00:00Le 1er août, donc, c'est le premier dossier sensible qu'il a eu à traiter et l'adjoint au commandant du groupement de la gendarmerie départementale de l'Isère,
00:10puisque ce sont l'ensemble des gendarmes de l'Isère qui ont été amenés à traiter ce dossier.
00:17Les faits, tout d'abord, Ville-Neuve-de-Marc, mercredi 6 août, le maire de la commune est en train d'enlever du lierre sur la voie publique
00:27de son mur qu'il donne sur la voie publique. Il est 16h30. Il note le passage d'un véhicule.
00:38Il évoque le fait que le véhicule accélère à son niveau. Il se retourne et il remarque le véhicule d'un voisin qui habite à une cinquantaine de mètres de chez lui,
00:49mais lequel voisin, parce que le maire habite sur une petite route latérale de la route principale, n'a aucune raison, en principe,
00:55de passer devant chez lui lorsqu'il doit, ce voisin se rend, aller à son domicile. Donc il remarque cette présence de ce véhicule.
01:03Et puis très peu de temps après, il note que cet homme arrive très rapidement à son niveau et il est aussitôt,
01:11sans qu'il y ait frappé, sans qu'il y ait le moindre échange verbal entre les deux, frappé au niveau du thorax
01:18et frappé au niveau du bras parce qu'il va se défendre immédiatement.
01:23Les médecins légistes, sur ces blessures, objectiveront deux plaies au niveau de l'air cardiaque, au niveau du thorax côté gauche,
01:34plaies pénétrantes au niveau du deuxième espace intercostal gauche et plaies pénétrantes au niveau du sixième espace intercostal gauche.
01:42Les médecins légistes relèveront également une plaie transfixiante du biceps gauche, transfixiante, c'est-à-dire un coup qui va traverser complètement le biceps gauche.
01:56Le maire, dans sa déposition, évoquera ce qu'il est estimé être un tournevis, l'arme avec laquelle il avait été frappé.
02:06Du fait de ce geste de défense et de la blessure importante que le maire a au niveau du bras, l'individu s'enfuit.
02:15Une voisine intervient parce qu'elle entend le maire crier, appelle le fils du maire qui habite à quelques encablures de là
02:24et le fils vient aussitôt au secours de son père. Il compose le 18, il appelle les pompiers.
02:33Il est 16h48 quand le fils explique voir arriver à nouveau cette même voiture conduite par l'individu qui avait agressé son père quelques minutes plus tôt.
02:47Ils sont tous les deux devant la maison, encore sur la voie publique et les dépositions sont concordantes puisque le maire est encore conscient.
02:56Il est debout. Ils sont tous les deux devant le domicile et ils expliquent que la voiture leur fonce dessus.
03:04Le fils va préciser qu'il pousse son père dans un buisson sur le côté du mur.
03:09Il fait un saut à l'écart pour éviter que l'un et l'autre soient percutés par la voiture.
03:14Et la voiture ne touche pas le maire et son fils et vient percuter un mur de soutènement qui se trouve donc perpendiculaire à l'angle du mur,
03:24un mur de soutènement de la propriété du maire.
03:30Le fils tente alors d'empêcher l'individu de sortir de son véhicule.
03:35Une bagarre s'ensuit puisque l'individu arrive à sortir du véhicule.
03:40Ils se portent des coups mutuellement et la voisine qui avait appelé le fils est de nouveau présente sur la voie publique, hurle et leur demande de s'arrêter.
03:50Ce qui fait cesser cette bagarre et l'individu en profite pour s'enfuir en laissant son véhicule qui était hors d'usage suite à la percussion contre le mur.
04:01Les gendarmes sont alertés à 17 heures, mobilisent aussitôt de très importants moyens.
04:08C'est d'abord la communauté de Saint-Jean-de-Bornay qui est activée.
04:15Puis les gendarmes de la brigade des recherches de Vienne et dès le lendemain matin à 9 heures,
04:21puisque l'individu n'a pas été retrouvée durant la soirée, c'est la section de recherche qui prend la direction d'enquête.
04:29Tout ça jusqu'alors sous la direction du parquet de Vienne.
04:33Le lendemain à 10 heures, vendredi, dès lors que ce dossier de nature criminelle a vocation à être instruit par le pôle criminel de Grenoble,
04:42le parquet de Vienne se dessaisit au profit du parquet de Grenoble.
04:46Et une heure plus tard, une heure et demie plus tard, à 11h30, le parquet de Grenoble est averti du fait que le mis en cause vient l'être interpellé.
04:55En fait, à 11 heures, une habitante de Villeneuve-de-Marc a aperçu sur la commune de Charentonnet,
05:04donc à 10 km au nord de Villeneuve-de-Marc, a aperçu cette personne qu'elle croit reconnaître,
05:13puisque son nom circulait, qu'elle croit reconnaître à proximité d'un bois.
05:17Les gendarmes se présentent immédiatement dans la zone considérée et à 11h30 interpellent le mis en cause,
05:27qui ne va opposer aucune résistance, qui n'était pas armée à ce moment-là.
05:33Il est aussitôt placé en garde à vue et va être coopérant durant la garde à vue.
05:42En tout cas, en présence de son avocat, il va accepter de répondre à l'ensemble des questions qui lui seront posées par les enquêteurs.
05:48Concernant les victimes, le maire était dans un pronostic vital engagé,
05:55puisque l'appelait un des deux coups donnés au niveau du thorax à entraîner la perforation du poumon.
06:06Et donc, il s'ouvrait d'un pneumothorax important qui a conduit les médecins dans un premier temps à parler d'un pronostic vital engagé.
06:14Il a pu être soigné très rapidement. Ses jours ne sont plus en danger aujourd'hui et on peut espérer qu'il sort de l'hôpital dans les jours à venir.
06:26Les médecins légistes ont fixé à 15 jours l'incapacité temporaire totale subie suite à ses blessures au niveau de l'air cardiaque et au niveau du biceps gauche.
06:35Le fils, lui, souffre de blessures moins significatives, d'hermabrasion, une douleur au niveau du rachis.
06:43Le médecin légiste a fixé à 8 jours l'incapacité temporaire totale subie par le fils.
06:50S'agissant du gardé à vue et de ses déclarations, un homme âgé de 60 ans qui explique d'emblée aux enquêteurs qui l'interrogent durant sa garde à vue
07:02qu'il a un litige avec le maire suite à l'effondrement d'un bâtiment.
07:11On est au cœur de ce village avec des maisons qui sont mitoyennes et donc le mis en cause est propriétaire de deux appartements dans un immeuble.
07:25Il y a un troisième appartement qui appartient à un tiers et puis la mairie est propriétaire des combles et propriétaire d'un bâtiment contigu,
07:32un ancien commerce sur lequel la mairie avait des projets éventuellement de pouvoir réinstaller d'autres commerces.
07:40Malheureusement, ce bâtiment qui a été racheté avait une toiture vétuste et une partie, suite à des intempéries, une partie du toit s'est effondré
07:48et a endommagé un abri de jardin qui appartenait aux mises en cause.
07:53Ce litige qui remonte à 2022 s'est enquisté. Il n'y a pas eu de solution trouvée.
08:01Le mis en cause a saisi le tribunal judiciaire de Vienne une procédure de référé qui a été orienté vers une procédure
08:10amiable pour essayer de trouver un accord entre la mairie et cet homme.
08:15La mairie a proposé une indemnisation pour les dommages subis à cet abri de jardin,
08:21somme qui a été jugée non suffisante par cette personne.
08:25La situation à ce jour n'était pas réglée. La dégradation de l'abri de jardin n'avait pas été indemnisée,
08:34ce qui manifestement a généré chez cet homme un sentiment d'injustice.
08:40Ce qu'on peut constater, en tout cas, c'est que suite à l'échec de cette procédure d'indemnisation,
08:43il n'avait pas assigné la mairie devant le tribunal judiciaire pour obtenir judiciairement les sommes
08:50auxquels il prétendait avoir droit. En tout cas, manifestement, il a, au lieu de saisir la justice,
08:58tenté de se faire justice lui-même en procédant depuis trois mois à des travaux au niveau de l'immeuble
09:05pour privatiser la cour qui permet l'accès à l'immeuble dans lequel un autre propriétaire a un appartement
09:14et la mairie, sans aucune déclaration ou permis de construire et sans accord des copropriétaires,
09:21il a construit un portail qui commande l'accès à l'ensemble de ce bâtiment.
09:28Le maire lui a écrit pour lui demander de faire cesser ses travaux et le mis en cause a continué ses travaux.
09:36Et donc le constatant, le maire a fait dresser un procès verbal pour objectiver l'achèvement de ces travaux
09:45qui apparaissaient illégaux à l'élu. Ça, c'est il y a deux mois. Et manifestement, ce procès verbal est quelque chose
09:55qui est venu cristalliser encore plus ce sentiment d'injustice ressenti par le mis en cause.
10:02Dans les auditions et dans ce qu'il a déclaré aux enquêteurs, on voit bien ce vécu qu'il habite.
10:14Il a déclaré « Je pense qu'il veut racheter mon terrain ». Il, c'est le maire dont il parle, il paraît qu'il a 80% du village.
10:22Je rappelle que Villeneuve-de-Marc, c'est un village qui compte 1171 habitants.
10:26Et il n'a cessé de répéter durant les trois auditions opérées durant sa garde à vue qu'il était victime d'une injustice.
10:35Le 6 août, il passe devant chez le maire. Mais j'insiste, ça ne peut être qu'un geste volontaire,
10:43puisqu'il n'a aucune raison... C'est une petite ruelle qui ne désert que quelques maisons, dont celle du maire.
10:50Il n'avait aucune raison objective de passer devant chez le maire. En tout cas, il passe devant chez le maire le 6 août après-midi.
10:58C'est à cette occasion que le maire dit avoir l'impression qu'il accélère à son niveau.
11:01Toujours est-il que lui explique qu'il a regardé le maire et qu'il a considéré que le maire l'avait regardé, je cite,
11:08« avec un sourire sadique ».
11:09Sous-titrage Société Radio-Canada
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