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[#Interview] « Je ne sais plus à quel saint me vouer » : le cri d’un entrepreneur gabonais

Libreville, avril 2025. Prince Naël Ondounda Okouma, entrepreneur gabonais et père de trois enfants, voit sa vie basculer après la saisie de son véhicule par les forces de l’ordre dans le cadre d’une opération liée à TaxiGAB. Pourtant, il avait acquis son véhicule en toute légalité, justificatifs à l’appui. Quatre mois plus tard, il n’a toujours pas récupéré sa voiture, son outil de travail.

Dans ce témoignage bouleversant, Prince revient sur sa descente aux enfers : perte d’emploi, crédit contracté, démarches administratives, appels restés sans réponse... Son seul recours : s’adresser publiquement au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.

« Quatre mois monsieur le président, c’est trop… Je viens pleurer votre indulgence », implore-t-il faceà notre caméra, la voix pleine de dignité et d’espoir.

Une histoire poignante qui soulève des questions sur la gestion des procédures policières, la transparence administrative et le sort des entrepreneurs qui veulent simplement subvenir aux besoins de leur famille.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, je suis Prince Naël Ondunda Okuma, je suis gabonin, marié à une ravissante kérisienne à qui je fais un coucou au passage.
00:17Je suis père de trois enfants, je réside à Libreville et je suis entrepreneur gabonin.
00:30Alors, précisément en octobre 2023, je vais perdre mon travail pour fin de contrat.
00:41Donc la société a estimé qu'il pouvait se passer de mes services, ils ont interrompu mon contrat.
00:49Je suis parti à la maison.
00:51En allant à la maison, il fallait réfléchir à comment créer un mécanisme pour assurer la continuité de mes charges quotidiennes en rapport avec ma famille.
01:10D'où survint le projet TaxiGap.
01:14Alors, je vais mettre un dossier parce que j'avais en ma possession la caution et puis là-bas, ça n'a pas abouti.
01:24Je ne m'en plains pas.
01:26Ne voulant pas rester assis sur mes oreillers, je me suis battu, sinon je me suis rapidement lancé dans plusieurs démarches, me permettant d'avoir un crédit.
01:47Une fois rentré en possession de ce crédit, je vais me lancer à la recherche d'un véhicule.
01:55Je ne sais pas si aujourd'hui, je devrais dire heureusement ou malheureusement, je suis tombé sur un véhicule de marque Toyota Yaris,
02:08dont la propriétaire était à cette époque, à cette période, une dame, dont je tairai le nom par discrétion.
02:16Elle est gabonaise, je précise, et je vais faire l'achat de ce véhicule.
02:21Après l'avoir acheté, je vais entamer les démarches en rapport avec la mise en circulation du véhicule et puis je vais le mettre en circulation.
02:36Étant détenteur d'un permis cédé, je ne voulais pas donner ce véhicule à quelqu'un.
02:43Moi-même, je me suis mis au volant de ce véhicule pour avoir plus de rentabilité.
02:50Alors, ce qui m'amène ici, c'est le 23 avril 2025.
02:56Le 23 avril 2025, à 7 heures du matin, je suis interpellé dans la commune d'Ovendo, au niveau du carrefour Cigny,
03:07par un agent des forces de défense et de sécurité, précisément de la police nationale.
03:14Je vais être transféré premièrement au commissariat d'Ovendo, à bord de mon véhicule,
03:22et puis je vais être instruit que mon véhicule est saisi pour nécessité d'enquête.
03:28Chose que je vais coopérer.
03:31Puis, quelques heures après, on va se retrouver au moins une cinquantaine dans la même situation,
03:44et puis on va être transféré vers le camp Michel-Bingundou, précisément la FOPI,
03:52où nos véhicules seront parqués, nos clés vont être saisies,
03:59y compris les documents liés à la circulation des véhicules.
04:06Nous allons être orientés vers le commo pour la poursuite de l'enquête,
04:14précisément à la direction de la sûreté urbaine.
04:19Alors, le jour qui suivait, sans plus attendre,
04:24je me suis personnellement présenté au commo à la direction de la sûreté urbaine,
04:32où j'ai été soumis à un interrogatoire.
04:37J'ai été entendu, sinon auditionné, sur procès verbal,
04:41et puis je vais recevoir une convocation au nom de celle qui m'a vendu le véhicule.
04:52Étant donné que dans leurs locaux, j'ai déclaré avoir acheté le véhicule avec cette dernière,
04:59d'où je recevais la convocation.
05:02Je vais tout de suite, après la direction de la sûreté urbaine,
05:07me rendre au bureau de la dame, parce que je connais son bureau,
05:11nous l'avons traité dans son bureau,
05:14et je vais lui remettre la convocation.
05:17Le lendemain, elle se présentera,
05:20avec en sa possession,
05:22tous les documents liés à l'acquisition du véhicule.
05:31Elle va justifier devant les agents.
05:33Elle aussi, à son tour, va être entendue sur procès verbal.
05:39Elle va me remettre les copies de tous les documents qu'elle avait emportés ce jour,
05:45en me disant, poursuis cette affaire.
05:49L'enquête étant bouclée,
05:54puisque j'avais justifié auprès de qui j'avais acheté ce véhicule,
06:01et celle avec qui j'ai acheté ce véhicule,
06:04a apporté des pièces justificatives
06:07de son aller à Dubaï
06:09et de son retour à Libreville au Gabon,
06:14les papiers de dédouanement,
06:15les papiers de toutes les transactions liées à ce véhicule.
06:24Sauf que depuis le 23 avril,
06:29aujourd'hui nous sommes le 23 août 2025,
06:36ça fait quatre mois.
06:39Quatre mois que nous sommes sans suite
06:42par rapport à cette enquête.
06:46Lorsque nous nous présentons,
06:49lorsque je me présente au Komo,
06:51lorsque je me présente au Komo,
06:54puisque je connais où j'ai été auditionné,
06:58je rencontre les agents en charge de cette affaire,
07:01ils me disent qu'on attend les décisions du haut lieu.
07:10Ils attendent la décision de ceux par qui sont venus les instructions.
07:19À part eux, j'ai entrepris plusieurs démarches.
07:23J'ai cherché à rencontrer le commandant-chef de la police.
07:32Je n'ai pas pu.
07:34J'ai adressé des correspondances qui n'ont jamais abouti.
07:40Je suis allé dans les tribunaux, au tribunal.
07:43J'ai rencontré un procureur, sinon plusieurs procureurs,
07:50qui m'ont fait un retour,
07:53disant que ce n'est pas de leurs compétences.
07:57J'ai rencontré certains responsables
08:00au niveau du conseil économique, social et environnemental,
08:05qui nous ont dit que ce n'est pas de leurs ressorts.
08:09et du moins, toutes les autorités,
08:14sinon toutes les personnes amabilitées de régler cette affaire,
08:19vers qui nous nous tournons,
08:21vers qui je me tourne,
08:24nous renvoient vers les plus hautes autorités.
08:30C'est la raison de ma présence ici.
08:34Parce que je ne sais plus vers qui me tourner,
08:39je ne sais plus à quel sein me vouer.
08:43Je me retrouve quatre mois assis.
08:47Nous savons, je ne vais rien vous apprendre
08:49comment ça se passe actuellement.
08:51Pour trouver un travail
08:52où tu peux au moins subvenir de façon convenable
08:57aux besoins de ta famille,
09:00ce n'est pas facile de nos jours.
09:01Et donc, quatre mois, je suis assis,
09:05quatre mois sans activité,
09:07pour avoir investi dans un domaine
09:10où j'espérais avoir quelque chose.
09:16Et donc,
09:17ma présence ici,
09:19c'est en quelque sorte
09:21une demande d'intervention.
09:23Je voudrais m'adresser
09:24particulièrement
09:26au chef de l'État,
09:29au président de la République,
09:31son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema.
09:36Nous sommes,
09:37je suis un jeune Gabonais
09:39et je ne demande pas plus
09:41que quelque chose
09:44pour pouvoir subvenir
09:44aux besoins de ma famille.
09:47me voilà aujourd'hui quatre mois.
09:49Je ne sais à quel sein me vouer.
09:52Quatre mois de loyer impayé,
09:55quatre mois de misère,
09:58quatre mois
09:59sans suite
10:01de cette affaire.
10:04Il y a trois semaines,
10:07la gendarmerie
10:08qui avait été aussi mise
10:10sur l'enquête
10:11avait libéré
10:13plus de 57 véhicules
10:17de marque Toyota et Harris
10:18appartenant
10:19à des Gabonais.
10:21Ce que je salue d'ailleurs
10:23et je leur souhaite
10:24plein de courage.
10:26Mais nous
10:27qui avons été saisis
10:28par la police nationale
10:30jusqu'à ce jour,
10:32lorsque je me présente,
10:35ils me disent
10:36qu'ils n'ont pas encore reçu
10:38l'ordre
10:39de libérer
10:40les véhicules.
10:41Alors,
10:42je me pose la question
10:43vers qui
10:44me tourner
10:45si ce n'est
10:46vers vous,
10:47monsieur le président
10:48de la République,
10:50chef de l'État,
10:51Brice Clotaire
10:52Oligi Nguema.
10:55Je peux comprendre
10:56que cette décision
10:58vise
11:00à protéger
11:01les intérêts
11:03de Taxi Gab.
11:05Ça, je le respecte.
11:06C'est pourquoi
11:07nous avons été
11:08coopérants
11:12par rapport
11:13aux mesures
11:14d'enquête.
11:15Mais,
11:16quatre mois,
11:17monsieur le président,
11:18quatre mois,
11:19c'est trop.
11:21Quatre mois,
11:22c'est long.
11:23Et donc,
11:23je viens
11:24pleurer votre indulgence,
11:25monsieur le président.
11:27Si la décision
11:28doit venir de vous,
11:29je vous supplie
11:30par la compassion
11:32du Christ,
11:33donner alors
11:34l'ordre
11:35au commandant-chef
11:38de la police nationale
11:40de nous restituer,
11:42du moins,
11:43de restituer
11:44les véhicules
11:45des Gabonais
11:46qui ont justifié
11:48l'acquisition
11:49de leurs véhicules.
11:51Parce que,
11:52il se pourrait
11:53que ce soit
11:54seulement vous
11:55qui nous pouvez
11:57trouver une solution
11:58à ce problème.
12:00merci.
12:02Merci.
12:03Sous-titrage Société Radio-Canada
12:05Merci.
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