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  • il y a 8 mois
Ce jeudi 21 août, la ministre en charge du Numérique, Clara Chappaz, s'est exprimée à propos de la mort de Jean Pormanove, le streamer décédé en direct sur la plateforme Kick. Le gouvernement est interpellé sur ce qu'on appelle le Far West numérique, et elle voudrait y mettre de l’ordre. On en parle avec : Guillaume Daret, éditorialiste politique BFMTV. Kesso Diallo, journaliste Tech&Co. Véronique Fèvre, journaliste éducation BFMTV. Boris Kharlamoff, journaliste police-justice BFMTV. Et Tom Michel, avocat du streamer Safine Hamadi.

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Transcription
00:00C'est Clara Chappaz, la secrétaire d'État, la ministre en charge du numérique,
00:04qui s'exprime à propos de la mort de Jean Portmanov.
00:06Vous savez, c'est ce streamer qui est décédé en direct.
00:10Alors, il y a deux choses aujourd'hui qui se distinguent dans cette affaire.
00:14Il y a le rapport d'autopsie qu'on va regarder dans un instant,
00:17qui, pour le moment, dédouane l'intervention d'un tiers.
00:20Et puis, il y a le gouvernement qui est interpellé sur ce qu'elle appelle le Far West numérique.
00:26Elle voudrait y mettre de l'ordre.
00:27Et qui avait été saisi, Guillaume Daré,
00:30qui a vu connaissance de ces histoires via une enquête, via des signalements,
00:34une enquête de Mediapart.
00:36Et elle était interrogée, d'ailleurs, la secrétaire d'État,
00:38sur le fait de savoir, est-ce qu'ils ont agi à temps ?
00:41Est-ce qu'ils ont pu se retourner contre cette fameuse plateforme Kik ?
00:45Donc, on sent le gouvernement gêné, quand même, dans cette affaire.
00:48On le sent gêné parce que c'est toujours difficile sur la question de ces plateformes.
00:51On le voit pour Kik, ou surtout pour d'autres plateformes,
00:54parfois avec des domiciliations à l'étranger.
00:57Ça, c'est une question juridique aussi, mais qui rend les choses extrêmement compliquées.
01:00On voit aussi qu'on a un gouvernement qui est gêné
01:03parce qu'il vient toujours s'entrechoquer la question aussi de la liberté.
01:07Une forme de liberté, soit numérique,
01:09et une liberté aussi sur les réseaux sociaux.
01:12Mettre tout en place, tout faire pour remettre de l'ordre,
01:15dans ce que Mme la ministre appelle le Far West numérique,
01:19tout est permis, en fait, sur les plateformes.
01:21Donc, je reviens vers vous, Guillaume Daré, parce qu'on a entendu
01:24les confrères pointer du doigt la responsabilité des politiques,
01:29et en même temps, l'ARCOM en disant,
01:31vous saviez, pourquoi n'avez-vous rien fait ?
01:34Alors, lenteur, manque de moyens...
01:36C'est la vraie question de ces institutions,
01:38et donc de l'ARCOM en particulier,
01:39qui sont souvent effectivement mises en cause.
01:41Mais mises en cause parce que c'est des institutions précédemment
01:44qui s'appelaient, on le sait, le CSA,
01:46qui est peut-être plus connue sous ce nom par nos téléspectateurs,
01:50de la capacité de ces institutions
01:52à gérer effectivement un monde qui a évolué.
01:54C'est-à-dire que l'ARCOM est tout à fait capable aujourd'hui
01:56effectivement d'imposer des règles
01:58et de gérer, de sanctionner les télévisions,
02:01les radios, si j'ose dire, classiques.
02:03On voit que c'est beaucoup plus difficile
02:04de gérer le secteur du numérique.
02:06C'est-à-dire que c'est une institution
02:07qui n'a pas réussi pour l'instant,
02:09c'est pas évident,
02:10à s'adapter à ce nouveau monde numérique
02:12et à comment le réguler.
02:13C'est-à-dire que ce qui est normal,
02:14il y a un certain nombre de choses
02:15que l'on a interdiction de diffuser
02:18ou de dire sur nos plateaux de télévision
02:21et qui en revanche, si j'ose dire,
02:23passent au travers de la raquette
02:24quand c'est sur le numérique.
02:26Alors que l'ARCOM, normalement,
02:27devrait être encapacité
02:28d'autant plus qu'une plateforme
02:29est installée en Australie.
02:32Tout à fait.
02:32Maintenant, elle a un représentant à Malte,
02:34je crois.
02:34Ce qui paraît-il plus facile.
02:36Comment finalement,
02:37pour moi, je trouve que c'est l'exemple type
02:38pour le gouvernement
02:39de comment réussir à moderniser
02:40ces organismes,
02:43ces autorités indépendantes
02:44pour qu'elles soient efficaces
02:46alors qu'il y a beaucoup de gens aujourd'hui
02:47qui réclament pour l'ARCOM
02:49ou pour d'autres tout simplement
02:50leur suppression
02:51parce que certains estiment
02:52que soit elles ne servent à rien,
02:54soit ce seraient finalement
02:55des ennemis de la liberté d'expression.
02:57Je trouve que c'est l'exemple type
02:58d'une façon de comment moderniser
03:01ces institutions
03:02et ces organismes indépendants
03:03pour qu'ils soient efficaces
03:04parce qu'on voit que,
03:05OK, ils parviennent aujourd'hui
03:06à gérer des télés,
03:08des radios classiques.
03:08Et les fermer même.
03:09Et les fermer,
03:10mais ils n'arrivent pas.
03:11Coller des amendes aux chaînes
03:11pour des publicités en retard
03:13ou pour des abus
03:14qui sont peut-être justifiés d'ailleurs.
03:16Absolument.
03:16Et c'est la même chose,
03:17on le voit par exemple
03:18dans le cadre,
03:19ce n'est pas le cas là,
03:20mais d'une campagne électorale
03:21où évidemment,
03:22une campagne électorale,
03:23c'est normal,
03:23c'est extrêmement régulé,
03:26encadré sur le temps de parole,
03:28dans les chaînes de télévision,
03:29de radio et autres.
03:31Mais aujourd'hui,
03:31vous savez,
03:31le temps de parole,
03:32à partir,
03:33je vais dire,
03:33le vendredi soir d'une élection
03:35à 20h ou à minuit,
03:36c'est terminé.
03:37Alors que pendant deux jours,
03:38ensuite,
03:39sur les réseaux sociaux,
03:40eh bien,
03:40tout peut se dire,
03:41tout peut se diffuser,
03:43pas sur les comptes officiels,
03:46finalement,
03:46l'ARCOM ou d'autres ne font rien.
03:47Alors,
03:48Kesso Diallo est avec nous,
03:49notre consoeur de Tech & Co.
03:51Est-ce qu'on pouvait faire
03:53quelque chose,
03:54effectivement,
03:55pour réguler ce faroeste numérique
03:56ou contre la plateforme Kik
03:58et ce qui s'y passait
03:59et qui aboutit
03:59à la mort de Jean Permanov ?
04:01Alors,
04:01ce qui est compliqué avec l'ARCOM,
04:02et c'est ce qu'a dit
04:03la Ligue des droits de l'homme,
04:04c'est qu'elle manque de moyens
04:05et d'effectifs.
04:06Justement,
04:06la Ligue des droits de l'homme,
04:07elle dit,
04:07ça prend quand même
04:08six à sept mois
04:09pour passer du signalement
04:10à la mise en garde.
04:12Et il ne faut pas oublier aussi
04:13que l'ARCOM explique
04:14que son but,
04:15ce n'est pas de sanctionner immédiatement
04:16après la mise en garde.
04:17Il y a la mise en demeure
04:18et ensuite,
04:19il y a la sanction.
04:20Donc déjà,
04:20s'il y a un délai
04:20de six à sept mois
04:21après une mise en demeure,
04:23les plateformes,
04:24elles ne sont pas vraiment
04:24encouragées à agir immédiatement,
04:27sachant qu'elles ont du temps
04:27pour éviter la sanction.
04:28On l'a vu avec les sites pornographiques
04:30plus tôt cette année.
04:31Et c'est un vrai problème
04:32pour l'ARCOM.
04:33Déjà,
04:34comme l'a dit Clara Chapaz,
04:35il faudrait aussi mettre
04:35plus de moyens dans l'ARCOM
04:37et peut-être sanctionner
04:38plus rapidement.
04:39Et le problème
04:40est aussi la domiciliation
04:41de ces plateformes numériques
04:43en ce qui concerne Kik,
04:44c'est en Australie,
04:46ce qui est compliqué
04:46à ce moment-là
04:47pour agir
04:47et avoir un interlocuteur.
04:49Oui, justement.
04:50Et ce que croyait l'ARCOM
04:51jusqu'à présent,
04:52c'est que Kik
04:53n'avait pas de représentant légal,
04:55ce qui est une obligation
04:55de la loi européenne
04:56sur les services numériques.
04:58Or, l'ARCOM,
04:58quand elle a pris contact
04:59hier avec Kik,
05:01elle a appris
05:01qu'il y avait
05:01un représentant légal à Malte.
05:03Et aujourd'hui,
05:03justement,
05:04les dirigeants australiens
05:06de Kik
05:07ont parlé avec l'ARCOM
05:08et se sont engagés
05:08à revoir les procédés
05:10en termes de modération
05:10de contenu,
05:11mais surtout
05:12pour protéger les mineurs.
05:13Et l'ARCOM a précisé
05:14qu'elle allait suivre
05:15de très près
05:15la concrétisation
05:16de ces annonces,
05:17mais aussi qu'elle allait
05:18se rapprocher
05:19du régulateur maltais
05:20pour s'assurer
05:21que ces annonces
05:22soient concrétisées.
05:22La protection des mineurs,
05:24des jeunes,
05:24ça, c'est le dossier
05:26du moment.
05:27On en a beaucoup parlé
05:28au moment des harcèlements
05:29sur Internet,
05:30du visionnage,
05:30effectivement,
05:31des sites pornos.
05:32Mais là,
05:32on a franchi un cap supplémentaire,
05:33Véronique Febvre,
05:34avant de parler
05:34de l'enquête en elle-même.
05:35Oui, parce que quel exemple,
05:37quel exemple pour le jeune
05:38qui regarde beaucoup
05:39ces types de contenus.
05:41C'est un public,
05:42évidemment,
05:42qui ne va pas avoir
05:43l'esprit critique.
05:46Et on le sait...
05:46Il y a la distorsion
05:47entre la réalité
05:48et ce qui ne l'est pas.
05:50Et ce qui n'est pas.
05:51Et en plus,
05:52même pour des adultes,
05:53c'est quand même compliqué
05:53de distinguer
05:54ce qui relève de la réalité
05:56parce qu'on nous dit
05:57que c'est des fausses claques,
05:58pas des vrais claques.
05:58C'est vraiment très compliqué.
05:59En tout cas,
06:00il y a un problème
06:00d'exemplarité pour la jeunesse
06:02et donc de mise en danger
06:05des jeunes
06:06avec une distorsion
06:07entre ce qui se passe
06:08sur ces réseaux,
06:09l'impunité qu'il peut y avoir
06:10avec le spectacle
06:11de cette violence,
06:12de l'humiliation
06:13d'un groupe de personnes
06:15toujours contre
06:16une seule personne.
06:18C'est bien une forme
06:19de harcèlement
06:20qui est présentée.
06:22Ça fait référence,
06:23forcément,
06:24ça fait écho
06:24au harcèlement scolaire.
06:25Toujours plusieurs enfants
06:27contre un seul enfant.
06:28Et on voit
06:29que l'éducation nationale
06:30peine à mettre en place
06:31des dispositifs
06:33pour lutter
06:34contre ces phénomènes.
06:35Et on comprend bien pourquoi.
06:37Parce que finalement,
06:37tous ces réseaux
06:38sapent tout le travail
06:40qui peut être fait,
06:40que ce soit en famille,
06:42que ce soit à l'école,
06:44pour lutter contre
06:44cet instinct de violence.
06:46Alors là,
06:47on est sur le volet,
06:48puisque la ministre
06:48Clara Chappas
06:49vient de réagir,
06:50en charge du numérique.
06:51On est sur le volet
06:52réaction.
06:54Mais il y a le dossier
06:54en lui-même.
06:55Il y a l'enquête.
06:56Il y a la mort
06:57de ce streamer
06:58que l'on appelle
06:59JP,
07:00Jean-Pierre Manob.
07:00Et alors là,
07:01aujourd'hui,
07:01il y a le rapport
07:01d'autopsie.
07:02Que dit-il ?
07:03Oui, absolument.
07:03Puisque deux médecins
07:04légistes ont donc
07:05pratiqué cette autopsie.
07:06Il conclut une absence
07:07de lésion traumatique,
07:08tant au niveau interne
07:09qu'externe.
07:10Ce, notamment au niveau
07:11du visage et du crâne.
07:13Absence de lésion
07:14correspondant à des brûlures.
07:16En revanche,
07:16ces médecins légistes,
07:17ils notent tout de même
07:18la présence
07:18de quelques échymoses.
07:21Et ils concluent
07:21que le décès de JP
07:22n'est pas d'origine traumatique
07:23et qu'il n'est pas lié
07:24à l'intervention d'un tiers.
07:26Les causes probables
07:27du décès apparaissent
07:28donc d'origine médicale
07:29et toxicologique.
07:31D'autre part,
07:31on apprend toujours
07:32par le parquet de Nice
07:33ce soir que JP faisait
07:34l'objet d'un traitement médical
07:36pour la glande thyroïde.
07:38Pour autant,
07:38l'enquête,
07:39elle n'est pas terminée.
07:40Les deux co-streamers,
07:41Naruto et sa fille,
07:42ne sont pas disculpés
07:44à ce stade
07:45puisqu'il va y avoir
07:46de nouvelles investigations,
07:47notamment sur ces 300 heures
07:48de live
07:49qui vont être analysées
07:51pour savoir si ces violences
07:53sont volontaires ou non
07:54puisqu'on va rappeler
07:55qu'il y a une première enquête
07:56déjà ouverte
07:57par le parquet de Nice
07:57en décembre dernier
07:58pour des violences volontaires.
08:00Et puis selon nos informations,
08:01les enquêteurs,
08:02ils se demandent aussi aujourd'hui
08:03si les conditions extrêmes
08:04dans lesquelles ce live
08:05s'est déroulé
08:05ont pu contribuer
08:06à sa mort.
08:07Est-ce que JP souffrait
08:08d'une pathologie cardiaque
08:09dont l'impact des violences
08:11dont il a été victime
08:12a été majoré
08:13par sa participation
08:14à ce live ?
08:16Donc la justice
08:16continue son travail
08:17mais à ce stade
08:18on ne peut pas affirmer
08:19que Naruto et sa fine
08:20sont totalement disculpés
08:22dans cette enquête.
08:22Insuffisance cardiaque,
08:24c'est une hypothèse
08:25qui avait été émise
08:25par celui qui a été
08:28pendant un temps
08:28l'un des avocats
08:30que nous avions eu en direct,
08:31l'un des avocats
08:31d'un des deux streamers
08:33qui ne l'est plus aujourd'hui,
08:34qui n'est plus dans la partie
08:35mais qui nous l'avait dit
08:36en direct,
08:37il y avait une insuffisance cardiaque.
08:38Est-ce que vous avez
08:38des éléments là-dessus,
08:39Maître Michel ?
08:40Justement, vous êtes avocat
08:41d'un des deux streamers,
08:42celui qui se fait appeler Safine.
08:43Exactement, je suis le conseil
08:45de Safine.
08:46À ce stade,
08:47on n'a pas d'élément précis
08:48composant la santé
08:50de ce malheureux JP
08:51qui est décédé.
08:52Ce qui est sûr,
08:53c'est que mon client
08:53n'avait pas connaissance
08:54comme les autres streamers
08:56de potentiel problématique
08:59d'ordre cardiaque
09:00comme ça a pu être annoncé
09:01par un autre avocat.
09:03Ce n'était pas le cas
09:03en tout cas
09:04de ce qui m'a été confié.
09:05Est-ce que vous êtes satisfait
09:07du rapport d'autopsie ?
09:08Quand j'y suis satisfait,
09:10c'est au égard
09:10au client que vous représentez.
09:12Ça les exonère complètement ?
09:13On ne peut pas être satisfait
09:14au regard de ce qu'il se passe
09:16par la mort de ce JP
09:17et aussi par ce qui se passe
09:19pour nos clients.
09:20Satisfait, on va dire,
09:22un petit peu par le fait
09:23qu'effectivement,
09:24ça exonère médicalement
09:26le fait que Safine,
09:27puisque c'est celui
09:28que je représente,
09:29d'un point de vue médical,
09:30n'est pas responsable.
09:31Ça, c'est le médical
09:32qui le dit.
09:33Ce qu'on sait actuellement,
09:34c'est que JP est mort en direct.
09:36Ça, c'est une réalité.
09:37Safine n'était pas là
09:38pour la petite histoire.
09:39Mais ce qu'on sait aussi,
09:40c'est que les médecins
09:41qui ont été...
09:42C'est l'autre streamer,
09:42Naruto, qui était présent.
09:43C'est l'autre streamer,
09:43Naruto, qui était présent.
09:44Mon client, entre guillemets,
09:45n'était pas là depuis deux jours,
09:46mais c'est au final un détail.
09:48Ce qui est important,
09:49c'est que les deux médecins
09:50de Nice,
09:51qui ne sont pas des débutants,
09:52qui ont eu cette pression médiatique,
09:53cette pression politique,
09:55sont arrivés au constat suivant.
09:57Ce qu'il s'est passé
09:57pendant ce stream
09:58n'est pas à l'origine
10:00de la mort de ce streamer de JP.
10:03Et je rajoute que,
10:04on l'a vu,
10:05Madame la Ministre...
10:06On parle d'intervention d'un tiers
10:07qui n'est pas à l'origine de la mort.
10:08On ignore pour l'instant
10:10les causes de la mort de JP.
10:11Les enquêteurs,
10:12ils se demandent aujourd'hui
10:12si les coups portés
10:13pendant près de 12 jours
10:14ont pu avoir un impact
10:15sur la santé
10:16qui était déjà fragile
10:17de JP.
10:18Et le manque de sommeil
10:19et le produit toxique à gérer aussi.
10:21Le produit toxique,
10:21manque de sommeil.
10:22On va rappeler
10:22qu'il y a une première enquête
10:23qui a été ouverte
10:24pour violences volontaires.
10:26On va rappeler
10:26que si ces violences
10:27sont consenties par JP,
10:28cela n'exonore pas
10:29ses partenaires de poursuites pénales.
10:30Ils pourraient être sanctionnés
10:31par la justice
10:32pour avoir participé
10:33à ces services.
10:34Parfaitement.
10:34Il y a une enquête
10:36qui est ouverte.
10:37Vous l'avez rappelé,
10:38la madame de la ministre
10:38le rappelle.
10:39Mais cette enquête,
10:40elle a déjà avancé.
10:41Cette enquête,
10:42mon client a été entendu
10:43par les services de police.
10:45Il y a eu pendant
10:46une journée de garde à vue,
10:47il y a eu des auditions
10:48notamment de ce malheureux JP.
10:50Et qu'est-ce qui a été décidé ?
10:52C'est de les relâcher le lit
10:54parce que pour l'instant,
10:55il n'y avait pas du tout
10:56assez de charges
10:56pour les incriminer.
10:58Et pourquoi ça ?
10:59Ce n'est pas le parquet de Nice
11:00qui est complètement laxiste,
11:01c'est même plutôt l'inverse
11:02généralement.
11:03C'est qu'ils se sont rendus compte
11:04ce que disent nos clients.
11:06C'est qu'effectivement,
11:07il y avait une partie
11:07de scénario.
11:08Il y avait du consentement
11:10de JP.
11:10Et c'est ce qu'il leur a dit.
11:11Ce n'est pas moi qui le dis,
11:12c'est le parquet de Nice
11:13qui a communiqué ce matin.
11:14Ils ont été relâchés,
11:15Safine et Naruto,
11:16justement parce que
11:18les deux personnes
11:18qui ont été auditionnées,
11:19qui étaient soi-disant
11:21victimes,
11:22étaient tout à fait,
11:23d'après leur déclaration,
11:24consentantes.
11:25Ce qu'on dit dans ce dossier,
11:26c'est qu'il faut être
11:26très prudent.
11:27On ne crie pas victoire aujourd'hui.
11:29Ce n'est pas une victoire
11:30de toute manière de voir...
11:31Ce que vous voulez dire,
11:31c'est que ce serait trop facile
11:32aujourd'hui de pointer du doigt
11:33la responsabilité tout de suite
11:35de Naruto vie
11:37et Safine.
11:38Mais c'est ce qui a été fait
11:39et d'une certaine manière,
11:41on peut le comprendre.
11:41De dire,
11:41ce sont eux les coupables,
11:42ce sont eux qui l'ont tué.
11:43Oui,
11:43mais on peut comprendre
11:44au regard des images
11:45qui ont été données,
11:46qu'on a tous vues
11:47autour de ce plateau
11:48et qui nous interrogent tous
11:49d'un point de vue moral.
11:51Moi, je suis avocat,
11:52je vous parle
11:52d'un point de vue juridique.
11:54Juridiquement,
11:54il y a une première enquête
11:55et dans cette première enquête,
11:57les charges ne sont pas
11:58du tout assez suffisantes
11:59pour l'instant
11:59pour les renvoyer.
12:00Dans cette deuxième enquête
12:01sur les causes de la mort,
12:02et je m'arrête là,
12:03les médecins ont dit
12:04très précisément,
12:05et c'est là la précision quand même,
12:07qu'à ce stade,
12:08l'intervention d'un tiers
12:09était exclue
12:09concernant la mort
12:10de ce pauvre homme.
12:11Oui,
12:12sur la première enquête,
12:13même si ces violences
12:14sont simulées,
12:15c'est la ligne de défense
12:16à la fois de Safine,
12:17de Naruto,
12:18le parquet peut très bien
12:19décider de les poursuivre
12:20pour provocation à la violence.
12:23Je suis d'accord avec vous
12:24et l'enquête est encore en cours.
12:25On défendra nos clients,
12:26le cas échéant,
12:27mais ce qui est important
12:28de savoir,
12:28et que les gens le sachent,
12:30il y a eu des gardes à vue
12:31dans lesquels
12:32beaucoup de gens
12:32ont été entendus.
12:33Si jamais il y avait
12:34le moindre soupçon,
12:35et je vous parle là
12:36de l'expérience
12:37d'un avocat pénaliste,
12:38le moindre soupçon
12:39au regard des signalements
12:40qui ont été faits,
12:41au regard de l'article
12:42de Mediapart,
12:43le moindre soupçon
12:43de violence,
12:45de réel,
12:45d'harcèlement,
12:46mais vous croyez vraiment
12:47qu'ils les auraient relâchés ?
12:48Donc là,
12:53d'un point de vue moral,
12:54mais qui scénarisait
12:55des baffes,
12:58des coups,
12:59et tout ça
12:59pour générer des vues,
13:01des abonnements
13:02et de l'argent.
13:03Mais parlons de l'argent
13:04parce que c'est très important,
13:05je crois,
13:06que tout le monde le sache.
13:06Vous voyez,
13:07là on voit des clés de bras,
13:09on voit des claques
13:10qui sont données.
13:11Il y a même des jeux
13:12de strangulation, Boris.
13:13On entend thyroïde
13:15ou glotte,
13:16c'est ça ?
13:16Et puis on chronomètre
13:17la strangulation,
13:18je crois,
13:19dans certaines scènes.
13:20Et plus les viewers,
13:22comme on les appelle,
13:22mettaient de l'argent,
13:23en plus à les encourager
13:24à ces co-streamers
13:25à commettre des violences.
13:26Donc il y a aussi
13:27un encouragement
13:27de la part de toutes ces personnes
13:29qui regardaient.
13:30Ce ne sont pas
13:30deux ou trois personnes,
13:31ce sont plusieurs dizaines
13:32de milliers de personnes
13:33qui tombaient par moments
13:34sur ce stream.
13:35Bien sûr,
13:35et ça doit nous interroger tous,
13:36je pense,
13:37collectivement là-dessus.
13:38Mais moi,
13:39je reviens au juridique
13:40et à la réalité des choses
13:41et à la parole
13:42que je porte pour mon client.
13:44Dans le consentement,
13:45bien sûr,
13:46le consentement
13:46n'implique pas nécessairement
13:48que le parquet
13:49dise que l'affaire est finie.
13:50Je suis d'accord avec vous.
13:51On connaît toutes ces affaires
13:53par rapport au consentement.
13:54La réalité,
13:55c'est que ces violences
13:56étaient à la fois,
13:58pas toutes,
13:58à la fois simulées.
14:00On en a vu
14:01qui étaient tout à fait,
14:02je veux dire,
14:02prévues dans le cadre
14:03de scénarios.
14:05Donc ça veut dire
14:05que les coups ne portaient pas,
14:07qu'il n'y avait pas
14:07de dommages corporels.
14:08Mais ce n'est justement
14:08pas ça que je dis.
14:09Vous dites que c'est simulé.
14:11J'ai dit en partie.
14:12Il y a une partie
14:13qui était simulée,
14:14mais quand vous donnez des coups,
14:16comme quand vous êtes au catch,
14:17comme quand vous êtes au cinéma,
14:19il y a bien sûr
14:19de la simulation,
14:20mais il y a surtout
14:20le consentement.
14:21Ça veut dire que
14:22tout ce que vous voyez là
14:23n'est pas toujours simulé.
14:24Un coup ne peut pas
14:24toujours être simulé.
14:25Par contre,
14:26tout ce que vous voyez là
14:27était consenti,
14:28non seulement par JP,
14:30mais aussi,
14:30et je crois que c'est important,
14:32JP n'était pas le seul,
14:33la seule victime,
14:35je veux dire,
14:35médiatique
14:36de ce qu'on pouvait voir.
14:37Si on regarde...
14:38Est-ce que pour autant,
14:38ça excuse ce qu'on voit ?
14:40Mais, vous voyez...
14:40Non, mais c'est pas
14:41parce qu'il y en a plusieurs
14:42que...
14:43Ça n'excuse pas du tout.
14:44Mais vous vous placez
14:44sur le point de vue de la morale.
14:49Il va certainement,
14:50il y en a déjà,
14:51avoir des réactions.
14:52Moi, je suis avocat,
14:53je parle d'un point de vue
14:54juridique.
14:55Juridiquement,
14:55à ce stade,
14:57Safine est non seulement
14:58présomé innocent,
15:00mais aussi et surtout
15:00dans le deuxième dossier
15:01concernant cette mort terrible,
15:03même pas pour l'instant,
15:04il n'est pas accusé.
15:05Non, il n'y a pas eu
15:06d'interpellation,
15:07il n'y a pas eu de garde à vue,
15:07il n'y a pas de mise en examen,
15:08il n'y a rien du tout.
15:09Et il n'y en a aucune
15:10pour la simple et bonne raison,
15:11vous vous doutez bien
15:12qu'avec la...
15:12Vraiment,
15:13l'affaire est devenue
15:19les obs avec le rappeur Drake,
15:21c'est ça ?
15:21Bien sûr.
15:21Et un autre streamer très connu.
15:22Et un autre streamer,
15:23Adine Ross,
15:24qui est aussi un peu
15:24problématique sur Kik.
15:26Oui.
15:27Presque intéressant
15:27sur la question de la régulation
15:28et on voit,
15:29quand on prend un peu de recul
15:30sur cette gestion
15:31des réseaux sociaux
15:32par rapport aux plus jeunes,
15:33et c'est là,
15:34toute la difficulté
15:35de la ministre
15:36et du gouvernement,
15:36on le disait,
15:37c'est qu'il y a un certain
15:38nombre de lois,
15:38normalement,
15:39qui ont déjà été votées,
15:40mais la vérification,
15:42effectivement,
15:42de la majorité numérique
15:44dont on parle
15:44est compliquée.
15:46C'est extrêmement difficile.
15:47Il n'y a d'ailleurs
15:47aucune enquête
15:49qui est réellement menée.
15:50Je crois que c'est 15 ans,
15:51c'est un texte de 2023,
15:53d'autant plus que la loi
15:53n'est pas appliquée
15:54parce que c'est contraire,
15:56en tout cas,
15:56ce n'est pas en accord
15:57avec la législation européenne.
15:59La législation européenne
16:00préférerait mettre en place
16:01une forme de régulation
16:02au niveau des 27 pays
16:04de l'Union européenne.
16:05Donc, le texte avait été voté,
16:06je crois, en 2023,
16:08texte du député Marc Angélier,
16:09en posant une majorité numérique
16:10à 15 ans
16:11pour s'inscrire
16:11sur les plateformes.
16:12Mais non seulement,
16:13il n'y a pas de contrôle,
16:14mais la loi ne s'applique même pas
16:15parce qu'au niveau européen,
16:16personne n'est d'accord.
16:17Mais une chose,
16:18on est sur 298 heures,
16:21enfin, quasiment 300 heures
16:22de live
16:23dans lesquelles il y a
16:24du manque de sommeil,
16:26ces fameuses violences simulées
16:27ou pas,
16:28de l'ingestion de produits toxiques.
16:33Ça, quand même,
16:34298 heures,
16:36ça sera aussi au cœur du dossier,
16:38maître Tom Michel.
16:39Mais je suis tout à fait
16:39d'accord avec vous
16:40et le dossier commence.
16:42Il va y avoir certainement
16:43d'autres auditions,
16:45d'autres phases d'enquête.
16:47Mais à ce stade,
16:48l'élément important
16:49était quand même
16:50cette première autopsie
16:50et cette autopsie
16:51qui dit effectivement
16:52qu'il n'y a pas d'intervention
16:53de tiers dans la mort.
16:54Mais je suis d'accord avec vous
16:54et une nouvelle fois,
16:56moralement,
16:56moi, avocat de la défense,
16:58je ne peux pas rester insensible
16:59à ce qu'on voit.
17:00J'en ai parlé avec mon client,
17:02il a aussi des réflexions,
17:03mais d'un point de vue.
17:04Est-ce que vous lui a demandé
17:05est-ce que vous êtes allé trop loin ?
17:06Est-ce que vous avez conscience
17:07d'être allé trop loin ou pas ?
17:08Si vous voulez,
17:10ils sont,
17:10alors je parle pour mon client,
17:11ils sont en deux même plus que ça,
17:13ils sont dans un état
17:14qui est tout à fait dramatique
17:16pour la simple et bonne raison
17:17qu'ils ont perdu un ami,
17:18ça c'est très important de le dire
17:19parce qu'en dehors
17:20de ce qu'on voit dans les vidéos
17:21et même si ça peut choquer
17:22de parler d'amis
17:23au regard de ce qu'on voit,
17:24ce sont des gens
17:25qui étaient tout le temps ensemble
17:26en dehors de ces streams-là.
17:28Concernant la réflexion
17:29qu'ils ont par rapport
17:30à ce qu'ils ont fait
17:31et à l'impact que ça peut avoir
17:32au regard et sur les jeunes notamment
17:34puisqu'effectivement
17:35parmi ces 130 000 viewers,
17:37200 000,
17:37il y a beaucoup de jeunes,
17:38même si je n'ai bien sûr pas les statistiques.
17:40Il est évident
17:41qu'ils ont,
17:42ils commencent à avoir une réflexion
17:43sur effectivement
17:44ce qu'on peut proposer.
17:45Maintenant,
17:46là où la réflexion s'arrête,
17:47c'est dans le fait de se dire
17:48ils savent
17:49qu'ils étaient tous consentants,
17:51ils avaient tous discuté de tout ça.
17:53Dernière question.
17:53Comment expliquez-vous
17:54les textos que JP a envoyé
17:55à sa maman
17:56où en quelque sorte
17:57il explique
17:57qu'il est séquestré,
17:59qu'il ne peut pas sortir
18:00de cet enfer ?
18:01Est-ce que là,
18:02vous avez la preuve d'un consentement ?
18:03Ou à la lecture de ces SMS,
18:04on peut en douter quand même ?
18:05Mais je suis tout à fait d'accord avec vous
18:07et c'est là une question
18:07que j'ai posée à mon client
18:09et qu'on me pose,
18:09on est maintenant
18:10deux avocats de la Défense
18:11pour les deux streamers.
18:13En fait,
18:13c'est là où ce dossier est hors norme.
18:15Si vous voulez,
18:16on est là
18:16dans un sujet de société
18:17qui dépasse complètement
18:19ce dossier-là
18:19et c'est ce pauvre JP
18:21et dans une moindre mesure
18:22Safine et Naruto
18:23puisqu'en fait,
18:24ce sont là
18:25des techniques
18:26qui sont employées.
18:27On sait qu'on va parler,
18:28on sait qu'on va créer
18:29ce qu'ils appellent du buzz
18:30pour faire de plus en plus
18:31de viewers
18:32parce qu'on sait que si on...
18:33Et ça génère de l'argent ?
18:34Bien sûr,
18:34mais l'argent,
18:35là encore,
18:36je le rappelle
18:36parce que c'est très important,
18:37il ne bénéficiait pas plus
18:39à Safine et Naruto
18:40qu'à ce pauvre homme.
18:41C'était équitablement partagé.
18:42C'était même,
18:42je vais vous le dire davantage,
18:44ce pauvre homme
18:44était consentant
18:46et gagnait plus que les autres
18:47puisqu'il a pour la simple
18:48et bonne raison
18:48que cette chaîne
18:49était à son nom
18:50et que donc tout ce qui était
18:51reçu comme revenu
18:52lui appartenait.
18:54Après,
18:54de ce que je sais,
18:55l'enquête le démontrera,
18:56c'était équitable
18:57quant à l'argent
18:58qui était récupéré.
18:59Merci d'avoir répondu
19:01à nos questions,
19:02Maître Tom Michel,
19:03pour faire le point
19:03sur le dossier
19:04et la mort du streamer
19:05Jean Portmanov.
19:07Et aujourd'hui,
19:07l'autopsie qui dit
19:08qu'il n'y a pas d'intervention
19:09d'un tiers
19:09mais qu'il peut y avoir
19:11dans l'autopsie aujourd'hui
19:13problème toxicologique
19:16ou physique
19:17mais ça,
19:18ce sera des analyses supplémentaires
19:19qui devront le déterminer.
19:20Et l'enquête n'est pas terminée,
19:21loin de là,
19:21des investigations se poursuivent
19:22notamment sur l'exploitation
19:23des prêts de 300 heures
19:24de live stream.
19:25Merci à tous.
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