00:00Je le disais, droits de douane de 15% sur les produits pharmaceutiques, les voitures, mais également le vin qui n'échappe pas à ces taxes, passant de 4,8% à 15%.
00:11Nous sommes en direct avec vous, Armel Cruz. Merci d'être avec nous en direct. Vous êtes viticultrice en Gironde.
00:19Vous avez reçu le coup de massue, un peu comme j'imagine tous vos collègues et tous vos confrères, si j'ose dire, avec ces droits de douane de 15%.
00:27Oui, bonjour. Écoutez, moi, je suis... Cette taxe de 15% fait quand même suite, pour refaire l'histoire, aux 10% qui nous ont été appliqués en début d'année,
00:41puis aux 25% potentiels qui étaient prévus au mois de juin, et finalement, on est à 15% depuis le mois de juillet.
00:49Oui, c'est une embûche de plus. Ce n'est pas un coup dur fatal, puisque les États-Unis ne sont pas notre unique marché de distribution dans le Médoc,
01:02puisque moi, je m'occupe d'une catégorie qui s'appelle les crus bourgeois du Médoc, mais c'est vrai qu'il faut faire avec.
01:08Mais le problème principal, si vous voulez, si je puis me permettre, le problème principal, c'est l'instabilité.
01:16C'est-à-dire qu'un jour, il est à 10%, le lendemain, 25%.
01:19Donc, c'est très compliqué de construire quelque chose et d'être stable.
01:23Donc, aujourd'hui, ce que nous, viticulteurs, nous souhaitons, c'est d'avoir des règles qui ne bougent pas.
01:29Or, avec le président Trump, pour l'instant, c'est quand même compliqué, puisque, comme vous l'avez dit, on va renégocier, etc.
01:37Et donc, la distribution ne sait pas à quoi s'en tenir.
01:41On ne sait pas à quoi s'en tenir.
01:43L'histoire n'est pas finie, c'est ce que disait le ministre de l'Industrie.
01:46Alors, vous n'êtes pas complètement pessimiste, et bien sûr, c'est agréable de l'entente de votre part.
01:52Est-ce que vous avez néanmoins évalué l'impact sur votre chiffre d'affaires, sur ces exportations ?
01:58Est-ce que ça va rogner votre marge ? Est-ce que vous allez augmenter les tarifs ?
02:02Comment est-ce que vous allez réagir ?
02:04Alors, d'une façon générale, bien sûr.
02:06Il faut savoir que, nous, en tant que producteurs, ça a un impact, mais ça a un impact aussi auprès de nos distributeurs.
02:14Toute la distribution est impactée, et notamment les importateurs américains,
02:19qui, eux, ont leurs clients, qui consomment des vins de Bordeaux, et qui, donc, qui risquent de se détourner de nos vins.
02:26Donc, ce que l'on fait aujourd'hui, enfin, qu'on a toujours fait, c'est qu'on est partenaire,
02:31et donc, on essaie, dans la mesure du possible, de partager les risques et de partager les taxes.
02:37Ce qui fait que l'impact, on en prend chacun une partie.
02:41Mais ce qui est sûr, c'est ce que je disais tout à l'heure,
02:43l'incertitude fait que la distribution n'ose pas s'engager.
02:49– Vous parlez de la distribution, c'est-à-dire ?
02:52Vous parlez de ceux qui, des grandes surfaces, des importateurs ?
02:58– Aux États-Unis, je parle des importateurs américains,
03:01ils n'osent pas s'engager auprès de nos produits,
03:03parce qu'ils ne savent pas à quel taux, au moment où les vins vont arriver,
03:09puisqu'il faut quand même un certain temps, ils vont être taxés.
03:12Ce qui fait qu'aujourd'hui, il y a un ralentissement de la commercialisation,
03:17un vrai ralentissement en attendant d'être sûr que ça soit stable.
03:23– Est-ce qu'il faut s'attendre à, justement, certains de vos collègues
03:29qui pourraient arrêter, tout simplement, d'exploiter leur domaine ?
03:35On sait qu'il y a quelques années, les primes d'un achat étaient à l'appel.
03:39En tout cas, il y a l'un des beaucoup, justement, dans votre territoire.
03:43Est-ce qu'on peut s'attendre à ça pour certains de vos collègues
03:45qui sont très dépendants des exportations ?
03:48– Alors, quand on est très dépendant, c'est vrai qu'on peut s'attendre à tout aujourd'hui,
03:55parce que c'est un problème général, en fait,
03:59où je pense que c'est un peu dans tous les métiers comme ça.
04:02Maintenant, on travaille tous en flux tendu,
04:04donc la distribution travaille en flux tendu,
04:06et si on a les épaules suffisamment larges et la trésorerie pour tenir,
04:10on tiendra, mais il y a des exploitations qui ne peuvent pas tenir,
04:15puisque nous, nous devons financer, nous sommes à l'aube des vendanges,
04:18et donc on doit financer le millésime à venir,
04:21donc nos vendanges, etc.
04:22Donc on a un besoin de trésorerie qu'il faut absolument trouver.
04:26Alors, si on ne le trouve pas aux États-Unis, il nous faut rebondir.
04:29Donc l'Amérique du Sud est en train de s'ouvrir vraiment.
04:35Vous voyez, il y a plusieurs marchés.
04:37Le marché français est encore florissant.
04:40Il y a le no-tourisme qui marche très bien.
04:43Donc il y a d'autres pistes.
04:45Ce qui est sûr, c'est qu'on ne peut pas rester figé.
04:47Et qu'aujourd'hui, il faut s'adapter.
04:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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