- il y a 8 mois
Le 11 avril 2007, le procès de Bodein débute à la cour d'assises de Strasbourg dans une salle annexe du tribunal spécialement aménagée pour l'occasion. La réclusion criminelle à perpétuité « réelle » (ce qui signifie en France une incarcération de 30 ans minimum, mais une possibilité effective d'emprisonnement à vie) a été requise à son encontre le 4 juillet 2007. Les jurés ont suivi l'avocat général une semaine plus tard. C'est le premier détenu en France à être condamné à la perpétuité réelle. Rejugé en appel devant les assises de Colmar, il est condamné le 2 octobre 2008 à la même peine. Le 21 janvier 2010, son pourvoi en cassation est rejeté, sa condamnation devient définitive.
La complicité des Fuhrmann et des Remetter, un clan de vanniers, dans l'enlèvement, le meurtre et le viol de Jeanne-Marie Kegelin n'est en revanche pas retenue alors que l'avocat général a réclamé des peines de prison allant de 3 à 30 ans. La famille Kegelin, défendue par Wallerand de Saint-Just, a dénoncé un « gâchis dans la procédure qui l'empêche de faire son deui. » L'avocat a d'ailleurs estimé que « ceux qui ont, par leur esprit, par leur politique et par leur abstention, permis la mort de Jeanne-Marie Kegelin sont beaucoup plus responsables que Pierre Bodein. »
Le 13 novembre 2014, la Cour européenne des droits de l'homme déclare que la condamnation de Bodein n'a violé ni l'article 3 (le condamné alléguait que la peine prononcée constituait un traitement inhumain et dégradant), ni l'article 6 § 1 (Bodein se plaignait de l'absence de motivation de l'arrêt de la cour d'assises) de la Convention européenne des droits de l'homme.
Le 22 mars 2019, Pierre Bodein transmet via son avocat une requête à la Commission d'Instruction de la Cour de Révision pour réexamen de son procès. Le 10 octobre 2019, la Commission juge cette requête irrecevable.
La complicité des Fuhrmann et des Remetter, un clan de vanniers, dans l'enlèvement, le meurtre et le viol de Jeanne-Marie Kegelin n'est en revanche pas retenue alors que l'avocat général a réclamé des peines de prison allant de 3 à 30 ans. La famille Kegelin, défendue par Wallerand de Saint-Just, a dénoncé un « gâchis dans la procédure qui l'empêche de faire son deui. » L'avocat a d'ailleurs estimé que « ceux qui ont, par leur esprit, par leur politique et par leur abstention, permis la mort de Jeanne-Marie Kegelin sont beaucoup plus responsables que Pierre Bodein. »
Le 13 novembre 2014, la Cour européenne des droits de l'homme déclare que la condamnation de Bodein n'a violé ni l'article 3 (le condamné alléguait que la peine prononcée constituait un traitement inhumain et dégradant), ni l'article 6 § 1 (Bodein se plaignait de l'absence de motivation de l'arrêt de la cour d'assises) de la Convention européenne des droits de l'homme.
Le 22 mars 2019, Pierre Bodein transmet via son avocat une requête à la Commission d'Instruction de la Cour de Révision pour réexamen de son procès. Le 10 octobre 2019, la Commission juge cette requête irrecevable.
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00:01:00Cet homme est-il normal ? Est-il accessible à la justice des hommes ? Ou est-il fou ? Fou et donc passible de l'hôpital psychiatrique.
00:01:08Plusieurs fois condamné donc à la prison, il a toujours bénéficié de remises de peine.
00:01:12Sauf que la dernière fois, après sa dernière libération, il a été accusé du pire.
00:01:17Le viol et l'assassinat accompagné d'actes de barbarie de deux adolescentes de 11 et 14 ans et d'une femme de 38 ans.
00:01:25Elle s'appelait Jeanne-Marie, Julie et Edwige.
00:01:35Le début de l'été, dans la vallée du Riz d'Alsacien.
00:01:39Vendredi 18 juin 2004, il fait chaud.
00:01:45A l'heure du déjeuner, les rues du village de Rhinos sont quasi désertes.
00:01:50Comme chaque jour, Madame Kejelin appelle ses enfants pour le repas de midi.
00:01:54Mais aujourd'hui, Jeanne-Marie ne répond pas.
00:01:59Elle a 11 ans.
00:01:59En fin de matinée, la petite fille a pris son vélo.
00:02:05Peut-être est-elle allée ramasser des balles de tennis perdues derrière le stade, ça lui arrive souvent.
00:02:10Le fils aîné de la famille Kejelin part immédiatement à la recherche de sa petite sœur.
00:02:17Comme il avait entendu dire, Maman, je vais faire un tour.
00:02:20Il s'est dit, tiens, elle n'est pas rentrée, ça c'est pas normal.
00:02:23Donc il est tout de suite allé sur le lieu où il a trouvé le vélo.
00:02:29Le vélo rose de Jeanne-Marie est là, abandonné, près des cours de tennis.
00:02:37Inquiet, le grand frère fait le tour des installations sportives.
00:02:41L'appel à nouveau.
00:02:43Rien.
00:02:48La famille Kejelin alerte alors la gendarmerie vers 14h.
00:02:52Comme dans toutes les brigades de France, on a tiré les leçons des dernières disparitions tragiques d'enfants.
00:02:58On sait qu'il faut agir vite.
00:02:59Je dirais, un quart d'heure après, nous avons entendu l'hélicoptère.
00:03:03Le colonel qui nous a beaucoup suivis et qui a été prévenu assez vite,
00:03:08nous a tout de suite dit, quand on a décrit, enfin, on leur a fait part de cette disparition,
00:03:16la première chose qu'ils se sont dit, ça s'enroussit.
00:03:18Parce que c'est un enfant de cet âge, c'est un âge où on est vulnérable.
00:03:24Alors, pour eux, ils ont tout de suite quand même envisagé le pire.
00:03:32Tout le monde s'est mobilisé pour essayer de retrouver la petite Jeanne-Marie, l'enfant du pays, c'est ce qu'il disait, c'est l'enfant du pays qui a disparu.
00:03:55Tous les médias de la région sont là, tout de suite, il y a une sorte d'urgence.
00:04:00On sent une urgence et les visages fermés des gendarmes.
00:04:04Des avis de recherche sont placardés dans les rues de Rineau.
00:04:11Mais personne n'a rien vu, rien entendu.
00:04:16Les gendarmes essayent donc d'en savoir un peu plus sur Jeanne-Marie.
00:04:20On voit tout de suite une photo de la petite fille.
00:04:24Bon, une coupe au carré, des bonnes petites joues.
00:04:27Vraiment une petite fille de 11 ans.
00:04:30On apprend assez vite qu'elle est issue d'une famille où ils sont 8 enfants, que c'est des gens très pieux.
00:04:38Et normalement, elle ne va pas autour de l'eau, elle ne transgresse pas ce qu'elle a indiqué elle-même.
00:04:45Et donc l'inquiétude est immédiate.
00:04:48Du côté du procureur et des gendarmes, on ne veut pas croire au scénario du pire.
00:04:52Il y a trois pistes dans cette situation, comme dans toute situation analogue.
00:05:00Celle, disons, non pas d'une fugue, mais éventuellement d'une aventure, ce qui peut toujours arriver à un enfant.
00:05:08Celle d'un accident.
00:05:09Et puis l'hypothèse qui n'est bien évidemment pas du tout écartée de l'enlèvement.
00:05:15Nous avons simplement, par rapport à hier, étendre le périmètre de recherche d'une part en Allemagne,
00:05:20et d'autre part au nord et au sud de Rineau.
00:05:23Jeanne-Marie ne sait pas nager, et la région fourmille de Ruisseau et de Bramort-du-Rhin.
00:05:32Les canaux sont donc sondés, en vain.
00:05:38Pendant ce temps-là, on fouille le secteur où le vélo de la fillette a été retrouvé.
00:05:41Mais les chiens qui suivent la piste de Jeanne-Marie s'arrêtent net, ici, au bord de la route.
00:05:57Deux jours ont passé depuis la disparition de Jeanne-Marie.
00:06:00Et toujours rien.
00:06:02Plus le temps passe, et plus l'hypothèse d'une issue heureuse s'estompe.
00:06:06La messe du dimanche lui est consacrée.
00:06:12J'ai une petite fille qui a le même âge.
00:06:15On le sait, enfin, ça fait mal au cœur.
00:06:18Tout le monde y pense.
00:06:19C'est dramatique, vous savez.
00:06:20Ça c'est dramatique.
00:06:21Oui, c'est pour la famille.
00:06:22Évidemment, on se raccroche, n'est-ce pas, toujours à l'idée de la retrouver.
00:06:34Donc on peut se dire, bon, peut-être que, non mais, non, non.
00:06:42Non, tout de suite, on a compris qu'on ne la retrouverait pas.
00:06:45On est nécessairement amené, d'où l'enquête judiciaire qui a aussitôt été entreprise,
00:06:54à considérer l'hypothèse de l'enlèvement comme l'hypothèse qui apparaît en l'état la plus vraisemblable.
00:07:03L'angoisse gagne le village.
00:07:09Ce 21 juin, jour de l'été, Rinault a annulé sa fête de la musique,
00:07:14suspendu à un signe de Jeanne-Marie.
00:07:24Madame Meyer, vous êtes mère de Rinault, c'est le village où vivait Jeanne-Marie.
00:07:29Au moment où elle disparaît, vous n'êtes pas à Rinault.
00:07:32Je suis en vacances pour quelques jours en Angleterre.
00:07:37Lorsque vous apprenez la disparition de Jeanne-Marie, quelle est votre réaction ?
00:07:42C'est samedi matin, la stupéfaction.
00:07:46Comment voulez-vous réagir ?
00:07:48On m'apprend la disparition, ce n'était pas encore a priori trop grave,
00:07:53mais enfin je suis très inquiète.
00:07:55Je demande aux adjoints si je dois rentrer et on me dit non parce que...
00:08:00On va la retrouver.
00:08:02Ça sentait déjà relativement mauvais, mais je crois qu'on en parlait déjà de faits graves.
00:08:11On avait peur de ne pas la retrouver vivante.
00:08:14Vous la connaissiez Jeanne-Marie ?
00:08:15Oui, assez peu, mais enfin son père est quand même mon petit cousin.
00:08:21On n'avait pas de relation régulière, mais c'est une enfant...
00:08:26Je connais la plupart des enfants du village.
00:08:31Pourquoi est-ce que vous dites sa santé déjà...
00:08:34À l'époque, vous dites le roussi.
00:08:34C'est une enfant qui n'était pas...
00:08:40La famille est quand même très particulière, vivant un peu en vase clos.
00:08:48Elle n'était plus scolarisée à l'école, tout ça je le savais.
00:08:53Et ce sont des enfants qui ne sont pas du tout du genre à faire des fugues
00:08:57ou à disparaître comme ça.
00:09:01Donc le vélo ayant été retrouvé, il ne restait pas 36 solutions.
00:09:05La famille Kejelin s'est réfugiée dans la prière.
00:09:13Quatre jours sont passés depuis la disparition de Jeanne-Marie,
00:09:16lorsqu'un témoignage fait basculer l'enquête.
00:09:23Dans le village voisin, à Hartolsheim,
00:09:25des enfants racontent qu'ils ont été témoins d'une étrange scène
00:09:28près de la maison d'une famille de gitans.
00:09:31Mais ils vont voir, peut-être dans la rue ou dans la cour,
00:09:36par l'interstice de la barrière,
00:09:40le corps d'une petite fille dans le coffre d'une voiture
00:09:44et des gens s'intéressaient au corps de cette petite fille,
00:09:47le corps de cette petite fille d'être bougé, d'être manipulé.
00:09:51Enfin, ils vont voir ça.
00:09:53Et puis ils vont revenir et ils vont raconter ça à leurs parents.
00:09:58Les six gitans, des vaniers comme on les appelle dans la région,
00:10:03sont immédiatement arrêtés et interrogés à la gendarmerie de Célestat.
00:10:07Et durant la garde à vue, le plus jeune d'entre eux craque.
00:10:13Son frère Georges et son beau-frère Jacques
00:10:16seraient partis avec la voiture en direction de Rhinou
00:10:20où, par accident, Georges aurait renversé la petite Jeanne-Marie.
00:10:31À la suite de ça, Georges aurait pris cette petite dans ses bras
00:10:35et l'aurait mise dans le coffre
00:10:36comme on ramasserait un malheureux gibier qui aurait été renversé.
00:10:41Pris de panique,
00:10:42les trois hommes auraient ensuite ramené le corps
00:10:44dans leur maison d'Artholsheim.
00:10:46Sur le moment, un accident, on s'est dit, ouf.
00:10:49Parce que tout le monde était parti, c'est vrai, un peu dans sa tête,
00:10:51à se dire, est-ce qu'elle a peut-être été enlevée par un réseau,
00:10:55elle était en Bulgarie à l'heure qu'il est.
00:10:58Quelque part, il y a un soulagement, c'est terrible,
00:11:01mais il y a un soulagement de se dire,
00:11:03bon, ben voilà, c'est un accident de voiture,
00:11:05de gens un peu borderline qui étaient sous.
00:11:08Dans le village d'Artholsheim,
00:11:13ça fait belle lurette que les habitants de la maison délabrée des vaniers
00:11:16sont pointés du doigt.
00:11:24On apprend assez vite que ce sont
00:11:26ce qu'on appelle des gens du voyage,
00:11:28mais sédentarisés,
00:11:30des vaniers qui ont
00:11:32très mauvaise réputation, c'est peu de le dire,
00:11:35dans le village et dans la région.
00:11:38C'est des gens qui ne sont pas aimés
00:11:42par beaucoup d'Alsaciens.
00:11:46On raconte des choses horribles sur leurs comptes.
00:11:49On a affaire à des gens qui sont quand même rustres,
00:11:51si ce n'est pas pour dire frustres,
00:11:54qui sont durs.
00:11:56On a des bagarres assez régulièrement,
00:11:58comme on pouvait les avoir
00:11:59dans toutes les campagnes françaises
00:12:02il y a encore quelques dizaines d'années.
00:12:04Ils boivent beaucoup,
00:12:06ils travaillent
00:12:09peu, en tout cas
00:12:11pas dans les circuits traditionnels.
00:12:15C'est des petits délinquants,
00:12:16ce n'est pas la grosse criminalité,
00:12:18ce sont des vols,
00:12:19des conduites sans permis,
00:12:21des conduites en état d'alcoolémie.
00:12:24Ce ne sont pas vraiment
00:12:26des grands délinquants.
00:12:27Ils dérangent parce qu'ils sont nombreux,
00:12:29ils dérangent parce qu'ils sont bruyants,
00:12:30puis ils dérangent surtout parce que c'est des vaniers
00:12:32et qu'ils font un peu la tâche
00:12:34au milieu du village.
00:12:37Meilleur, avec vous,
00:12:38j'aimerais qu'on parle de...
00:12:40Alors nous, on les appelle les gitans.
00:12:42Comment les appelez-vous ?
00:12:43On peut les appeler aussi les vaniers.
00:12:45Les vaniers en Alsace, oui.
00:12:47Les gitans sont pour nous
00:12:49ceux qui viennent d'ailleurs
00:12:52et les vaniers sont ceux
00:12:53qui sont implantés sur place
00:12:55depuis fort longtemps.
00:12:57Et qui ont un mode de vie
00:12:58très différent de celui
00:13:00des habitants du village ?
00:13:01Oui, ils vivent en marge.
00:13:05Ce sont des gens
00:13:05qui sont acceptés dans le village,
00:13:07ils font partie du décor depuis toujours
00:13:09ou ils ont toujours été rejetés ?
00:13:12Est-ce que c'est rejeté
00:13:13ou est-ce que c'est eux-mêmes
00:13:14qui ne souhaitent pas rentrer dans le système ?
00:13:17Ceux qui vivent de manière cohérente,
00:13:20c'est-à-dire sans rapide ni autre,
00:13:21n'ont aucun souci.
00:13:22Mais de quoi ils vivent ?
00:13:24Lesquels ?
00:13:25Les vaniers, ils font vraiment des...
00:13:26Les vaniers vivent de...
00:13:28De paniers tressés, non ?
00:13:29De paniers tressés, il y en a encore, oui.
00:13:31Ils vivent des vieux métaux.
00:13:34Donc ils ont une fonction ?
00:13:34Oui.
00:13:35Ils ont une fonction sociale, quoi.
00:13:37Oui, on peut appeler ça comme ça.
00:13:39Que disent les habitants du village
00:13:40lorsqu'ils sont soupçonnés ?
00:13:42Ben, qu'est-ce qu'ils disent ?
00:13:49C'est haro sur les vaniers ?
00:13:50C'est quand même haro sur les vaniers, oui.
00:13:52Mais enfin, c'est là que...
00:13:54Qu'on a une scission.
00:13:56C'est haro sur tous les vaniers.
00:13:58Et nous, les élus, on essaie quand même de dire
00:14:01attention, les vaniers, il y en a des bons,
00:14:05il y en a des mauvais.
00:14:05Il ne faut pas confondre les affaires aussi graves
00:14:08que celles de Jeanne-Marie
00:14:09et les petites rapines du quotidien, quoi.
00:14:13Il ne faut pas...
00:14:15Sur le moment, vous-même, à titre personnel,
00:14:17vous pensez qu'ils sont coupables ?
00:14:19J'attends des faits.
00:14:26Les gendarmes fouillent en vain la maison des suspects.
00:14:30Et les interrogatoires continuent.
00:14:32Mais les témoignages des vaniers sont de plus en plus confus,
00:14:35contradictoires, et surtout, de plus en plus glauques.
00:14:42La dite enfant aurait été frappée
00:14:45et aura ensuite été recouverte de terre,
00:14:47immergée dans une rivière,
00:14:48ressortie de cette rivière,
00:14:50ou de ce plan d'eau,
00:14:51pour enfin être immergée dans le Rhin.
00:14:56Le récit est sordide.
00:14:58Et il repose uniquement
00:15:00sur la parole du plus fragile des suspects,
00:15:03un adolescent mentalement déficient.
00:15:07Son frère Georges,
00:15:08accusé d'avoir tenu le volant de la voiture
00:15:10qui a renversé Jeanne-Marie,
00:15:13nie toujours.
00:15:14Georges va utiliser un peu toujours les mêmes expressions,
00:15:21tantôt en français, tantôt en alsacien,
00:15:24mêlée de yélige, de vanier,
00:15:27tout ça, c'est des conneries.
00:15:29Yo, tout ça, c'est des conneries,
00:15:30tout ça, c'est des conneries.
00:15:31Très vite,
00:15:32on pense qu'effectivement,
00:15:34ça a mal tourné.
00:15:35C'est une connerie qui a mal tourné.
00:15:37Quoi qu'il en soit,
00:15:38pour l'instant,
00:15:39on n'a pas retrouvé le corps de Jeanne-Marie,
00:15:40ni la voiture
00:15:41qui aurait provoqué ce fameux accident.
00:15:44Les voitures des vaniers
00:15:45ne présentent aucune marque de choc
00:15:47avec un vélo.
00:15:48Du coup,
00:15:49les gendarmes gardent un oeil sur les vaniers,
00:15:51mais continuent de chercher d'autres pistes,
00:15:53jusqu'à ce qu'on apprenne
00:15:54la disparition d'une autre fillette.
00:15:57Ça fait une semaine
00:16:02que l'on cherche Jeanne-Marie.
00:16:05Et voilà que le vendredi 25 juin,
00:16:07une nouvelle disparition est signalée
00:16:08aux gendarmes,
00:16:09à Chirmèque,
00:16:11un autre village de la région.
00:16:14Julie Charche,
00:16:1514 ans,
00:16:16partie faire du vélo
00:16:17avec son amie Maud
00:16:18en début d'après-midi.
00:16:20Elle n'est pas rentrée chez elle.
00:16:22Dernière limite,
00:16:23c'était 18h30.
00:16:24Elle devait être à la maison
00:16:25pour 18h30.
00:16:27Et là,
00:16:2818h30,
00:16:29elle n'était pas là.
00:16:30Donc,
00:16:30comme toutes les jeunes,
00:16:32je me suis dit,
00:16:32bon,
00:16:325 minutes,
00:16:33ce n'est pas une catastrophe.
00:16:35On va se mettre à table,
00:16:36ça la fera venir.
00:16:46À 7h,
00:16:48toujours pas de nouvelles,
00:16:49là,
00:16:49je téléphone sur le portable de Maud.
00:16:51Et c'est là que Maud me dit,
00:16:52mais on s'est quitté
00:16:53à 5h de l'après-midi.
00:16:55Il était 7h.
00:16:56Donc là,
00:16:57pas normal du tout.
00:16:58Que fait ma fille pendant 2h ?
00:17:00C'était pas normal.
00:17:03J'ai pris la voiture,
00:17:04je suis allée sur le chemin
00:17:06qu'elle a emprunté,
00:17:07dans l'esprit d'un accident de la route.
00:17:09Comme il y a un endroit
00:17:10où il y a un fossé assez important,
00:17:12il était tout à fait plausible
00:17:13qu'elle ait été poussée
00:17:15dans le fossé.
00:17:16Et j'ai fait cette route
00:17:22de long en large,
00:17:23je n'ai rien vu,
00:17:24je ne sais pas à quelle heure
00:17:24il était là,
00:17:25je n'avais plus les yeux
00:17:25sur la montre,
00:17:26je n'ai plus du tout
00:17:27de notion du temps.
00:17:27On a cherché,
00:17:41on a mis ça dessus,
00:17:42dessous,
00:17:42tout le quartier,
00:17:44les voisins,
00:17:44le voisinage,
00:17:45tout le quartier
00:17:46a vraiment fait
00:17:47tout ce qu'il pouvait
00:17:48pour me trouver ma Julie.
00:17:49Il faisait nuit,
00:17:52il faisait même froid
00:17:53sur la faim,
00:17:55je ne sais plus quelle heure
00:17:56il était.
00:17:59Même de nuit,
00:18:00je veux dire,
00:18:03ils ont été dans des endroits
00:18:07les plus sombres
00:18:08pour la chercher,
00:18:10vraiment,
00:18:10je crois qu'ils ont fait
00:18:11vraiment tout ce qu'ils pouvaient,
00:18:12tout le monde,
00:18:14jeunes comme plus âgés.
00:18:19Et de nouveau,
00:18:33Comarino,
00:18:34les alentours sont couverts
00:18:36d'avides recherches.
00:18:39En fait,
00:18:39on se retrouve
00:18:40avec une semaine de décalage
00:18:42avec les mêmes personnes
00:18:44en face de nous.
00:18:46On a le colonel Jéré
00:18:49devant nous,
00:18:49qui nous faisait
00:18:51les mêmes points presse,
00:18:53malheureusement,
00:18:55que la semaine précédente,
00:18:56en nous disant
00:18:57la même chose.
00:18:58La thèse accidentelle
00:18:59prend un petit peu
00:19:00moins d'importance
00:19:02puisqu'on a fait
00:19:03des recherches considérables,
00:19:05qu'on a eu
00:19:05beaucoup de monde.
00:19:07En revanche,
00:19:08j'en reviens
00:19:09à la disparition volontaire
00:19:10ou non volontaire.
00:19:12Pour l'instant,
00:19:12on ne peut privilégier
00:19:13aucune des deux pistes.
00:19:15Je sais que les gendarmes
00:19:16m'ont dit
00:19:17que ça n'a rien à voir
00:19:17avec Jeanne-Marie.
00:19:18Ça, je me rappelle
00:19:19au tout début,
00:19:21quand j'étais
00:19:22à la gendarmerie,
00:19:23vraiment dans les premières heures.
00:19:25Ne vous inquiétez pas,
00:19:26ça n'a rien à voir
00:19:26avec Jeanne-Marie.
00:19:28J'étais convaincue
00:19:29de la fugue.
00:19:30Je ne sais pas
00:19:30si c'était parce que
00:19:31je ne voulais pas nier
00:19:32ou...
00:19:33mais de toute façon,
00:19:34je n'envisageais
00:19:36honnêtement
00:19:37aucune autre solution.
00:19:42Mais si c'est une fugue,
00:19:44comment expliquer
00:19:45que Julie,
00:19:46adolescente débrouillarde,
00:19:48soit partie
00:19:48sans affaires,
00:19:49sans papiers
00:19:50et surtout
00:19:51sans argent ?
00:19:52Du côté des enquêteurs,
00:19:58une semaine après
00:19:59la disparition
00:19:59de Jeanne-Marie,
00:20:00on pense tout de suite
00:20:01au pire.
00:20:02Et si Julie
00:20:03avait été enlevée ?
00:20:06Le lundi 28 juillet,
00:20:11le vélo de Julie
00:20:11est retrouvé
00:20:12sur les hauteurs
00:20:13de Chirmek,
00:20:14en pleine forêt.
00:20:16C'est un promeneur
00:20:16qui le découvre
00:20:17à moitié immergé
00:20:18dans un ruisseau,
00:20:20comme si
00:20:21on avait voulu
00:20:22le dissimuler.
00:20:28Tant que nous n'avions pas
00:20:30retrouvé le vélo,
00:20:32nous pouvions imaginer
00:20:32qu'elle était
00:20:34en train de se déplacer
00:20:36et donc
00:20:37que rien ne lui était arrivé.
00:20:40Et le moment
00:20:40où on a retrouvé le vélo,
00:20:41on s'est dit
00:20:42qu'elle n'aurait jamais
00:20:44abandonné son vélo.
00:20:45Et donc,
00:20:46à partir de là,
00:20:46il y avait
00:20:47une intervention extérieure
00:20:48et donc la probabilité
00:20:50d'un enlèvement
00:20:51était beaucoup plus forte.
00:20:53Et ça devient
00:20:54très inquiétant.
00:20:54Je pense qu'on a,
00:20:55à ce moment-là,
00:20:56pris conscience
00:20:57que l'affaire Jeanne-Marie
00:20:58ou la disparition
00:20:59de Jeanne-Marie
00:21:00n'était pas forcément
00:21:01un cas isolé,
00:21:03mais que ça pouvait être
00:21:04quelque chose
00:21:05de plus important.
00:21:06On peut tout imaginer,
00:21:07mais pas ça, quoi.
00:21:08Pas le pire.
00:21:10Pas le pire.
00:21:16On ne peut pas
00:21:17imaginer le pire,
00:21:18mais la vérité,
00:21:19c'est qu'on y pense quand même.
00:21:20D'autant qu'entre
00:21:21la disparition de Jeanne-Marie,
00:21:23le 18 juin,
00:21:24ici à Rhinos,
00:21:25et celle de Julie,
00:21:26le vendredi 25 juin
00:21:28à Chirmec,
00:21:29on a retrouvé
00:21:30le corps d'une femme
00:21:30le 22 juin,
00:21:33ici,
00:21:33à Indiesheim.
00:21:34Une femme de 38 ans,
00:21:35donc pas une adolescente,
00:21:37donc on ne fait pas le lien.
00:21:38Un pêcheur a retrouvé son cadavre
00:21:40dans un ruisseau,
00:21:41un corps dénudé,
00:21:42avec des traces de strangulation
00:21:43et des blessures
00:21:45au niveau du sexe.
00:21:47Elle s'appelait Edwige Vallée,
00:21:48mais franchement,
00:21:49compte tenu de son âge,
00:21:50il n'y a aucune raison
00:21:51d'établir un rapport
00:21:52avec la disparition
00:21:53de Jeanne-Marie
00:21:54et celle de Julie.
00:22:00Dix jours ont passé
00:22:01depuis la disparition
00:22:02de Jeanne-Marie.
00:22:03Les gendarmes continuent
00:22:04de rechercher
00:22:05le corps de la fillette,
00:22:06mais l'enquête
00:22:07fait du surplace.
00:22:10Les interrogatoires
00:22:11des vanniers
00:22:11mis en examen
00:22:12ne mènent nulle part.
00:22:14De six,
00:22:14le nombre d'arrestations
00:22:15est passé à 20
00:22:16et le nombre de versions aussi.
00:22:19Les enquêteurs
00:22:19se heurtent
00:22:20à un mur de silence
00:22:21et d'incompréhension.
00:22:24Ce qui est très difficile
00:22:29dans cette affaire
00:22:29et même avec cette famille,
00:22:31c'est que soit ils se chargent,
00:22:34soit ils essayent
00:22:35de se dédouaner.
00:22:36Bref,
00:22:37il y a autant de versions
00:22:38que de mise en examen
00:22:40finalement dans cette affaire
00:22:41et c'est très compliqué
00:22:42de savoir
00:22:43qui a fait quoi,
00:22:45qui dit quoi.
00:22:46C'est un milieu
00:22:46totalement hermétique.
00:22:47C'est un milieu
00:22:48dans lequel on ne pénètre
00:22:50que si on veut bien
00:22:50nous laisser pénétrer
00:22:51et j'ai bien l'impression
00:22:52que personne ne veut
00:22:53nous laisser pénétrer.
00:22:55C'est très simple,
00:22:56il y a ceux qui sont
00:22:56de leur famille
00:22:57et il y a tout le reste.
00:22:59Et le reste,
00:23:00on n'en parle pas,
00:23:01on ne leur parle pas,
00:23:02on ne communique pas.
00:23:04C'est tout.
00:23:06Les vaniers ont-ils
00:23:07vraiment renversé
00:23:08Jeanne-Marie ?
00:23:09L'ont-ils enlevé
00:23:10comme l'a raconté
00:23:11le plus jeune ?
00:23:12Violé comme l'ont dit
00:23:13d'autres ?
00:23:14Et si tout est faux,
00:23:16pourquoi ont-ils avoué ?
00:23:19Moi j'ai un peu l'impression
00:23:21qu'au bout d'un certain temps
00:23:22les gens vont avoir tendance
00:23:23à dire ce que vous voulez
00:23:24qu'ils disent
00:23:25pour se dire
00:23:26comme ça je suis tranquille.
00:23:28Alors de là à dire
00:23:29que ***
00:23:29a fait que retranscrire
00:23:31les déclarations
00:23:32que les gendarmes
00:23:32ont bien voulu leur faire,
00:23:33vous ne le ferez pas dire,
00:23:34mais il est évident
00:23:35que il y a,
00:23:36il y a,
00:23:36il y a,
00:23:37et cette bonne guerre,
00:23:38il y a quelque chose
00:23:38qui se met en place,
00:23:39il faut agir vite,
00:23:40la gendarmerie
00:23:40est pressée par le temps,
00:23:42l'opinion des parents,
00:23:43l'opinion publique.
00:23:45Sous la pression publique
00:23:46et médiatique,
00:23:47la justice s'obstine donc
00:23:49et cherche toujours
00:23:50à partir des aveux
00:23:51embrouillés des vaniers
00:23:52le corps de Jeanne-Marie.
00:23:55On n'en sait pas
00:23:55beaucoup plus
00:23:56mais les gendarmes
00:23:57et les juges d'instruction
00:23:58vont immédiatement partir
00:24:00faire des vues des lieux
00:24:01avec ces vaniers
00:24:02qui vont les balader,
00:24:04il n'y a pas d'autre mot,
00:24:04pendant plusieurs jours
00:24:05dans la campagne alsacienne
00:24:07à proximité du Rhin
00:24:08leur indiquant
00:24:09que des scènes horribles,
00:24:11plus ou moins horribles
00:24:12ou franchement insupportables
00:24:13se sont passées
00:24:14à tel ou tel endroit.
00:24:16Alors que la juge d'instruction
00:24:18est en train de fouiller
00:24:19les bords du Rhin
00:24:20à la recherche du corps
00:24:21de Jeanne-Marie,
00:24:22tout va basculer
00:24:23le 29 juin
00:24:24dans l'après-midi.
00:24:26Et là on a un coup de fil
00:24:27de confrères
00:24:28qui nous disent
00:24:30on a trouvé
00:24:32un corps
00:24:33d'un petit garçon.
00:24:36On nous dit
00:24:37et là
00:24:39ça fait dix jours
00:24:40qu'on est à fond
00:24:41et on se dit
00:24:42un quatrième.
00:24:52On fonce à Valve
00:24:54et on arrive
00:24:57périmètre de sécurité,
00:24:59tous les médias
00:25:00tenus à l'écart
00:25:02et une tension
00:25:04terrible.
00:25:12Ils nous tiennent à distance,
00:25:13on ne peut pas voir.
00:25:15Pendant ce temps-là
00:25:16ils se murmurent.
00:25:19C'est peu de le dire
00:25:20que ce n'est pas
00:25:21un petit garçon,
00:25:22que c'est une petite fille
00:25:23et que
00:25:24selon toute vraisemblance
00:25:26c'est Jeanne-Marie.
00:25:27Les chaussures
00:25:33de type bateau
00:25:34de couleur bleue
00:25:35et surtout
00:25:37le bermuda
00:25:39marqué
00:25:40à son nom
00:25:41et son prénom
00:25:42ne laissent
00:25:43pas de doute
00:25:44à cet égard.
00:25:49Ce sont trois enfants
00:25:51du village de Valve
00:25:52qui jouaient
00:25:52près du ruisseau
00:25:53qui ont alerté
00:25:54les gendarmes.
00:25:57Alors on apprend
00:25:58qu'ils ont quand même
00:25:59été sur le bord
00:26:01et ils ont vu
00:26:01ce qu'ils prennent
00:26:03pour une poupée gonflable
00:26:04au début
00:26:05et donc un corps
00:26:08très décomposé
00:26:09et extrêmement mutilé.
00:26:11Le corps effectivement
00:26:12est en très mauvais état.
00:26:13D'ailleurs les gendarmes
00:26:13au départ
00:26:14les médecins légistes
00:26:15n'ont pas pu déterminer
00:26:16avec précision
00:26:17tout de suite
00:26:18qu'il s'agissait bien
00:26:18de Jeanne-Marie.
00:26:19On découvre assez vite
00:26:21des traces de strangulation.
00:26:23On détermine également
00:26:24que la fillette
00:26:25a dû être violée
00:26:26et même pire que ça
00:26:28que son bas-ventre
00:26:29a été fortement abîmé
00:26:32avec un couteau
00:26:35probablement
00:26:35ou en tout cas
00:26:36avec un objet
00:26:38coupant.
00:26:46Le corps de Jeanne-Marie
00:26:48est découvert
00:26:48à plus de 30 kilomètres
00:26:50de l'endroit
00:26:50où les Vaniers
00:26:51prétendaient
00:26:51s'en être débarrassés.
00:26:53Voilà qui mérite
00:26:56quelques explications.
00:27:01Je me rappelle très bien
00:27:02qu'on a attendu longuement
00:27:03au tribunal
00:27:03jusqu'à ce que les juges
00:27:04reviennent.
00:27:05Ils sont revenus
00:27:06en colère noire.
00:27:08L'interrogatoire derrière
00:27:10a tout de suite
00:27:10été relativement
00:27:11froid, sec,
00:27:12ce qui était normal
00:27:13compte tenu
00:27:13des constatations
00:27:14qui venaient de faire.
00:27:16Et encore une fois,
00:27:17là, nous,
00:27:17on n'était pas avertis.
00:27:18On nous a juste dit
00:27:19voilà, il y a ci,
00:27:19ça, ça.
00:27:20Là, c'est plus
00:27:22la même donne.
00:27:23C'est sûr que là,
00:27:25c'est plus la même chose.
00:27:26Il faut être clair,
00:27:28ce soir-là,
00:27:29on avait tous
00:27:29le sentiment
00:27:30que ces jeunes gens
00:27:33non seulement
00:27:34nous avaient menés
00:27:35en bateau,
00:27:36mais qu'il y avait
00:27:36encore vraisemblablement
00:27:37un criminel
00:27:39en liberté
00:27:40qui continue à tuer.
00:27:43Les Vaniers
00:27:44sont en effet
00:27:44derrière les barreaux
00:27:45depuis plus d'une semaine.
00:27:47Or, des tas de gens
00:27:48sont passés
00:27:48près de ce ruisseau.
00:27:50et n'ont rien vu.
00:27:52C'est donc
00:27:52qu'on a déposé
00:27:53le corps de la fillette
00:27:53à cet endroit
00:27:54très récemment.
00:27:56Et alors,
00:27:57qui,
00:27:58les Vaniers,
00:27:59auraient-ils
00:27:59des complices ?
00:28:01C'est à ce moment-là
00:28:08que les enquêteurs
00:28:09osent faire
00:28:10le rapprochement
00:28:10entre l'assassinat
00:28:11de Jeanne-Marie
00:28:12dont on vient
00:28:12de retrouver le corps
00:28:13et le meurtre
00:28:14d'Edwige Vallée
00:28:15dont le corps
00:28:16a été retrouvé
00:28:16dans un ruisseau
00:28:17sept jours plus tôt.
00:28:17Pourquoi ?
00:28:18Tout simplement
00:28:19parce que les deux corps
00:28:20ont subi
00:28:20les mêmes mutilations
00:28:22barbares
00:28:23au niveau du sexe.
00:28:24Alors certes,
00:28:25Jeanne-Marie avait 11 ans
00:28:26et Edwige en avait 38
00:28:27et on a du mal
00:28:28à croire
00:28:29qu'un même pervers
00:28:30ait pu s'attaquer
00:28:31à deux femmes
00:28:32si différentes.
00:28:33Mais Edwige
00:28:34ne faisait pas son âge,
00:28:36elle faisait beaucoup
00:28:36plus jeune.
00:28:37Il y avait quelque chose
00:28:37de très juvénile en elle.
00:28:39À ce moment-là,
00:28:40bien sûr,
00:28:41on craint le pire
00:28:42pour Julie,
00:28:4214 ans,
00:28:43qui demeure toujours
00:28:44introuvable.
00:28:49Toujours sans nouvelles
00:28:50de Julie,
00:28:51les gendarmes
00:28:52essayent de retracer
00:28:53le dernier trajet
00:28:54de l'adolescente.
00:28:56Après avoir quitté
00:28:56son amie
00:28:57à 17h
00:28:57sur la place principale
00:28:59du village de Russe,
00:29:00Julie aurait suivi
00:29:01à vélo
00:29:02la route
00:29:03vers Chirmek.
00:29:04Sa trace
00:29:05se perd ensuite
00:29:05quelque part
00:29:06sur la départementale
00:29:07204.
00:29:08Mais sur le trajet,
00:29:11dans le hameau
00:29:11de Steinbach,
00:29:13un témoin aurait vu
00:29:14Julie discuter
00:29:15le jour
00:29:15de sa disparition
00:29:16avec un homme
00:29:17au volant
00:29:18d'une Ford Escorte
00:29:20blanche.
00:29:23Une Ford Escorte
00:29:24blanche.
00:29:25Il se trouve
00:29:26que depuis quelque temps,
00:29:27les gendarmes
00:29:28ont à l'œil
00:29:29un homme
00:29:30qui a ce type
00:29:30de voiture.
00:29:32Une garde à vue
00:29:32a été nécessaire
00:29:33qui a permis
00:29:35des vérifications
00:29:36très approfondies
00:29:38mais il n'a pas eu
00:29:40d'élément
00:29:40suffisant
00:29:43pour l'exercice
00:29:43en l'état
00:29:44de l'enquête
00:29:45actuellement
00:29:46pour l'exercice
00:29:47de poursuite.
00:29:49Et quand le procureur
00:29:51nous dit ça,
00:29:53il nous le dit
00:29:53d'une manière telle
00:29:54que je lui demande
00:29:55mais vous avez l'air
00:29:56vraiment
00:29:57désolé
00:29:59d'avoir dû
00:30:00le laisser repartir.
00:30:02Vous auriez voulu
00:30:02le retenir.
00:30:03Et effectivement,
00:30:06il n'avait rien
00:30:06contre lui
00:30:07ils ont été obligés
00:30:08de le laisser repartir
00:30:09mais on sent
00:30:11que ça les travaille
00:30:12et on sent
00:30:12une tension.
00:30:18Effectivement,
00:30:18les gendarmes
00:30:19s'entêtent
00:30:20sur la piste
00:30:20de cet homme
00:30:21et ça va finir
00:30:22par être payant.
00:30:24Dans la forêt,
00:30:25près de l'endroit
00:30:26où a été découvert
00:30:26le vélo de Julie,
00:30:28ils découvrent
00:30:28sur le sol
00:30:29les débris
00:30:30d'un clignotant
00:30:31de voiture
00:30:31qui semble venu
00:30:32de la fameuse
00:30:34Ford Escort.
00:30:35Mais c'est le vélo
00:30:41lui-même
00:30:42qui fournit
00:30:43aux enquêteurs
00:30:43un indice
00:30:44essentiel.
00:30:45On a retrouvé
00:30:46des traces
00:30:46de sang
00:30:47sur le guidon
00:30:47du vélo.
00:30:48Or,
00:30:48après analyse génétique,
00:30:50il s'avère
00:30:50que c'est le sang
00:30:51du propriétaire
00:30:52de la Ford Escort.
00:30:56Les gendarmes
00:30:57suivent discrètement
00:30:58l'homme
00:30:58depuis quelques jours.
00:31:00Il vit
00:31:00dans une caravane,
00:31:02sur le terrain
00:31:03d'un ferrailleur
00:31:04dans le village
00:31:05de Burkheim.
00:31:08Il s'appelle
00:31:08Pierre Baudin.
00:31:11Braqueur,
00:31:11multirécidiviste,
00:31:12sorti de prison
00:31:13il y a à peine
00:31:14quatre mois
00:31:14en liberté conditionnelle,
00:31:17sous contrôle judiciaire.
00:31:18Le 30 juin au matin,
00:31:27les gendarmes
00:31:28venus en force
00:31:29cernent le terrain
00:31:31et lancent l'assaut.
00:31:36Et bon,
00:31:37ils sont venus
00:31:37de tous les côtés,
00:31:38ils étaient sur les toits,
00:31:39partout.
00:31:39Quand j'ai entendu
00:31:40la terre,
00:31:40les mains sur la tête,
00:31:42je n'ai pas dit plus.
00:31:44Pierre-Houd,
00:31:44il a essayé,
00:31:44bon,
00:31:45je ne suis pas sûr
00:31:45qu'il était derrière moi,
00:31:46mais ce que je sais,
00:31:47si on l'aurait pu passer
00:31:48de l'autre côté,
00:31:49il aurait essayé,
00:31:49mais il y avait deux gendarmes
00:31:50de l'autre côté aussi.
00:31:52Et bon,
00:31:53à la fin,
00:31:53on était tous à terre, quoi.
00:31:57Les indices graves
00:31:58et concordants
00:31:59m'ont conduit
00:32:00à clôturer
00:32:01la procédure de flagrance
00:32:02et à requérir
00:32:04l'ouverture
00:32:05d'une information
00:32:06du chef
00:32:08d'enlèvement
00:32:09et séquestration
00:32:11suivie de mort.
00:32:12En garde à vue,
00:32:15Pierre-Baudin
00:32:15nie.
00:32:17Il ne connaît pas
00:32:18cette Julie.
00:32:21Il me dit
00:32:21qu'il a été interpellé
00:32:23de manière un peu violente,
00:32:24que les gendarmes
00:32:25ont abattu
00:32:26un chien
00:32:26de la casse
00:32:28où il logeait,
00:32:30qu'il ne comprend pas
00:32:30ce qu'il fait là
00:32:31et qu'il n'a rien à voir
00:32:33avec toute cette histoire.
00:32:35Dans l'entourage
00:32:36de Pierre-Baudin,
00:32:37c'est également
00:32:37la surprise.
00:32:39Même son ami,
00:32:39le ferrailleur
00:32:40qu'il hébergé
00:32:41depuis sa sortie de prison,
00:32:43tombe des nues.
00:32:44Si c'est vraiment lui,
00:32:47j'ai eu de la chance.
00:32:50Dans mon malheur,
00:32:51j'ai eu de la chance.
00:32:52Enfin, je suppose
00:32:53que vous comprenez.
00:32:55Mes deux filles.
00:32:56Il a emmené
00:32:57mes deux filles à l'école,
00:32:58il a emmené
00:32:59mes deux filles
00:32:59à la piscine dimanche encore.
00:33:01Je préfère pas penser
00:33:02que c'est lui.
00:33:06Pierre-Baudin
00:33:07est présenté
00:33:07au juge d'instruction.
00:33:10Nous, on l'attend
00:33:11derrière le palais de justice
00:33:13de Saverne.
00:33:15Et là,
00:33:15on voit arriver
00:33:16un type totalement caché
00:33:18avec des gilets pare-balles
00:33:20sous une couverture.
00:33:22On voit que ses mains.
00:33:24Moi, je me souviens
00:33:25d'avoir regardé ses mains.
00:33:26Je me suis dit,
00:33:26si c'est lui,
00:33:27c'est ces mains-là
00:33:28qui ont tué.
00:33:33Ils le mettent dans la voiture,
00:33:35hop,
00:33:35et ils partent.
00:33:36s'il y a quelques personnes
00:33:37qui l'insultent,
00:33:38c'est un peu glauque.
00:33:40quoi.
00:34:02Maître Moser,
00:34:03vous êtes l'avocat
00:34:04de la famille de Julie
00:34:06au moment où Pierre-Baudin
00:34:07est arrêté.
00:34:08Alors, il se trouve que
00:34:09ce garçon-là,
00:34:10vous le connaissez,
00:34:11vous l'avez déjà croisé.
00:34:12Vous savez qu'on a affaire
00:34:13à un type très pervers.
00:34:16Oui.
00:34:17Très inquiétant.
00:34:18Je vais vous dire,
00:34:19je fais la connaissance
00:34:20des parents de Julie
00:34:22la veille de la découverte
00:34:23du corps de Julie.
00:34:25Je sais le 2 juillet
00:34:26que Pierre-Baudin
00:34:27pourrait être impliqué
00:34:29dans la mort de Julie.
00:34:30Je suis à ce moment-là,
00:34:32avant découverte,
00:34:33terriblement angoissé
00:34:34en sachant que Bodin
00:34:36pourrait être impliqué
00:34:37parce que je connais
00:34:38ce personnage
00:34:39et je connais
00:34:40sa dangerosité
00:34:41qui est extrême
00:34:43et c'est véritablement
00:34:44un personnage
00:34:45tout à fait,
00:34:46un criminel chevronné
00:34:47particulièrement dangereux.
00:34:48La famille de Julie,
00:34:49quand on leur dit
00:34:50que cet homme est sans doute
00:34:52l'assassin de Julie,
00:34:54au moment où on le leur dit,
00:34:55on n'a pas retrouvé
00:34:56le corps de Julie,
00:34:57on le cherche encore,
00:34:58comment est-ce qu'ils réagissent ?
00:35:00Eh bien,
00:35:00jusqu'à la découverte
00:35:02du corps de Julie,
00:35:04les parents ont de l'espoir.
00:35:06Ils veulent espérer
00:35:07que leur fille est encore vivante,
00:35:08qu'elle a fugué.
00:35:10Moi, bien que je sois convaincu
00:35:12de l'issue funeste,
00:35:14j'essaie de leur donner
00:35:15un peu d'espoir,
00:35:16un peu d'humanité,
00:35:17un peu d'espérance,
00:35:20mais dès ce moment-là,
00:35:21avant découverte,
00:35:22je suis déjà terriblement angoissé
00:35:24connaissant le nommé Bodin.
00:35:26Est-ce qu'à ce stade
00:35:26de l'enquête,
00:35:28on fait le lien
00:35:29avec les autres disparitions ?
00:35:32Jeanne-Marie,
00:35:34Edwige ?
00:35:35Les gendarmes
00:35:36et les juges d'instruction
00:35:36se posent rapidement
00:35:38avec sagacité
00:35:39des questions
00:35:39quant à la question de savoir,
00:35:41quant au point de savoir
00:35:41s'il y a effectivement
00:35:42une connexité
00:35:44entre ces trois crimes.
00:35:45Ce Pierre Bodin
00:35:51est donc le suspect numéro un
00:35:53dans la disparition de Julie,
00:35:55dont le corps d'ailleurs
00:35:56n'a pas encore été retrouvé.
00:35:57Mais franchement,
00:35:58dans la tête des gendarmes,
00:35:59il y a cette idée
00:36:00que ce Bodin
00:36:00est peut-être aussi
00:36:01l'assassin de Jeanne-Marie
00:36:03et celui d'Edwige,
00:36:04puisque depuis le début,
00:36:05ces trois drames
00:36:06s'étant déroulés
00:36:07dans la même région
00:36:08à quelques jours d'intervalle.
00:36:09Il pense que tout est lié.
00:36:11D'où l'intérêt
00:36:12de fouiller dans la vie
00:36:13de Pierre Bodin
00:36:13pour savoir si on a affaire
00:36:15un maniaque sexuel,
00:36:16un amateur de petites filles ?
00:36:17Et la réponse est non.
00:36:19Le Pierre Bodin,
00:36:19connu de la justice,
00:36:21est un braqueur.
00:36:26Pierre Bodin, 57 ans,
00:36:29est un vieil habitué de la justice.
00:36:31Un vanier alsacien
00:36:32qui très jeune
00:36:33s'est fait une spécialité
00:36:34dans les braquages
00:36:35et qui très vite
00:36:36a éveillé l'attention
00:36:38des psychiatres.
00:36:41Le parcours judiciaire
00:36:42de Pierre Bodin,
00:36:43lui, commence en 69.
00:36:45Et à partir de là,
00:36:48il a pratiquement
00:36:50vécu en prison,
00:36:52d'abord,
00:36:53puis en prison
00:36:54et en HP ensuite.
00:36:57Et il y a quelque part
00:36:58un article qui dit
00:36:59que chaque fois qu'il sortait,
00:37:00au bout de trois mois,
00:37:00il récidivait.
00:37:03Depuis toujours,
00:37:04la personnalité
00:37:05de celui que les médias
00:37:06ont surnommé
00:37:07Pierre-Olefou
00:37:07divise les experts.
00:37:10Bodin est-il fou
00:37:11ou pas ?
00:37:13En 1989,
00:37:18de nouveau interpellé
00:37:19après avoir commis
00:37:2016 hold-up
00:37:21en moins d'un an,
00:37:22il rencontre
00:37:23le docteur Henri Bruner,
00:37:25psychiatre,
00:37:26pour une énième expertise.
00:37:27Il était extrêmement agité.
00:37:32D'une part,
00:37:33et logoréique,
00:37:33comme nous disons,
00:37:34c'est-à-dire qu'il parlait
00:37:35tout le temps.
00:37:37Il se liloquait,
00:37:39sans tenir compte
00:37:40de rien du tout,
00:37:41ni de moi,
00:37:42ni de l'extérieur,
00:37:44de façon incohérente,
00:37:46mais avec un thème
00:37:47de persécution
00:37:48qui semblait se dégager
00:37:49de tout ça.
00:37:54Il répétait
00:37:55qu'il n'était pas fou
00:37:56et il reconnaissait
00:37:59les faits,
00:38:00mais d'une façon
00:38:01incohérente.
00:38:02Il disait à peu près
00:38:03« Oui, j'ai volé,
00:38:05on m'a dit
00:38:06que j'avais volé,
00:38:07c'était pour acheter
00:38:08un hélicoptère,
00:38:09etc. »
00:38:10Des témoins racontent
00:38:11que quand il était
00:38:12à la prison,
00:38:14qui était à l'époque
00:38:14au centre de Strasbourg,
00:38:17il longeait les murs
00:38:19de la cour de promenade
00:38:20avec son bras comme ça
00:38:22et il se mettait
00:38:23la main en sang
00:38:24comme ça
00:38:24en raclant les murs.
00:38:27Enfin,
00:38:27c'est un personnage
00:38:28bizarre quand même.
00:38:32Alors,
00:38:32mon sentiment à moi,
00:38:33c'est que j'ai affaire
00:38:33à un fou.
00:38:34J'ai conclu
00:38:35qu'on était en présence
00:38:37d'une maladie mentale,
00:38:37psychotique,
00:38:39qui ne permettait pas
00:38:40à l'intéressé
00:38:41de répondre de ses actes
00:38:42et qui nécessitait
00:38:44non pas la prison,
00:38:45mais l'hospitalisation.
00:38:49A peine hospitalisé,
00:38:50Pierre Baudin
00:38:51n'est plus que l'ombre
00:38:52de lui-même.
00:38:53Diagnostique,
00:38:55état régressif,
00:38:56complet.
00:38:57C'est-à-dire,
00:38:58mutique,
00:38:59replié sur lui-même,
00:39:00ne marchant plus
00:39:01et ne contrôlant plus
00:39:03les fonctions naturelles
00:39:05d'élimination.
00:39:09En 1992,
00:39:11Pierre Baudin
00:39:11végète depuis deux ans
00:39:12en fauteuil roulant
00:39:13à l'hôpital d'Erstein,
00:39:15où il attend son procès
00:39:16pour les hold-up.
00:39:17Or, voilà que le 11 décembre,
00:39:19il retrouve ses jambes,
00:39:21il profite d'un léger
00:39:22relâchement de la surveillance
00:39:23et s'évade
00:39:24par la fenêtre
00:39:25du réfectoire.
00:39:35Alors, je l'apprends
00:39:36tard le soir
00:39:36par un coup de fil
00:39:38à domicile
00:39:39du magistrat instructeur
00:39:40de l'époque,
00:39:40qui était
00:39:41Mme Dominique Laine,
00:39:43et qui me dit
00:39:43en substance,
00:39:44voilà ce qui s'est passé,
00:39:46on pense qu'il est retranché
00:39:47dans une maison,
00:39:49vous, vous le connaissez,
00:39:51on a besoin
00:39:51que vous nous disiez
00:39:52comment il faut
00:39:52que vous nous fassions.
00:39:55Alors, moi,
00:39:56je dis à Mme Laine,
00:39:57je ne peux rien vous dire,
00:39:59parce que tout ce que vous
00:40:00me dites
00:40:00ne correspond absolument
00:40:02à rien
00:40:02de ce que j'ai vu
00:40:03chez Pierre Baudin.
00:40:08La seule chose
00:40:09qu'on pouvait
00:40:10en déduire,
00:40:11c'était qu'il n'était
00:40:12ni mutique
00:40:13ni paralysé.
00:40:13il fallait bien
00:40:14que je me rende compte
00:40:15que Pierre Baudin
00:40:16m'avait trompé.
00:40:23Alors, Dominique,
00:40:24le 11 décembre 92,
00:40:25alors qu'il est
00:40:26dans un état
00:40:27supposé végétatif,
00:40:28cloué dans un fauteuil roulant,
00:40:30Pierre Baudin
00:40:31s'évade
00:40:32de l'hôpital psychiatrique.
00:40:33Qu'est-ce qu'il fait
00:40:33pendant sa cavale ?
00:40:35C'est l'histoire
00:40:36du miraculé d'Erstein.
00:40:38Celui dont tout le monde
00:40:39pense qu'il est incapable
00:40:40de marcher,
00:40:40enjambe le muret
00:40:42du réfectoire
00:40:43et s'enfuit
00:40:44de l'hôpital.
00:40:45La cavale va durer
00:40:4672 heures,
00:40:47trois journées
00:40:48pendant lesquelles
00:40:48il va terroriser
00:40:49toute la région.
00:40:51Il ne circule
00:40:52qu'à bord
00:40:52de voitures volées.
00:40:54Il attaque
00:40:54un premier automobiliste
00:40:55avec un pistolet
00:40:56à grenailles,
00:40:56on ne sait pas
00:40:57comment il se l'est procuré.
00:40:58L'automobiliste
00:40:59tente de résister,
00:41:00il reçoit deux décharges
00:41:01de grenailles
00:41:01en pleine figure.
00:41:03Le lendemain matin,
00:41:03on est le 12 décembre.
00:41:06Bodin attaque
00:41:06une banque
00:41:07ici,
00:41:08à Indisheim.
00:41:09Il prend un otage,
00:41:11il est cagoulé,
00:41:12il a des gants,
00:41:13il a le même pistolet
00:41:13à grenailles,
00:41:14un couteau de cuisine
00:41:15et sous la menace,
00:41:17en menaçant son otage,
00:41:19il se fait remettre
00:41:2020 000 francs
00:41:20à la caisse de la banque.
00:41:22Il s'enfuit
00:41:22sans avoir oublié
00:41:24de poser du ruban adhésif
00:41:26sur les plaques
00:41:27de la voiture
00:41:28qu'il a volées.
00:41:29Donc il n'est pas si fou
00:41:30que ça, Bodin.
00:41:31Il descend au sud.
00:41:32Ensisheim,
00:41:34on est en fin de matinée
00:41:35le 12,
00:41:36il achète un fusil
00:41:37de chasse
00:41:37dans une armurerie
00:41:38avec 5 boîtes
00:41:40de cartouches
00:41:41dont des chevrotines.
00:41:42Il repart.
00:41:44On est dans la nuit
00:41:45du samedi au dimanche,
00:41:4613.
00:41:47Ici,
00:41:48à Colmar,
00:41:48il tombe sur un équipage
00:41:49de la police nationale
00:41:50qui repère la voiture volée.
00:41:52Course poursuite.
00:41:53Fusillade.
00:41:54Les policiers ouvrent
00:41:55le feu sur sa voiture.
00:41:56Lui réplique.
00:41:57Il a baissé sa vitre,
00:41:58il a posé son fusil
00:41:59à pompe sur la portière.
00:42:00Il tire en roulant.
00:42:02Les policiers
00:42:03crèvent les pneus
00:42:03de sa voiture.
00:42:04Il se réfugie
00:42:05derrière la glissière
00:42:06de sécurité en métal
00:42:07et là,
00:42:08il tire une balle
00:42:09dans la tête
00:42:09d'un policier.
00:42:10Une chevrotine.
00:42:11Le policier
00:42:12va s'en sortir
00:42:12miraculeusement.
00:42:14Là,
00:42:14il est à Houssen
00:42:15dans la soirée
00:42:16du 13 décembre.
00:42:17Il enlève
00:42:18et il viole
00:42:18à plusieurs reprises
00:42:19une femme.
00:42:21Elle le supplie
00:42:22de la laisser en vie.
00:42:23Il va la libérer.
00:42:24En fin de journée,
00:42:27il est remonté
00:42:27jusqu'à Aubernay,
00:42:28ici.
00:42:29Les gendarmes l'attendent.
00:42:30Il y a des barrages
00:42:30sur les routes.
00:42:31Il force un barrage.
00:42:33Remitraillage.
00:42:34On retrouve sa voiture
00:42:35criblée de balles.
00:42:36Il l'a cachée
00:42:37sous des branchages.
00:42:38C'est le forestier.
00:42:39Il est retourné
00:42:39là où il sait
00:42:40qu'il peut trouver un abri.
00:42:41Là où il est à l'aise.
00:42:43Au fond du bois.
00:42:43Au fond du bois.
00:42:45Et là,
00:42:45c'est la traque qui commence.
00:42:46Les gendarmes ont sorti
00:42:47l'hélicoptère,
00:42:48les motos tout terrain
00:42:49et au moment
00:42:50où il est arrêté,
00:42:51il va pour épauler son fusil.
00:42:53Là, les gendarmes
00:42:53lâchent un chien d'attaque
00:42:54qu'il neutralise.
00:42:55C'est la fin de la cabale.
00:43:10On a là un homme
00:43:11qui vient d'agresser
00:43:13des policiers
00:43:14avec une immense violence.
00:43:16Un homme qui vient
00:43:16de voler,
00:43:17d'attaquer
00:43:18à main armée.
00:43:20Un homme aussi
00:43:20qui vient de violer
00:43:21une femme.
00:43:22Est-ce que lorsque
00:43:23vous le voyez,
00:43:24vous sentez chez lui
00:43:25une composante
00:43:26sexuelle forte ?
00:43:28Non.
00:43:29Ça n'apparaît
00:43:29absolument pas.
00:43:31Il fait état
00:43:32de mariage.
00:43:33Il a eu deux enfants
00:43:34de la première femme.
00:43:36Une petite fille
00:43:37de la seconde.
00:43:39Il n'aimait
00:43:40aucune préoccupation
00:43:41dans la série érotique.
00:43:44Cet homme donc
00:43:45avait été considéré
00:43:46comme un malade mental.
00:43:48Il était en fauteuil roulant,
00:43:49cloué dans un hôpital.
00:43:50Et puis il a commis
00:43:51les crimes
00:43:52qu'on vient de raconter.
00:43:56Il est fou ?
00:43:56Il n'est pas fou ?
00:43:58Eh bien,
00:43:59nous l'examinons
00:44:00et on ne trouve pas
00:44:00de signe évident
00:44:01de folie.
00:44:02Il n'est pas confus,
00:44:03il n'est pas dissocié,
00:44:04il n'est pas délirant,
00:44:05il n'est pas halluciné.
00:44:07On se trouve devant
00:44:08un monsieur
00:44:08qui a un destin
00:44:09un petit peu particulier,
00:44:11oscillant entre
00:44:12l'asile et la prison.
00:44:14Et on pense
00:44:15personnellement
00:44:16à des équilibres
00:44:17d'équilibre mental.
00:44:18De quelle nature ?
00:44:19D'une nature
00:44:20répondant
00:44:22à ce que nous appelons
00:44:23une conduite psychopathique.
00:44:25C'est-à-dire
00:44:25qui vit avec avidité
00:44:26dans l'instant,
00:44:28sans trop s'occuper
00:44:29des conséquences
00:44:31de ses actes.
00:44:33Il est dans
00:44:33l'instabilité,
00:44:34l'impulsivité
00:44:35et donc
00:44:37il commet
00:44:38d'une manière
00:44:40constante
00:44:41une série
00:44:41d'actes
00:44:42répréhensibles.
00:44:44Alors où est
00:44:44la part de maladie
00:44:45là-dedans ?
00:44:46Alors la part de maladie
00:44:47c'est lorsqu'il est pris,
00:44:48qu'il se sent sidéré,
00:44:50eh bien il plonge
00:44:51dans un univers factice
00:44:53qui est fait
00:44:55justement
00:44:55de pseudo-hallucinations,
00:44:58de pseudo-délires,
00:44:59de confusions.
00:45:01Il va jusqu'à
00:45:02manger ses excréments
00:45:04il est en face
00:45:06de catatonie
00:45:07au point que
00:45:07certains pensent
00:45:08que c'est un schizophrène.
00:45:11Bref,
00:45:12il arrive
00:45:13à donner le change
00:45:14même à des
00:45:15médecins avertis.
00:45:17Alors la question
00:45:18qui vous est posée,
00:45:19c'est toujours la même,
00:45:20est-ce que cet homme
00:45:21est accessible
00:45:21à une sanction pénale ?
00:45:23C'est-à-dire
00:45:23est-ce qu'on peut le juger
00:45:24ou est-ce qu'on doit
00:45:25l'envoyer vers
00:45:26l'hôpital psychiatrique ?
00:45:27Tel que nous le voyons
00:45:28à cette époque,
00:45:30eh bien il ne présente
00:45:31pas d'anomalie mentale
00:45:33de nature
00:45:34à influer
00:45:34sur sa responsabilité.
00:45:36Certes,
00:45:36il a un comportement
00:45:37dangereux
00:45:38mais surtout
00:45:38au sens criminologique
00:45:40du terme
00:45:41et pour nous
00:45:42il est accessible
00:45:42à une sanction pénale.
00:45:4315 mars 94,
00:45:52l'auteur de la cavale
00:45:53infernale de 92
00:45:54passe donc
00:45:55en cours d'assises
00:45:56à Colmar.
00:45:58On lit
00:45:59une succession
00:46:01de faits étonnants.
00:46:02Voilà,
00:46:03c'était presque Belmondo.
00:46:05Il avait sauté
00:46:05d'une fenêtre,
00:46:07il avait
00:46:08sauté dans des voitures,
00:46:11escaladé des rambardes,
00:46:12etc.,
00:46:13et tout à coup
00:46:14l'entrée dans le box
00:46:15parce que c'est presque
00:46:16le théâtre
00:46:17à la cour d'assises
00:46:17pour ça.
00:46:18D'un seul coup
00:46:18il y a une porte
00:46:19qui s'ouvre
00:46:19et là au lieu
00:46:20de voir
00:46:21un Belmondo
00:46:22on voit
00:46:23un monsieur
00:46:25un peu ventripotent
00:46:26qui arrive
00:46:27et il marche
00:46:28avec une démarche
00:46:30de crabe
00:46:30tout tremblant.
00:46:32ça a été cocasse aussi
00:47:02parce qu'il avait
00:47:04des réponses
00:47:04qui n'avaient
00:47:05aucune relation
00:47:07avec les questions
00:47:08qu'on lui posait
00:47:08il disait
00:47:10qu'il voulait rentrer
00:47:10dans sa chambre
00:47:11il faisait beaucoup rire
00:47:13avec sa mobilette
00:47:14il faisait un blocage
00:47:15sur une mobilette
00:47:15qu'on lui avait volée
00:47:16semble-t-il
00:47:17donc même
00:47:18quand on lui posait
00:47:19des questions graves
00:47:20il répondait
00:47:22sur sa mobilette.
00:47:24Cocasse ?
00:47:26Sans doute pas.
00:47:27À la barre
00:47:30Pierre Baudin
00:47:31est décrit
00:47:31comme un homme
00:47:32extrêmement dangereux
00:47:34violent
00:47:36un homme capable
00:47:38de tirer
00:47:38sans hésiter
00:47:39sur quiconque
00:47:42y compris
00:47:44sur des policiers.
00:47:45Et alors
00:47:50à ce moment-là
00:47:51ça a été
00:47:53un défilé
00:47:53d'experts
00:47:54assez piteux
00:47:55qui disaient
00:47:56parce que
00:47:56encore une fois
00:47:57je n'avais pas été le seul
00:47:57oui il était fou
00:47:59quand je l'ai vu
00:48:00mais il était plus fou
00:48:01après
00:48:01parce que
00:48:01ça colle pas à ça.
00:48:04Les troubles mentaux
00:48:05les troubles neurologiques
00:48:06ne sont pas
00:48:08tels des fleurs
00:48:09qui éclosent
00:48:09au printemps
00:48:10et se fanent
00:48:11à l'automne
00:48:11pour refleurir
00:48:12au printemps prochain.
00:48:13Ils sont présents
00:48:14où ils ne sont pas présents.
00:48:17Il y avait un détail
00:48:17qui avait marqué
00:48:18tout le monde
00:48:18dans l'arrêt de renvoi
00:48:19et dans ce qui avait été répété
00:48:22pendant l'audience
00:48:23c'est que
00:48:24à Erstein
00:48:25il avait mangé
00:48:26ses excréments.
00:48:28Et donc ça
00:48:28bien évidemment
00:48:28c'était
00:48:30un détail
00:48:31mais qui
00:48:32laissait à penser
00:48:33que vraiment
00:48:33il devait être fou.
00:48:34Mais en même temps
00:48:35il donnait tellement
00:48:36l'impression
00:48:37de simuler
00:48:38qu'on se disait
00:48:38rendez-vous compte
00:48:39il a poussé
00:48:39la simulation
00:48:40jusqu'à ce détail
00:48:43sordide
00:48:45et difficilement
00:48:46imaginable.
00:48:48En tout cas
00:48:49si Pierre Baudin
00:48:50avait joué la folie
00:48:51pour éviter la prison
00:48:52ça n'a pas marché.
00:48:54Le verdict est très sévère
00:48:5630 ans de réclusion.
00:48:58Pierre Ollefou
00:48:59se pourvoie immédiatement
00:49:00en cassation.
00:49:02Grâce à un détail
00:49:02de procédure
00:49:03il parvient à faire
00:49:04annuler le verdict.
00:49:06Deux ans plus tard
00:49:07Baudin est donc
00:49:08rejugé
00:49:09par la cour d'assises
00:49:10de Strasbourg.
00:49:14Et alors
00:49:15à ce moment-là
00:49:15Pierre Baudin
00:49:17tout le monde
00:49:18est d'accord
00:49:18est transformé.
00:49:20Pierre Baudin
00:49:21à l'œil vif
00:49:22regarde
00:49:24ce qui ne s'était
00:49:25pas du tout passé
00:49:25lors du procès
00:49:26de 1994
00:49:27tous les experts
00:49:28et tous les témoins.
00:49:33Je le vois encore
00:49:34rentrer
00:49:34il a regardé
00:49:35ici ou là
00:49:36comme s'il prenait
00:49:37la mesure
00:49:37de ce qui se passait
00:49:39dans cette salle
00:49:39d'audience
00:49:39il a salué
00:49:40l'assistance
00:49:41une politesse
00:49:44étonnante
00:49:45et ensuite
00:49:46il s'est adressé
00:49:47à la caméra
00:49:48pour dire
00:49:49je ne suis pas
00:49:49Pierre Ollefou
00:49:50c'est-à-dire
00:49:50que tout de suite
00:49:52on a compris
00:49:52qu'il allait être
00:49:53son système
00:49:53de défense
00:49:54c'est-à-dire
00:49:55ce n'était plus
00:49:55Pierre Ollefou
00:49:56c'était Pierre Baudin
00:49:57C'était la preuve
00:50:14que Colmar
00:50:15c'était une simulation
00:50:17et que
00:50:18c'était quelqu'un
00:50:19qui était capable
00:50:20de parler des faits
00:50:21qu'on lui reprochait
00:50:22et qui était capable
00:50:23d'argumenter
00:50:24alors
00:50:29Pierre Ollefou
00:50:30un simulateur
00:50:31comment expliquer
00:50:33autrement
00:50:33ses volte-face
00:50:34et ses multiples visages
00:50:36en 35 ans
00:50:38de délinquance
00:50:39il n'a cessé
00:50:40d'alterner
00:50:40période de folie
00:50:41et période
00:50:42de lucidité
00:50:43état végétatif
00:50:44et braquage
00:50:46à main armée
00:50:46en 1996
00:50:49Pierre Baudin
00:50:51opte cette fois
00:50:52pour la contrition
00:50:53il s'excuse
00:50:55il se justifie
00:50:57mais son nouveau visage
00:51:16n'a pas l'effet escompté
00:51:17de 30 ans
00:51:19sa peine est ramenée
00:51:21à 28
00:51:22il a pris 28 ans
00:51:24j'avais fait le calcul
00:51:25si mes souvenirs sont bons
00:51:26je crois que je dis
00:51:26dans les commentaires
00:51:27on n'aurait plus
00:51:29entendu parler de lui
00:51:30avant 2012
00:51:31et force est de constater
00:51:33que
00:51:33c'était pas
00:51:35un bon pressentiment
00:51:37alors effectivement
00:51:39Dominique
00:51:40Pierre Baudin
00:51:41ne va pas rester en prison
00:51:42jusqu'en 2012
00:51:43puisque
00:51:43en 2004
00:51:44il est le suspect
00:51:45numéro 1
00:51:46dans l'affaire
00:51:47des meurtres
00:51:48de Julie
00:51:49Jeanne-Marie
00:51:50et Edwige
00:51:51comment ça se fait ça ?
00:51:52Christophe
00:51:52on est au début
00:51:53des années 90
00:51:54Baudin
00:51:55est en détention préventive
00:51:571994
00:51:58il est jugé
00:51:59pour une série
00:52:00de hold-up
00:52:01qu'il a commis
00:52:01en 88-89
00:52:0216 hold-up
00:52:0394
00:52:05il est condamné
00:52:06à 19 ans de prison
00:52:07la même année 94
00:52:11il est condamné
00:52:12pour un autre hold-up
00:52:13qu'il a commis
00:52:14en 89
00:52:14deux blessés graves
00:52:16dont un policier
00:52:17là
00:52:18Baudin
00:52:18prend 15 ans
00:52:191996
00:52:24Baudin
00:52:26comparé à nouveau
00:52:27devant les assises
00:52:28pour la cavale
00:52:29dont on a parlé
00:52:30tout à l'heure
00:52:31pour les crimes
00:52:33et délits
00:52:33commis
00:52:33pendant cette cavale
00:52:34de 72 heures
00:52:35pour l'ensemble
00:52:36de son oeuvre
00:52:37pendant ces 72 heures
00:52:3828 ans de prison
00:52:40ça fait
00:52:4262
00:52:4362 c'est une peine
00:52:46théorique
00:52:47parce qu'en France
00:52:48on ne cumule pas
00:52:49les peines de prison
00:52:50on les confond
00:52:51on les confond
00:52:52donc la confusion
00:52:53des peines
00:52:54fait que
00:52:54on applique
00:52:55la peine la plus élevée
00:52:5628 ans
00:52:5728 ans de prison
00:52:59là dessus
00:53:00l'avocat de Baudin
00:53:02procédurier
00:53:03va trouver une faille
00:53:05dans la procédure pénale
00:53:06qui a conduit
00:53:07à la condamnation
00:53:08à 28 ans
00:53:09la cour de cassation
00:53:10confirme
00:53:10les 28 ans
00:53:13deviennent
00:53:1320 ans
00:53:14remises des peines
00:53:16comme tous les prisonniers
00:53:18Baudin
00:53:19qui est un prisonnier
00:53:20qui se comporte bien
00:53:21à droit des remises de peines
00:53:22tous les ans
00:53:24en moyenne
00:53:252 mois chaque année
00:53:26ça fait un total
00:53:27de 3 ans
00:53:27sur 20 ans
00:53:2820 ans
00:53:29deviennent
00:53:3017 ans
00:53:31là dessus
00:53:34grâce présidentielle
00:53:35les grâces présidentielles
00:53:37c'est
00:53:37plusieurs mois
00:53:38chaque année
00:53:39le 14 juillet
00:53:40le 14 juillet
00:53:41donc pour Baudin
00:53:42ça va faire
00:53:43environ 3 ans
00:53:45les 17 ans
00:53:46deviennent
00:53:4614 ans
00:53:4814 ans
00:53:50normalement
00:53:51Baudin
00:53:51sort de prison
00:53:52en janvier 2005
00:53:53et là
00:53:54et bien
00:53:55il a
00:53:56une liberté conditionnelle
00:53:57parce qu'il s'est tellement
00:53:58bien tenu en prison
00:53:58qu'on lui relève
00:53:59encore 8 mois
00:54:00il sort de prison
00:54:02il a fait
00:54:0213 ans
00:54:04on est en mars
00:54:052004
00:54:0662 ans
00:54:08sont devenus
00:54:0913 ans de prison
00:54:10effectifs
00:54:11retour en 2004
00:54:14les gendarmes
00:54:16cherchent toujours
00:54:16le corps de Julie
00:54:17le 3 juillet
00:54:19près du village
00:54:19de Notalten
00:54:20un viticulteur
00:54:22découvre un cadavre
00:54:23dans un petit ruisseau
00:54:24qui longe les vignes
00:54:25selon toute ressemblance
00:54:27il s'agit du corps
00:54:28de Julie
00:54:29les éléments
00:54:30qui me permettent
00:54:31de le dire
00:54:32sont les effets
00:54:33vestimentaires
00:54:34qui ont pu être
00:54:35trouvés
00:54:35sur les dieux
00:54:36et dont elle était
00:54:38vêtue
00:54:38notamment
00:54:39son jogging
00:54:44son t-shirt
00:54:45ses chaussures
00:54:47sa casquette
00:54:48sa montre
00:54:49la police scientifique
00:54:55est sur place
00:54:55sur le corps de Julie
00:54:57on retrouve les mêmes
00:54:58terribles blessures
00:54:59que chez Jeanne-Marie
00:55:00en ce qui concerne
00:55:04les lieux de découverte
00:55:05les circonstances
00:55:07ou les scènes de crime
00:55:08et les mutilations
00:55:10dont elles ont été victimes
00:55:12toutes les deux
00:55:12il paraît assez vite
00:55:14que la main
00:55:15qui tient le couteau
00:55:16est la même
00:55:16dans le cas de Jeanne-Marie
00:55:17et dans le cas de Julie
00:55:18la même main aussi
00:55:20sans doute
00:55:21qui a tué
00:55:21Edwige Vallée
00:55:22la jeune femme
00:55:23de 38 ans
00:55:24dont le corps
00:55:24retrouvé dans l'eau
00:55:25portait les mêmes
00:55:26mutilations barbares
00:55:28au niveau du sexe
00:55:30très vite
00:55:30beaucoup de journalistes
00:55:31vont prendre une carte
00:55:32et vont voir
00:55:34Bourgheim
00:55:36au milieu
00:55:36Valve d'un côté
00:55:38qui est à 15 km
00:55:39et Notalton
00:55:41qui est à 15 km également
00:55:42Valve où l'on a retrouvé
00:55:45le corps de Jeanne-Marie
00:55:46et Notalton
00:55:47où l'on a repêché
00:55:48celui de Julie
00:55:49et même l'endroit
00:55:52où Edwige Vallée
00:55:53a été découvert
00:55:54n'est pas très loin
00:55:55de Bourgheim
00:55:56donc on a une espèce
00:55:57de zone géographique
00:55:58tout autour
00:55:59de Bourgheim
00:56:01là où résidait
00:56:02Pierre Lefou
00:56:03les coïncidences
00:56:05s'accumulent
00:56:06désormais
00:56:07les enquêteurs
00:56:07croient à l'hypothèse
00:56:08d'un seul tueur
00:56:09pour les trois crimes
00:56:11un tueur
00:56:12qui s'appellerait
00:56:13Pierre Baudin
00:56:14pour Julie
00:56:16les traces de sang
00:56:17ont parlé
00:56:17mais pour Jeanne-Marie
00:56:18et Edwige
00:56:19il faut des preuves
00:56:20de l'éventuelle
00:56:20implication de Pierre
00:56:21Lefou
00:56:22interrogés
00:56:24certains proches
00:56:25de Baudin
00:56:25se souviennent
00:56:26d'un étrange accident
00:56:28le soir de la disparition
00:56:30de Jeanne-Marie
00:56:31le 19 au matin
00:56:32la voiture était en panne
00:56:33et quand j'arrive
00:56:34auprès du véhicule
00:56:35j'ai vu un clignotant
00:56:36cassé
00:56:36une trace noire
00:56:37sur le bas de caisse
00:56:38et d'après moi
00:56:41j'ai bien d'après moi
00:56:43du sang sur le toit
00:56:44et le temps
00:56:47que je viens ici
00:56:47et que je retourne
00:56:48à la voiture
00:56:48avec le booster
00:56:49pour la redémarrer
00:56:49la trace de sang
00:56:53était relevée
00:56:53sur la voiture
00:56:54les gendarmes
00:57:01ils ont examiné
00:57:02les relevés
00:57:03les appels téléphoniques
00:57:04de Baudin
00:57:04et son portable
00:57:06aurait été
00:57:07détecté
00:57:09dans la zone
00:57:10de Rhinos
00:57:10le jour
00:57:11de la disparition
00:57:13de Jeanne-Marie
00:57:13donc il était dans le coin
00:57:15Rhinos
00:57:17le village
00:57:18de Jeanne-Marie
00:57:19l'endroit
00:57:20où le clan
00:57:20des Vaniers
00:57:21a avoué
00:57:21puis ensuite
00:57:22nié
00:57:22avoir tué
00:57:23la fillette
00:57:24des Vaniers
00:57:25qui déclarent
00:57:26subitement
00:57:26face à la juge
00:57:27d'instruction
00:57:28se souvenir
00:57:29de la présence
00:57:29d'un autre homme
00:57:30ce jour-là
00:57:31je suis interrogé
00:57:35le mardi après-midi
00:57:36chez le juge
00:57:36d'instruction
00:57:36avec
00:57:37je lui ai dit
00:57:39mais est-ce que
00:57:40t'as pas oublié
00:57:40quelqu'un
00:57:40il va me dire
00:57:41un temps d'éditation
00:57:43Pierre Baudin
00:57:44tout de suite
00:57:44Pierre Baudin
00:57:45le problème
00:57:46c'est qu'entre temps
00:57:47le visage
00:57:48soigneusement
00:57:48camouflé de Pierre Baudin
00:57:50a été dévoilé
00:57:51au grand public
00:57:52le journal régional
00:57:53de France 3
00:57:54a diffusé
00:57:55une photo
00:57:56de Pierre Baudin
00:57:57on continue de nier
00:57:57Arnora
00:57:58voilà trois cadavres
00:58:00en deux semaines
00:58:01retrouvés dans des rivières
00:58:03non loin de Berghain
00:58:04où résidait
00:58:04Pierre Baudin
00:58:05on a donc une photo récente
00:58:07qui va être diffusée
00:58:08de mémoire
00:58:08le 5 juillet 2004
00:58:10et dès le 7
00:58:11premier inter-interrogatoire
00:58:13qui suive
00:58:14l'un va nous dire
00:58:16il y avait quelqu'un d'autre
00:58:17il y avait Pierre Baudin
00:58:19qu'on appelle Pierrot
00:58:21bien entendu
00:58:21son surnom
00:58:22c'est Pierrot le fou
00:58:23d'ailleurs
00:58:24je vais le reconnaître
00:58:24sur photo
00:58:25et il va pointer du doigt
00:58:27bien entendu
00:58:27la photo
00:58:28qui a été diffusée
00:58:28sur FR3
00:58:29la veille
00:58:30la question qui se pose
00:58:34c'est est-ce qu'ils reconnaissent
00:58:34Pierre Baudin
00:58:35parce qu'ils l'ont vu
00:58:35sur les médias
00:58:36ou est-ce qu'on reconnaît
00:58:37Pierre Baudin
00:58:37parce qu'ils l'ont vraiment vu
00:58:38et ça
00:58:39ça pose véritablement
00:58:40un problème
00:58:40et c'est le problème
00:58:42du respect du secret
00:58:43de l'instruction
00:58:43dans un dossier
00:58:44pendant ce temps là
00:58:47les gendarmes ont exploré
00:58:49la voiture de Pierre Baudin
00:58:50et fouillé sa caravane
00:58:51de fond en comble
00:58:52dans la plus grande discrétion
00:58:54c'est à nouveau
00:59:00l'ADN qui va parler
00:59:01et on va donc trouver
00:59:03des traces de sang
00:59:05de Jeanne-Marie
00:59:06dans la voiture
00:59:07de Pierre Baudin
00:59:08et du coup
00:59:09le lien est fait
00:59:10entre Pierre Baudin
00:59:11et Jeanne-Marie
00:59:13tout comme
00:59:14il avait été fait
00:59:15par l'ADN
00:59:16avant
00:59:16entre Pierre Baudin
00:59:18et la disparition
00:59:19de Julie
00:59:19le 21 juillet 2004
00:59:26Pierre Baudin
00:59:27est donc mis en examen
00:59:28pour la deuxième fois
00:59:29pour le viol
00:59:30et l'assassinat
00:59:30de Jeanne-Marie
00:59:31et quelques mois plus tard
00:59:32on retrouve
00:59:33dans la voiture
00:59:34de Pierre Baudin
00:59:35le lien qui manquait
00:59:36pour l'impliquer
00:59:37dans le troisième assassinat
00:59:38celui d'Edwige Vallée
00:59:40on retrouve un élément pileux
00:59:41un cheveu
00:59:42ou un poil
00:59:42de la jeune femme
00:59:43dans la voiture
00:59:44de Pierre Olfou
00:59:45à partir de ce moment là
00:59:47il n'y a plus trois affaires
00:59:48mais une seule
00:59:49avec tout de même
00:59:50une grande interrogation
00:59:51comment un braqueur
00:59:52multi-récidiviste
00:59:53certes pas très équilibré
00:59:55peut-il être soupçonné
00:59:56de trois meurtres
00:59:58à caractère sexuel
00:59:59poursuivi pour les trois assassinats
01:00:04Pierre Baudin
01:00:05continue de tout nier
01:00:06pour soutenir sa défense
01:00:09il fait même appel
01:00:09à l'avocat
01:00:10qui le suit
01:00:11depuis plus de dix ans
01:00:12et qui lorsqu'il a appris
01:00:13son interpellation
01:00:14en juillet 2004
01:00:15n'a pas voulu y croire
01:00:17je me souviens très bien
01:00:18je croisais ce matin là
01:00:20le procureur de Saverne
01:00:22qui me disait
01:00:22c'est Baudin
01:00:23c'est Baudin
01:00:23j'ai dit
01:00:24c'est Baudin quoi
01:00:25il me dit
01:00:26on a arrêté Pierre Baudin
01:00:27alors j'avoue
01:00:29que j'étais effectivement
01:00:30très surpris
01:00:31moi je m'entendais
01:00:32à ce que tôt ou tard
01:00:33on repart peut-être
01:00:34de lui dans un braquage
01:00:35ça c'était peut-être
01:00:36quelque chose de concevable
01:00:37mais pas le profil
01:00:39d'un délinquant sexuel
01:00:40pas le profil
01:00:41d'un meurtrier
01:00:41il n'a jamais été condamné
01:00:42ni pour
01:00:43ni pour des faits
01:00:45de violence sexuelle
01:00:46surtout pas sur des mineurs
01:00:48ni pour avoir tué
01:00:52qui que ce soit
01:00:53il n'a jamais
01:00:53jamais tué
01:00:54voilà donc la justice
01:00:58avec un accusé
01:01:00qui n'a pas
01:01:00a priori
01:01:01le profil
01:01:02car même si Pierre Olfou
01:01:04a déjà été condamné
01:01:05pour un viol en 92
01:01:06lors de sa cavale
01:01:07cette unique condamnation
01:01:09pour crime sexuel
01:01:10a parfois été sujette
01:01:11à caution
01:01:12c'est une histoire
01:01:14qui reste assez obscure
01:01:15parce que
01:01:16d'après les expertises
01:01:18que j'ai pu voir
01:01:18il avait été blessé
01:01:19peu de temps
01:01:20auparavant
01:01:21par une blessure par balle
01:01:22au niveau de l'un de ses testicules
01:01:24et
01:01:26disons que ce viol
01:01:28n'a vraiment
01:01:29intrigué personne
01:01:30mais si Pierre Baudin
01:01:34n'est pas étiqueté
01:01:35délinquant sexuel
01:01:36certains de ses penchants
01:01:38pervers
01:01:38étaient visiblement connus
01:01:40donc j'ai rencontré
01:01:40son co-détenu
01:01:41depuis que
01:01:43sa propre fille
01:01:45la propre fille
01:01:46de ce co-détenu
01:01:46a 9 ans
01:01:47Baudin lui écrit
01:01:48des lettres d'amour
01:01:49il écrit des lettres d'amour
01:01:51à une petite fille
01:01:51qu'à 9-10 ans
01:01:52déjà
01:01:52on savait
01:02:01qu'il s'intéressait
01:02:02de jeunes filles
01:02:03et ci et ça
01:02:03il disait
01:02:04moi je veux une jeune
01:02:05pucelle
01:02:07comme il disait
01:02:07une jeune pucelle
01:02:08pour
01:02:08pour faire ma vie
01:02:10alors bon
01:02:11je veux dire
01:02:12une jeune pucelle
01:02:12ça peut être
01:02:13une fille de 20 ans
01:02:14aussi
01:02:14voilà
01:02:15et bon
01:02:16on ne pensait pas
01:02:17ça prendrait
01:02:18des gamines de 14 ans
01:02:19on sait que ces éléments
01:02:21n'ont pas suffisamment
01:02:22alerté
01:02:23pour que l'on puisse
01:02:24mettre en place
01:02:24un suivi psychiatrique
01:02:26chacun devra en répondre
01:02:29au minimum
01:02:30devant sa conscience
01:02:31là encore
01:02:31on se heurte
01:02:32à un vrai problème
01:02:32de moyens
01:02:33qui sont ceux
01:02:34du juge d'application
01:02:34des peines
01:02:35et qui sont ceux
01:02:35en amont
01:02:36de l'administration pénitentiaire
01:02:37dont la mission première
01:02:38est de garder
01:02:39et pas de traiter
01:02:41donc
01:02:47Pierre Baudin
01:02:48est arrêté
01:02:49alors quand on regarde
01:02:50le casier judiciaire
01:02:52certes épais
01:02:53de Pierre Baudin
01:02:54on trouve surtout
01:02:54beaucoup de braquages
01:02:55beaucoup de vols
01:02:56c'est un bandit
01:02:57de grand chemin
01:02:57mais franchement
01:02:59c'est pas un délinquant sexuel
01:03:00alors je voudrais
01:03:01nuancer vos propos
01:03:02je voudrais dire
01:03:03que lorsque Baudin
01:03:03a 25 ans à peu près
01:03:04il passe en correctionnel
01:03:06pour des CBV
01:03:07des CBV
01:03:08ce sont des coups
01:03:08des blessures volontaires
01:03:09sur la personne
01:03:11d'une jeune femme
01:03:12et lorsque
01:03:13on va consulter
01:03:14les archives
01:03:15qui sont au dossier judiciaire
01:03:17on réalise
01:03:17que ces coups
01:03:18et blessures
01:03:19avaient en réalité
01:03:20une coloration sexuelle
01:03:22à savoir que Pierre Baudin
01:03:24a cherché
01:03:25à caresser
01:03:27très activement
01:03:28cette jeune femme
01:03:29je passe bien entendu
01:03:30les détails
01:03:30par pudeur
01:03:32mais il n'a pas été condamné
01:03:33pour ça
01:03:33non parce qu'à l'époque
01:03:34voyez-vous
01:03:34ça se passait
01:03:35ce que je relate
01:03:36se passait
01:03:36il y a 25 ou 30 ans
01:03:37et à l'époque
01:03:38les infractions sexuelles
01:03:40elles n'étaient pas réprimées
01:03:41avec la même vigueur
01:03:43la même intensité
01:03:44que de nos jours
01:03:45et à l'époque
01:03:46j'ai connu ça
01:03:47comme jeune avocat
01:03:48des agressions sexuelles
01:03:50et bien
01:03:50étaient appelées
01:03:51des coups et blessures
01:03:52maintenant
01:03:54depuis quelques années
01:03:55les infractions sexuelles
01:03:57étant réprimées
01:03:58comme elles doivent l'être
01:04:00cette situation
01:04:00bien entendu
01:04:01ne pourrait plus exister
01:04:02deuxième chose
01:04:03c'est que
01:04:04pendant son évasion
01:04:05qui se situe
01:04:07fin 1992
01:04:08et alors que
01:04:09Pierre Bedin
01:04:10collectionne
01:04:11en peu de temps
01:04:12à peu près
01:04:1220 crimes et délits
01:04:13et bien parmi ces crimes et délits
01:04:15il est un viol
01:04:16sur la personne
01:04:17d'une dame
01:04:18et il a été condamné
01:04:19pour ce viol
01:04:21par la colonne
01:04:21et il a été condamné
01:04:22il existait donc un passé
01:04:25de délinquant sexuel
01:04:26mais alors
01:04:27qui n'a pas du tout
01:04:28été pris en charge
01:04:28c'est-à-dire que ça n'a alerté
01:04:29personne manifestement
01:04:30c'est exact
01:04:31c'est passé inaperçu
01:04:33au profit de son personnage
01:04:36de braqueur
01:04:38de violent
01:04:38de rusto
01:04:40mais c'est vrai que
01:04:41cette dimension sexuelle
01:04:42a été quelque peu
01:04:43oubliée
01:04:44si je peux dire ça comme ça
01:04:46en prison
01:04:46je crois qu'il écrivait
01:04:47des lettres
01:04:48à une petite fille
01:04:49et il écrivait
01:04:51à cet enfant
01:04:52des lettres
01:04:53ayant un caractère
01:04:54libidinotique
01:04:56libidineux
01:04:57érotique
01:04:58voire pornographique
01:04:59mais enfin
01:05:00je m'étonne
01:05:01du fait que
01:05:02cette correspondance
01:05:03tout à fait
01:05:04malsaine
01:05:05ait pu
01:05:06semble-t-il
01:05:07échapper
01:05:08à la vigilance
01:05:08de l'autorité
01:05:09de la prison
01:05:11de l'administration
01:05:11pénitentiaire
01:05:12parce que
01:05:13me semble-t-il
01:05:14il eût été bon
01:05:15de mettre le rôle là
01:05:16et de se poser
01:05:17des questions
01:05:18et bien
01:05:18quant à la psychologie
01:05:19de Bedin
01:05:21au regard
01:05:21de cette correspondance
01:05:22tout à fait inquiétante
01:05:23est-ce qu'à votre connaissance
01:05:25en prison
01:05:26il a eu
01:05:28un suivi
01:05:29psychiatrique
01:05:31alors général
01:05:32parce que
01:05:32qu'il soit
01:05:34ou qu'il ne soit pas
01:05:35un assassin d'enfant
01:05:36qu'il soit
01:05:37ou ne soit pas
01:05:37un pervers sexuel
01:05:38en tout cas
01:05:38c'est un homme
01:05:39extrêmement fragile
01:05:41sur le plan psychologique
01:05:41et psychiatrique
01:05:42il a en effet
01:05:43à ma connaissance
01:05:44été suivi
01:05:45par le psychiatre
01:05:47de l'établissement
01:05:47carcéral
01:05:48mais vous savez
01:05:49comme moi
01:05:50que les prisons
01:05:51sont souvent
01:05:52indigentes
01:05:53quant aux moyens
01:05:54mis à disposition
01:05:55des détenus
01:05:56c'est d'ailleurs
01:05:56assez honteux
01:05:57pour notre justice
01:05:58française
01:05:59et je pense
01:06:00que l'assistance
01:06:02psychologique
01:06:03et psychiatrique
01:06:03a été largement
01:06:05insuffisante
01:06:06notamment
01:06:07je dis bien
01:06:07notamment
01:06:08dans le cas
01:06:08de Pierre Baudin
01:06:09la mise en examen
01:06:14de Pierre Baudin
01:06:15dans les trois meurtres
01:06:16soulève une vive émotion
01:06:18dans la région
01:06:19les familles des victimes
01:06:21et les habitants
01:06:21de la vallée
01:06:22sont sous le choc
01:06:23ulcérés
01:06:24en colère
01:06:26j'ai croisé
01:06:27énormément de gens
01:06:28qui m'ont dit
01:06:29c'est dégueulasse
01:06:30qu'est-ce qu'il fout dehors
01:06:31ce salaud
01:06:32et
01:06:33il y avait une incompréhension
01:06:35du système
01:06:36judiciaire
01:06:37rien que
01:06:38de savoir
01:06:39que c'était un récidiviste
01:06:40et bien
01:06:41vous savez
01:06:42ça
01:06:42vous avez
01:06:44la harnie
01:06:45on se dit
01:06:48que finalement
01:06:48tout le monde
01:06:49savait
01:06:50qu'il était dangereux
01:06:51mais bon
01:06:52ça gêne personne
01:06:52de le remettre dehors
01:06:53dans le village
01:06:56de Chirmek
01:06:57c'est la mobilisation
01:06:59les parents de Julie
01:07:00appellent à une marche silencieuse
01:07:02une pétition est lancée
01:07:04pour un durcissement
01:07:05de la loi
01:07:05sur l'exécution des peines
01:07:07dans la rue
01:07:08on ne parle plus
01:07:10que de ça
01:07:11il y a un dysfonctionnement
01:07:14de la justice
01:07:14et quant aux lois
01:07:16bah écoutez
01:07:16il n'y a pas
01:07:17le cumul des peines
01:07:18alors que vous
01:07:20assassinez
01:07:22une personne
01:07:23ou trois personnes
01:07:24on prend
01:07:26la peine la plus lourde
01:07:28c'est celle-là
01:07:28qui est exécutée
01:07:29ce n'est pas normal
01:07:30on continue
01:07:32à croire
01:07:33que tout le monde
01:07:34est réinsérable
01:07:35or moi je pense
01:07:36que c'est faux
01:07:37et il faut
01:07:38il faut arrêter
01:07:40de sacrifier
01:07:41des vies
01:07:42juste pour
01:07:43pour une idée
01:07:46que l'on se fait
01:07:48que tout le monde
01:07:49est réinsérable
01:07:49c'est faux
01:07:50tout le monde
01:07:50n'est pas réinsérable
01:07:51le 10 juillet
01:07:565000 personnes
01:07:58défilent à Colmar
01:07:59pour rendre hommage
01:08:00à Jeanne-Marie
01:08:01Edwige
01:08:02et Julie
01:08:03Vraiment un grand merci
01:08:13à tous
01:08:13d'être venus
01:08:14si nombreux
01:08:15un grand
01:08:17grand merci encore
01:08:18et bon retour
01:08:19si possible
01:08:20dans le calme
01:08:21et la sérénité
01:08:22en pensant
01:08:24à toutes les victimes
01:08:25et surtout
01:08:25à ma vie
01:08:26merci
01:08:27donc ça
01:08:34ça a été
01:08:35pas la vitrine
01:08:37parce qu'ils étaient sincères
01:08:39mais c'était la phase visible
01:08:40moi je suis allée à Chermec
01:08:43avant le départ de la manifestation
01:08:44j'ai parlé avec beaucoup de gens
01:08:47dans la manifestation
01:08:48à Colmar
01:08:48je vais vous dire concrètement
01:08:51ce qui s'est passé
01:08:52j'appelle ma rédaction
01:08:53je leur dis
01:08:54voilà
01:08:54j'ai fait
01:08:55une sorte de panel
01:08:57des gens que j'ai interviewé
01:08:59dans la vallée de Chermec
01:09:00il n'y a que des appels
01:09:01à la peine de mort
01:09:02elle me dit
01:09:04ah bah non
01:09:04c'est pas possible
01:09:05je dis
01:09:06bah si
01:09:06il n'y a que ça
01:09:08j'ai interviewé
01:09:09des jeunes
01:09:10des vieux
01:09:11des femmes
01:09:12des hommes
01:09:13tout
01:09:14un rôle sur la justice
01:09:18c'est le mot d'ordre
01:09:19ici
01:09:20personne ne parle
01:09:21de soigner
01:09:21les délinquants sexuels
01:09:22tout le monde pense
01:09:23à sa famille
01:09:23étrange
01:09:24pour des solutions extrêmes
01:09:25on a nous même
01:09:26des enfants
01:09:26petits enfants
01:09:27et puis bon
01:09:28c'est absolument inadmissible
01:09:29de lâcher des gens
01:09:30dans la nature
01:09:31comme ça
01:09:31après ce qu'ils ont fait
01:09:32donc la rétablissement
01:09:34de la peine de mort
01:09:34je trouve que ça serait
01:09:35un malin
01:09:35pour ce genre de personnes
01:09:36la peine
01:09:39la colère
01:09:40balaye toutes les tentatives
01:09:42d'explication
01:09:43au coeur des débats
01:09:45celui qui est montré
01:09:46du doigt
01:09:46c'est le juge
01:09:47d'application des peines
01:09:48monsieur Anne
01:09:49celui qui a accordé
01:09:50la libération conditionnelle
01:09:51à Pierre Baudin
01:09:53alors quand
01:09:54le juge Anne
01:09:55libère
01:09:57un personnage
01:09:59comme Baudin
01:10:00et bien
01:10:01il faut se dire
01:10:01que cet homme là
01:10:02il a la peine de mort
01:10:04entre les mains
01:10:04et il peut l'appliquer
01:10:06à n'importe quel détour
01:10:08d'un chemin
01:10:08vous vous rendez compte
01:10:10la responsabilité
01:10:11de cet homme
01:10:11le juge d'application
01:10:13des peines
01:10:14a appliqué
01:10:14a fait ce qu'il avait
01:10:17à faire
01:10:17il n'avait pas
01:10:19d'autre solution
01:10:19il n'a pas non plus
01:10:21la poudre
01:10:21de perlimpinpin
01:10:22pour permettre
01:10:24à des détenus
01:10:25de sortir
01:10:25et d'être
01:10:26tout beau
01:10:27tout neuf
01:10:27comme si rien
01:10:28ça ne s'était passé
01:10:29devant l'ampleur
01:10:31des réactions
01:10:31trois procureurs
01:10:33décident de se rendre
01:10:34en personne
01:10:35à Chirmek
01:10:35pour tenter
01:10:36d'apaiser
01:10:37les esprits
01:10:37le 4 novembre
01:10:40une réunion publique
01:10:41unique dans l'histoire judiciaire
01:10:43se tient dans la salle
01:10:44des fêtes du village
01:10:45les procureurs
01:10:48sont venus répondre
01:10:49aux questions des familles
01:10:50et à l'incompréhension
01:10:51des habitants
01:10:52de la région
01:10:53y a-t-il
01:10:55un texte de loi
01:10:57ou une loi
01:10:58qui oblige
01:10:58à un juge
01:10:59d'application des peines
01:11:00de remettre en liberté
01:11:01un meurtrier
01:11:02ou une personne
01:11:03que l'on sait dangereuse
01:11:04pour la société
01:11:05et la même question
01:11:06sera ensuite posée
01:11:07par la mère de Julie
01:11:08madame
01:11:09cherche
01:11:10on remet tous les jours
01:11:11en liberté
01:11:11des gens dangereux
01:11:13car les peines
01:11:15car les peines
01:11:16ont un terme
01:11:17car les peines
01:11:18ont une fin
01:11:19quand on nous dit
01:11:21qu'on relâche
01:11:21des gens dangereux
01:11:22tous les jours
01:11:23on ne peut pas être satisfait
01:11:25d'une telle réponse
01:11:26c'est que forcément
01:11:28il y a quelque chose
01:11:29qui ne va pas
01:11:29on sait qu'ils sont dangereux
01:11:31on sait qu'il y a un risque
01:11:32pour qu'ils recommencent
01:11:33mais on les remet
01:11:34tout de même dehors
01:11:35donc non
01:11:36je ne suis pas satisfait
01:11:37du tout
01:11:38des réponses
01:11:38qui ont été faites
01:11:51Jean-Marie Huet
01:11:54il y a donc
01:11:55trois procureurs
01:11:56de la république
01:11:57celui de Strasbourg
01:11:59celui de Colmar
01:11:59et celui de Saverne
01:12:00qui se rendent
01:12:02dans le village
01:12:02pour s'expliquer
01:12:04et en quelque sorte
01:12:05s'excuser
01:12:05vous trouvez que c'était
01:12:06indispensable ?
01:12:08je pense que désormais
01:12:08c'est indispensable
01:12:09qu'il y ait une transparence
01:12:10qu'il y ait
01:12:11non pas une justification
01:12:12mais une explication
01:12:14fortiori
01:12:14en direction des familles
01:12:15des victimes
01:12:16et la justice
01:12:16vous le voyez bien
01:12:17est de plus en plus
01:12:18dans cette stratégie
01:12:19d'explication
01:12:20et de communication
01:12:21qu'est-ce qu'on peut dire
01:12:22pour expliquer
01:12:23qu'un homme
01:12:25qu'on a laissé sortir
01:12:26de prison
01:12:26vient de tuer
01:12:27deux gamines
01:12:28et une femme ?
01:12:29mais je crois
01:12:30qu'ils ont eu
01:12:30beaucoup de courage
01:12:31effectivement
01:12:31à expliquer
01:12:32quel était l'état
01:12:33de la procédure
01:12:34de la loi à l'époque
01:12:35et les limites
01:12:36de celle-ci
01:12:37sur le fait
01:12:38qu'il y a une sortie
01:12:39de peine
01:12:39et sur le fait
01:12:40que même si on essaie
01:12:42d'envisager la sortie
01:12:44avec notamment
01:12:44les libérations conditionnelles
01:12:46et bien celles-ci
01:12:47sont encadrées
01:12:48étaient encadrées
01:12:49en tout cas
01:12:49dans des limites
01:12:50qui étaient extrêmement
01:12:51ténues
01:12:52quelle est la règle
01:12:54pour laisser sortir
01:12:55un homme ?
01:12:56expliquez-nous ça
01:12:57un prisonnier
01:12:58condamné
01:12:59qui décide ?
01:13:01alors qui décide
01:13:02c'est le juge
01:13:02d'application des peines
01:13:03ou le tribunal
01:13:04de l'application des peines
01:13:05suivant l'importance
01:13:06de la peine
01:13:06qui a été prononcée
01:13:07soit aussi
01:13:08le seul de la peine
01:13:09qui reste à subir
01:13:10quels sont les critères
01:13:12qui font que
01:13:13un juge
01:13:15d'application des peines
01:13:15ou un tribunal
01:13:16d'application des peines
01:13:17décide
01:13:17qu'un détenu
01:13:18ne doit pas faire
01:13:20toute sa peine
01:13:20il y a toute une série
01:13:22de critères
01:13:22bien évidemment
01:13:23de justification
01:13:24de domicile
01:13:25de justification
01:13:25d'emploi
01:13:26et puis bien sûr
01:13:27ce diagnostic
01:13:28qui est fait
01:13:29par des experts psychiatres
01:13:30sur la dangerosité
01:13:31de la personne
01:13:33qui est détenue
01:13:33néanmoins
01:13:34néanmoins il arrive
01:13:35qu'on se trompe
01:13:37n'est-ce pas
01:13:37et qu'on laisse sortir
01:13:38un homme
01:13:39qui va récidiver
01:13:40encore plus gravement
01:13:41la justice est humaine
01:13:42elle est donc faillible
01:13:44ce qui est certain
01:13:45c'est qu'il faut
01:13:46sans cesse
01:13:47rechercher
01:13:48les moyens
01:13:48les plus efficaces
01:13:50pour limiter
01:13:51le type
01:13:54de drame
01:13:55que ces femmes
01:13:57ces familles
01:13:57ont connu
01:13:58et c'est donc
01:13:59de rechercher
01:14:00dans la dangerosité
01:14:01dans la détermination
01:14:03de ces dangerosités
01:14:03des pistes
01:14:04pour apprécier
01:14:05ceux qui peuvent
01:14:06ou ne peuvent pas sortir
01:14:07vous dites
01:14:07la justice est humaine
01:14:08donc elle est faillible
01:14:09ça veut dire
01:14:10qu'il faut
01:14:11que les français
01:14:12assument
01:14:13le risque
01:14:14qu'il y a
01:14:16qu'un homme récidive
01:14:17ça existera toujours
01:14:19ça existera toujours
01:14:21dans la mesure
01:14:21où il n'y a pas
01:14:23de peine perpétuelle
01:14:24qui a eu jusqu'au terme
01:14:25de l'exécution
01:14:26de la peine
01:14:26donc il y aura forcément
01:14:27ce qui est le cas
01:14:29dans la plupart
01:14:31des hypothèses
01:14:32de réduction
01:14:33de peine automatique
01:14:34dans des mécanismes
01:14:35qui sont en train
01:14:36d'être modifiés
01:14:37mais aussi
01:14:37et c'est extrêmement important
01:14:39la libération conditionnelle
01:14:40on le sait bien
01:14:41provoque moins
01:14:43de récidive
01:14:43que les sorties sèches
01:14:45la loi ne permettait
01:14:50donc pas
01:14:50et ne permettrait pas
01:14:52même aujourd'hui
01:14:52de garder Baudin
01:14:54en prison
01:14:54mais tandis que
01:14:55la polémique
01:14:56bat son plein
01:14:57sur la récidive
01:14:58et la libération conditionnelle
01:15:00l'instruction
01:15:01se poursuit
01:15:02des reconstitutions
01:15:06musclées
01:15:06et interminables
01:15:07ont lieu
01:15:08à l'automne 2005
01:15:09beaucoup de déploiements
01:15:10de force
01:15:11pour peu de résultats
01:15:13presque rien
01:15:18n'a filtré
01:15:18de derrière
01:15:19les bâches noires
01:15:20si ce n'est
01:15:20la confusion
01:15:21qui persiste
01:15:22dans ce dossier
01:15:23sur les 20 vaniers
01:15:25mis en examen
01:15:26une dizaine
01:15:27sont toujours
01:15:27derrière les barreaux
01:15:28les reconstitutions
01:15:30n'ont pas réussi
01:15:30à éclairer
01:15:31leur part de responsabilité
01:15:33mais les gendarmes
01:15:34ont trouvé
01:15:34un nouvel indice
01:15:36on aurait trouvé
01:15:38un élément capillaire
01:15:40de Jeanne-Marie
01:15:42sur une couette
01:15:43qu'on aurait trouvé
01:15:44à Artholsheim
01:15:45c'est l'élément
01:15:46qui a été déterminant
01:15:48sur
01:15:49l'éventuelle présence
01:15:51de Jeanne-Marie
01:15:53à Artholsheim
01:15:54c'était la présence
01:15:55d'un cheveu
01:15:55cet élément
01:15:56n'est pas suffisamment
01:15:57caractérisé
01:15:58pour que l'on puisse
01:15:58affirmer que cet enfant
01:15:59y était
01:16:00c'est trop imprécis
01:16:01bref
01:16:05on en sait guère
01:16:05plus qu'au début
01:16:06de l'enquête
01:16:07Pierre Baudin
01:16:08toujours camouflé
01:16:09n'a pas craqué
01:16:10lorsqu'il a été
01:16:11confronté
01:16:11au lieu
01:16:12et au témoignage
01:16:13il nie
01:16:14formellement
01:16:14connaître
01:16:15le clan
01:16:15d'Artholsheim
01:16:16des vaniers
01:16:17pourtant
01:16:18comme lui
01:16:19beaucoup de questions
01:16:23restent en suspens
01:16:24sur le scénario
01:16:25des crimes
01:16:26bien sûr
01:16:26mais aussi
01:16:27sur la personnalité
01:16:28de l'accusé
01:16:29Baudin
01:16:30peut-il être innocent
01:16:30est-il vraiment
01:16:31le monstre froid
01:16:32le prédateur d'enfants
01:16:33que certains ont décrit
01:16:34ou est-il simplement
01:16:35Pierrot
01:16:37le fou
01:16:38est-ce que
01:16:41Pierre Baudin
01:16:42est fou ou pas
01:16:43nous avons des expertises
01:16:45totalement contradictoires
01:16:46certains experts
01:16:47disant qu'il est
01:16:48tout à fait normal
01:16:49d'autres
01:16:51que c'était un simulateur
01:16:53et d'autres encore
01:16:53disant qu'il avait
01:16:54des épisodes
01:16:58véritablement
01:17:00psychotiques
01:17:01c'est-à-dire
01:17:01où il décompensait
01:17:02c'est-à-dire
01:17:03ce qu'on appelle
01:17:03le fou
01:17:04c'est-à-dire
01:17:04qu'il ne savait pas
01:17:05ou ne savait plus
01:17:06ce qu'il faisait
01:17:06le cas reste
01:17:07le cas reste une énigme
01:17:08mais en tout cas
01:17:10c'est pas
01:17:11le calculateur
01:17:13le manipulateur
01:17:14froid et raisonné
01:17:16qui sait dès le départ
01:17:18où il va
01:17:18il est envisageable
01:17:21que Pierre Baudin
01:17:22soit débordé
01:17:23par quelque chose
01:17:24de lui-même
01:17:24et il est aussi
01:17:27envisageable
01:17:28qu'il y ait quelque chose
01:17:30qui nous échappe
01:17:31pour toujours
01:17:32dans la personnalité
01:17:33de cet homme
01:17:34pas sûr
01:17:36que le procès
01:17:37apporte des réponses
01:17:38à toutes ces questions
01:17:39et lève le voile
01:17:41sur l'énigme Baudin
01:17:42pas sûr non plus
01:17:45qu'il suffise
01:17:45à apaiser la peine
01:17:47et la colère des familles
01:17:49sans illusion
01:17:50j'attends le procès
01:17:52j'espère qu'il sera puni
01:17:54pour ce qu'il a fait
01:17:55à sa juste valeur
01:17:56mais bon
01:17:57la haine
01:17:59non
01:18:00si c'est ça de la haine
01:18:01alors oui
01:18:01j'ai de la haine
01:18:02mais autrement
01:18:03qu'est-ce que j'attends
01:18:06du procès
01:18:07il sera condamné
01:18:09à perpétuité
01:18:09soit
01:18:10il ressort dans 20 ans
01:18:12qu'est-ce que vous voulez
01:18:14que j'attende de ça
01:18:15le procès de Pierre Baudin
01:18:22aura lieu en principe
01:18:24dans les mois qui viennent
01:18:25et il sera sans doute
01:18:25jugé aux côtés
01:18:26du clan des Vaniers
01:18:27au moins dans le dossier
01:18:28du meurtre de Jeanne-Marie
01:18:29en attendant
01:18:30depuis sa prison
01:18:31Pierre Baudin
01:18:32continue de signer
01:18:33ses lettres
01:18:34par cette phrase
01:18:35Baudin
01:18:36un innocent en prison
01:18:37Sous-titrage Société Radio-Canada