00:00On va écouter le procureur de la République de Grenoble, Étienne Manteau, qui s'exprime actuellement.
00:04Le 1er août, donc, c'est le premier dossier sensible qu'il a eu à traiter.
00:12Et l'adjoint au commandant du groupement de la gendarmerie départementale de l'ISER,
00:16puisque ce sont l'ensemble des gendarmes de l'ISER qui ont été amenés à traiter ce dossier.
00:22Les faits, tout d'abord, Ville-Neuve-de-Marc, mercredi 6 août.
00:28Le maire de la commune est en train d'enlever du lierre sur la voie publique de son mur qui donne sur la voie publique.
00:38Il est 16h30. Il note le passage d'un véhicule.
00:43Il évoque le fait que le véhicule accélère à son niveau.
00:46Il se retourne et il remarque le véhicule d'un voisin qui habite à une cinquantaine de mètres de chez lui.
00:54Mais lequel voisin, parce que le maire habite sur une petite route latérale de la route principale,
00:59n'a aucune raison, en principe, de passer devant chez lui lorsqu'il doit, ce voisin, se rendre à son domicile.
01:06Donc il remarque cette présence de ce véhicule.
01:08Et puis, très peu de temps après, il note que cet homme arrive très rapidement à son niveau.
01:15Et il est aussitôt, sans qu'il y ait frappé, sans qu'il y ait le moindre échange verbal entre les deux,
01:21frappé au niveau du thorax et frappé au niveau du bras parce qu'il va se défendre immédiatement.
01:28Les médecins légistes, sur ces blessures, objectiveront deux plaies au niveau de l'air cardiaque,
01:36au niveau du thorax côté gauche, plaies pénétrantes au niveau du deuxième espace intercostal gauche
01:43et plaies pénétrantes au niveau du sixième espace intercostal gauche.
01:47Les médecins légistes relèveront également une plaie transfixiante du biceps gauche,
01:54transfixiante, c'est-à-dire un coup qui va traverser complètement le biceps gauche.
02:02Le maire, dans sa déposition, évoquera ce qu'il est estimé être un tournevis,
02:08l'arme avec laquelle il avait été frappé.
02:12Du fait de ce geste de défense et de la blessure importante que le maire a au niveau du bras,
02:17l'individu s'enfuit, une voisine intervient parce qu'elle entend le maire crier,
02:24appelle le fils du maire qui habite à quelques encablures de là
02:29et le fils vient aussitôt au secours de son père.
02:34Il compose le 18, il appelle les pompiers.
02:38Il est 16h48 quand le fils explique voir arriver à nouveau cette même voiture
02:45conduite par l'individu qui avait agressé son père quelques minutes plus tôt.
02:52Ils sont tous les deux devant la maison encore sur la voie publique
02:56et les dépositions sont concordantes puisque le maire est encore conscient, il est debout.
03:03Ils sont tous les deux devant le domicile et ils expliquent que la voiture leur fonce dessus.
03:09Le fils va préciser qu'il pousse son père dans un buisson sur le côté du mur.
03:14Il fait un saut à l'écart pour éviter que l'un et l'autre soient percutés par la voiture.
03:19Et la voiture ne touche pas le maire et son fils et vient percuter un mur de soutènement
03:25qui se trouve donc perpendiculaire à l'angle du mur, un mur de soutènement de la propriété du maire.
03:32Le fils tente alors d'empêcher l'individu de sortir de son véhicule.
03:41Une bagarre s'ensuit puisque l'individu arrive à sortir du véhicule.
03:45Il se porte des coups mutuellement.
03:48Et la voisine qui avait appelé le fils est de nouveau présente sur la voie publique,
03:54hurle et leur demande de s'arrêter, ce qui fait cesser cette bagarre.
03:58Et l'individu en profite pour s'enfuir en laissant son véhicule qui était hors d'usage suite à la percussion contre le mur.
04:07Les gendarmes sont alertés à 17h, mobilisent aussitôt de très importants moyens.
04:13C'est d'abord la communauté de Saint-Jean-de-Bornay qui est activée.
04:21Puis les gendarmes de la brigade des recherches de Vienne.
04:24Et dès le lendemain matin à 9h, puisque l'individu n'a pas été retrouvée durant la soirée,
04:31c'est la section de recherche qui prend la direction d'enquête.
04:34Tout ça jusqu'alors sous la direction du parquet de Vienne.
04:38Le lendemain à 10h, vendredi, dès lors que ce dossier de nature criminelle a vocation à être instruit par le pôle criminel de Grenoble,
04:47le parquet de Vienne se dessaisit au profit du parquet de Grenoble.
04:52Et une heure plus tard, une heure et demie plus tard, à 11h30, le parquet de Grenoble est averti du fait que le mis en cause vient d'être interpellé.
05:00En fait, à 11h, une habitante de Vienne-Neuve-de-Marc a aperçu sur la commune de Charentonnet,
05:10donc à 10 km au nord de Vienne-de-Marc, a aperçu cette personne qu'elle croit reconnaître,
05:18puisque son nom circulait, qu'elle croit reconnaître à proximité d'un bois.
05:23Les gendarmes se présentent immédiatement dans la zone considérée et, à 11h30, interpellent donc le mis en cause,
05:32qui ne va opposer aucune résistance, qui n'était pas armée à ce moment-là.
05:39Il est aussitôt placé en garde à vue et va être coopérant durant la garde à vue.
05:47En tout cas, en présence de son avocat, il va accepter de répondre à l'ensemble des questions qui lui seront posées par les enquêteurs.
05:54Concernant les victimes, le maire était dans un pronostic vital engagé,
06:00puisque l'appelait un des deux coups donnés au niveau du thorax à entraîner la perforation du poumon.
06:11Il s'ouvrait d'un apneumothorax important qui a conduit les médecins, dans un premier temps, à parler d'un pronostic vital engagé.
06:19Il a pu être soigné très rapidement.
06:22Ses jours ne sont plus en danger aujourd'hui et on peut espérer qu'il sorte de l'hôpital dans les jours à venir.
06:31Les médecins légistes ont fixé à 15 jours l'incapacité temporaire totale subie suite à ses blessures au niveau de l'air cardiaque
06:38et au niveau du biceps gauche.
06:41Le fils, lui, souffre de blessures moins significatives, d'hermabrasion, une douleur au niveau du rachis.
06:49Le médecin légiste a fixé à 8 jours l'incapacité temporaire totale subie par le fils.
06:57S'agissant du gardé à vue et de ses déclarations, un homme âgé de 60 ans
07:03qui explique d'emblée aux enquêteurs qui l'interrogent durant sa garde à vue qu'il a un litige avec le maire
07:12suite à l'effondrement d'un bâtiment.
07:16On est au cœur de ce village avec des maisons qui sont mitoyennes.
07:23Et donc, le mise en cause est propriétaire de deux appartements dans un immeuble.
07:30Il y a un troisième appartement qui appartient à un tiers.
07:33Et puis, la mairie est propriétaire des combles et propriétaire d'un bâtiment contigu,
07:37un ancien commerce sur lequel la mairie avait des projets éventuellement de pouvoir réinstaller d'autres commerces.
07:45Malheureusement, ce bâtiment qui a été racheté avait une toiture vétuste.
07:49Et une partie, suite à des intempéries, une partie du toit s'est effondrée
07:53et a endommagé un abri de jardin qui appartenait aux mises en cause.
07:58Ce litige qui remonte à 2022 s'est enquisté.
08:03Il n'y a pas eu de solution trouvée.
08:07Le mis en cause a saisi le tribunal judiciaire de Vienne une procédure de référé
08:12qui a été orientée vers une procédure amiable pour essayer de trouver un accord entre la mairie et cet homme.
08:20La mairie a proposé une indemnisation pour les dommages subis à cet abri de jardin,
08:27somme qui a été jugée non suffisante par cette personne.
08:31Et donc, la situation à ce jour n'était pas réglée.
08:34Et la dégradation de l'abri de jardin n'avait pas été indemnisée,
08:40ce qui manifestement a généré chez cet homme un sentiment d'injustice.
08:45Ce qu'on peut constater, en tout cas, c'est que suite à l'échec de cette procédure d'indemnisation,
08:49il n'avait pas assigné la mairie devant le tribunal judiciaire
08:52pour obtenir judiciairement les sommes auxquelles il prétendait avoir droit.
08:59En tout cas, manifestement, il a, au lieu de saisir la justice,
09:04tenté de se faire justice lui-même en procédant, depuis trois mois,
09:08à des travaux au niveau de l'immeuble pour privatiser la cour
09:12qui permet l'accès à l'immeuble dans lequel un autre propriétaire a un appartement
09:19et la mairie, sans aucune déclaration ou permis de construire,
09:24et sans accord des copropriétaires, il a construit un portail
09:28qui commande l'accès à l'ensemble de ce bâtiment.
09:34Le maire lui a écrit pour lui demander de faire cesser ses travaux
09:37et le mis en cause a continué ses travaux.
09:42Et donc, le constatant, le maire a fait dresser un procès verbal
09:45pour objectiver l'achèvement de ces travaux qui apparaissaient illégaux à l'élu.
09:55Ça, c'est il y a deux mois.
09:57Et manifestement, ce procès verbal est quelque chose qui est venu cristalliser
10:01encore plus ce sentiment d'injustice ressenti par le mis en cause.
10:07Dans les auditions et dans ce qu'il a déclaré aux enquêteurs,
10:15on voit bien ce vécu qu'il habite.
10:19Il a déclaré, je pense qu'il veut racheter mon terrain.
10:23Il, c'est le maire dont il parle, il paraît qu'il a 80% du village.
10:27Je rappelle que Villeneuve-de-Marc, c'est un village qui compte 1171 habitants.
10:31Et il n'a cessé de répéter durant les trois auditions opérées durant sa garde à vue
10:39qu'il était victime d'une injustice.
10:42Le 6 août, il passe devant chez le maire.
10:45Mais j'insiste, ça ne peut être qu'un geste volontaire
10:48puisqu'il n'a aucune raison...
10:51C'est une petite ruelle qui ne désert que quelques maisons, dont celle du maire.
10:55Il n'avait aucune raison objective de passer devant chez le maire.
10:59En tout cas, il passe devant chez le maire le 6 août après-midi.
11:03C'est à cette occasion que le maire dit avoir l'impression qu'il accélère à son niveau.
11:07Toujours est-il que lui explique qu'il a regardé le maire
11:10et qu'il a considéré que le maire l'avait regardé, je cite,
11:13avec un sourire sadique.
11:16Et donc, c'est là aussi quelque chose qui va revenir plusieurs fois
11:19durant ses dépositions.
11:20Il explique qu'il rentre chez lui.
11:22Et je le cite, je ne sais pas ce qui s'est passé.
11:25C'est l'accumulation des choses qui m'a fait péter un plomb.
11:29Il y a eu une rupture dans mon esprit.
11:34C'est toujours ces mots.
11:36J'ai fait ça machinalement.
11:38Ça a été un enchaînement.
11:41J'étais victime d'une injustice.
11:43Ce sont ces mots.
11:45En tout cas, ça va le conduire à se saisir d'une ferraille dans son atelier,
11:49un morceau de ferraille, donc pas un tournevis,
11:51et de remonter à pied, cette fois, en direction de chez le maire.
11:57Et le maire est toujours en train d'enlever son lierre sur la voie publique.
12:02Et il le frappe aussitôt.
12:04Lui dit, je le frappe à l'homoplate.
12:06Il ne reconnaît pas l'avoir frappé au niveau de l'air cardiaque,
12:10comme cela est objectivé par le constat des médecins légistes.
12:13Il considère qu'il n'avait aucune intention de toucher un organe vital
12:20et qu'il n'avait aucune intention homicide.
12:23En tout cas, suite au geste de défense du maire, il rentre chez lui.
12:29Et il reprend sa voiture, je le cite toujours,
12:32pour voir ce que j'avais fait, pour voir l'ampleur du mal que j'avais pu commettre.
12:37Il revient donc, il est 16h50 devant le domicile.
12:41Et là, il considère que le maire et son fils se sont jetés,
12:47ce sont ces termes, jetés sur ma voiture,
12:50et que pour les éviter, il a donné un coup de volant
12:53qui l'a amené à percuter le mur de soutènement,
12:56du mur de la propriété du maire de Villeneuve-de-Marc.
13:02Il arrive à s'enfuir et il explique donc se changer très rapidement à son domicile,
13:08mettre une tenue qui va lui permettre d'aller dans les bois
13:13et il s'enfuit ensuite dans les bois,
13:16où il va errer pendant un peu plus de 36 heures
13:18jusqu'à son interpellation à 11h30 le 8 août.
13:25Ce qui sera noté d'ailleurs par les enquêteurs,
13:27c'est qu'il est couvert de petites dermabrasions,
13:30il expliquera, enfin de griffures,
13:32qu'il a dû se traverser des muriers,
13:34se jeter même dans des muriers pour éviter d'être vu
13:36lorsque des voitures passaient,
13:38qui explique donc ces blessures cutanées
13:42qui vont être retrouvées sur l'ensemble de son corps.
13:47Il a expliqué donc aux enquêteurs
13:51qu'il était conscient de ce qu'il avait fait,
13:54tout en répétant qu'il n'avait aucune intention homicide.
13:58Les premiers coups, il n'a pas frappé, selon lui,
14:01dans une zone vitale,
14:02et ensuite, sur l'épisode de la voiture,
14:05c'est les victimes qui sont les auteurs
14:09en s'étant jetés sur la voiture
14:10et qui l'ont conduit à faire un écart.
14:12Il n'avait aucune intention, selon lui,
14:15de leur foncer dessus.
14:18Il admettra pour autant qu'il n'a,
14:19je le cite là encore,
14:20qu'il n'avait pas fait quelque chose de correct,
14:22mais toujours en justifiant son comportement
14:25par le fait qu'on l'avait,
14:26je le cite encore, poussé à bout.
14:28S'agissant enfin de la personnalité du mis en cause,
14:32comment se fait-il que cet homme
14:34ait pu commettre des faits d'une telle gravité ?
14:39C'est un homme âgé de 60 ans
14:40qui est né en Algérie,
14:41mais qui, très jeune,
14:44s'est installé en France avec ses parents.
14:46D'ailleurs, le reste de sa fratrie
14:47est né en France.
14:50Il n'a plus la nationalité algérienne.
14:53Il est français de nationalité,
14:56puisque, depuis son plus jeune âge,
14:58il vit en France
14:59et qu'il s'y est durablement installé.
15:02Il a grandi à Luxeuil-les-Bains, en Haute-Saône,
15:05et a vécu le premier temps de sa vie professionnelle
15:08en Franche-Comté,
15:10avant de s'installer en Isère.
15:13C'est un homme qui n'a pas d'antécédent judiciaire,
15:17qui a toujours travaillé.
15:18Il a obtenu un BTS de dessinateur industriel.
15:22Il prétend, ça sera vérifié,
15:24notamment, avoir travaillé de nombreuses années
15:26chez Valeo.
15:27L'équipementier automobile est à l'origine
15:29de plusieurs brevets déposés
15:31par cet équipementier automobile.
15:33Il faudra vérifier ce point.
15:36En tout cas, suite aux soucis rencontrés
15:37par la société Valeo
15:39dans les sites qu'elle possède en Isère,
15:43il a perdu son travail en 2021.
15:45Et depuis, il a exécuté quelques contrats
15:47à durée déterminée.
15:50C'est un homme qui avait plutôt réussi dans la vie,
15:52puisqu'il est propriétaire de quatre appartements,
15:54deux à Bourgouin-Jalieu qu'il loue,
15:56deux à Villeneuve dans cet immeuble
15:58dont j'ai parlé,
15:59un qu'il occupe et puis un qu'il loue.
16:02Il s'est installé à Villeneuve de Marques
16:05pour s'occuper de sa mère,
16:08qu'il a hébergée pendant un temps,
16:09jusqu'au décès de celle-ci en 2022,
16:12qui est d'ailleurs inhumée à Villeneuve de Marques.
16:15Depuis qu'il est moins de fait occupé par son travail,
16:21il s'est mis à l'écriture de livres.
16:24Il a publié deux livres à compte d'auteurs,
16:27un sur l'instrumentation des véhicules autonomes,
16:30un autre sur la formation sur l'intelligence artificielle.
16:34C'est deux livres à compte d'auteurs
16:35qui sont achetables quand on consulte Internet.
16:43Et puis il était en train de rédiger un nouveau livre
16:46sur, je cite,
16:48« la psyché des machines vivantes ».
16:52En tout cas, ce qui est saillant
16:54au travers des auditions du Gardé à vue,
16:59c'est vraiment un vécu persécutif
17:02et une tendance à la réinterprétation
17:04de ce qu'il vit.
17:07Je l'ai dit tout à l'heure,
17:08il considère que le maire est propriétaire
17:09de quasiment 80% du village.
17:14Sa sœur a été retrouvée décédée,
17:17pendue dans son appartement en avril 2025.
17:22Manifestement, à Saint-Etienne,
17:24il a été considéré que ce corps était là
17:25depuis de très, très nombreux mois, pendu,
17:29ce qui dénote une absence totale de contact
17:31entre cette femme et sa famille.
17:35Et pour autant, monsieur considère aujourd'hui
17:38qu'elle a été assassinée
17:40parce qu'elle avait un problème
17:41avec son bailleur.
17:44On a retrouvé sous son oreiller deux couteaux.
17:47Et il a expliqué aussitôt aux enquêteurs
17:50que ses couteaux étaient positionnés
17:54pour se défendre si, je le cite,
17:57on veut me faire la même chose qu'à ma sœur.
18:01Il évoque également une surveillance du maire
18:04soit exercée directement,
18:05soit exercée par des administrés.
18:07Donc un vécu réellement persécutif
18:10évoqué par le Gardé à vue.
18:14Sur ses relations affectives,
18:16c'est un homme qui est sans enfant,
18:18qui n'a jamais eu de relations affectives suivies.
18:21Les enquêteurs ont simplement retrouvé
18:22un courrier à son domicile
18:28où il était inscrit
18:29« Andréa, donne-moi ton cœur ».
18:31Et donc les enquêteurs l'ont questionné
18:32sur ce courrier.
18:34Et il a répondu qu'Andréa,
18:35c'était un nom fourni
18:36par une intelligence artificielle
18:38et donc quelque chose
18:40qui ne recouvrait aucune réalité concrète.
18:44Voilà ce que je peux vous dire à cette heure.
18:47La garde à vue a été élevée ce matin
18:49et donc il a été déféré au parquet à 9h.
18:53Il est en cours d'interrogatoire
18:56par le magistrat instructeur
18:57suite au résistoire introductif
18:58qui a été pris par le parquet de Grenoble.
19:01Deux qualifications différentes.
19:03Une double tentative de meurtre
19:05sur personne dépositaire de l'autorité publique.
19:09L'effet de 16h30,
19:11les coups donnés avec ce morceau de ferraille
19:13dans l'air cardiaque au maire.
19:17Et puis 16h50,
19:18le fait qu'on ait foncé délibérément
19:21sur le maire.
19:22En tout cas, c'est la vision du parquet
19:24à cette heure.
19:25La question pouvait se poser
19:26de la préméditation
19:27et d'une qualification d'assassinat
19:29puisqu'il se dote de cet objet métallique.
19:33Il va au contact du maire
19:34et il le frappe sans aucune discussion.
19:36Mais j'ai préféré retenir
19:40cette qualification de tentative de meurtre
19:41sur personne dépositaire de l'autorité publique
19:43parce que c'est vraiment
19:44le maire en sa qualité
19:46qui est visé.
19:48Et c'est de fait l'assassinat
19:49ou le meurtre sur personne dépositaire
19:51de l'autorité publique
19:52qui sont réprimés,
19:57l'un et l'autre de ces crimes,
19:58de la réclusion criminelle à perpétuité.
20:00S'agissant du FIS,
20:01j'ai visé au réquisitoire introductif
20:06la tentative de meurtre
20:09qui suit un crime précédent.
20:12Quand il y a des crimes concomitants,
20:15eh bien l'ensemble des faits
20:17fait encourir à l'auteur de ces faits
20:23la réclusion criminelle à perpétuité.
20:26L'interrogatoire est en cours.
20:29Il n'est pas terminé.
20:30Donc je diffuserai un communiqué de presse
20:34une fois que l'interrogatoire
20:37sera terminé pour vous préciser
20:40quelle est la qualification retenue
20:42sur la base du réclusion criminelle
20:44par le magistrat instructeur
20:46puisqu'il peut requalifier les faits
20:47comme il les souhaite.
20:49Et puis il y aura ensuite
20:50un débat contradictoire devant le juge
20:51des libertés et de la détention de Grenoble
20:54puisque, évidemment,
20:56compte tenu de l'extrême gravité des faits,
20:58le parquet a requis le placement
21:00en détention provisoire
21:01de ce mis en cause.
21:05Voilà ce que je pouvais vous dire
21:06sur les faits à cette heure.
21:10Mon colonel, je vous laisse la parole.
21:13Sous-titrage Société Radio-Canada
21:17Sous-titrage Société Radio-Canada
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