Roselyne Lejar
01:13:06extrêmement agressive
01:13:08agressive
01:13:08à l'égard
01:13:09du juge
01:13:10de la présidente
01:13:11des assises
01:13:12mais aussi
01:13:12agressive
01:13:13dans son regard
01:13:14à l'égard
01:13:15des parties civiles
01:13:16Ce que tout le monde
01:13:20veut entendre clairement
01:13:21c'est son mobile
01:13:23pourquoi
01:13:24avoir commandité
01:13:25l'assassinat
01:13:26de son mari
01:13:26pour l'argent
01:13:28l'humiliation
01:13:29la haine
01:13:30la cour
01:13:32n'aura pas le temps
01:13:33de répondre
01:13:33à ces questions
01:13:34dès le deuxième jour
01:13:36Roselyne
01:13:37fait un malaise
01:13:38Elle vomit à l'audience
01:13:41elle est très blanche
01:13:43pour moi
01:13:45à mes yeux
01:13:45je pensais
01:13:46qu'il y avait
01:13:46comme une part
01:13:46de simulation
01:13:47et d'exagération
01:13:48de celle-ci
01:13:49C'est le malaise
01:13:53habile
01:13:53de l'infirmière
01:13:54qui s'y connaît
01:13:55Cette femme
01:13:58s'est semble-t-il
01:13:58plus alimentée
01:13:59depuis un temps
01:14:00raisonnable
01:14:01pour être évidemment
01:14:02sincèrement
01:14:03physiquement
01:14:03dans un mauvais état
01:14:05Tout cela
01:14:05va fonctionner
01:14:06à merveille
01:14:06Je crois
01:14:07qu'il y avait
01:14:07quand même
01:14:08beaucoup évidemment
01:14:09de manipulation
01:14:10dans ce malaise
01:14:11Encore une
01:14:14des manœuvres
01:14:14de Roselyne
01:14:15Le procès
01:14:17est reporté
01:14:18Les proches
01:14:19de Christophe Lejar
01:14:21sont tout crés
01:14:21Ça a été vécu
01:14:24comme encore
01:14:25un ultime
01:14:26ou un énième moyen
01:14:27de reculer
01:14:28le procès
01:14:29ou peut-être
01:14:30plus exactement
01:14:30non pas de reculer
01:14:31le procès
01:14:31mais de reculer
01:14:32l'heure
01:14:33où il fallait
01:14:33s'expliquer
01:14:34Une nouvelle fois
01:14:34il fallait
01:14:35encore attendre
01:14:36encore attendre
01:14:37encore attendre
01:14:38pour avoir
01:14:38des explications
01:14:38et des explications
01:14:39cette fois directes
01:14:41Elle a joué
01:14:44la comédie
01:14:45votre cliente
01:14:46ou elle a réellement
01:14:47fait un malaise
01:14:47Bien sûr
01:14:50qu'elle n'a pas
01:14:50joué la comédie
01:14:51Le procès
01:14:52dur pendant
01:14:53deux jours et demi
01:14:53faisait
01:14:54je m'en souviens
01:14:55commencer à faire
01:14:56très chaud
01:14:56à Aix
01:14:57c'était au mois
01:14:58de mai
01:14:59si ma mémoire
01:15:00est bonne
01:15:01et à un moment donné
01:15:02je regarde devant moi
01:15:04et je réalise
01:15:05que quelque chose
01:15:05se passe
01:15:06dans mon dos
01:15:07donc je me retourne
01:15:08et je vois
01:15:09Roselyne Lejar
01:15:10sépulchale
01:15:13blanche
01:15:15livide
01:15:16des yeux
01:15:17agar
01:15:17et
01:15:19elle est petite
01:15:20ratatinée
01:15:21encore davantage
01:15:22ça veut dire que
01:15:23la barre
01:15:24il n'y avait plus que ses yeux
01:15:25et le bout de son nez
01:15:25qui passait
01:15:26c'était une scène
01:15:27absolument surréaliste
01:15:28et j'avais remarqué
01:15:30que la présidente
01:15:30a vu ça
01:15:31et continuait quand même
01:15:33parce qu'elle avait peur
01:15:33que le procès s'arrête
01:15:34on continue
01:15:36même scène
01:15:37là ça n'est plus
01:15:37son nez qu'on voit
01:15:38c'est son front
01:15:39qu'on voit
01:15:40et à un moment donné
01:15:41elle se couche
01:15:42alors là
01:15:42je le dis
01:15:43auprès à la présidente
01:15:44vous allez me faire venir
01:15:45un médecin légiste
01:15:46un médecin légiste
01:15:47est venu
01:15:48a examiné
01:15:48Roselyne Lejar
01:15:49ça a duré
01:15:50assez longtemps
01:15:51suspension d'audience
01:15:52est revenu
01:15:53en disant
01:15:53que son état
01:15:54n'est pas compatible
01:15:55malgré l'avis
01:15:56du médecin légiste
01:15:57nous avons tenté
01:15:58de faire en sorte
01:15:59que ce procès
01:15:59ne soit pas envoyé
01:16:00et qu'elle ait
01:16:01se reposé
01:16:02entre midi
01:16:03et deux heures
01:16:03à deux heures
01:16:04elle revient
01:16:05tout aussi sépulcrale
01:16:07tout aussi livide
01:16:08et à garde
01:16:09elle me dit
01:16:11que ça ne va guère mieux
01:16:11et au bout de dix minutes
01:16:13de nouveau
01:16:14on voit
01:16:15tout doucement
01:16:16des cent mois
01:16:17Roselyne Lejar
01:16:18jusqu'à ce qu'elle disparaisse
01:16:20de la vue de quiconque
01:16:21même de la mienne
01:16:22et à partir de cet instant là
01:16:24le procès
01:16:25ne peut plus continuer
01:16:26C'est un an plus tard
01:16:33que s'ouvre
01:16:34que s'ouvre le procès
01:16:35toujours à Aix
01:16:36et cette fois-ci
01:16:38Roselyne Lejar
01:16:39donne dans le sentimental
01:16:40On va voir
01:16:44une Roselyne Lejar
01:16:45légèrement différente
01:16:47plus effacée
01:16:48et surtout
01:16:49elle va reconnaître
01:16:50dès l'ouverture du procès
01:16:52du bout des lèvres
01:16:53mais elle va reconnaître
01:16:54tout de même
01:16:54son implication
01:16:56et l'ensemble des faits
01:16:57qui lui étaient reprochés
01:16:57Si elle a fait tuer son mari
01:17:02c'était par dépit
01:17:03Roselyne Lejar
01:17:04explique qu'elle se sentait
01:17:06trahie
01:17:07et humiliée
01:17:08On a beaucoup de mal
01:17:11à rentrer en empathie
01:17:13avec elle
01:17:14même lorsqu'elle dit
01:17:15que son mari
01:17:16était infidèle
01:17:17Lorsqu'on voit
01:17:19la façon dont elle se comporte
01:17:20lorsqu'on entendra
01:17:22son ex-mari
01:17:23qui va faire état
01:17:24que Roselyne Lejar
01:17:26ne pensait qu'à l'argent
01:17:27Elle voit les gens
01:17:29de manière très froide
01:17:30intéressés
01:17:31qu'elle fait des plans
01:17:32L'empathie ne marche pas
01:17:35et au contraire
01:17:36on comprend
01:17:36je crois même
01:17:37les raisons
01:17:38pour lesquelles
01:17:39Christophe Lejar
01:17:40a trouvé une femme simple
01:17:42qui aimait
01:17:43des petites choses
01:17:43pas très compliquées
01:17:44Je crois qu'effectivement
01:17:46on peut comprendre
01:17:47l'infidélité
01:17:48de M. Lejar
01:17:48à l'égard de Roselyne
01:17:49Justement
01:17:53Liliane
01:17:54la maîtresse
01:17:55de Christophe Lejar
01:17:55vient à la barre
01:17:57d'écrire l'amour
01:17:58qui les unissait
01:17:59un amour
01:18:01fauché
01:18:02par sa rivale
01:18:03C'est un face-à-face
01:18:05extraordinaire
01:18:06devant la cour d'assises
01:18:07C'est d'ailleurs
01:18:08un face-à-face
01:18:09qui se vit
01:18:10par photos interposées
01:18:11Chaque partie
01:18:12fait diffuser
01:18:13ses photos du bonheur
01:18:14Celle où évidemment
01:18:15il y a
01:18:16Madame Lejar
01:18:17avec Christophe Lejar
01:18:19où on les voit
01:18:20heureux
01:18:21Des photos
01:18:22qui traduisent
01:18:22la réalité
01:18:23du moment
01:18:23Et puis à cela
01:18:24Liliane oppose
01:18:26ses propres photos
01:18:27Notamment
01:18:27j'ai le souvenir
01:18:28d'une photo
01:18:29où Christophe Lejar
01:18:30est comme un gamin
01:18:31bienheureux
01:18:32sur un bateau
01:18:33et cette femme
01:18:34et cette femme
01:18:34a l'air de dire
01:18:35Madame Lejar
01:18:35qui est dans son box
01:18:36tu vois
01:18:37le rêve de Christophe
01:18:38le bateau
01:18:39c'est moi
01:18:39c'est avec moi
01:18:40et ce qui était étonnant
01:18:41c'était le regard incendiaire
01:18:43que s'adressaient
01:18:44ces deux femmes
01:18:45chacune dans la place
01:18:46qu'elles occupaient
01:18:47dans cette cour d'assises
01:18:48et de ce face à face
01:18:51c'est bien évidemment
01:18:52Roselyne
01:18:53qui sort perdante
01:18:54c'est quelqu'un
01:18:56qui me paraît
01:18:57d'assez froid
01:18:57effectivement
01:18:58quelqu'un
01:18:59d'assez manipulateur
01:19:00et avec une relation
01:19:01assez perverse
01:19:02avec son fils
01:19:03qu'elle a entraîné
01:19:05dans ce scénario
01:19:06il y a une dimension
01:19:08de manipulation
01:19:09jouissive quelque part
01:19:11du fait d'être
01:19:13le deus ex machina
01:19:14de cette histoire
01:19:15l'épouse bafouée
01:19:19n'a pas convaincu
01:19:19et la cour
01:19:21reste sur le profil
01:19:22d'une mère manipulatrice
01:19:24et sans état d'âme
01:19:26je lui ai posé
01:19:28à elle
01:19:29une seule question
01:19:29à l'occasion
01:19:30du procès d'assises
01:19:32pourquoi Arnaud ?
01:19:36il n'y a pas eu de réponse
01:19:37Roselyne ne semble que
01:19:42très peu préoccupée
01:19:43par le sort de ce fils
01:19:44qui lui
01:19:45n'a pourtant Dieu
01:19:46que pour sa mère
01:19:47très étonnant
01:19:51Arnaud à l'audience
01:19:51qui chaque fois
01:19:52qu'il parlait de sa mère
01:19:53retrouvait une voix d'enfant
01:19:55comme si l'enfant
01:19:56à lui
01:19:56entendait pour grandir
01:19:57de recevoir l'amour
01:19:58de sa mère
01:19:59il dirait à un moment
01:20:00maman ne mangeait mais
01:20:01le plus terrible
01:20:05c'est que cette quête
01:20:06d'amour
01:20:07est restée vaine
01:20:08jusqu'à la fin
01:20:09de l'audience
01:20:10Roselyne Lejar
01:20:12a présenté des excuses
01:20:13elle l'a dit d'ailleurs
01:20:15je présente des excuses
01:20:15à mon fils
01:20:16le président
01:20:17la reprend
01:20:18lui dit
01:20:18mais lequel ?
01:20:19elle dit
01:20:19ben Christopher
01:20:20sans penser
01:20:23une seconde
01:20:24que la situation
01:20:25dans laquelle
01:20:26se trouve Arnaud
01:20:26prévoit aujourd'hui
01:20:27il lui la doit
01:20:28en grande partie
01:20:29à son égard
01:20:30jamais en mots
01:20:31tout le long
01:20:31de l'audience
01:20:32elle aime à sa manière
01:20:34madame Lejar
01:20:35et elle n'aime pas
01:20:36tous ses enfants
01:20:36de la même manière
01:20:37c'est une réalité
01:20:38psychologique
01:20:39incontournable
01:20:40qui traverse ce dossier
01:20:41en revanche
01:20:43Christopher Munch
01:20:44lui
01:20:45aimait
01:20:45son ami Arnaud
01:20:47il l'aimait
01:20:48comme un frère
01:20:49l'homme
01:20:50qui a exécuté
01:20:51Christophe Lejar
01:20:52d'une balle
01:20:52en pleine tête
01:20:53répète
01:20:54inlassablement
01:20:55à la cour
01:20:55et au juré
01:20:56je l'ai fait
01:20:57plus par amour
01:20:58pour Arnaud
01:20:58que pour un gain
01:21:00de 15 000 euros
01:21:01Christopher Munch
01:21:04a l'impression
01:21:06d'un gamin
01:21:06d'un visage
01:21:08qui transpire encore
01:21:09une adolescence
01:21:10qui lui colle encore
01:21:11à la peau
01:21:11il y a un terrible décalage
01:21:13entre la réalité
01:21:14de l'affichage
01:21:14un gosse
01:21:15et la réalité
01:21:16du crime
01:21:17qu'il a commis
01:21:17l'irréparable
01:21:18à côté de ce trio
01:21:24Sylvie
01:21:25la récidiviste
01:21:27de l'escroquerie
01:21:28sa tête
01:21:29renfroignée
01:21:30aux courts cheveux
01:21:31clairs
01:21:31dépasse
01:21:32à peine
01:21:33du box
01:21:33elle est celle
01:21:37que je me suis amusé
01:21:38à qualifier
01:21:39de banquière
01:21:40la banquière
01:21:40de madame
01:21:42Lejar
01:21:42au sens
01:21:43où elle lui a
01:21:44piqué tout son polluant
01:21:45désarmante
01:21:46cette femme
01:21:47à côté du procès
01:21:48si je puis dire
01:21:49elle n'est pas concernée
01:21:50par l'assassinat
01:21:50qui a l'air d'ailleurs
01:21:51de ne pas l'intéresser
01:21:52beaucoup
01:21:52elle est intéressée
01:21:53par l'argent
01:21:54c'est sa spécialité
01:21:55et elle va se défendre
01:21:57très maladroitement
01:21:57en expliquant
01:21:58qu'évidemment
01:21:59elle n'a pas voulu escroquer
01:22:00qu'elle ignorait
01:22:00d'où provenait l'argent
01:22:01et qu'elle a été là
01:22:03pour apporter
01:22:03un soutien
01:22:04à madame
01:22:05Lejar
01:22:05elle a été le moment
01:22:07pittoresque
01:22:07elle a été
01:22:08l'instant de détente
01:22:10si je puis dire
01:22:11de ce procès
01:22:11dont la colonne vertébrale
01:22:13était quand même
01:22:13et reste l'assassinat
01:22:15de Christophe Lejar
01:22:15froide
01:22:19sans coeur
01:22:21manipulatrice
01:22:22vénale
01:22:23c'est comme ça
01:22:24que votre cliente
01:22:25est dépeinte au procès
01:22:27comment
01:22:28pouvez-vous
01:22:29corriger le tir
01:22:30comme on dit
01:22:31du côté de mon pied
01:22:33elle ne calcule pas
01:22:34elle ne se calcule pas
01:22:36elle interpelle
01:22:39les juges
01:22:40invective
01:22:41les parties civiles
01:22:43les apostrophes
01:22:44moi
01:22:46complètement consterné
01:22:47malgré toutes les leçons
01:22:49que je lui ai données
01:22:49lorsqu'elle dit
01:22:51l'argent
01:22:53vous n'aurez pas un sou
01:22:54à la fois
01:22:56elle est dans cette agression
01:22:57vis-à-vis des parties civiles
01:22:58qui bien entendu
01:22:59scandalise tout un chacun
01:23:00on n'attaque pas
01:23:01une partie civile
01:23:02serait-ce Liliane
01:23:04donc elle est dans
01:23:05cette provocation permanente
01:23:07où le tropemain
01:23:08continue à sortir
01:23:09et c'est vrai
01:23:10que ce qu'elle dit
01:23:11elle le pense
01:23:11il est hors de question
01:23:13que 40 ans de labeur
01:23:14de ma vie
01:23:15aille à payer des gens
01:23:16qui se sont moqués de moi
01:23:18ou qui ne m'ont pas aimé
01:23:19ou qui m'ont mis
01:23:20des bâtons dans les roues
01:23:21depuis ces mêmes 40 années
01:23:22elle est son premier ennemi
01:23:24quoi
01:23:24oui
01:23:25ouais
01:23:25ouais
01:23:26elle est fleur bleue
01:23:28elle est fleur bleue
01:23:28vous savez Roselyne
01:23:30les avocats
01:23:32de madame Legeard
01:23:33vont plaider
01:23:33le crime passionnel
01:23:35j'en ai eu quelques-uns
01:23:37de crimes passionnels
01:23:38aux assises
01:23:39je crois que là
01:23:40on est vraiment très loin
01:23:41je doute fortement
01:23:42qu'elle ait eu de l'amour
01:23:44pour Christophe Legeard
01:23:46elle l'avait mis au travail
01:23:48travaillé comme un forcené
01:23:49donc elle était fortement intéressée
01:23:51donc on est plus dans un crime
01:23:55je dirais plutôt financier
01:23:57que loin du crime passionnel
01:24:00que ses avocats tenteront de donner
01:24:01je vous fais une confidence
01:24:03j'ai une certaine affection pour elle
01:24:06j'ai une certaine affection pour elle
01:24:08parce que j'ai une affection naturelle
01:24:10pour toutes les personnes
01:24:13je n'aime pas les curés
01:24:15je n'aime pas les curés
01:24:17et le tableau qu'ont dressé
01:24:19les uns et les autres
01:24:20de Roselyne Legeard
01:24:21était pas trop caricatural
01:24:26c'est comme
01:24:27s'il y avait une sorte de manichéisme
01:24:30qui faisait que d'un côté
01:24:31il y avait le bien
01:24:31de l'autre le mal
01:24:32le bien c'était le cercueil
01:24:34le mal c'est Roselyne Legeard
01:24:37ces gens là
01:24:39bon c'est mon petit côté avocat
01:24:41sans doute
01:24:42ces gens là
01:24:43j'ai tendance à essayer de
01:24:45de les sauver du mieux que je puis
01:24:47mais au-delà de ça
01:24:49j'ai compris cette femme
01:24:50mais l'avocate générale
01:24:54elle
01:24:54ne se laisse pas attendrir
01:24:57par Roselyne Legeard
01:24:58compte tenu du machiavélisme
01:25:03de celle-ci
01:25:04la façon dont elle avait
01:25:05manipulé les autres
01:25:07co-accusés
01:25:08il m'apparaissait que la peine
01:25:10idoine par rapport aux faits
01:25:12était une peine de 30 ans
01:25:13Christophe Hermund
01:25:19qui est le bras armé
01:25:19qui normalement
01:25:20aurait dû avoir une peine
01:25:21à mon sens
01:25:22peut-être pas supérieure
01:25:23mais au moins égale
01:25:24avait été manipulée
01:25:26c'est pourquoi
01:25:26j'avais requis 25 ans
01:25:28pour Christopher Munch
01:25:29Arnaud avait un rôle
01:25:31quand même particulièrement
01:25:32important
01:25:32sans lui
01:25:33Christopher Munch
01:25:34n'apparaissait pas
01:25:35dans cet assassinat
01:25:36c'est pourquoi
01:25:37j'avais requis 20 ans
01:25:38à son égard
01:25:39après 3 heures
01:25:44de délibéré
01:25:45les jurés se montrent
01:25:47plus cléments
01:25:47que l'avocate générale
01:25:49Christopher Munch
01:25:52le tueur
01:25:52est condamné
01:25:53à 20 ans
01:25:54de réclusion criminelle
01:25:55Arnaud Privat
01:25:57prend 15 ans
01:25:59pour complicité
01:26:00d'assassinat
01:26:00Sylvie
01:26:025 ans
01:26:03pour recel
01:26:04d'escroquerie
01:26:05quant à Roselyne Lejar
01:26:08la vedette
01:26:09du procès
01:26:09elle est condamnée
01:26:11à 25 ans
01:26:12de réclusion criminelle
01:26:13c'est elle
01:26:14qui écope
01:26:15de la peine
01:26:16la plus lourde
01:26:17Roselyne Lejar
01:26:23a fait appel
01:26:24de sa condamnation
01:26:25avant de se désister
01:26:27est-ce qu'elle craignait
01:26:28que son fils Arnaud
01:26:29ne soit plus lourdement
01:26:30condamné
01:26:30est-ce qu'elle ne voulait
01:26:32pas dilapider
01:26:33ses derniers sous
01:26:34en frais d'avocat
01:26:35elle seule le sait
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