- il y a 5 mois
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00:00Alors on va vous découvrir encore un peu mieux, on va vous découvrir un peu mieux et un peu plus grâce au portrait sonore que nous a concocté Jean-Philippe Longo.
00:07Ça c'est l'occasion.
00:08Et on écoute le premier, le premier extrait.
00:11C'est la famille, c'est la famille, c'est la famille.
00:17Cette chanson, elle évoque en fait Vincent, la famille et les racines marseillaises.
00:21Que reste-t-il aujourd'hui de la famille Fernandez dans cette ville ?
00:25Il y a une anecdote très drôle que j'ai lue en préparant cette émission, que nous avons tous lue en préparant cette émission.
00:30Un jour vous prenez un taxi, on pense que vous êtes le taxi, on pense que vous êtes un touriste de Marseille.
00:36Et donc tout de suite il va vous livrer des choses invraisemblables sur la vie de votre grand-père et notamment sur cette maison que votre grand-père aurait vendue.
00:43Il n'y aurait plus rien à Marseille qui ressemble à Fernandez, enfin des choses incroyables alors que vous vous rendiez précisément dans cette maison familiale.
00:50Oui l'histoire est assez longue mais c'est vrai qu'en arrivant à la gare Saint-Charles, il y a de cela 20 ans, je monte dans le taxi et je dis s'il vous plaît 138 avenue Fernandez, parce qu'on habitait à Fernandez.
00:59C'était Gaston de Fer qui lorsque mon grand-père est mort avait donné le nom à cette avenue où il y avait la maison d'Émile Rose.
01:06Et le type me dit alors vous ça se saine de suite, vous êtes un touriste, vous allez voir les Fernandez, le Marseillais léger quoi tu vois.
01:14Et moi j'ai dit oui oui absolument, il dit je vous emmène mais vous ne trouverez pas grand monde.
01:20J'ai dit ah bon, vous comprenez monsieur, j'ai eu une demi-heure avec lui donc j'ai eu le temps, mais je vous l'ai fait court.
01:26Il dit alors non seulement, bon le grand-père lui, bon alors il jouait les courses, le casino, il flambait quand même, il est quand même fou.
01:32Après il y a le fils, alors lui le fils, alors qu'est-ce que je te dise, le fils c'était les gosesses, c'est horrible.
01:36Il a tout cramé avec les gosesses, j'ai dit il n'y a pas d'enfant, il dit bien sûr, il y a le petit-fils, qui est le type qui est dans sa voiture.
01:50J'ai dit et lui alors il dit alors lui, vous savez ce qu'il a fait, avec ce qui restait, il ne restait pas grand chose, il est parti au Canada et il a vendu la baraque.
01:59Et j'ai dit mais à qui il l'a vendu ? Et il me dit, mais monsieur toujours les mêmes, les américains.
02:05Mais le mec te dit ça avec un sérieux impérial.
02:09Donc on arrive devant la maison et je me dis, il va bien falloir que je lui dise tout de même à ce pauvre monsieur, même s'il est très drôle.
02:15Et il se trouvait qu'en fait le portail était ouvert et qu'il y avait mon père.
02:20Et je lui ai dit écoutez monsieur, je suis navré de vous le dire, je lui ai dit mais tout ce que vous avez dit est faux puisque mon père est là et moi je suis Vincent Ferrandel.
02:27Je suis rentré du Canada.
02:29Le pipe est devenu blanc comme un linge.
02:33Il m'a dit monsieur alors je suis vraiment désolé.
02:35J'ai dit mais monsieur c'est pas grave, j'ai dit c'était rigolo, je raconterai ça dans les médias, ce sera très bien.
02:40Et il me dit je vous fais cadeau de la course ?
02:41J'ai dit ah certainement pas, j'ai dit on va payer, vous allez dire qu'on est radins.
02:46Et le type a eu cette phrase mais exceptionnelle, avec une sincérité mais a brisé le coeur.
02:53Il m'a dit franchement monsieur je vais vous dire la vérité.
02:56Avec tout ce qu'on entend, on finit tellement par y croire qu'on finit soi-même par le raconter.
03:02Deuxième extrait, deuxième extrait.
03:07Mon cher fan vieille, merci. Malheureusement j'ai pas eu le temps de mettre au point comme toi une belle improvisation.
03:14Je ne sais comment vous remercier pour ce magnifique portrait si ressemblant que vous m'avez offert.
03:19Ce geste délicat.
03:20Papa, on te demande, c'est pour un accouchement.
03:25Le fruit défendu.
03:26Cette voix, c'est évidemment celle de votre grand-père Fernandelle.
03:29Le fruit défendu d'Henri Verneuil.
03:31C'est un film qui vous tient à coeur.
03:33Parce que c'est un film dont on ne parle pas beaucoup de Fernandelle.
03:36Parce qu'on le voit dans un rôle très inattendu.
03:39C'est l'un des rôles des moins comiques peut-être qu'il a occupé.
03:42Et vous le regrettez, je l'ai souvent lu dans vos interviews, vous regrettiez qu'on ne mette pas en avant
03:46évidemment la dimension aussi dramatique que pouvait avoir votre grand-père dans les rôles qu'on lui confiait.
03:53Oui, ce que je regrette de manière plus générale, mais alors en tant que cinéphile et amoureux du cinéma,
03:59c'est un regret qui peut également toucher d'autres acteurs que Fernandelle.
04:05Mais le regret que j'ai la plupart du temps,
04:08mais ça c'est en tant que public, même pas en tant que petit-fils,
04:12c'est que souvent sur des grands acteurs de cette dimension-là,
04:16qui ont fait un nombre pléthorique de films,
04:19la plupart du temps on les ramène au grand succès du box-office,
04:24on les ramène à l'anecdote, comment ils étaient dans la vie,
04:26est-ce qu'ils étaient sympathiques, qu'est-ce qu'ils mangeaient, etc.
04:29Et finalement, je me rends compte d'une chose,
04:32c'est qu'on ne parle que très peu de cinéma.
04:36Et c'est vrai que sur Fernandelle par exemple,
04:39ou alors sur Alberto Sordi, qui lui a fait encore plus de films que mon grand-père,
04:43il en a fait plus de 160 Alberto Sordi.
04:46Je dis ça parce qu'on est sur quasiment les mêmes époques,
04:49et sur de très grands acteurs.
04:50Finalement, on se rend compte,
04:52Oui, parce que je regarde où on a...
04:54Non mais moi c'est mon idole, j'ai grandi avec Alberto Sordi.
04:57Voilà, voilà, alors Eltonia, Zig Asman,
05:00j'ai parlé d'Inorizé avant que vous arriviez sur le plateau.
05:02Bon voilà, ça c'est mon grand amour, le cinéma italien des origines jusqu'à nos jours.
05:06On aura de quoi parler après.
05:07On aura de quoi parler.
05:08Mais c'est vrai que la plupart du temps, oui, je déplore
05:11qu'il n'y ait plus cette curiosité, pas du public,
05:15mais parfois aussi des médias,
05:17qui tend justement à emmener tout ça sur un dialogue
05:20qui parle de l'art dont il s'agit.
05:23C'est-à-dire qu'une fois qu'on aura raconté sur Fernandelle ou sur un autre,
05:27pour la millième fois, la millième anecdote que tout le monde a déjà entendue,
05:31et que soi-même on reboutique,
05:32en essayant de lui donner une couleur un peu différente pour pas trop se répéter,
05:35qu'est-ce qu'il reste ?
05:37Il reste une oeuvre immense, il reste le cinéma,
05:40et là il y a de quoi parler pendant des décennies entières.
05:43Et c'est ça que je regrette en fait.
05:45Et c'est vrai que la plupart du temps, mais ça c'est aussi le jeu,
05:48c'est les grands succès qui repassent le plus souvent à la télévision,
05:51et les plus confidentiels, même si ce sont des bons films,
05:54sont un peu invisibilisés, on va dire.
05:57Alors on peut renvoyer d'ailleurs tous les auditeurs à cette biographie
06:00que vous aviez écrite en 2003, vous aviez à peine 19 ans,
06:02Fernandelle, mon grand-père.
06:04Je ne sais pas si c'est une bonne idée de renvoyer les auditeurs.
06:06Pourquoi ?
06:08Déjà parce qu'on ne le trouve plus, à part dans les très bonnes charcuteries,
06:10dans l'arrière-boutique.
06:12Peut-être qu'on pourrait rééditer.
06:14Non mais je dis ça à la fois en plaisantant et sans plaisanter.
06:19Ce n'est pas un ouvrage de référence du tout.
06:22Sur votre grand-père ?
06:23Non, ce n'est même pas une biographie,
06:24ce sont des souvenirs que j'avais racontés,
06:26où j'ai été...
06:27Alors à l'époque je me laissais un peu plus faire,
06:28j'avais 19 ans, où j'avais été plus ou moins forcé par un éditeur.
06:31Qui voyait là le bon filon pour sortir le...
06:34Moi je me suis dit, de toute façon je vais lui faire un livre,
06:36il ne va pas en vendre un.
06:37Le type est flan, il ne va jamais le sortir.
06:39Eh bien figurez-vous qu'il l'a sorti,
06:40que le livre a bien vendu.
06:41Et derrière je me suis dit,
06:43la prochaine fois je réfléchirai.
06:45Un des troisièmes extraits,
06:46on poursuit le portrait sonore qui vous est consacré Vincent.
06:49C'est émouvant.
06:59Gavine se l'a regardé avec un regard de perversion du genre
07:01« Oui, on l'a retrouvé ! »
07:04Alors on va expliquer,
07:07ce sont vos tout premiers pas dans la musique,
07:09un duo avec votre papa en 1992.
07:11En 1992, vous étiez quel âge ?
07:16Oui, j'avais 9 ans.
07:17D'où vient l'idée de ce duo ?
07:19Écoutez, à l'époque,
07:23faire un 45 tours,
07:25ce n'était pas difficile.
07:27C'est-à-dire qu'on a tous connu cette époque
07:29où dans la même année sortaient
07:31des 45 tours,
07:33des albums,
07:34des compilations.
07:35N'importe qui à un moment donné pouvait enregistrer.
07:37Et mon père avait eu cette idée
07:39de faire une chanson avec moi
07:41alors que j'étais petit
07:42pour que ça nous fasse un souvenir.
07:43Alors, je vous avoue que
07:45ce qui me reste de ce 45 tours,
07:49c'est le set effectivement
07:50que j'ai partagé à un moment avec mon père.
07:52Et ça, c'est le grand souvenir, évidemment.
07:55Après, je vous avoue que l'enregistrement,
07:56c'était très pénible
07:57parce que je ne savais pas chanter
07:59et je ne sais toujours pas d'ailleurs chanter.
08:01Et à l'époque, il n'y avait pas le Pro Tools.
08:04Il n'y avait pas les outils numériques.
08:06C'est quoi le Pro Tools ?
08:07C'est un logiciel de correction des notes.
08:10C'est le logiciel de studio
08:11dont on se sert pour...
08:13On va être très clair.
08:14Aujourd'hui,
08:15n'importe qui peut chanter
08:19même s'il ne sait pas chanter.
08:21Mettez-moi le Pro Tools immédiatement.
08:25Le Pitch Leuf, par exemple,
08:27c'est Pro Tools.
08:29Mais à l'époque,
08:30quand on ne savait pas chanter,
08:32ce qui était donc mon cas,
08:33il fallait refaire 42 fois la prise
08:36par morceau, par phrase, etc.
08:37Donc, cet enregistrement a été pour moi
08:39une torture.
08:41Mais le souvenir reste joli.
08:44Après,
08:46que puis-je en dire ?
08:47Vous avez dit,
08:47c'est mes premiers pas dans la musique,
08:49mais c'est aussi les derniers pas.
08:50C'est émouvant d'écouter votre voix,
08:53évidemment,
08:53associée à celle de votre papa,
08:55dont vous rendez hommage
08:55au travers de cet album,
08:56de ses 23 titres inédits.
08:58Mais il n'y a pas cette chanson.
08:59J'allais dire,
08:59non, non, non.
09:00Celle-là n'est pas dedans.
09:01Allez, place à notre routard préféré.
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