00:00Alors tiens, désormais, vous allez peut-être devoir vous poser cette question-là.
00:02Est-ce que pour les vacances, vous êtes plutôt mer, montagne ou usine ?
00:06Voilà une nouvelle question et vous allez comprendre pourquoi on l'évoque
00:10avec ce nouveau type de tourisme, le tourisme industriel dont on parle
00:14avec notre invité de 8h15.
00:16Bonjour Emmanuel Bokis.
00:18Bonjour.
00:18Merci d'être avec nous.
00:19Vous êtes éditrice au Guide du Routard qui consacre une édition
00:22à ce tourisme d'entreprise ou tourisme de savoir-faire.
00:27Comme on ne comprend pas forcément ce que ça veut dire,
00:29qu'est-ce que c'est en fait ?
00:31Tourisme industriel, justement, c'est un petit peu dommage d'utiliser cette expression
00:35parce qu'on a l'impression qu'on va aller passer ses vacances à l'usine.
00:38Mais ce n'est pas exactement ça.
00:39C'est pour ça que je préfère le mot visite d'entreprise
00:41parce que ça ouvre très largement le champ.
00:43La première chose, c'est que c'est un tourisme qui existe depuis très longtemps
00:46sans qu'on s'en rende compte, un peu comme M. Jourdain faisait de la prose.
00:49Tout simplement parce que très souvent, les gens sur la route des vacances
00:52passent dans une cave et vont visiter une cave
00:55et remplissent le coffre au passage pour prendre du vin pour le barbecue.
00:59On est déjà dans une démarche de visite d'entreprise.
01:02Quand on allait, par exemple, se dire
01:04« Tiens, je vais acheter des oeufs à la ferme à côté
01:06et je vais en profiter pour gratter les vaches »,
01:08c'est déjà une visite d'entreprise.
01:10Vous avez fait du tourisme industriel déjà ?
01:12Oui, super. On en a tous fait.
01:13C'est là qu'on s'en rend compte.
01:13On en a tous fait.
01:15L'idée, c'est donc de se glisser un peu dans les coulisses,
01:18que ce soit des usines, on l'évoquait,
01:20mais aussi des artisans,
01:22de tous ceux qui font savoir faire et savoir faire.
01:25On est totalement dans cette démarche.
01:27C'est là qu'on voit, par exemple,
01:29qu'on a affaire à quelque chose de très attractif.
01:32Le premier secteur qui est sollicité,
01:34c'est celui de l'agroalimentaire.
01:36Et les premières choses qui apparaissent, c'est du sucre.
01:39Donc c'est une activité très familiale.
01:41Les premiers acteurs,
01:42ça va être des gens qui fabriquent des bonbons,
01:44des gens qui fabriquent des biscuits.
01:45Et si jamais on veut continuer sur l'agroalimentaire,
01:49le sel, par exemple,
01:50les sels marais salants,
01:51font aussi partie des entreprises
01:54qui attirent énormément de publics.
01:56Donc là, c'est des activités d'extérieur.
01:58Oui, il y en a qui sont plus étonnantes,
02:00comme des EDF, par exemple,
02:02qui ouvrent ces camps.
02:03Alors, EDF, elle triche un peu,
02:05parce qu'en fait, elle a 80 sites.
02:06Donc avec 80 sites
02:08qui vont porter sur des activités très diverses,
02:11on peut aller véritablement,
02:12peut-être pas dans le cœur du réacteur,
02:13parce que c'est des reconstitutions à l'extérieur,
02:16mais on peut aller dans quelque chose
02:17d'aussi lourd et d'aussi stratégique
02:19que du nucléaire,
02:20comme on peut aller voir,
02:22comprendre comment va fonctionner une éolienne,
02:25comment va fonctionner un panneau solaire.
02:27Donc on a affaire à toute une diversité
02:28chez ce premier acteur
02:30qui reçoit de la visite d'entreprise,
02:31qui est EDF.
02:33Alors, les entreprises,
02:34on imagine que ça leur rapporte
02:35aussi du monde qui passe,
02:37de la visibilité.
02:38Absolument.
02:39Est-ce qu'elles ouvrent facilement leurs portes ?
02:42Alors, l'ouverture des entreprises a explosé.
02:45En cinq ans,
02:46on est passé de 2 000 entreprises
02:47qui s'étaient ouvertes
02:49à 4 000 entreprises
02:50qui ont ouvert leurs portes.
02:52Si jamais elles le font,
02:53c'est bien parce qu'elles ont compris
02:53que c'était tout à fait dans leur intérêt.
02:56L'intérêt, il est à trois niveaux.
02:58Le premier intérêt,
02:59c'est vraiment une question de communication
03:01dans une époque
03:02où on a des nouvelles anxiogènes
03:03sur le plan de la consommation tous les jours.
03:05Je pense au scandale de la vache folle
03:07pour ce qui est de la consommation alimentaire.
03:09Pas de la vache folle,
03:10mais je pensais plutôt
03:11au problème fin d'us
03:13avec la viande de cheval.
03:15Là, on a eu une traçabilité
03:16qui est entière.
03:18Si jamais on prend la même question
03:19sur l'industrie lourde,
03:21on a eu le dieselgate,
03:23on peut rentrer dans une usine Renault
03:24et se dire comment ça a été fabriqué,
03:26comment une voiture a été fabriquée,
03:28comment ça marche.
03:29Et donc, il y a véritablement
03:31une question de transparence
03:32qui est fondamentale.
03:34Là, on peut se dire
03:35je vois comment a été fabriqué mon biscuit
03:37depuis l'étape de la farine,
03:38jusqu'au moment où il sort du four.
03:40La deuxième chose,
03:42c'est que le consommateur étant rassuré,
03:44il va se lâcher un peu plus
03:45et la consommation à la sortie
03:47d'une visite
03:49est de 40% supérieure
03:50au panier moyen pour une marque
03:53sans visite.
03:54Donc, il y a véritablement
03:55un intérêt économique
03:57à pouvoir mettre les deux ensemble.
03:59À partir du moment, effectivement,
04:00où on a eu une communication
04:01qui était approfait...
04:02Comment on fait justement la communication ?
04:03On prend un billet,
04:04on y va comme ça,
04:05on sonne à la porte.
04:05Il y a toute une diversité...
04:07Il faut acheter le livre,
04:08évidemment,
04:08je dirais que c'est pour ça
04:09précisément qu'on a fait un guide.
04:12C'est qu'il y a toute une diversité
04:13de situations qui vont apparaître
04:15depuis des visites guidées,
04:17très structurées,
04:18avec des entreprises
04:19qui décident d'employer quelqu'un
04:21à plein temps
04:22sur la visite d'entreprise,
04:24comme des entreprises
04:25qui ouvrent leurs portes,
04:27des entreprises qui vous laissent
04:28derrière une vide
04:28pour des questions d'hygiène,
04:30parce qu'il n'est pas question
04:31de rentrer dans la fabrique.
04:32Et c'est parfaitement logique,
04:35c'est même plutôt rassurant.
04:36Donc on a affaire
04:37à toute une gamme d'entreprises.
04:38Là où ça peut être
04:38très intéressant,
04:39c'est quand ce sont les gens
04:40qui véritablement travaillent
04:42dans l'usine,
04:43qui font eux-mêmes la visite,
04:45qui vous montrent,
04:45qui vous disent
04:46« Ma machine,
04:47elle fonctionne comme ci,
04:48comme ça, etc. »
04:49Et il y a un échange humain.
04:50On aime toujours se glisser
04:51dans les coulisses.
04:53Évidemment,
04:53c'est vraiment un modèle
04:55de tourisme
04:56en pleine expansion ?
04:57C'est totalement en expansion.
04:59C'est aussi en expansion
04:59du côté de la fréquentation.
05:00Et là, je remercie
05:01notre partenaire
05:02Entreprises et Découvertes,
05:03qui est une association
05:04qui s'occupe précisément
05:06d'observer et d'accompagner
05:08le développement
05:09de ce mode de tourisme,
05:13de cette visite d'entreprise.
05:14Donc merci à eux.
05:16Et là,
05:16on l'a vu du côté de l'offre,
05:18quand vous regardez un peu
05:19du côté, entre guillemets,
05:20de la demande,
05:21en tout cas des gens
05:22qui y vont,
05:23on a observé
05:24une croissance de 40%,
05:25plus que ça,
05:26de 50% de la population.
05:28Là aussi,
05:29entre 2019 et 2024,
05:33les derniers moments.
05:34On est maintenant
05:34à 22 millions de Français
05:36qui passent
05:36à travers une entreprise.
05:38En 2024,
05:39quand on regarde,
05:40ça fait pratiquement
05:41un Français sur trois
05:42qui est passé.
05:44Et encore,
05:44c'est ce qu'on observe.
05:45Ce qui est chouette,
05:46c'est que c'est une manière
05:46déjà originale
05:48de visiter une région.
05:50C'est une manière patrimoniale
05:51de le faire.
05:52Et c'est finalement
05:53assez inédit encore.
05:55Ça va sûrement se développer.
05:56Mais est-ce qu'il y a
05:57d'autres manières
05:57de faire du tourisme
05:59qui sont à la mode
06:00en ce moment ?
06:01Par exemple,
06:02un tourisme plus détendu,
06:05ça existe ?
06:05Tout à fait.
06:07Je dirais qu'il y a
06:07deux mouvements
06:08qu'on est en train
06:09d'observer
06:09et qui,
06:10d'une certaine façon,
06:11s'associent vraiment
06:12avec ce tourisme d'entreprise
06:13qui est une explosion
06:15du slow tourisme,
06:16c'est-à-dire le fait
06:16de se balader
06:17à vélo,
06:18à pied,
06:19en évitant la voiture,
06:21pour certains,
06:22en évitant l'avion.
06:23Donc,
06:24ce tourisme de proximité
06:25et ce tourisme
06:26non motorisé
06:27est en explosion.
06:28D'ailleurs,
06:28pour info,
06:29au Routard,
06:29on a une petite collection
06:29vélo sur le sujet entière
06:31avec 12 vélo-routes
06:33qui sont explorées,
06:35détaillées,
06:35en topo guide.
06:37Donc,
06:38on a ceci,
06:38on a la randonnée
06:39qui explose
06:41et on observe
06:42ce mouvement
06:43de déconnexion
06:44qui est en train
06:45d'exploser aussi,
06:48qui est,
06:48au lieu que ce soit
06:49la peur
06:50de ne pas être connecté,
06:51le FOMO,
06:52au contraire,
06:52la joie
06:53d'être déconnecté,
06:54le JOMO.
06:55Donc,
06:55ça va très bien ensemble.
06:56C'est la une de Corse Matin
06:58aujourd'hui.
06:58Exactement.
06:59Vous l'envoyez.
06:59On en parle.
07:00Débranché.
07:01On est parfaitement
07:02dans le thème.
07:02Merci beaucoup
07:03et on remontre votre livre.
07:04Merci beaucoup,
07:05Emmanuel Bocquisté,
07:06de venir nous voir
07:06pour ce visite d'entreprise
07:08en France.
07:08Vous allez voir,
07:09il y a plein de petites adresses
07:10où on a envie d'aller.
07:11Un petit bon plan.
07:12Merci à vous.
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