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  • il y a 6 mois
Un violent incendie, le plus important de l'été en France, s'est déclaré dans l'Aude mardi 5 août. En moins de 24 heures, il a ravagé des milliers d'hectares de végétation et détruit plusieurs habitations.

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Transcription
00:00On va tenter de comprendre quel est vraiment l'état de la situation, le nombre d'hectares parcourus, la situation aujourd'hui avec cette journée placée sous haute tension avec le préfet de l'Aude en direct avec nous.
00:10Dans un instant, c'est l'objet de notre 7 minutes pour comprendre.
00:19Oui, on va en parler avec le préfet. Alexandra, vous restez avec nous évidemment.
00:22Le préfet, celui qui coordonne toute la situation sur place, c'est vous, Christian Pouget. Merci d'être avec nous en direct dans Première Édition.
00:30D'abord, un point très factuel sur la situation. Où en est-on ce matin ? Combien d'hectares ce feu a-t-il parcouru ?
00:39Bonjour, on est toujours à 16 000 hectares. Le feu progresse beaucoup moins vite, fort heureusement qu'hier.
00:47Et donc, l'ensemble des pompiers sont au combat pour faire en sorte de le maintenir sur cette enveloppe qui est déjà énorme évidemment
00:57et traiter l'ensemble des reprises que l'on connaît sur l'ensemble du périmètre qui, comme vous l'avez rappelé, fait 90 kilomètres.
01:07Le pourtour de ce qu'a parcouru le feu, ça représente 90 kilomètres.
01:12Donc, vous imaginez l'importance des moyens qui sont nécessaires pour traiter tout cela.
01:18Dans ce type d'incendie, ce type de catastrophe, on sait que c'est la préfecture.
01:21C'est donc vous qui prenez les principales décisions, les plus importantes.
01:25Aujourd'hui, vous avez certainement eu des réunions de crise ce matin.
01:29Quel est le programme de la journée en termes de décision ? Quelle est la priorité pour la préfecture ?
01:33La priorité de la préfecture, c'est d'arriver à fixer ce feu.
01:38Donc, vous l'avez indiqué, les pompiers sont sur place en nombre, plus de 2 000.
01:44Et puis, nous allons avoir des moyens aériens comme hier pour pouvoir traiter cet incendie.
01:52Hier, pour vous donner un chiffre, entre le lever du jour et 16 heures où on a arrêté les compteurs,
01:58ce que vous permettez l'expression, c'est plus de 600 largages d'avions, bombardiers d'eau, hélicoptères
02:05qui sont intervenus pour traiter cet incendie.
02:08C'est très important, mais fortement nécessaire compte tenu de la typologie de cet incendie qui est assez hors norme.
02:17Avant de passer la parole pour une question à Alexandra Gonzalez du service police justice de BFM TV,
02:21effectivement, ces images, vous parliez des pompiers qui sont en direct.
02:24On les voit sur nos images ici avec ce feu qui continue, cette fumée de s'échapper.
02:28Et ces camions de pompiers qui sont postés à l'avant de ces forêts de Pined, vous dites que le feu progresse moins vite.
02:38Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'on stagne à 16 000 hectares ?
02:42Et c'est une bonne nouvelle.
02:43Et pour autant, il y a cette histoire de vent tournant dans l'après-midi.
02:46J'imagine que vous êtes très vigilant.
02:48Oui, effectivement, si vous voulez, le mélange entre du vent, une sécheresse importante et une hygrométrie très faible
03:01fait que les sols sont extrêmement secs et très réactifs.
03:07Donc la moindre étincelle peut faire repartir un incendie.
03:11Et par principe, si on éteint une allumette en la trempant dans l'eau,
03:18si vous avez un feu un peu plus important, il faut plus qu'un verre d'eau pour l'éteindre.
03:23Et si on laisse les choses empirer, eh bien c'est la catastrophe.
03:29Donc il faut intervenir le plus rapidement possible,
03:31d'où le déploiement de prépositionnements de moyens tout autour de l'incendie
03:36pour pouvoir traiter ces reprises de feu
03:40et faire en sorte qu'elles n'engendrent pas des dégâts supplémentaires.
03:46C'est toute la stratégie, si vous voulez, de traiter les points chauds,
03:49de traiter les feux naissants pour progressivement réduire totalement à néant cette incendie.
04:00– On nous dit qu'à ce stade, la France n'a pas émis de demande formelle d'assistance
04:05auprès de nos voisins européens.
04:08Pourquoi ? Est-ce que c'est parce que ces moyens supplémentaires étrangers
04:11seraient trop difficiles à coordonner avec nos moyens actuels ?
04:14– Alors cette demande ne relève pas de ma compétence.
04:18C'est au niveau ministériel que ces choses sont discutées.
04:21Donc je n'ai pas de réponse à vous donner sur ce point.
04:26– Une chose qui relève de votre compétence, c'est prendre la décision de nouvelles évacuations.
04:31Est-ce que vous vous préparez à ça ce matin ?
04:34– On est, si vous voulez, en relation permanente avec le dispositif qui est sur le terrain.
04:43Ici, à quelques mètres du bureau où je vous parle,
04:46il y a ce qu'on appelle le centre opérationnel départemental
04:48où sont réunis l'ensemble des services qui contribuent à la gestion de cet incendie.
04:54Et minute par minute, on est en capacité de prendre les décisions,
05:01de soumettre les propositions de décision pour, le cas échéant,
05:05évacuer de manière supplémentaire un village ou une habitation isolée
05:11qui serait susceptible d'être menacée par les flammes.
05:14On le fait de manière adaptée parce que, évidemment, quand on évacue les personnes,
05:20il faut après proposer un lieu d'hébergement.
05:22Il y a plus de 13 lieux d'hébergement qui, aujourd'hui, sont activés pour recevoir.
05:28Vous l'avez montré dans votre reportage des personnes.
05:32Mais c'est aussi une grosse logistique à organiser.
05:35Et lorsqu'on peut maintenir les gens chez eux, c'est évidemment préférable.
05:39Et donc, on le fait quand c'est nécessaire.
05:42Et si ça doit l'être, je prendrai évidemment cette décision.
05:46– Une personne est décédée, une femme qui n'a pas voulu quitter sa maison.
05:50Est-ce que vous pouvez contraindre des personnes à quitter leur habitation ?
05:54– Non, on ne peut pas les contraindre.
05:57On peut simplement essayer de les convaincre.
05:58que le principe, je le rappelle, il est assez simple.
06:03C'est d'abord, on reste confiné.
06:05Et si un pompier ou un gendarme vient vous dire de quitter votre maison,
06:10à ce moment-là, il faut effectivement partir le plus rapidement possible.
06:14Parce que c'est à ce moment-là qu'on estime qu'il y a un danger
06:16pour l'habitation et les personnes qui s'y trouvent.
06:20Après, voilà, chacun est responsable.
06:24Les pompiers, les gendarmes, lorsqu'ils sont confrontés à ce type de comportement,
06:30essayent de faire preuve de pédagogie.
06:32Mais on n'a pas de capacité de contraindre physiquement les personnes à nous suivre.
06:37Simplement de leur dire qu'elles mettent leur vie en danger.
06:41Et malheureusement, ça semble être le cas dans le cas de cette personne décédée.
06:44– Il est 9h21, M. le Préfet, et les personnes qui nous regardent,
06:48notamment dans l'Aude, mais pas que, se posent la question.
06:52Est-ce que vous pouvez nous aider à être très concrets ?
06:54Je reviens sur ces vents tournants qui vont être vraiment quelque chose de très crucial
07:00dans la suite de la journée.
07:02Comment vous allez anticiper ça ?
07:04Comment vous faites pour essayer de comprendre en amont la direction du vent
07:08et quelle commune aux alentours peut être impactée ?
07:12– Alors, vous savez, on travaille sur de la modélisation informatique.
07:16On a des cartes, on a des modèles qui tournent pour justement regarder
07:21en fonction de la direction des vents, en fonction aussi de la topographie du terrain
07:26parce qu'un feu peut s'accélérer ou se ralentir en fonction de la topographie du terrain.
07:32S'il y a une pente descendante, une pente ascendante, tout ça est un peu technique,
07:36mais les pompiers maîtrisent parfaitement ce type d'exercice.
07:40Et puis, on a des banques de données de l'ensemble des feux qui se sont déroulés dans l'autre
07:46pour justement faire des comparaisons et regarder et poser des hypothèses de développement.
07:52Mais c'est vrai que ce feu, vous l'avez cité avec une progression à 6 km heure,
07:58a, je dois le reconnaître, un peu surpris les pompiers dans sa rapidité de développement.
08:06Et donc, on a réintégré ce type d'éléments pour pouvoir, là aussi, pouvoir poser des hypothèses.
08:14On a, au sein du centre opérationnel de développement, ce qu'on appelle une cellule anticipation
08:19et qui, justement, en fonction des hypothèses, dit que si le feu va dans cette direction,
08:26alors il faut évacuer tel camping ou telle partie de la personne.
08:32Il y a aussi la gestion des lignes de tension, la gestion des équipements, l'adduction d'eau, l'assainissement.
08:40Tout ça ne se voit pas à l'image, mais est traité par le centre opérationnel
08:44pour faire en sorte que la vie continue.
08:46Et lorsque des services sont interrompus à cause de l'incendie,
08:50ils puissent être remis de manière opérationnelle.
08:53On a, évidemment, des pylônes de portables qui ont brûlé.
09:00Donc, il faut mettre des antennes provisoires pour rétablir les réseaux, EDF, l'eau,
09:04enfin, tout ce dispositif de la vie quotidienne qui fait qu'on doit travailler.
09:11Monsieur le préfet, je ne sais pas si vous voyez à l'image,
09:13mais on a commencé cet entretien avec vous sur un plan fixe d'une forêt
09:20où un léger feu, une sorte de fumorole était apparu.
09:25Là, en l'espace de 5-6 minutes, c'est une espèce de cheminée de feu qui a progressé.
09:33Ça nous raconte quoi ?
09:33Ça nous raconte à quel point tout ça est très fragile.
09:37Et en fait, les soldats du feu que l'on voit également apparaître à l'écran ici sur BFMTV
09:42sont confrontés à des situations qui peuvent, en temps réel, basculer en quelques secondes.
09:48C'est tout à fait ça.
09:49Vos images sont très parlantes.
09:51On assiste à ce type d'événements tout au long de la journée.
09:56Et ils sont traités au fur et à mesure.
09:58Donc, voilà, ça commence par une petite fumée.
10:00Et puis, en fonction de la végétation, en fonction de l'état de la sécheresse de la végétation,
10:06ça peut, comment dire, prendre un peu plus de proportions.
10:11Bon, là, j'ai vu qu'il y avait des camions de pompiers à proximité.
10:14Donc, tout ça doit être pris en compte.
10:17Et vraisemblablement, des moyens aériens ont dû être demandés pour pouvoir traiter cet élément-là.
10:23Ou alors, le camion de pompiers, comme on dit, retraitera ça avec la cuve d'eau qu'ils ont emportée sur leur camion.
10:31Et on le voit sur ces images, en direct, dans l'aude de l'incendie.
10:36Il n'y a pas un incendie, mais il y a, des spécialistes le disaient tout à l'heure, plusieurs dizaines d'incendies, plusieurs dizaines de petits feux.
10:44Lorsque c'est comme ça, quelle est la priorité ?
10:46À quel feu on s'attaque ? Et quel est l'objectif ?
10:48Est-ce que c'est de donner une trajectoire au feu, afin peut-être de l'emmener vers la mer ?
10:53Vous savez, on peut faire une comparaison avec un conflit entre deux armées.
10:59Le feu, c'est l'ennemi.
11:01Nous, on dispose de nos forces en fonction de l'analyse qu'on fait du terrain et des forces de l'ennemi.
11:10Et donc, on a à la fois du pré-positionnement, des éléments d'attaque du feu,
11:16des éléments logistiques pour apporter tout ce qu'il faut, de l'eau, du retardant.
11:21Voilà, la force aérienne pour faire des interventions qui vont bien.
11:27Et donc, on travaille de cette façon-là pour, petit à petit, réduire les poches de réactions
11:36et les poches d'incendies qui sont, évidemment, pour nous, l'ennemi à combattre.
11:43Pour terminer, une dernière question, M. le Préfet.
11:46On vous remercie, évidemment, du temps que vous nous accordez sur BFM TV.
11:49On a eu beaucoup de vignerons à l'antenne, notamment tout à l'heure avec Antoine Forestier,
11:54qui s'inquiètent parce qu'ils ont vu partir en fumée le fruit de beaucoup de travail
11:58et ils ne savent pas comment ils vont pouvoir reprendre leur activité.
12:01Qu'est-ce que vous leur dites aujourd'hui ?
12:04Alors, effectivement, il y a eu un échange entre les vignerons et le Premier ministre hier,
12:09lorsqu'il est venu sur le terrain.
12:10Alors, aujourd'hui, c'est l'heure du combat.
12:15On a, évidemment, ce point à traiter.
12:19Mais ça ne nous empêche pas de travailler aussi à l'après.
12:22Vous pensez bien qu'avec un feu de cette dimension,
12:25les conséquences à traiter pour l'activité économique, notamment, mais pas uniquement,
12:30vont être très importantes.
12:32Donc, on y travaille.
12:33Il y aura, évidemment, un volet qui concernera l'agriculture et plus spécifiquement la viticulture.
12:41Et il faut, si vous voulez, traiter...
12:42Il y a deux grandes catégories.
12:44Il y a la réaction par rapport aux pertes de récolte que les vignerons ont subies
12:51avec une qualification particulière compte tenu du fait que la cause est en incendie,
12:59soit directe, soit indirecte.
13:00Et puis, il y a l'aspect structurel.
13:04C'est-à-dire que, cela a été dit sur vos antennes,
13:07la vigne, c'est le meilleur des Canadaires
13:09parce que ça agit en coupe-feu et en atténuation des flammes de manière importante.
13:15Ça veut dire qu'il faut se poser collectivement la question
13:18de savoir comment pouvoir rétablir ces coupe-feu naturels
13:23pour faire en sorte que, notamment, les villages soient protégés
13:28et que le feu ne court pas de massif en massif, comme on a pu le constater.
13:33Mais pour ça, il faut arriver à faire en sorte qu'une vigne qui est abandonnée
13:37parce que non rentable puisse atteindre un niveau de rentabilité, même à l'équilibre,
13:43pour que ce viticulteur puisse entretenir le paysage,
13:48le paysage qui est évidemment à disposition de l'ensemble des habitants de ce département,
13:53mais aussi des nombreux touristes qui viennent le voir
13:55et qui, bien évidemment, souhaitent voir quand ils viennent des vignes
13:58et pas des terres brûlées.
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