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  • il y a 6 mois
Le procureur de la République de Grenoble Etienne Manteaux tenait un point presse diffusé dans l'émission Midi News Été ce dimanche 10 août sur CNEWS. Il s’est exprimé au sujet de l'agression du maire d'une commune iséroise : «Un des coups, donné au niveau du thorax, a entraîné la perforation du poumon du maire de Villeneuve-de-Marc»

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Transcription
00:00Le 1er août, donc, c'est le premier dossier sensible qu'il a eu à traiter et l'adjoint au commandant du groupement de la gendarmerie départementale de l'Isère,
00:10puisque ce sont l'ensemble des gendarmes de l'Isère qui ont été amenés à traiter ce dossier.
00:17Les faits, tout d'abord, Ville-Neuve-de-Marc, mercredi 6 août, le maire de la commune est en train d'enlever du lierre sur la voie publique
00:27de son mur qu'il donne sur la voie publique. Il est 16h30. Il note le passage d'un véhicule.
00:38Il évoque le fait que le véhicule accélère à son niveau. Il se retourne et il remarque le véhicule d'un voisin qui habite à une cinquantaine de mètres de chez lui,
00:49mais lequel voisin, parce que le maire habite sur une petite route latérale de la route principale, n'a aucune raison, en principe,
00:55de passer devant chez lui lorsqu'il doit, ce voisin se rend, aller à son domicile. Donc il remarque cette présence de ce véhicule.
01:03Et puis très peu de temps après, il note que cet homme arrive très rapidement à son niveau et il est aussitôt,
01:11sans qu'il y ait frappé, sans qu'il y ait le moindre échange verbal entre les deux, frappé au niveau du thorax
01:18et frappé au niveau du bras parce qu'il va se défendre immédiatement.
01:23Les médecins légistes, sur ces blessures, objectiveront deux plaies au niveau de l'air cardiaque, au niveau du thorax côté gauche,
01:34plaies pénétrantes au niveau du deuxième espace intercostal gauche et plaies pénétrantes au niveau du sixième espace intercostal gauche.
01:42Les médecins légistes relèveront également une plaie transfixiante du biceps gauche, transfixiante, c'est-à-dire un coup qui va traverser complètement le biceps gauche.
01:56Le maire, dans sa déposition, évoquera ce qu'il est estimé être un tournevis, l'arme avec laquelle il avait été frappé.
02:06Du fait de ce geste de défense et de la blessure importante que le maire a au niveau du bras, l'individu s'enfuit.
02:15Une voisine intervient parce qu'elle entend le maire crier, appelle le fils du maire qui habite à quelques encablures de là
02:24et le fils vient aussitôt au secours de son père. Il compose le 18, il appelle les pompiers.
02:33Il est 16h48 quand le fils explique voir arriver à nouveau cette même voiture conduite par l'individu qui avait agressé son père quelques minutes plus tôt.
02:47Ils sont tous les deux devant la maison, encore sur la voie publique et les dépositions sont concordantes puisque le maire est encore conscient.
02:56Il est debout. Ils sont tous les deux devant le domicile et ils expliquent que la voiture leur fonce dessus.
03:04Le fils va préciser qu'il pousse son père dans un buisson sur le côté du mur.
03:09Il fait un saut à l'écart pour éviter que l'un et l'autre soient percutés par la voiture.
03:14Et la voiture ne touche pas le maire et son fils et vient percuter un mur de soutènement qui se trouve donc perpendiculaire à l'angle du mur,
03:24un mur de soutènement de la propriété du maire.
03:30Le fils tente alors d'empêcher l'individu de sortir de son véhicule.
03:35Une bagarre s'ensuit puisque l'individu arrive à sortir du véhicule.
03:40Ils se portent des coups mutuellement et la voisine qui avait appelé le fils est de nouveau présente sur la voie publique, hurle et leur demande de s'arrêter.
03:50Ce qui fait cesser cette bagarre et l'individu en profite pour s'enfuir en laissant son véhicule qui était hors d'usage suite à la percussion contre le mur.
04:01Les gendarmes sont alertés à 17 heures, mobilisent aussitôt de très importants moyens.
04:08C'est d'abord la communauté de Saint-Jean-de-Bornay qui est activée.
04:15Puis les gendarmes de la brigade des recherches de Vienne et dès le lendemain matin à 9 heures,
04:21puisque l'individu n'a pas été retrouvée durant la soirée, c'est la section de recherche qui prend la direction d'enquête.
04:29Tout ça jusqu'alors sous la direction du parquet de Vienne.
04:33Le lendemain à 10 heures, vendredi, dès lors que ce dossier de nature criminelle a vocation à être instruit par le pôle criminel de Grenoble,
04:42le parquet de Vienne se dessaisit au profit du parquet de Grenoble.
04:46Et une heure plus tard, une heure et demie plus tard, à 11h30, le parquet de Grenoble est averti du fait que le mis en cause vient l'être interpellé.
04:55En fait, à 11 heures, une habitante de Villeneuve-de-Marc a aperçu sur la commune de Charentonnet,
05:04donc à 10 km au nord de Villeneuve-de-Marc, a aperçu cette personne qu'elle croit reconnaître,
05:13puisque son nom circulait, qu'elle croit reconnaître à proximité d'un bois.
05:17Les gendarmes se présentent immédiatement dans la zone considérée et à 11h30 interpellent le mis en cause,
05:27qui ne va opposer aucune résistance, qui n'était pas armée à ce moment-là.
05:33Il est aussitôt placé en garde à vue et va être coopérant durant la garde à vue.
05:42En tout cas, en présence de son avocat, il va accepter de répondre à l'ensemble des questions qui lui seront posées par les enquêteurs.
05:48Concernant les victimes, le maire était dans un pronostic vital engagé,
05:55puisque l'appelait un des deux coups donnés au niveau du thorax à entraîner la perforation du poumon.
06:06Et donc, il s'ouvrait d'un pneumothorax important qui a conduit les médecins dans un premier temps à parler d'un pronostic vital engagé.
06:14Il a pu être soigné très rapidement. Ses jours ne sont plus en danger aujourd'hui et on peut espérer qu'il sort de l'hôpital dans les jours à venir.
06:26Les médecins légistes ont fixé à 15 jours l'incapacité temporaire totale subie suite à ses blessures au niveau de l'air cardiaque et au niveau du biceps gauche.
06:35Le fils, lui, souffre de blessures moins significatives, d'hermabrasion, une douleur au niveau du rachis.
06:43Le médecin légiste a fixé à 8 jours l'incapacité temporaire totale subie par le fils.
06:50S'agissant du gardé à vue et de ses déclarations, un homme âgé de 60 ans qui explique d'emblée aux enquêteurs qui l'interrogent durant sa garde à vue
07:02qu'il a un litige avec le maire suite à l'effondrement d'un bâtiment.
07:11On est au cœur de ce village avec des maisons qui sont mitoyennes et donc le mis en cause est propriétaire de deux appartements dans un immeuble.
07:25Il y a un troisième appartement qui appartient à un tiers et puis la mairie est propriétaire des combles et propriétaire d'un bâtiment contigu,
07:32un ancien commerce sur lequel la mairie avait des projets éventuellement de pouvoir réinstaller d'autres commerces.
07:40Malheureusement, ce bâtiment qui a été racheté avait une toiture vétuste et une partie, suite à des intempéries, une partie du toit s'est effondré
07:48et a endommagé un abri de jardin qui appartenait aux mises en cause.
07:53Ce litige qui remonte à 2022 s'est enquisté. Il n'y a pas eu de solution trouvée.
08:01Le mis en cause a saisi le tribunal judiciaire de Vienne une procédure de référé qui a été orienté vers une procédure
08:10amiable pour essayer de trouver un accord entre la mairie et cet homme.
08:15La mairie a proposé une indemnisation pour les dommages subis à cet abri de jardin,
08:21somme qui a été jugée non suffisante par cette personne.
08:25La situation à ce jour n'était pas réglée. La dégradation de l'abri de jardin n'avait pas été indemnisée,
08:34ce qui manifestement a généré chez cet homme un sentiment d'injustice.
08:40Ce qu'on peut constater, en tout cas, c'est que suite à l'échec de cette procédure d'indemnisation,
08:43il n'avait pas assigné la mairie devant le tribunal judiciaire pour obtenir judiciairement les sommes
08:50auxquels il prétendait avoir droit. En tout cas, manifestement, il a, au lieu de saisir la justice,
08:58tenté de se faire justice lui-même en procédant depuis trois mois à des travaux au niveau de l'immeuble
09:05pour privatiser la cour qui permet l'accès à l'immeuble dans lequel un autre propriétaire a un appartement
09:14et la mairie, sans aucune déclaration ou permis de construire et sans accord des copropriétaires,
09:21il a construit un portail qui commande l'accès à l'ensemble de ce bâtiment.
09:28Le maire lui a écrit pour lui demander de faire cesser ses travaux et le mis en cause a continué ses travaux.
09:36Et donc le constatant, le maire a fait dresser un procès verbal pour objectiver l'achèvement de ces travaux
09:45qui apparaissaient illégaux à l'élu. Ça, c'est il y a deux mois. Et manifestement, ce procès verbal est quelque chose
09:55qui est venu cristalliser encore plus ce sentiment d'injustice ressenti par le mis en cause.
10:02Dans les auditions et dans ce qu'il a déclaré aux enquêteurs, on voit bien ce vécu qu'il habite.
10:14Il a déclaré « Je pense qu'il veut racheter mon terrain ». Il, c'est le maire dont il parle, il paraît qu'il a 80% du village.
10:22Je rappelle que Villeneuve-de-Marc, c'est un village qui compte 1171 habitants.
10:26Et il n'a cessé de répéter durant les trois auditions opérées durant sa garde à vue qu'il était victime d'une injustice.
10:35Le 6 août, il passe devant chez le maire. Mais j'insiste, ça ne peut être qu'un geste volontaire,
10:43puisqu'il n'a aucune raison... C'est une petite ruelle qui ne désert que quelques maisons, dont celle du maire.
10:50Il n'avait aucune raison objective de passer devant chez le maire. En tout cas, il passe devant chez le maire le 6 août après-midi.
10:58C'est à cette occasion que le maire dit avoir l'impression qu'il accélère à son niveau.
11:01Toujours est-il que lui explique qu'il a regardé le maire et qu'il a considéré que le maire l'avait regardé, je cite,
11:08« avec un sourire sadique ».
11:09Sous-titrage Société Radio-Canada
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