00:00L'Italien, ça va ? Ça progresse ?
00:01L'Italien, ça va, mais je crois que c'est la ville la plus francophone d'Italie.
00:05Il y a beaucoup de monde qui parle français.
00:06On ne se sent vraiment pas du tout dépaysé.
00:08On est bien. Je suis bien, on est bien.
00:10En tout cas, quand vous êtes sortis, les gens se sont précipités pour demander des autographes.
00:15Ça y est, vous êtes adoptés ?
00:16Oui, on est adoptés. Ils sont un peu collants, ils sont un peu fanatiques.
00:19Ça change un peu de la France où le football est une institution à une histoire.
00:25En France, on exclut de valeur.
00:26Comme ça, ici, on est beaucoup plus considérés.
00:29Les footballeurs sont beaucoup plus considérés et peut-être un peu trop.
00:34Peut-être un peu trop puisqu'on n'arrête pas de parler.
00:36Il y a énormément d'argent qui se joue sur le football.
00:39C'est un phénomène social. Il y a des milliers de gens qui vivent du football.
00:43Ça a une importance terrible.
00:45Comment ça va avec les autres joueurs de la Juventus ?
00:49Enfin, la Juventus.
00:50La Juventus. Non, ça va très bien.
00:51Je pense qu'en tant que footballeurs, on les connaît tous.
00:54Ils sont très, très bons comme footballeurs.
00:56Ils ont gagné la Coupe du Monde. On ne peut pas faire mieux.
00:57Et puis, en plus, ce sont des gars qui ont su rester simples et qui sont très gentils, très sympathiques, très braves, comme on dit ici.
01:06Il est fort, Platini ?
01:07Plutôt fort, oui.
01:10C'est le meilleur joueur étranger.
01:11C'est le meilleur joueur de la Juventus.
01:17Meilleur que les champions du monde.
01:20Il s'est drôlement bien intégré à la Juventus, celui-là.
01:23Il faut voir dans quel genre de club a atterri Michel Platini.
01:35Il y a six champions du monde dans la Juventus.
01:38C'est l'ossature de l'équipe nationale qui a battu l'Argentine, le Brésil et l'Allemagne en finale et qui a donc remporté la Coupe du Monde.
01:47En tout cas, il n'y a pas le moindre soupçon de complexe chez Platini, qui joue avec, par le Rossi, dit Pablito, un monstre d'opportunisme.
01:57Il ne faut jamais le laisser une seconde seule devant les buts.
02:08Dino Tzov, 42 ans, gardien de buts inamovibles, capitaine de l'équipe nationale, championne du monde.
02:14Antonio Cabrini, le playboy de la Juventus, le chouchou des tifosies du sexe féminin et un très bon joueur.
02:21Claudio Gentile, il a complètement neutralisé Zico et Maradona en Espagne.
02:28Et puis, il y a Roberto Bettega, qui a été blessé, mais qui recommence à marquer de la tête.
02:34Il y a Zbigniew Boniek, le char d'assaut polonais, le second étranger de la Juventus avec Platini.
02:42Le but de la Juventus, c'est de gagner la Coupe d'Europe.
02:47Le but de la Juventus, c'est de tout gagner.
02:49Tout, le championnat, la Coupe d'Europe ?
02:52Tout, je crois qu'on a les moyens de le faire, mais on peut tout perdre aussi, c'est ça qui est terrible.
02:57Le public italien, il est plus chaleureux que le public français, plus enthousiaste ?
03:03Oui, il est déjà plus nombreux, il s'intéresse beaucoup plus au foot.
03:06En plus, vous savez qu'il y a le totocalcio, qui fait vivre des dizaines, des centaines de milliers de personnes,
03:11même des dizaines de milliers de personnes, je ne sais pas.
03:12Et ça passionne un peu toute l'Italie, donc tout le monde s'intéresse au calcio,
03:17donc s'intéresse aux footballeurs, ils sont plus fanatiques, ils sont plus près de nous.
03:22Platini, une passe intelligente à Betéga, qui marque de la tête.
03:26Bonniec, qui passe à Platini, but.
03:39C'est le deuxième but de la Juventus contre Cesena, pour la deuxième journée du championnat.
03:44Le mercredi précédent, Platini avait marqué un but contre les Danois en Coupe d'Europe.
03:48Vous avez décidé de marquer un but par match, au moins, oui ?
03:55Non, j'ai décidé de... Non, on a décidé, toute l'équipe, de gagner, d'essayer de gagner.
04:00Aujourd'hui, ça n'a pas été facile, on a eu quelques problèmes.
04:03Surtout après le match de mercredi, on avait un peu de fatigue.
04:05Le principal a été que Betéga marque le premier but, après c'était un peu plus facile.
04:09J'ai remarqué que vous aviez tendance à donner des indications aux autres joueurs,
04:13à les diriger un peu, c'est un réflexe de capitaine de l'équipe de France.
04:17C'est ce que me demandent un peu les dirigeants de la Juventus de Milan.
04:21La Juventus de Turin, pardon, je suis un peu fatigué.
04:24C'est eux qui me demandent de jouer comme ça, d'essayer de conseiller tout le monde.
04:27Bon, au début, je ne disais rien, je me faisais un peu reprendre de volée,
04:30parce qu'il fallait que je sois le patron, il fallait que je crie.
04:31Alors maintenant, j'essaye de diriger un peu mes partenaires,
04:34parce que j'ai plus la possibilité que de voir le jeu, alors on me le demande.
04:38Je ne m'en prive pas.
04:39Michel Platini arrive un peu en retard à l'entraînement,
04:42mais enfin, on lui pardonnera s'il est vrai qu'il doit devenir le cerveau de la Juventus.
04:47Lorsqu'il y aura un match international, enfin, pour l'équipe de France,
04:54vous revenez, vous jouez avec l'équipe de France ?
04:56Dans la mesure où je suis sélectionné par Michel Dacot, je reviendrai.
04:59Vous seriez forcément sélectionné.
05:02J'espère.
05:03J'espère.
05:04C'est à lui, c'est celui qui fait l'équipe.
05:08On est bien content pour Michel Platini, qui s'est bien adapté
05:11et qui commence une brillante carrière en Italie,
05:14avec peut-être un petit pincement au cœur,
05:17puisqu'on n'a plus l'occasion en France d'admirer son immense...