- il y a 6 mois
Le 27 mai 2012, Johnny Hallyday accorde une interview exceptionnelle de 19 minutes à Darius Rochebin dans l’émission Pardonnez-moi, diffusée sur RTS Un (Télévision Suisse Romande). Une rencontre intime où l’artiste se confie avec sincérité sur sa carrière, sa vie personnelle et sa vision du monde. Un document rare, à ne pas manquer pour tous les fans.
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MusiqueTranscription
00:00Générique
00:00...
00:01Tenez l'idée, bonjour.
00:20Bonjour.
00:21Votre tournée 2012, Paris, Genève le 2 juin,
00:24il y a une énorme attente, les chiffres sont colossaux.
00:27Pour la dernière tournée, il y avait un million de billets vendus
00:31avant l'interruption.
00:32Quand on est Johnny Hallyday, est-ce qu'on a encore le track ?
00:35Oui, bien sûr.
00:37On a toujours le track, parce que chaque fois qu'on monte sur scène,
00:41c'est comme si c'était la première fois.
00:43Et puis, là, oui, j'ai énormément le track,
00:47parce que c'est la première fois que je remonte sur scène
00:51depuis mon accident.
00:52et donc, il y a une appréhension, en fait.
00:59En plus, comme je n'avais pas pu terminer ma dernière tournée,
01:04je n'ai pas voulu faire le même spectacle,
01:06donc j'ai voulu refaire totalement un nouveau spectacle
01:09avec des effets spéciaux,
01:11et remodeler des chansons, des orchestractions, etc.
01:15Bon, on ne l'a pas encore fait sur scène,
01:20alors évidemment qu'on a le track.
01:22Le track s'en va petit à petit,
01:24mais c'est vrai que les premiers jours,
01:26on est mort de trucs.
01:28Quand on commence, ça s'en va.
01:28On est mort de trucs, parce qu'on a envie de faire plaisir aux gens.
01:31On a envie de faire plaisir aux gens.
01:33Alors, l'autre but, nous,
01:36c'est de faire des spectacles qui plaisent aux gens,
01:38et que les gens soient heureux.
01:40Donc, tant qu'on ne l'a pas encore fait sur scène,
01:43et qu'on n'a pas vu la réaction du public,
01:44on est toujours un petit peu comme ça,
01:46je dirais le cul entre deux chaînes,
01:49en se disant, est-ce que ça va vraiment l'empire, quoi ?
01:51Vous faites plaisir aux gens depuis un demi-siècle,
01:53plus d'un demi-siècle, hein.
01:54Les chiffres, ça donne le vertige.
01:5628 millions de spectateurs,
01:58plus de 100 millions d'albums,
01:59combien de chansons ?
02:00Oh, je ne sais pas, j'ai plus de 1000, en tout cas,
02:03sans compter les chansons que j'ai chantées en langue étrangère.
02:08Il faut aller sur YouTube, c'est extraordinaire.
02:10Si on tape votre nom sur YouTube...
02:12Vous savez que moi, quand j'ai besoin de réapprendre une chanson
02:14pour remettre une chanson dans mon tour,
02:17dans mon tour de chant,
02:18une chanson que je n'ai pas chantée depuis longtemps,
02:19je vais sur YouTube pour réécouter la chanson,
02:22pour m'en rappeler.
02:23Est-ce que c'est vrai que parfois vous oubliez même
02:25que vous avez chanté telle ou telle chanson ?
02:27Oui, c'est vrai, j'ai découvert des chansons sur YouTube
02:29que j'avais complètement oublié d'avoir même enregistrées
02:31ou même chantées sur YouTube.
02:32C'est extraordinaire, ça.
02:33C'est-à-dire que j'en ai chanté tellement de chansons
02:35qu'au bout d'un moment, bon, on est...
02:39C'est vrai, plus de 1000 chansons, on doit être...
02:41Avec les versions étrangères, on doit être à 1400 chansons.
02:44Cette tournée émotion particulière,
02:46vous repartez de là où vous avez failli rester,
02:49à Los Angeles.
02:50Vous avez vraiment failli rester.
02:51On était à ça, hein ?
02:52Oui, oui.
02:55C'est ça me...
02:57Enfin, moi, j'étais dans le coma,
02:58alors je ne me suis pas rendu compte de grand-chose,
02:59pour dire la vérité.
03:01Quand je me suis réveillé,
03:02je n'avais pas de mémoire de grand-chose.
03:07J'étais comme un trou noir, quoi.
03:10Vous racontez quand même des choses extraordinaires.
03:12Vous racontez que vous avez pensé à votre père, par exemple,
03:13qui a tellement compté.
03:14Oui, mais alors, dans mon inconscient,
03:17parce que je ne m'en rappelle pas,
03:18c'est ma femme et des amis à moi qui m'ont dit ça.
03:21Il paraît que quand je suis parti,
03:22dans mon coma, j'appelais mon père.
03:25Ce qui est très bizarre,
03:27parce que j'ai eu très peu de rapport avec mon père.
03:29J'ai très peu connu mon père.
03:31J'ai dû le voir 3-4 fois dans ma vie.
03:33Et la première fois que je l'ai vu,
03:35j'étais alarmé, je devais avoir 20 ans.
03:38Et c'est très étrange que j'ai...
03:42Dans mon coma,
03:42que j'ai appelé mon père au secours.
03:46Donc, quelque part,
03:47ça a dû me travailler...
03:48Ça a dû me travailler de ne pas avoir de père,
03:50je pense, tout simplement,
03:52dans ma vie.
03:53Le paradoxe, c'est que vous êtes un père très, très aimant.
03:56Vous nous montriez tout à l'heure
03:57la photo de vos filles sur vos téléphones portables.
04:00C'est-à-dire que mes enfants, c'est tout pour moi.
04:01C'est mon équilibre.
04:03C'est ma joie.
04:04C'est ma joie de vivre.
04:06Si j'ai voulu m'en sortir,
04:10c'est aussi pour mes enfants.
04:12La vie et la mort,
04:13vous étiez vraiment entre les deux.
04:15Il y a ce moment incroyable
04:16où on a demandé à votre femme Laetitia
04:18de signer la décharge.
04:20Est-ce qu'on peut débrancher Johnny ?
04:21Oui.
04:22Elle a refusé.
04:24Je lui dois la vie, quelque part.
04:26C'est vrai.
04:27Et puis, vous savez,
04:28quand elle m'a amené,
04:30j'étais tellement mal
04:31quand elle m'a amené aux urgences
04:32à Los Angeles.
04:34Moi, j'étais déjà à moitié parti.
04:37Il y a dix docteurs
04:38qui sont arrivés d'un coup
04:39et on lui a dit,
04:40bon, écoutez,
04:40il faut l'opérer de suite.
04:43Autrement, dans les deux heures qui suivent,
04:44il va mourir.
04:46Il fallait qu'elle choisisse un docteur
04:47qui allait m'opérer.
04:49Et l'instinct,
04:51elle a choisi celui-là,
04:53le docteur Sima.
04:55Il lui a inspiré confiance.
04:57Imaginez que je ne m'en sois pas sorti
04:59la responsabilité dans la tête
05:00de quelqu'un,
05:01ce que c'est,
05:01de dire,
05:02j'ai peut-être fait le mauvais choix.
05:04C'est une responsabilité terrible.
05:06On va voir des extraits
05:07de votre spectacle,
05:08votre voix.
05:09Oui, parce que bon,
05:10le passé,
05:11on va laisser...
05:12Ça va, je suis en peine de femme,
05:13alors tout va bien,
05:14on ne va pas parler de la maladie.
05:15Ça se voit et ça s'entend
05:16parce que la voix est revenue.
05:18Oui.
05:18Alors que précisément,
05:20elle avait disparu.
05:21Alors ma voix est revenue
05:22grâce au théâtre.
05:23Parce que j'ai beaucoup travaillé
05:25ma voix pour le théâtre.
05:27Pour la pièce de théâtre
05:28que j'ai fait,
05:28Le Paradis sur Terre,
05:29j'ai appris à parler plus bas,
05:31poser ma voix
05:32et ça m'a énormément aidé
05:34en tant que chanteur.
05:36C'est comment votre voix
05:37le plus bas ?
05:38Plus grave qu'avant.
05:41J'avais moins de grave avant,
05:42oui, c'est vrai.
05:43Ça, c'est votre côté survivant.
05:45Tous ceux qui suivent votre vie,
05:46et Dieu sait s'il y en a,
05:47parmi ces millions de fans,
05:48ils sont frappés de voir
05:49que les épreuves se répètent
05:51différentes et vous survivez.
05:53Même la voix,
05:54même la...
05:54C'est cette fameuse
05:55histoire où, enfant,
05:56vous aviez mangé de la soupe,
05:57vous êtes brûlés gravement.
05:58Jusqu'à l'âge de 14 ans,
06:00je zosotais,
06:01je ne pouvais pas parler comme ça.
06:03Je ne pouvais pas dire je.
06:06Même quand je m'énerve,
06:07des fois, ça me revient d'ailleurs.
06:08Donc, je fais très attention à ça.
06:10Mais oui,
06:11j'ai passé des épreuves.
06:12Écoutez, je crois que dans la vie,
06:15d'abord, on passe tous des épreuves
06:16peut-être différentes,
06:18mais je crois que...
06:20Et puis ça...
06:21Il faut s'en servir
06:22pour le métier qu'on fait aussi.
06:23C'est bien de se servir des épreuves
06:25qu'on a pu avoir dans sa vie.
06:27Vous parliez de votre père
06:28qui vous a abandonné.
06:29Vous avez 7 mois, je crois.
06:31Oui, à peu près, oui.
06:32Il y a un paradoxe, là.
06:33Ça vous a paradoxalement aidé
06:34d'avoir un départ de vie
06:37si dur, en tout cas,
06:38dans cet aspect-là ?
06:39Ça m'a peut-être forgé
06:41pour faire ce métier
06:43de la façon que je l'ai fait.
06:45En tout cas, je sais que moi,
06:46c'est quelque chose
06:47qui m'a manqué toute ma vie
06:49de ne pas avoir de père.
06:52Et puis ma mère
06:52ne pouvait pas s'occuper
06:53mais moi non plus,
06:54donc, puisqu'elle était
06:54mannequin vedette
06:55chez Lanvin à l'époque.
06:58Donc j'ai été élevé
06:59par la sœur de mon père
07:01qui avait deux filles,
07:02dont Desta et Mélène.
07:04Et puis, qui était danseuse
07:06et qui m'a amené
07:07dès que j'avais 4 ans
07:09en tournée partout
07:09dans le monde entier.
07:11Et c'est ce qui m'a...
07:13C'est ce qui a sans doute fait
07:14que je fais ce métier.
07:17Y compris...
07:17Je n'ai toujours connu que ça.
07:19Y compris à Genève, hein.
07:20À Genève,
07:21qui a compté dans votre jeunesse.
07:22Oui, j'ai vécu...
07:22J'ai vécu 4 ans à Genève
07:24et c'est là que j'ai commencé
07:26à jouer de la guitare classique
07:27et j'étais au conservatoire
07:28de Genève.
07:29Je jouais à la direction
07:30de José de Aspiaju
07:31et normalement,
07:32j'étais parti
07:33pour être guitariste classique.
07:34Bon...
07:35Alors un jour, j'ai...
07:37Bon, un jour, j'ai écouté
07:38Louis de Fresslet
07:38donc j'ai mal tourné
07:39donc j'ai tourné
07:40vers mes guitares électriques.
07:42Mais bon...
07:42Quand on regarde
07:42ces années dans le détail,
07:44le solfège,
07:44la guitare classique,
07:45votre tante LM
07:46qui vous a appris
07:47beaucoup de choses,
07:48la légende du Johnny,
07:49idiot,
07:50vous savez que ça existe,
07:51puis le hacke, etc.
07:52Ça vous énerve toujours ?
07:53Oui.
07:53Je ne sais pas pourquoi
07:54on dit hackeu.
07:54Je ne l'ai jamais dit
07:55hackeu de ma vie.
07:58Lauf, oui.
07:59Bon, écoutez, bon...
08:00Vous savez,
08:01il faut bien que les gens
08:02racontent des choses
08:03sur les gens qui ont du succès
08:04alors c'est pas...
08:07Qu'est-ce que je dise...
08:08Johnny, quand on regarde
08:09ce spectacle,
08:10quand on a votre vie
08:12en tête,
08:12on est frappé de voir
08:13vous traverser
08:14toutes les générations
08:15dans votre public.
08:16Il y a de tout, hein.
08:17Jeunes, vieux, moyens.
08:19Et puis dans vos références aussi,
08:20est-ce que c'est vrai
08:20que c'est Maurice Chevalier
08:21qui vous a dit
08:22il faut soigner les entrées
08:23et les sorties ?
08:23Oui, oui, bien sûr.
08:24C'est incroyable, ça.
08:26Ma tante connaissait
08:27Maurice Chevalier
08:28et un jour Maurice Chevalier
08:29me reçoit chez lui
08:31à Mardes-la-Croquette,
08:32d'ailleurs,
08:32où j'habite maintenant,
08:33d'ailleurs.
08:36Et il m'a dit
08:37bon, vas-y, mon petit,
08:38chante-moi une chanson
08:39parce que ma tante
08:40lui avait dit
08:40donne-lui des conseils.
08:43Donc je lui chante
08:43deux, trois chansons
08:44dont David Croquette,
08:46je m'appelle.
08:47Alors bon,
08:48il était très gentil,
08:48il m'a écouté
08:49très gentiment.
08:50Vous avez quel âge, là,
08:50à ce moment-là ?
08:51Alors je devais avoir 11 ans,
08:53quelque chose comme ça,
08:5411, 12 ans.
08:56Et il m'a dit
08:56mon petit,
08:57je ne sais pas
08:57si tu feras ce métier,
08:58mais si un jour
08:58tu fais ce métier,
08:59le seul conseil
09:00que je puisse te donner,
09:01c'est soigne toujours
09:03tes entrées,
09:04soigne toujours tes sorties
09:05et puis au milieu,
09:06tu te démerdes,
09:07tu chantes.
09:08Et c'est ce que vous faites.
09:09Et c'est ce que j'essaie
09:09de faire.
09:10J'ai toujours soigné
09:10mes entrées par rapport.
09:12Oui, ça m'a marqué.
09:13Et dans ce spectacle
09:14en particulier,
09:15je crois qu'il y a
09:16une petite inspiration
09:16au Cirque du Soleil,
09:17enfin un rapport.
09:18Oui, j'ai trouvé quelqu'un
09:19qui fait les effets spéciaux
09:21et les lumières
09:22du Cirque du Soleil
09:22qui s'appelle Yves Aucoin
09:23qui est un Canadien.
09:26Et justement,
09:27j'étais à Las Vegas
09:28pour voir ce qu'il faisait,
09:29son travail.
09:30Et voilà.
09:32Et puis c'est avec lui
09:32que j'ai travaillé
09:33pour ce spectacle.
09:38Mais quoi ma gueule ?
09:40Mais qu'est-ce qu'elle a ma gueule ?
09:44Je galère en galère.
09:48Il y a une énergie qui se dégage
10:12de vous.
10:13On imagine que c'est
10:14une discipline dure.
10:16Vous savez,
10:17quand on fait ce métier,
10:19on n'a pas le droit
10:22d'être fatigué
10:23et de faire un mauvais spectacle.
10:25Ça peut arriver
10:26d'être moins bien
10:27un soir
10:28qu'un autre soir.
10:28Ça peut arriver.
10:29Ça peut arriver
10:29d'avoir un problème de voix.
10:32Mais on n'a pas le droit
10:34de...
10:35Il faut se surveiller.
10:38Enfin, moi,
10:38je sais que je me surveille
10:40d'une façon assez stricte,
10:42que ce soit alimentaire.
10:43Vous ne touchez plus
10:45à l'alcool, c'est vrai, ça ?
10:46Non, c'est vrai,
10:46je ne touche plus à l'alcool.
10:47L'alcool, c'est comme la drogue.
10:48C'est très mauvais,
10:49en tout cas pour le métier
10:50que je fais.
10:51Vous dites des choses
10:52très émouvantes.
10:53Vous qui avez tâté de tout,
10:54connu tout dans la vie, etc.
10:55Je vous ai entendu dire
10:57se lever le matin,
10:58c'est le bonheur.
11:00Vous savez,
11:00j'ai failli ne plus voir le jour.
11:02Alors, c'est vrai
11:02que quand je suis sorti du coma
11:04et que j'ai vu le soleil,
11:06je me suis dit quand même
11:06qu'est-ce que c'est beau
11:07de se lever le matin, quoi.
11:08C'est vrai.
11:10Le lien avec la Suisse,
11:11beaucoup de Suisses
11:12viendront vous voir
11:13le 2 juin à Genève.
11:14Alors, vous êtes à Kstade,
11:17vous êtes à Los Angeles, à Paris.
11:19Vous avez aussi vos raisons fiscales
11:20comme bien d'autres.
11:21Mais votre lien avec la Suisse,
11:23qu'est-ce que c'est ?
11:24Qu'est-ce qui fait
11:24que vous avez envie
11:24de rester en Suisse ?
11:26D'abord, quand j'étais petit,
11:28j'ai vécu pas mal de temps.
11:29Et puis, mon premier agent
11:34s'appelait Johnny Star
11:35et je devais avoir 16 ans
11:37ou 17 ans, je ne sais plus exactement.
11:41Et le premier concert
11:42qu'il m'a fait faire,
11:43c'était pour le réveillon
11:44de Nouvel An,
11:45c'était à Kstade.
11:46Il m'avait amené à Kstade,
11:48donc j'ai découvert Kstade,
11:49j'avais 17 ans.
11:50Et je chantais à l'hôtel,
11:54vous savez...
11:54Le grand hôtel.
11:55Le château, là.
11:57Le palace.
11:58Le palace, voilà.
11:59Et j'ai découvert Kstade.
12:01Et je me suis toujours dit
12:03qu'est-ce que c'est beau,
12:06cette station ?
12:06Un jour, si j'ai les moyens,
12:08si je peux,
12:09j'aurai un appartement
12:10ou un chalet ici,
12:11dans cette station.
12:13Et ensuite,
12:13je suis souvent revenu
12:15faire du ski
12:15avec ma femme,
12:17Laetitia,
12:17et ça lui a plu.
12:19Et puis,
12:20on allait toujours
12:20à l'hôtel, etc.
12:22Et puis, un jour,
12:23je dis, bon,
12:23je voulais acheter un chalet.
12:25Et en Suisse,
12:28on ne peut pas avoir
12:29plus de 200 m²
12:30si on n'est pas résident.
12:30Bon, avec mes enfants
12:32et tout ça,
12:33c'était un peu petit.
12:34Donc, je voulais avoir
12:35un chalet de 300
12:35ou 400 m².
12:37Donc, je suis devenu résident.
12:39Et vous resterez en Suisse ?
12:40Bien sûr.
12:422012,
12:42il y a un aspect best-of
12:44dans la tournée.
12:44Alors, c'est vrai
12:45qu'il y a une polémique
12:46des gens qui disent
12:46oui, mais il n'y est pas
12:47tout le temps, etc.
12:49Mais je fais un métier
12:50où je voyage beaucoup.
12:51Je ne suis pas rentier.
12:54Je suis obligé
12:56pour ma métier
12:56de voyager tout le temps.
12:58Je veux dire,
12:58moi, j'en résiste
12:59à Los Angeles,
13:00je fais des spectacles,
13:01je vais à Paris.
13:02Quand je suis en vacances,
13:03je vais à Xtad.
13:06Bon, voilà.
13:06Et en plus,
13:07vous savez que
13:07quand on est résident,
13:08on n'a pas le droit
13:09de travailler.
13:10Et c'est vrai
13:10que quand je fais un concert,
13:11par exemple à Genève,
13:12etc.,
13:13mon cachet,
13:15je donne à des œuvres en Suisse.
13:16Je donne à des œuvres en Suisse.
13:27Un des attraits de la tournée, c'est le côté best-of.
13:52Beaucoup de gens viennent écouter d'anciennes chansons.
13:55« Gabriel », « Que je t'aime », c'est quoi les plus demandés ?
13:59En général, c'est « Que je t'aime ».
14:01C'est votre favorite aussi ?
14:03Moi, favorite, c'est un peu plus dans le blues.
14:08En ce qui me concerne, moi, je préfère des chansons comme « J'accroise tous les matins »
14:12ou « Excuse-moi, partenaire », des chansons comme ça, ou « Marie ».
14:16Mais j'ai toujours beaucoup de plaisir de chanter « Que je t'aime ».
14:19D'ailleurs, parce qu'en général, la foule reprend le refrain avec moi.
14:25Des fois, j'ai même plus besoin de chanter parce qu'ils chantent « Que je t'aime » à ma place.
14:29Et c'est très émouvant, c'est vrai, c'est très émouvant.
14:32Il y a des tas de gens qui m'ont dit qu'ils se sont rencontrés, des couples qui se sont mariés grâce à cette chanson.
14:38Donc, c'est vrai, c'est toujours émouvant, quoi.
14:40– Johnny, vous êtes là depuis toujours. Je recommande d'aller voir les archives.
14:43On parlait de YouTube sur ina.fr, il y a des archives de vous inouïes.
14:47Juin 63, quand vous chantez à La Nation, je crois qu'on attendait 5 000 personnes, il y en a eu 200 000.
14:53– Oui, c'était pour saluer les copains.
14:56C'était le premier événement de saluer les copains.
15:00– Vous vous souvenez de ce que De Gaulle a dit à votre sujet, à ce moment-là ?
15:04– S'ils ont autant d'énergie, autant les envoyer faire des autoroutes.
15:08– Il a eu ce jeune Aïdé, il a eu tellement d'énergie, autant qu'il aille casser des cailloux sur les routes.
15:12– Voilà, c'est ça. Je ne me rappelais pas du mot exact, mais c'était quelque chose comme ça.
15:15– Ce qui était une forme de compliment, en même temps.
15:17– Oui, j'ai beaucoup d'admiration pour le général De Gaulle.
15:20– La légende, Johnny, vous savez que ça compte beaucoup dans la fascination qu'il y a autour de vous.
15:24On a dit tant de choses. Deux, trois anecdotes, est-ce qu'elles sont vraies ?
15:28Par exemple, le fait qu'une fois vous avez joué à la roulette russe, avec un pistolet chargé, c'est vrai ?
15:32– Oui, c'est vrai. Oui, c'est vrai, ça m'est arrivé.
15:36J'ai fait des bêtises comme ça, ça m'est arrivé, oui.
15:40– Que vous avez perdu un Francis Bacon, un tableau, je crois qu'il peut valoir dans les 16 millions,
15:44autant que vous étiez un peu insouciant et bordélique, c'est vrai aussi ?
15:48– La vérité, c'est que j'ai pas mal déménagé dans ma vie,
15:53et qu'un jour ça a disparu dans un de mes déménagements.
15:56Mais ce n'est pas par oubli de moi, c'est simplement que ça a disparu.
16:00– Et puis Godard, Godard qui vous a fait tourner, c'est un compatriote.
16:03– Oui.
16:04– Est-ce que c'est vrai qu'il a été tellement sadique avec vous
16:06qu'il mettait moins de lumière sur vous en disant…
16:08– Non, c'est pas vrai. – Vous dégagez trop de lumière ?
16:10– Non, c'est pas vrai, non.
16:12Je me suis très bien entendu avec Godard, c'était un homme que…
16:16J'ai appris beaucoup de choses en tant qu'acteur avec Godard.
16:19Et un jour je me retrouve, donc je chantais à Lausanne,
16:23et puis lui habitait juste à côté, à Bulle je crois qu'il habitait.
16:29Et il me dit, viens voir, parce qu'il avait sa salle d'enregistrement,
16:34de montage dans sa maison.
16:37Donc je vais chez lui, et il me montre le premier quart d'heure du film,
16:42Détective, sur l'écran de montage.
16:47Et puis, ça il ne le faisait jamais avec personne, il m'a fait cet honneur.
16:53Et je lui ai dit, tu viens en spectacle ce soir,
16:55et il m'a dit, oh non, il y a trop de lumière.
16:57– Un mot de conclusion, vous êtes sur TV5Monde aussi,
17:01tous les francophones vous écoutent, vous êtes un phénomène francophone.
17:04Souvent les anglo-saxons disent, mais d'où vient cette fascination ?
17:08Le français, ça compte pour vous, la langue française ?
17:11– Bien sûr, je chante en français d'ailleurs.
17:14Même quand je chante à Los Angeles ou à New York,
17:17je mets des chansons des classiques américains dans mon répertoire,
17:21parce que les américains ne comprennent pas notre langue.
17:26Je chante énormément de chansons en français,
17:29mais en France, je chante en français.
17:32Oui, c'est important de chanter en français.
17:35J'ai beaucoup travaillé sur le phrasé,
17:37parce que de phraser du rock'n'roll en français, c'est pas évident.
17:41C'est pas évident parce que la langue française,
17:44les mots sont plus longs que dans la langue anglo-saxonne.
17:48Donc il faut pouvoir phraser d'une certaine façon.
17:51J'ai beaucoup travaillé sur le phrasé.
17:53Le tout dernier mot sur votre voix.
17:55Il y a un phénomène vocal, Johnny Hallyday,
17:57parfois sans être cruel pour les autres.
17:59Quand vous avez chanté en duo, c'est terrible pour ceux qui vous accompagnaient,
18:02parce que votre voix court.
18:04– Je ne fais jamais rien pour…
18:06– Non mais…
18:07– Vous ne faites pas exprès, mais cette voix,
18:10comment vous, vous la définissez ?
18:11C'est quoi ? Qu'est-ce qu'elle a ?
18:13– Je ne sais pas.
18:15Vous savez, ma voix, je ne l'ai jamais travaillée.
18:17Et bon, j'ai eu la chance d'être né avec la voix que j'ai.
18:24Il y a des gens qui naissent sans voix, des gens qui…
18:26Bon, moi, je n'ai jamais vraiment travaillé ma voix.
18:29Je chantais…
18:30Mais vous savez, je crois que j'ai fait tellement de spectacles
18:32que ma voix s'est forgée, s'est formée petit à petit
18:37au cours des concerts que j'ai faits.
18:40Parce que c'est vrai que quand je réécoute des disques de moi
18:43dans les années 60, c'est vrai que je me dis
18:45comment j'ai pu chanter aussi mal, quoi, c'est vrai.
18:47J'avais une petite voix aiguë.
18:49– Johnny Halliday, rendez-vous le 2 juin à Genève,
18:53mais aussi toute la tournée partout, notamment à Paris, à mi-juin.
18:58Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter ?
18:59– Écoutez, d'avoir toujours l'envie d'avoir envie, comme je l'ai.
19:03– Merci Johnny.
19:04– Merci à vous, oui.
19:05– Sous-titrage ST' 501
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