Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 5 mois

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Europe 1, il est 8h12, la grande interview Europe 1, nous recevons ce matin Sébastien Chenu, bonjour.
00:05Bonjour Monsieur.
00:07Sébastien Chenu, député Rassemblement National du Nord, nous allons parler ensemble du budget,
00:12nous allons parler ensemble des relations entre la France et l'Algérie, mais tout d'abord j'aimerais évoquer un nom avec vous,
00:16celui de Gilles Dussault, il a 63 ans et ce matin il est à l'hôpital.
00:21C'est un maire qui a été attaqué hier dans les rues de son village de l'Isère, Ville-Neuve-Saint-Marc,
00:261200 habitants frappés avec une arme indéterminée alors qu'elle était avec son fils de 28 ans.
00:32Sébastien Chenu, cela illustre une nouvelle fois les difficultés et les dangers d'être maire.
00:39Oui, bien entendu, comment ne pas penser à ce maire, cela fait écho aux agressions de nombreux maires.
00:44Dans la circonscription, je me souviens du maire de Main, Philippe Baudrin,
00:48agressé alors qu'il demandait à des gens du voyage de quitter le domaine public,
00:52reçu ensuite par Emmanuel Macron et puis plus rien.
00:55Parce qu'à chaque fois, c'est toujours le retour au point de départ.
00:58On déplore, on reçoit, le gouvernement déplore, reçoit les élus locaux et puis il ne se passe rien.
01:04C'est-à-dire que les sanctions que risquent ceux qui agressent nos élus locaux
01:08ne sont pas suffisamment importantes, ne sont pas suffisamment appliquées.
01:12Et ceci va provoquer une chose, c'est que ça va décourager aussi les vocations,
01:16au-delà même du phénomène particulièrement inacceptable que constitue l'agression d'un élu local.
01:22Il y avait eu une commission, pourtant une loi en 2024.
01:26Cette loi d'ailleurs avait suivi la mort du maire de Cygne, Jean-Mathieu Michel.
01:32Il avait 76 ans, il s'était fait renverser et écraser par un maçon
01:36qui cherchait à jeter les gravats de sa camionnette dans une zone, dans un terrain vague.
01:45Le maire, en voulant l'en empêcher, était tombé au sol, il avait été mortellement écrasé.
01:48Ça veut dire que depuis cette loi de 2024 et la mort du maire de Cygne, rien n'a changé ?
01:53Non, rien n'a changé, mais c'est de toute façon toujours la même chose.
01:57C'est une sorte de laxisme judiciaire, c'est-à-dire que les peines,
02:01elles sont aménagées lorsqu'elles sont prononcées,
02:04elles ne sont pas assez fortes, elles ne sont pas assez importantes.
02:08Et finalement, c'est ce que déplore et c'est ce que dit Marine Le Pen,
02:11la sacralisation du corps dans notre société n'est plus un tabou,
02:15c'est-à-dire qu'on peut s'attaquer physiquement aux gens sans risquer grand-chose,
02:20aux élus, mais aussi aux forces de l'ordre, mais aussi aux profs,
02:23mais aussi à tout ce qui représente une autorité,
02:25sans qu'il y ait derrière un risque important.
02:27Nous, on demande que l'intégrité physique soit,
02:31évidemment, lorsqu'une atteinte y est portée,
02:33soit particulièrement sanctionnée.
02:36Et évidemment, on en est très loin.
02:37Alors, ce maire, comme tous les autres maires de communes de moins de 3 500 habitants,
02:42touche 2 121 euros bruts d'indemnité par mois.
02:46Est-ce qu'il faut craindre une fuite d'évocation ?
02:48Est-ce qu'à quelques mois des élections municipales,
02:50Sébastien Chenu, vous redoutez que des maires ne se représentent pas ?
02:54Oui, alors là, c'est un autre sujet.
02:56J'allais dire, il y a en parallèle le statut de l'élu local.
02:59Nos élus locaux sont mal payés.
03:02Les maires, les adjoints, les conseillers municipaux sont quasiment bénévoles.
03:05C'est le cas en tous les cas des conseillers municipaux lorsqu'ils n'ont pas de délégation.
03:09Les adjoints ont des toutes petites indemnités.
03:11Ce sont souvent des hommes, des femmes qui se dévouent pour la cause publique dans leur commune.
03:16Donc, le statut d'élu local qu'on attend aussi depuis longtemps,
03:18ce qui veut dire derrière aussi le coût de la démocratie.
03:21La démocratie, c'est un coût.
03:22Ça doit être un débat public qu'on doit pouvoir évidemment trancher.
03:26Mais de l'autre côté, en miroir, j'allais dire, d'une meilleure rémunération,
03:30il faut assurer aussi une protection à ces élus locaux ou nationaux.
03:34Vous savez, nous, députés du Rassemblement national,
03:37on déplore régulièrement des atteintes sur nos permanences.
03:40On nous les tague, on nous insulte, etc.
03:43On doit protéger les élus dans notre pays.
03:46On doit leur donner un statut pour continuer à faire vivre la démocratie.
03:50Et nous pensons ce matin à Gilles Dussault, toujours hospitalisé.
03:53Nous lui souhaitons un bon rétablissement.
03:55Sébastien Chenu, Emmanuel Macron fait volte-face.
03:58Il demande de la fermeté vis-à-vis de l'Algérie.
04:02Mieux vaut tard que jamais ?
04:04Non, mais la faiblesse d'Emmanuel Macron, au-delà même de sa crédibilité,
04:08qui est égale à zéro, puisque de toute façon, ça fait des mois qu'on demande, nous,
04:14qu'il y ait non pas une riposte graduée, mais de la fermeté vis-à-vis de l'Algérie.
04:17Cette faiblesse d'Emmanuel Macron, elle a un coût.
04:20D'abord, elle a un coût humain.
04:22Boalem Sansal est incarcéré en Algérie.
04:24Je n'aurais de cesse de le rappeler sur votre antenne.
04:27Et Emmanuel Macron, finalement, en n'ossant pas le ton, en laissant les choses en l'état, a une responsabilité dans le fait qu'un de nos concitoyens, de nos compatriotes soit incarcéré, alors qu'il n'a rien fait, si ce n'est qu'il est écrit.
04:39Et puis, évidemment, un coût sur la sécurité des Français, on le voit, sur la capacité à faire en sorte que des États reprennent leurs ressortissants lorsque ce sont des condamnés, lorsque ce sont des délinquants.
04:52Emmanuel Macron a peur. Emmanuel Macron est un trouillard.
04:56Emmanuel Macron a peur des réactions d'une diaspora qu'il imagine forcément du côté d'un pouvoir algérien, qu'il ne faut pas confondre d'ailleurs avec la population algérienne.
05:05Et je pense que l'absence totale de crédibilité, la faiblesse d'Emmanuel Macron, la peur d'Emmanuel Macron, les Français le payent très cher.
05:12Bon, là, visiblement, il suspend l'accord de 2013 pour octroyer des visas automatiquement au passeport diplomatique.
05:19Il réclame plus de fermeté sur leurs ressortissants algériens dangereux. C'est ce que vous réclamiez ?
05:24Non, pas du tout. Ce qu'on réclame, c'est la suspension des accords de 68 qui donnent des droits supplémentaires à l'Algérie et aux ressortissants algériens pour venir s'installer en France.
05:33Ce qu'on demande, c'est que l'accord qui, en ce moment, est en train d'être étudié avec l'Union européenne, entre l'Algérie et l'Union européenne,
05:40qui permettrait à l'Algérie de bénéficier de subsides de l'Union européenne, il soit lui aussi rediscuté.
05:47C'est-à-dire qu'on demande de la fermeté sur des choses concrètes, pas sur des bouts d'accords qui sont à peine appliqués comme celui que vous évoquez.
05:52J'aimerais évoquer avec vous un podcast, un nouveau youtubeur qui s'est lancé il y a deux jours désormais.
06:00C'est le Premier ministre François Bayrou qui a sorti hier son deuxième épisode de FB Direct.
06:05Une conversation quotidienne du Premier ministre avec les Français pour les convaincre de la nécessité et de l'urgence de redresser nos finances publiques.
06:13Il avait déjà pris la parole le 15 juillet pour un premier coup de semence sur le mur de la dette qui est face à nous, là désormais.
06:20Donc c'est son deuxième épisode.
06:22Combien de coups de semence faudra-t-il pour que le Premier ministre alerte et fasse prendre aux Français la conscience de l'urgence à redresser les finances publiques ?
06:32D'abord, il y a plusieurs choses, il y a la forme et le fond.
06:35Combien de coups de semence ?
06:35D'abord, François Bayrou qui a participé à tous les gouvernements et a soutenu toutes les politiques qui ont été menées depuis 30 ou 40 ans dans le pays
06:43et qui amènent à ce résultat, devra d'abord se poser des questions sur l'efficacité des politiques qu'il a soutenues ou conduites lui-même.
06:49Ils auront de cesse de rappeler que la situation que nous connaissons, elle est le fruit de l'action des Bayrou, des Attal, des Édouard Philippe, des Emmanuel Macron, de leurs prédécesseurs.
07:00Ce sont eux qui ont mis le pays dans cet état-là.
07:02Sur la forme, vous l'avez vu, ce YouTube, ça a été un flop monumental.
07:06François Bayrou a eu très peu de Français qui l'ont suivi.
07:09C'est sûr qu'il n'est pas Squeezie, Michou ou Nabila, qui veut.
07:15En tous les cas, il n'arrive visiblement pas à leur niveau.
07:19Il a peut-être moins de rêve à vendre.
07:21Ce qu'il nous promet, c'est un peu moins réjouissant que les autres YouTubeurs.
07:26Il nous demande de faire des efforts pour combler la nullité de son action politique et celle de ses prédécesseurs.
07:33Dans ce n'est sûr que ça ne fait pas rêver, le problème c'est qu'il persiste et il signe sur les logiques qui sont les siennes.
07:38Par exemple, celle de supprimer des jours fériés.
07:41En fait, cette vidéo YouTube a pour but non seulement de faire culpabiliser les Français,
07:49mais aussi d'asseoir les décisions budgétaires qu'il veut prendre et auxquelles nous nous opposerons.
07:54Nous, le Rassemblement National, on ne laissera pas François Bayrou imposer aux Français de se serrer la ceinture encore une fois
08:01pour réparer les erreurs du gouvernement, alors qu'on pourrait évidemment ouvrir le dossier du coût de l'immigration,
08:10celui du coût de l'Union Européenne, celui du coût de la fraude.
08:13Il y a beaucoup de dépenses de l'État et des agences.
08:17Là, hier, il a réitéré son vœu de supprimer des jours fériés,
08:21mais dimanche, c'était la ministre du Travail et de la Santé qui proposait de serrer la vis sur les fraudes sociales.
08:26C'est une proposition qui va dans le bon sens pour économiser 13 milliards d'euros.
08:30Oui, mais sur les fraudes sociales, nous on demande depuis longtemps avec Marine Le Pen la carte biométrique,
08:35la carte vitale biométrique, rien n'est en vue.
08:37On ne parle que des fraudes sociales, alors qu'il y a aussi la fraude fiscale,
08:40qui est, je crois, évaluée à 80-90 milliards d'euros contre une dizaine de milliards d'euros de fraudes sociales.
08:46On demande, nous, la priorité nationale sur les remboursements ou les aides sociales
08:51qui devraient être réservées aux citoyens français.
08:55Et là, il n'y aurait pas besoin de faire des annonces, j'allais dire, qui font plus de bruit que de résultats.
09:01S'il y avait la priorité nationale sur l'affectation d'un certain nombre d'allocations sociales dans notre pays,
09:07eh bien, on récupérerait de l'argent probablement indûment perçu.
09:12Donc, vous voyez, il y a des choses basiques à mettre en place.
09:15Ce gouvernement demande simplement aux Français de se serrer la ceinture.
09:18Nous, on ne laissera pas faire.
09:18Est-ce que Sébastien Chenu, parmi les priorités pour le prochain budget, serait celui d'acheter des canadaires ?
09:23Visiblement, les restrictions budgétaires ont provoqué l'annulation d'achat de deux avions
09:28qui nous permettent de lutter contre les incendies qui ravagent l'aude depuis 48 heures.
09:32Vous avez raison, c'est Gabriel Attal qui a annulé les crédits qui permettaient d'acheter des canadaires.
09:36Mais je rappelle aussi qu'Emmanuel Macron avait reçu en octobre 2022 tous les acteurs engagés dans les feux de forêt,
09:42les élus, les responsables de SDIS, etc.
09:45Et rien ne s'est passé.
09:47Qu'est-ce qu'il faut faire ?
09:48J'allais dire, bien entendu qu'il faut des moyens.
09:50Bien entendu qu'il faut des moyens pour les canadaires.
09:52Je pense, là, d'abord, il faut commencer peut-être par avoir une reconnaissance pour les pompiers,
09:57une pensée pour les familles de l'aude touchée par ces incendies.
10:00D'abord, il faut des moyens.
10:01Mais il faut aussi permettre d'arrêter, d'arracher les vignes.
10:04La vigne, c'est ce qui permet, évidemment, d'empêcher la propagation d'incendies.
10:09Je pense à nos députés de l'eau, de Barthès, Falcon et Rancoule,
10:12qui se sont mobilisés sur ces demandes-là depuis très longtemps.
10:16Et puis, arrêter de fermer les yeux sur un certain nombre de choses qui se passent aussi.
10:19C'est-à-dire qu'en ce moment, le statut des sapeurs-pompiers,
10:22il est fragilisé par des normes européennes dans l'indifférence générale.
10:25On a voté quelque chose sur la bonification des retraites de pompiers.
10:28Il y a deux ans et demi, le décret n'est toujours pas appliqué.
10:32On avait demandé, c'était le député Emmanuel Taché de la Pagerie,
10:34la création d'un secrétariat d'État à la sécurité civile et aux risques majeurs.
10:39Rien n'est fait.
10:40Donc, aujourd'hui, ce gouvernement déplore.
10:42Aujourd'hui, ce gouvernement raye des lignes de crédit.
10:45Et aujourd'hui, ce gouvernement laisse les pompiers se battre avec l'énergie du désespoir
10:49pour faire face à un des pires incendies.
10:51Il faut encore leur dire, effectivement, notre gratitude, notre reconnaissance
10:54alors qu'ils sont si maltraités tout au long de l'année par ces gouvernements
10:58qui tournent le regard.
10:59Je vous rappelle qu'on a dépensé un milliard et demi pour se baigner dans la Seine.
11:03Pour 20 000 personnes qui se sont baignées dans la Seine,
11:05à un moment, on marche vraiment sur la tête.
11:07Bon, et on rappelle qu'à l'heure où on se parle,
11:09les pompiers luttent toujours contre l'incendie dans l'Aude
11:12qui a déjà brûlé 16 000 hectares.
11:13Merci Sébastien Chenu.
11:15C'est moi qui vous remercie.
11:16Député Rassemblement National du Nord.
11:18Merci d'être venu en direct sur Europe 1 pour la grande interview.
11:21Merci d'avoir regardé cette vidéo !
Écris le tout premier commentaire
Ajoute ton commentaire

Recommandations