00:00Merci de nous rejoindre sur Europe 1, il est 8h moins 10.
00:03L'heure de l'édito politique avec Judith Vintra, bonjour.
00:05Bonjour Thomas, bonjour Marion.
00:07Un grand reporter au Figaro Magazine, ce matin, vous nous expliquez qu'on n'en a pas fini avec l'écriture inclusive.
00:13Le Conseil d'État vient de rendre une décision sur l'usage de cette écriture inclusive à l'université.
00:19Alors c'est oui ou c'est non ?
00:20Ni l'un ni l'autre.
00:22Mais permets-toi et moi de vous rappeler les épisodes précédents pour comprendre où on en est dans cette bataille qui n'en finit pas.
00:27Remontant à 2017, Edouard Philippe, Premier ministre, essaie de chasser l'écriture dite inclusive des textes officiels.
00:35Il invite, le mot à son importance, l'administration, à se conformer aux règles grammaticales et syntaxiques en vigueur
00:42pour des raisons d'intelligibilité et de clarté de la norme.
00:46Le 5 mai 2021, autre date funeste pour les défenseureux de l'écriture inclusive,
00:52Jean-Michel Blanquer enfonce le clou à l'éducation nationale par une nouvelle circulaire.
00:57Elle commence par une citation d'un texte co-signé par Hélène Carrère-Dancos et Marc Lambron.
01:03Les deux académiciens, excusez du peu, n'y vont pas avec le dos de la cuillère.
01:07Ils qualifient l'écriture inclusive de réforme totalisante,
01:11qui violente les rythmes d'évolution du langage selon une injonction brutale, arbitraire et non concertée.
01:18Contrairement à ce que pourrait suggérer l'adjectif inclusive, ajoute le ministre de l'éducation nationale,
01:23cette écriture constitue un obstacle pour l'accès à la langue d'enfants confrontés à certains handicaps
01:28ou troubles des apprentissages.
01:31Il ne veut plus du point médian des professeurs professoreux et autres joyeusetés.
01:35Ce qui aurait dû clore la querelle.
01:37Eh bien non, car un parent d'élève adepte de cette neuve langue saisit le Conseil d'État
01:42pour faire annuler la circulaire.
01:44Selon lui, elle serait contraire à la Charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne,
01:48qui garantit le droit des parents d'assurer l'éducation et l'enseignement de leurs enfants
01:52conformément à leurs convictions religieuses, philosophiques et pédagogiques.
01:56Le Conseil d'État rejette sa requête.
01:59Il juge qu'en demandant aux enseignants d'appliquer les règles d'accord communément admises,
02:04dont celles particulièrement honnies par les néo-féministes du masculin générique,
02:09qui considèrent qu'au pluriel, le masculin est neutre,
02:12la circulaire ne porte pas atteinte aux droits des parents.
02:15Et c'est donc un chaos pour l'écriture inclusive, pour le dire en mots français ?
02:19Que nenni !
02:20En 2023, conformément à la règle édictée par Édouard Philippe,
02:25la justice fait bien annuler les statuts de l'Université de Grenoble,
02:29rédigés en écriture inclusive,
02:31et un sujet d'examen en écriture non-binaire à l'Université de Lyon 2.
02:36Mais Sylvie Rotaillot, qui est alors ministre de l'Enseignement supérieur,
02:39interprète la circulaire de manière très restrictive.
02:41Selon elle, il faut distinguer les textes produits par l'administration,
02:46du contenu des cours et de l'énoncé des sujets des examens,
02:50pour lesquels la liberté académique doit être totale.
02:54En clair, libre aux preuves qui le souhaitent d'utiliser la graphie dite inclusive.
02:59Sylvie Rotaillot la maîtrise d'ailleurs parfaitement,
03:01elle a même fait la promotion du point médian dans un guide de communication
03:05pour un langage égalitaire,
03:07qui a été publié sous sa direction quand elle présidait la fac de Paris-Saclay.
03:11Les adversaires de l'écriture inclusive ont donc perdu la bataille ?
03:14Ils ont perdu une bataille.
03:16Les déclarations de Sylvie Rotaillot ont indigné l'association La France en Partage,
03:20qui s'est donnée pour vocation de préserver et de transmettre notre héritage culturel.
03:25Elle a demandé à la ministre d'interdire l'écriture inclusive dans l'enseignement supérieur.
03:30Sylvie Rotaillot ne lui a pas répondu.
03:32L'association a alors saisi le Conseil d'État,
03:35rebelote pour excès de pouvoir,
03:36estimant que si la ministre n'avait pas formellement autorisé l'écriture inclusive à l'université,
03:43elle l'avait de facto encouragée.
03:45Pas du tout, vient d'estimer le Conseil d'État,
03:48sans pour autant dire si l'écriture inclusive pouvait ou ne pouvait pas être utilisée à l'université,
03:54puisque ce n'est pas la question qui lui était posée.
03:57La suite au prochain épisode.
03:58A bientôt alors, Judith Vintrobe.
04:01Merci beaucoup pour être édite au politique sur Europe 1.
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