00:00Mais totalement, si vous voulez, ce que nous vivons aujourd'hui, c'est quand même le résultat de beaucoup d'aveuglements du côté des Européens.
00:10Regardez, les Allemands se sont mis sous la coupe des Russes en matière de gaz, en supprimant leur programme nucléaire pour des raisons de politique intérieure.
00:20Ils sont devenus totalement dépendants des Russes en matière de gaz.
00:24Toute l'Europe a désarmé massivement.
00:27Alors aujourd'hui, on est en train de dire qu'on va participer à la sécurité de l'Ukraine, mais avec quoi ?
00:33Pour l'instant, le réarmement n'a même pas commencé.
00:36Il n'y a que deux pays en Europe qui ont vraiment mis de l'argent sur la table.
00:40La Pologne, bien sûr, avec de l'argent européen d'ailleurs, et les Allemands qui eux ont de l'argent.
00:46Et ils ont annoncé 500 milliards d'euros pour le réarmement de l'Allemagne,
00:50qui va très rapidement faire d'ailleurs de l'Allemagne la première puissance militaire en Europe.
00:54Mais nous, et les Anglais, on est à la traîne, faute d'argent.
00:58Donc c'est bien de dire qu'on va prendre en charge la sécurité de l'Ukraine, mais avec quoi ?
01:02Il y a un hiatus, c'est ça qui me gêne le plus, c'est qu'on est nous-mêmes dans cette situation.
01:08On s'est mis dans cette situation à partir de 2022.
01:12En avril 2022, le président Biden a décidé de s'engager dans une guerre par procuration contre la Russie.
01:19On a suivi, pour des raisons morales ou moralisatrices d'ailleurs parfaitement légitimes,
01:24mais enfin, sans non plus avoir réfléchi sur les conséquences stratégiques.
01:30Or, qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ?
01:32On découvre que l'Amérique a changé de président et que ce n'est plus Biden.
01:37On a affaire à un Trump qui n'a pas envie de cette guerre, qui n'a pas envie de s'impliquer,
01:42qui ne veut même pas envoyer des armes directement, qui demande aux Européens de les acheter
01:47pour ensuite les donner aux Ukrainiens et qui demande aux Ukrainiens, en plus,
01:51de le rembourser pour les sommes déjà dépensées par des accords assez léodins d'ailleurs
01:57sur les matières premières ukrainiennes.
02:00Donc, on a changé de monde.
02:01L'allié américain ne veut plus faire la guerre ni envoyer des armes.
02:05Et le gros du fardeau, maintenant, tombe sur les Européens.
02:08Il faut qu'ils, en plus, n'y sont pas prêts, ni militairement, ni économiquement.
02:14Voilà le problème que nous avons, l'effet de panique, si vous voulez,
02:17de ces derniers jours, quand Trump montre que lui est prêt à un deal avec Moscou,
02:23sur le dos d'ailleurs de l'Ukraine et de l'Europe,
02:25les Européens paniquent parce qu'ils ne sont pas prêts.
02:27Ça veut dire qu'on est en train de changer d'air,
02:31au sens où, depuis 75 ans, on est habitué à une sécurité permanente et gratuite
02:37de la part des Américains.
02:38Et là, brutalement, ils nous disent « non, ça ne nous intéresse plus, vous vous débrouillez ».
02:43Donc, la question aujourd'hui dans le bureau ovale, ça va être de savoir
02:46si on est capable de ramener Trump vers l'Europe.
02:51Alors, évidemment, avec toute la technique qui est déployée,
02:53que les gens commencent à connaître maintenant vis-à-vis de Trump,
02:57surtout ne pas le contredire, surtout le flatter,
03:01surtout aller dans le sens de ses obsessions
03:03et essayer à la fin de récupérer quelque chose.
03:06On a vu, en Corée, se dire en souriant,
03:10Poutine est maître dans l'affaire de manipuler Trump.
03:14Il lui a dit « oui, l'élection a été volée,
03:19avec vous au pouvoir, il n'y aurait jamais eu de guerre en Ukraine ».
03:21Il a joué avec toutes les obsessions de Trump
03:24pour ensuite glisser à la fin sa position.
03:27Et sa position, c'est « il faut régler les racines profondes du mal »,
03:30c'est-à-dire, au fond, le devenir.
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