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  • il y a 5 mois
Si le changement climatique nous concerne tous, ceux dont la vie est transformée par les effets du réchauffement, se trouvent souvent à l'autre bout du monde. Montée des eaux dans les îles du Pacifique, fonte des glaces sur les cimes de l'Himalaya, avancée du désert, déforestation de la jungle équatoriale... Face à ces menaces, les peuples de ces précieux et fragiles écosystèmes consacrent toute leur vie à trouver des solutions. Ce sont des résilients. Comment luttent-ils quotidiennement pour s'adapter aux effets du changement climatique ? Quelles innovations et alternatives développent-ils ?

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Personnes
Transcription
00:00Les grincements métalliques résonnent dans le désert.
00:30Nous sommes au cœur de la Mauritanie, dans le sud du Sahara.
00:46Ce n'est pas un train comme les autres. Dans ces citernes grises se cache le trésor le plus précieux qui soit.
00:57Il y a beaucoup d'eau là ?
01:127 citernes ?
01:15Pour tous les villages là ?
01:17Jusqu'à Choum.
01:19Jusqu'à Choum c'était à quoi ? 200 km ?
01:23De l'eau, près de 500 000 litres. Un bien rare et surtout précieux pour les populations de cette région.
01:32Les citernes sont pleines, le départ est imminent.
01:35Sa destination, Benamera, à 150 km d'ici.
01:45On dit de lui qu'il est le plus grand train du monde.
01:48150 wagons, 2,5 km de convoi.
01:55L'engin reprend sa route.
01:58J'en profite pour monter à bord.
02:03Un long voyage nous attend à bord d'une machine qui ne dépasse pas les 60 km par heure.
02:10Tijani travaille dans la compagnie des chemins de fer mauritanienne depuis 14 ans.
02:31A côté de lui, Ahmed, son second, les yeux rivés sur la voie ferrée.
02:42Le train trace sa route dans un décor de Far West.
02:51Cette région de Mauritanie, l'Adrar, est une zone très isolée, traversée de bout en bout par le Sahara.
03:01Sur une superficie équivalente à la moitié de la France, pas plus de 60 000 habitants.
03:07Une personne par kilomètre carré.
03:10Après trois quarts d'heure de voyage sans croiser âme qui vive,
03:14soudain, quelques silhouettes à l'horizon.
03:17Une dizaine de nomades attendent le passage du train.
03:21Dijani coupe les gaz.
03:26La procédure est bien huilée, chacun à son poste.
03:32L'arrivée du train est toujours un événement.
03:44À l'extérieur, les nomades s'activent.
03:49L'un d'eux déploie le tuyau d'un énorme réservoir et s'empresse de le brancher à la citerne.
03:55Les horaires du train sont un peu aléatoires, mais pour les populations de la région, c'est un rendez-vous à ne pas manquer.
04:17Heureusement que le train est là.
04:22Parce qu'il n'y a pas de pluie, il n'y a pas de source d'eau ici.
04:29Elle est bonne. Elle est fraîche.
04:34Si vous n'aviez pas ce train et l'eau du train, comment vous feriez pour vivre ?
04:39On ne pourrait pas vivre ici. On serait obligé de rejoindre les villes.
04:44On ne peut pas vivre sans eau. Rien ne peut survivre sans eau.
04:49Ce nomade à 46 ans, il a toujours vécu dans le désert.
04:53Pour avoir de l'eau potable, il ne s'éloigne jamais trop de la voie ferrée.
05:00Une fois par semaine, c'est le rituel du ravitaillement.
05:04On a soif. Lui, lui, tout le monde a soif ici.
05:11On est venu se ravitailler, ma famille est là-bas et tout le monde là-bas a soif.
05:19Après une dizaine de minutes, le train doit reprendre sa route.
05:23D'autres nomades l'attendent plus loin.
05:27En Afrique subsaharienne, plus de 40% de la population n'a aucun accès à l'eau potable.
05:35Un phénomène qui, d'année en année, ne cesse de s'amplifier.
05:39Le Sahara, 9 millions de kilomètres carrés.
05:51Il traverse 10 états, compte 200 millions d'habitants et couvre à lui seul 30% de la superficie du continent africain.
05:59Le plus vaste désert du monde, mais aussi le plus chaud.
06:05Avec le changement climatique, les températures ne cessent de monter jusqu'à 55 degrés à l'ombre.
06:12Le Sahara progresse et dévore tout sur son passage.
06:21Les pays les plus exposés sont ceux du Sahel.
06:24Et parmi eux, il y en a un en particulier.
06:29La Mauritanie, dont la majeure partie est désertique.
06:36Les nomades, qui vivent traditionnellement de l'élevage, sont en voie de disparition.
06:41La sécheresse et la chaleur rendent leurs conditions de vie impossibles.
06:46Ils affluent vers les villes, mais là aussi, les dunes gagnent du terrain chaque année.
06:51Le sable est entré par les fenêtres.
06:55C'est pour ça qu'on a dû les boucher.
06:58Tout passer par les ouvertures.
07:00Ça finit toujours par revenir, encore et encore.
07:05Partout, c'est le même problème. Du sable, du sable, encore du sable.
07:10J'ai vu des femmes et des hommes qui luttent contre l'avancée du désert.
07:13Des populations qui, face à la sécheresse, repoussent les limites pour s'adapter au changement climatique.
07:25J'ai rencontré des villageois capables de transformer la nature, pierre par pierre.
07:33Pour nous, ça c'est une religion du siècle, que nous leçons à nos petits-enfants.
07:41J'ai vu des bénévoles relever un pari fou, verdir le désert et faire de ces terres inhospitalières une terre d'accueil.
07:49Et surtout, j'ai appris qu'avec du travail et de la volonté, l'homme peut faire naître des jardins au milieu de nulle part.
08:04Le désert, quand tu y trouves de l'eau et que tu peux limiter le vent, tu peux faire pousser n'importe quoi.
08:09Au cœur du Sahara, j'ai découvert une population qui mène un combat sans relâche contre la désertification.
08:19Sous-titrage Société Radio-Canada
08:49Au bord de l'océan Atlantique, Nouakchott, capitale de la Mauritanie, un million et demi d'habitants.
09:00Cette cité moderne forme une sorte d'exception dans le pays.
09:04La Mauritanie est à 90% un vaste désert que ces populations fuient de plus en plus,
09:11avec l'avancée du Sahara et la hausse drastique des températures.
09:14C'est au cœur de la vie de ces Mauritaniens que j'ai décidé de me plonger,
09:21pour comprendre de quelle façon ils affrontent ce désert qui ne cesse de s'étendre.
09:30Nous partons vers le Nord, en direction d'une cité millénaire menacée de disparition.
09:3612 heures de voiture sur un goutron bouillant.
09:46La chaleur est étouffante.
09:48Nous arrivons à Shinghetti, la capitale spirituelle du pays.
10:02Encerclée par des dunes, la ville est née il y a plus de 1000 ans.
10:07Elle est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.
10:10Mais depuis une dizaine d'années, le désert ne cesse d'avancer et les habitants luttent au quotidien pour sauver leur cité.
10:20Une vie rythmée par la même corvée chaque jour, qui démarre dès 6 heures du matin.
10:25Desjeux répètent ses gestes en permanence devant ses enfants.
10:35Il y a beaucoup de sable.
10:38La maison en est pleine.
10:40Ce sont les dunes qui rentrent jusque dans la maison.
10:43Elles s'infiltrent par la porte, mais par les fenêtres aussi là-bas.
10:47Le sable s'infiltre aussi par cette ouverture.
10:50Ah oui, le sable vient jusque là.
10:55Ça rentre par là et ça descend à l'intérieur, jusqu'au tapis sur le sol.
11:01Je suis obligée de fermer les volets.
11:04Je mets des tapis et des couvertures pour empêcher tout ça.
11:07J'ai peur que le sable rentre.
11:10Dès que j'enlève le sable, il finit toujours par revenir.
11:14Le sable prend toute la place dans ma vie.
11:17Je m'en occupe matin et soir.
11:18Si je ne fais pas ça, ça va devenir une dune immense ici.
11:24Mère célibataire, desjeux n'a pas de travail et peu d'argent.
11:29Impossible de déménager.
11:31Elle préserve sa maison tant bien que mal, avec les moyens du bord.
11:35Mais elle le sait, dans ce combat entre les hommes et le désert,
11:39les hommes finissent rarement vainqueurs.
11:43Allez, on y va !
11:44C'est l'heure d'aller à l'école pour Didi et Jaja, les enfants de des jeux.
11:52Allez les enfants, on avance !
11:54Et sur le chemin, elle tient à me montrer quelque chose.
12:05L'ancienne école était là.
12:07Mais maintenant, tout est ensablé.
12:11Ça, c'est l'école de départ ?
12:13Oui, ils l'ont fermée.
12:15Ils en ont construit une autre un peu plus loin.
12:17C'est à cause de la dune qui a tout envahi.
12:21Le sable est entré jusque dans les salles de classe.
12:26Ça veut dire des jeux que les dunes ont même attaqué l'école.
12:30Oui, c'est ça.
12:32Il n'y a que du sable.
12:34Regardez tout autour de nous.
12:36Il n'y a que du sable.
12:38Voici la nouvelle école qu'ils ont construite.
12:44Elle est toute neuve.
12:46Une nouvelle école à 100 mètres de l'ancienne.
12:50Quand elle ne peut plus résister, la ville recule.
12:55Car Shingeti n'a pas toujours été située là où vit des jeux aujourd'hui.
12:59Au début du 20ème siècle, la ville se trouvait à 100 mètres plus au nord.
13:06Mais cette Shingeti-là n'est quasiment plus habitée.
13:10Quant à la cité originelle, il en reste quelques traces, 100 mètres encore plus haut.
13:21Seule une poignée de bâtiments historiques surnage.
13:25Le reste de la ville est enfoui sous les dunes.
13:31Retenir le désert est devenu une obsession pour les habitants de Shingeti.
13:38Bonjour.
13:40Assalamu alaikum.
13:42Je vous suis ?
13:44Certains, comme Abou Bakar, ont même fait de la lutte contre le sable une profession.
13:49C'est l'heure du petit-déj ?
13:51Oui, chaque jour comme ça, on prépare le thé le matin.
13:56À Shingeti, tout le monde connaît Abou Bakar.
13:59Ce père de famille de 51 ans, maçon d'origine, s'est trouvé depuis quelques années une nouvelle activité.
14:06Qu'est-ce que vous allez faire comme traite aujourd'hui ?
14:08Une femme nous a appelés. Elle a besoin qu'on vienne désensabler sa maison.
14:12Le problème ici, c'est le sable. Il bloque les portes.
14:15Le sable est partout.
14:16Armé de pelles, Abou Bakar et ses trois fils se rendent donc à la maison de leur cliente.
14:26Elle habite à 15 minutes de là.
14:28La technique d'Abou Bakar et de ses fils peut surprendre.
14:40Le sable qui bloque la porte d'entrée est entassé sur des sacs de jute.
14:47Il est ensuite transporté quelques mètres plus loin.
14:52L'opération est répétée encore et encore des centaines de fois.
14:57Abou Bakar, c'est quoi l'objectif ? C'est de désensabler tout ou une partie ?
15:06Aujourd'hui, on va déblayer devant les portes pour pouvoir les ouvrir à nouveau.
15:10C'est un travail dur ?
15:12Oui, très difficile.
15:14C'est fatigant pour vous ?
15:16Parce qu'il faut faire ça quoi ?
15:18Des milliers de fois.
15:20Et c'est efficace ou à la fin, finalement, ça revient tout le temps ?
15:23Ça finit toujours par revenir. Encore et encore.
15:27Partout, c'est le même problème. Du sable, du sable, encore du sable.
15:32Le désert ne cesse d'avancer.
15:35Beaucoup de...
15:38Beaucoup de travail.
15:42Sa cliente, Tegber, a 60 ans.
15:46Elle a toujours vécu à Shingeti.
15:49Mais depuis quelques années, sa maison se fait dévorer.
15:51Petit bout par petit bout.
15:54Pièce par pièce.
16:00Ah ouais. Mais le sable, il s'est infiltré naturellement ?
16:04Oui, oui. Le sable est entré par les fenêtres.
16:07C'est pour ça qu'on a dû les boucher. Tout passer par les ouvertures.
16:1010 cm de sable tapissent la pièce.
16:12Tegber a bien fait condamner les ouvertures et les fenêtres.
16:19Mais le sable rentre quand même.
16:22Mais le sable rentre quand même.
16:26Ah oui, ça, c'est complètement cimenté. C'était une porte, ça.
16:30Oui, on l'a fermée avec du ciment.
16:33Cette pièce, Tegber ne l'utilise plus. Elle est impraticable, voire même dangereuse.
16:38Le toit, par exemple, le toit là, il pourrait céder sous la pression du sable.
16:46Bien sûr, ça peut tomber. Si le poids du sable continue à pousser, le toit finira par tomber.
16:51On habitait dans cette pièce, mais à cause du risque, on ne peut plus y vivre. C'est trop dangereux.
16:58On ne veut pas mourir en ce vie. On a dû abandonner cette pièce.
17:04Pour sauver ce qui reste de sa maison, où elle vit avec son petit-fils, Tegber fait donc parfois appel au désensableur.
17:15Pour débloquer deux portes, il aura donc fallu quatre heures à Abou Bakar et à ses fils.
17:22Il est midi. C'est l'événement.
17:27Bravo ! Bravo, Salim !
17:29J'ai gagné !
17:31T'as gagné, Abou Bakar ?
17:32Oui, j'ai gagné, Abou Bakar !
17:34Bravo ! Tegber, qu'est-ce que vous en pensez ?
17:40Oh ben, je suis contente. Je vais enfin pouvoir réutiliser la douche.
17:47Là, vous allez payer combien pour aujourd'hui ?
17:49Je ne sais pas combien ils vont me demander.
17:53Deux mille par personne.
17:55Quatre personnes, oui, oui.
17:58Huit mille en tout pour nous quatre.
18:01Et ça, c'est combien de fois par mois ?
18:03Dès que j'ai l'argent pour les payer, je les appelle.
18:06Alors, ça vaut le coup de rester ici ?
18:08Mais je n'ai pas d'autre endroit où aller. Je n'ai qu'ici.
18:14En moyenne, Abou Bakar gagne l'équivalent de 300 euros par mois.
18:20C'est un salaire très correct ici.
18:22Il ne manque pas de travail.
18:26Chaque mois, il désensable jusqu'à huit maisons.
18:31Pour vous, c'est un bon business ?
18:33Ah oui, ce travail, c'est un super business pour moi.
18:38Il y a beaucoup d'argent.
18:40Le sable revient tout le temps et je reviens avec.
18:44Et personne ne va m'empêcher d'en profiter.
18:46Ouais, mais c'est triste quand même, non ?
18:50C'est Dieu qui amène le sable.
18:53Et nous, on l'enlève.
18:55On n'y peut rien, c'est comme ça.
18:58Donc, c'est une belle vie ?
19:02Oui, à 14 heures, quand j'ai fini, c'est la belle vie qui commence.
19:08Abou Bakar est sans doute le seul habitant de Shingeti pour qui le désert soit une chance.
19:17Mais pour la plupart, il est devenu une menace telle que de plus en plus d'habitants s'organisent
19:23pour relever un défi à première vue impossible, stopper la progression du sable.
19:28À l'intérieur de cette palmerée, c'est l'effervescence.
19:39Des femmes s'activent en récupérant de vieilles tiges de palmiers séchées.
19:46Jusqu'à présent, ces déchets étaient inutiles.
19:50Mais désormais, elles les utilisent comme une arme.
19:53Avec ces tiges, on arrive à stopper la lune.
19:59Ça protège la palmerie et les plantations.
20:03Ça protège du vent et du sable.
20:07C'est vraiment très important.
20:14Chaque jour, ces femmes se mobilisent bénévolement avec les hommes du village voisin.
20:19Objectif, bâtir un mur de protection contre les attaques du désert avec ses feuilles de palmiers séchées.
20:29Et une technique savamment mise au point.
20:33La barrière sert à arrêter la dune.
20:37En bas, les tiges sont serrées pour arrêter le sable.
20:40Mais en haut, les feuilles sont un peu plus espacées et ouvertes pour que le vent puisse traverser et qu'il ne fasse pas tomber toute la barrière.
20:49Et comme ça, la dune n'avance pas. Elle ne peut pas s'agrandir.
20:53Cette initiative, lancée par l'Etat il y a un an, rassemble tous les habitants des villages de la palmerie,
21:04à commencer par le responsable des opérations, Abdelkader, pour qui le recours à ce système D est une nécessité absolue.
21:13C'est très important pour arrêter la dune, pour que le sable n'arrive pas dans les cultures, dans les maisons, dans les propriétés.
21:24Parce que le vent est très dangereux.
21:28Si le désert avance, le village ne pourra pas se développer.
21:31Je ne te dis pas que ça va complètement arrêter la progression du désert, mais ça va la ralentir.
21:40Et ça va diminuer la menace.
21:43Vu du ciel, le résultat est spectaculaire.
21:47La palmerie est entourée de ces barrières de palmiers séchées.
21:52Au total, un kilomètre et demi de murs ont ainsi été construits en quelques mois.
21:56Le désert mobilise ainsi toutes les forces du village.
22:01Mais les habitants le savent.
22:03Le pouvoir des barrières construites autour de chez eux est limité.
22:07Elles ne peuvent au mieux que ralentir l'avancée des dunes.
22:11En aucun cas l'enrayer.
22:13Il faut dire que rien ne semble arrêter la progression du désert.
22:18En un siècle, le Sahara a augmenté sa surface de 10%.
22:23L'équivalent de la superficie de la France.
22:27Un phénomène qui s'accélère depuis 20 ans.
22:31Cette invasion bouleverse tout l'écosystème.
22:35Pas un arbre, pas une plante n'est visible à des centaines de kilomètres à la ronde.
22:41Plus rien ne pousse.
22:42La sécheresse se répand d'un bout à l'autre de la Mauritanie.
22:47Désormais, pour la plupart des habitants et de leurs troupeaux, il n'y a plus qu'une seule préoccupation.
22:54Il s'agit d'une question de vie ou de mort.
22:57A mille kilomètres au sud de Shingeti, nous rejoignons un village de nomades, Tidjigja.
23:10Ici, une vingtaine de familles vivent de l'élevage.
23:16En cette saison chaude, ils passent la moitié de la journée sous leur tente pour s'abriter de la chaleur écrasante du désert.
23:24Ce n'est qu'à la tombée du soleil qu'ils peuvent s'atteler à la tâche la plus essentielle de leur vie quotidienne.
23:36Avec ses enfants, Du charge son âne et s'apprête à partir.
23:42Un périple qu'il effectue chaque jour.
23:46Un périple à la recherche de la ressource la plus précieuse, l'eau.
23:54Du, pourquoi vos fils viennent avec vous prendre de l'eau ?
24:05J'ai besoin qu'ils m'aident dans cette tâche.
24:08Parce que ce n'est pas simple et par la même occasion, ils apprennent à le faire.
24:12Comme ça, quand je suis absent, ils peuvent me remplacer auprès de la famille.
24:17Mais ça veut dire qu'en fait, ils ne peuvent pas aller à l'école alors ?
24:21Parmi mes enfants, il y en a qui vont à l'école et d'autres non.
24:24Ça tourne.
24:26Ceux qui ne vont pas à l'école vont chercher l'eau et on alterne.
24:32Ce fils-là, il ne va pas à l'école car il doit être capable de me remplacer.
24:36Je lui apprends à faire les choses importantes comme aller chercher de l'eau.
24:40Donc non, il ne peut pas aller à l'école.
24:43Sinon, mes autres enfants vont tous à l'école.
24:45Moi, je suis pauvre. J'ai besoin de l'aide de mes enfants.
24:50À 10 ans, ce petit garçon a donc la lourde tâche d'aller chercher de l'eau, vitale pour sa famille, au détriment de sa scolarité.
24:59Une conséquence directe des pénuries de plus en plus fréquentes dans cette partie de la Mauritanie.
25:05Après une grosse heure de marche, nous arrivons à destination.
25:11Diu, l'eau elle est loin dans le puits. Il y en a beaucoup d'eau ici.
25:25Mais oui, tu vois toi-même. Il n'y a quasiment plus rien.
25:32Pour puiser en profondeur, Diu lance une poche d'eau au fond du puits.
25:38Et pour la remonter, il compte sur la force du dromadaire.
25:42A peine 5 litres dans sa poche et les dromadaires se jettent dessus.
25:59Mais Diu, c'est pour la famille ou pour les dromadaires là ?
26:03C'est pour la famille, mais on en donne aux dromadaires errants.
26:07Sinon, ils vont mourir. Je dois leur venir en aide.
26:09L'eau que vous buvez, elle ne vous donne jamais une maladie ? Elle est propre ?
26:17Elle contient des saletés.
26:19On ne sait pas trop. Mais on n'a jamais vu quelqu'un qui est tombé gravement malade à cause de cette eau.
26:25Le problème, c'est qu'on n'en a pas d'autres. On fait avec ce qu'on a.
26:32Et d'un coup, ça peut s'arrêter. Donc on n'en prend pas trop pour en laisser aux autres.
26:36En deux heures, Diu va remonter une soixantaine de litres.
26:46Le puits n'en donnera pas plus et la nuit tombe.
26:51Il faut rentrer.
26:52La solution, creuser.
26:53Creuser au plus profond.
26:54Car de l'eau dans le désert, il y en a, mais en profondeur, dans les sous-sols.
27:09Les nomades vivant dans la zone le savent. Si le forage aboutit, ils auront de l'eau douce à portée de main. Alors ils sont venus en nombre, observer l'avancée du forage.
27:24Dédé, le chef de chantier, coordonne les travaux. Il est fonctionnaire et appartient à la société des forages et des puits mauritaniens. Il enchaîne les chantiers. Dédé a parfaitement conscience de l'enjeu.
27:38Mais il sait aussi que pour creuser, il faut faire preuve de patience.
27:56Vous allez aller à quelle profondeur, là ?
27:59Pour trouver de l'eau douce.
28:02Pour trouver de l'eau douce.
28:04On va aller jusqu'à 150, 150, 160.
28:07Avec son équipe, Dédé est arrivé la veille. Depuis plusieurs semaines, il multiplie les forages dans la région.
28:16Vous le sentez comment, là ? Si ça se trouve, il n'y aura pas d'eau.
28:21Dans l'étude, il est écrit qu'il y a d'eau. Dans l'étude, il fait une étude ici.
28:26Dans l'étude, il est que dans l'étude, il va faire 100 mètres. Dans l'étude.
28:31Mais tout ça se passe.
28:33Parfois, il se trompe.
28:36Parfois, il se trompe.
28:38Et chaque fois, on va creuser, on fait une étude.
28:41Et vous pensez qu'on va en trouver ou pas ?
28:43Ce soir, on va essayer de trouver l'eau.
28:48On va essayer de trouver l'eau.
28:50L'eau ne sortira pas de terre ce jour-là.
28:53Mais 48 heures après notre départ, c'est la délivrance.
28:57Dédé m'enverra quelques vidéos prises avec son téléphone.
29:05L'eau douce a enfin jailli.
29:08Pour les nomades, c'est un formidable espoir, la possibilité pour eux de continuer à vivre dans la région.
29:15Car avec l'eau, c'est tout un mode de vie qui peut renaître et s'épanouir.
29:21Face à moi, de la verdure en plein désert.
29:32Un petit miracle apparu il y a 10 ans, grâce à ce forage creusé à 150 mètres de profondeur.
29:40Ici, c'est l'oasis de Tentemla.
29:47On fait pousser plein de fruits, plein de légumes.
29:51Maa est éleveur et agriculteur.
29:56Il est responsable de ce petit parade hiver d'environ 1 hectare.
30:01On fait pousser des tomates, des carottes, des haricots, n'importe quoi.
30:09Tout ce que tu plantes ici, ça pousse.
30:12Nous sommes dans une des zones les plus arides du pays, à près de 40 kilomètres de la première grande ville.
30:19Avant, ici, il n'y avait rien que du sable.
30:25Grâce au forage, tout est devenu possible.
30:31C'est complètement artificiel.
30:34Toutes les plantes et les palmiers que vous voyez,
30:37on les a fait pousser par nous-mêmes.
30:42Ici, on peut faire pousser n'importe quoi dans le désert ?
30:48Oui, effectivement.
30:50Ce désert, quand tu y trouves de l'eau et que tu peux limiter le vent,
30:54tu peux faire pousser n'importe quoi.
30:56Grâce à ça, les gens restent et ne partent plus.
31:01L'Oasis fournit de la nourriture, mais aussi des emplois.
31:06Une douzaine de jardiniers travaillent à l'entretien.
31:10D'anciens nomades qui se sont convertis à l'agriculture.
31:14Trois fois par semaine, ils récoltent les fruits et légumes de l'Oasis
31:19et vont les revendre à la population locale.
31:22Ah ouais ?
31:29Ça va vite, hein ?
31:31Depuis que la palmerée fournit de la nourriture aux habitants,
31:36une ville a poussé.
31:40Elle n'existait pas il y a dix ans.
31:42Désormais, elle compte 500 résidents, une école, un centre de santé
31:49et plusieurs commerces, comme celui-ci.
31:51Les fruits et légumes de l'Oasis sont deux fois moins chers
32:03que ceux qui proviennent des grandes villes voisines.
32:05Ça change vraiment la vie parce que si on n'avait pas l'Oasis à côté,
32:13nous devrions acheter les légumes en ville et les transporter jusqu'ici.
32:17Nous devrions faire 35 km en voiture, dormir là-bas, récupérer les légumes
32:23et refaire la route en sens inverse.
32:25Et à l'arrivée, tout serait pourri.
32:27Et en plus, les fruits et légumes sont beaucoup plus chers là-bas.
32:31Ça va jusqu'à 400 le kilo, sans le transport.
32:33Alors qu'ici, c'est beaucoup moins cher, 300 voire 250 le kilo.
32:40Grâce à l'eau, la sécurité alimentaire est désormais assurée.
32:45Une économie se développe,
32:47de nouveaux nomades se sédentarisent avec leurs troupeaux.
32:51Et le village ne cesse de grandir.
32:54Ces femmes ont pu développer leur propre potager
32:57pour leur consommation personnelle et celle de leur famille.
33:00C'est pour moi, ça ?
33:02Je peux manger ?
33:04Trop bon !
33:05C'est contre la soif.
33:06C'est très bon contre la soif.
33:08T'attaches !
33:09T'attaches !
33:10Mais ça, c'est très bon, ça !
33:12Pour soutenir toute cette activité,
33:15trois forages supplémentaires ont dû être creusés.
33:17Les forages d'eau, une solution vitale qui se développe à travers le pays.
33:26Au cours de mon voyage, j'en ai vu un peu partout.
33:30Mais voilà, les nappes phréatiques ne sont pas inépuisables.
33:34Dans certaines zones, il suffit de jeter un œil à l'intérieur de ces nombreux puits totalement vides
33:44pour se demander si, à l'arrivée, le remède n'est pas devenu pire que le mal.
33:49Nous sommes dans l'Attar, au centre du pays.
33:57Une région particulièrement touchée par des pénuries d'eau,
34:02à cause justement de la multiplication des forages.
34:06Et pourtant ici, une révolution menée par un homme est en mât.
34:12Mohamed a repris l'exploitation familiale à la mort de son père.
34:21Il cultive trois hectares de plantation et notamment 250 palmiers datiers.
34:28Mais depuis dix ans, sa production ne fait que diminuer.
34:32Avant, nos récoltes étaient bien meilleures.
34:36Mais avec la sécheresse, on ne peut plus arroser tous nos arbres.
34:39Vous avez perdu combien de pourcents de votre récolte d'après vous ?
34:43Je ne sais pas, environ deux tiers je pense.
34:4570% de nos récoltes ont disparu.
34:47Vous avez perdu 70% ?
34:50Parce qu'il n'y avait plus d'eau ?
34:52Et ça, pendant combien de temps ?
34:55Depuis 2012, jusqu'à maintenant.
35:01Depuis l'année dernière, ça a commencé à revenir un peu.
35:03Mais avec les pertes d'avant, c'est très compliqué de retrouver une récolte à peu près normale.
35:11Dans les années 80, il y avait 200 puits dans la région.
35:16Aujourd'hui, il y en a 400, le double.
35:19Résultat pour Mohamed.
35:24Ouf !
35:26Sec !
35:28Waouh !
35:30Et ça, c'est le puits de toute votre palmerie, ça ?
35:34Exact.
35:36Qu'est-ce qui explique que ce puits se soit totalement vidé ?
35:40Mon puits est à sec pour deux raisons essentielles.
35:46La première, c'est le manque d'eau.
35:48Il pleut de moins en moins depuis dix ans.
35:50Et la deuxième, et c'est très important,
35:52ce sont les forages.
35:53Les forages sauvages qui se sont multipliés dans la région
35:56à cause du manque d'eau.
36:00Une pénurie qui a des effets pervers.
36:03Car la seule façon pour Mohamed d'avoir à nouveau de l'eau,
36:07c'est de creuser encore plus profondément.
36:11Ça, c'est le nouveau puits, ça ?
36:12Oui.
36:15Waouh !
36:17Ah oui, c'est beaucoup plus profond.
36:18C'est plus profond.
36:19Il y a combien de mètres, là ?
36:21Je crois que ça a intervenu, 23.
36:2323 mètres.
36:24Et donc là, il y a de l'eau, mais il faut aller loin.
36:27Mais même en creusant à 23 mètres,
36:32Mohamed n'est pas certain d'avoir de quoi arroser ses palmiers toute l'année.
36:37Ici, chaque mois, sans pluie, ça dégrade entre 30 centimètres et 35 centimètres.
36:43Ah ouais ?
36:44Quand on l'écrase à un mètre ou à un autre,
36:46vous irez creuser encore.
36:48Et vous pouvez creuser encore pendant un temps ?
36:50Jusqu'à 30 mètres.
36:52Et 30 mètres, c'est très dur.
36:53Tu ne peux pas aller creuser plus de ça.
36:57Il faut toujours aller plus profond.
36:59Bien sûr.
37:01Mais Mohamed désormais le sait.
37:04Il ne pourra pas indéfiniment creuser toujours plus profond.
37:08Alors, il y a quelques années, il s'est lancé dans un projet fou.
37:14On ne va plus chercher l'eau en bas, mais en haut, celle qui vient du ciel.
37:17Un défi insoupçonné et totalement hors norme.
37:24À environ un kilomètre et demi de la Palmerais, dans les montagnes, dans cet étroit défilé,
37:34l'équipe rassemblée par Mohamed est au travail.
37:38Pierre après pierre, ils construisent avec de simples outils, à la force des bras.
37:48Un ouvrage qui va leur permettre de capturer l'eau.
37:52Un barrage.
37:5370 mètres de long, 23 mètres de large, 6 mètres de haut.
38:02Il n'est pas terminé, mais il fonctionne déjà.
38:11À la saison des pluies, Mohamed a filmé ses images avec son téléphone.
38:16On le voit ici se rafraîchir avec l'eau du barrage.
38:26Une réserve captée du ciel qui s'étend sur des centaines de mètres dans la vallée.
38:35Donc, le barrage va retenir de l'eau qui vient de là, c'est ça ?
38:40En fait, lorsqu'il va pleuvoir, l'eau va être absorbée par la terre.
38:45Et ça va être bénéfique, parce que le barrage va ralentir l'eau.
38:50Donc, la terre a le temps de l'absorber.
38:52On pourra utiliser l'eau stockée à l'intérieur, jusqu'à ce que les pluies reviennent l'année d'après.
38:59Mohamed n'est pas architecte.
39:02Alors, pour dresser les plans et organiser le chantier,
39:05il s'est adressé au doyen de la région, Ahmed, 71 ans.
39:10Cet ancien instituteur est un homme respecté ici pour ses connaissances.
39:16Mohamed m'a dit qu'ici, on va faire un ouvrage sérieux,
39:20et qu'il y a beaucoup de gens qui sont réticents.
39:23On n'a pas le droit de ne pas réussir, on n'a pas le droit de jouer.
39:27Ahmed a pris sa mission très à cœur, en commençant par l'essentiel, s'instruire.
39:33Il n'est pas ingénieur, et il ne connaissait rien au barrage.
39:41Alors, avant d'attaquer, Ahmed s'est documenté.
39:46Comment fonctionne un barrage poil ?
39:51Comment calculer le poids d'un barrage poil ?
39:52Il a passé de longues heures sur internet,
39:56et a avalé toutes sortes de documents scientifiques,
39:59géographiques, mais aussi historiques,
40:02pour trouver le modèle de barrage le plus approprié.
40:06Et il a fini par découvrir cet ouvrage,
40:10dont les vestiges se trouvent en Tunisie.
40:12Un barrage construit, il y a 2000 ans, par les Romains.
40:19Je me suis dit, c'est ce type de truc que nous allons essayer de chercher.
40:24Avant, moi je disais à Mohamed, nous allons faire des barrages avec des sacs de sable.
40:28Mais en force de tuer, avant je disais,
40:30et bien les gens ont dit, au lieu de faire un tour de sable, nous allons faire un tour de pierre.
40:34Ahmed a ainsi décidé d'appliquer les mêmes techniques que les bâtisseurs de l'Antiquité.
40:39Il a juste réduit légèrement les proportions.
40:46C'est un barrage simple, qui n'est pas trop haut autour de 10 mètres,
40:51qui n'est pas trop long autour de 120 mètres.
40:55Et moi ce que je veux, c'est beaucoup moins.
40:58Donc vous vous êtes dit, je vais faire un barrage romain, comme en Antiquité.
41:01Comme en Antiquité, mais c'est tout simplement.
41:04D'où ces sacs de pierre, et ça, c'est ce que faisaient les Romains il y a 2000 ans ?
41:09Pour gagner en solidité, les Romains ont tassé des pierres dans des paniers en osier.
41:14Aujourd'hui, les ouvriers forment ce qu'on appelle des gabions, avec des cages en fil de fer.
41:21Elles sachent ce que faisaient les Romains.
41:24Et nous, nous avons fait un barrage, un pierre et un gabion.
41:29Pour nous, ça c'est une religion du siècle, que nous leçons à nos petits-enfants.
41:36C'est un truc d'avenir.
41:37Le barrage est conçu pour retenir le maximum d'eau pendant la saison des pluies.
41:50L'eau peut alors pénétrer dans la terre et alimenter les nappes phréatiques de la région.
41:56Pendant la saison des pluies, c'est-à-dire au mois d'août, tout ça se remplit.
42:07De la montagne à la montagne, sur une longueur de 300 mètres à 400 mètres, presque au fond.
42:15Plus le barrage est haut, plus la quantité est grande.
42:20Donc, puisqu'il est essentiel, c'est la remplissage de la main.
42:24On ralentit le ruissellement, on a grandi la surface pour que la plus grande quantité possible puisse aller sur la main.
42:32On peut maintenant ralentir plus de 500 à 600 000 mètres cubes.
42:38Cette l'eau, maintenant, elle sera drainée par du tuyau, 20 par marée.
42:42On voit des populations pour boire ça, soit pour arroser, soit pour boire.
42:45Ce projet fou, né dans la tête de Mohamed, cela fait déjà 4 ans qu'ils y travaillent.
42:53Sans l'aide de personne d'autre que les habitants de la région, il a peut-être trouvé, à son échelle, une parade à la désertification.
43:02Normalement, ce sont des États ou des immenses entreprises qui font un barrage comme ça.
43:11Ça, c'est un projet titané. Vous avez fait un truc que normalement l'État fait.
43:16Vous savez, nous n'avons pas eu le choix.
43:19Nous devions le faire pour le peu qui reste de nos arbres, de nos palmiers.
43:25Pour nos familles, c'est une nécessité.
43:29C'est un combat, une question de survie, en fait.
43:32Nous savons que nous n'avons pas les moyens et que nous sommes vraiment faibles.
43:39Mais nous avons la volonté.
43:42Pour terminer le barrage, Mohamed et Ahmed estiment qu'il faudra au moins 3 ans.
43:48Coût total, environ 100 000 euros par an.
43:51Une énorme somme, rassemblée par Mohamed et des milliers de citoyens et de petits cultivateurs de la région.
44:00Quand on va le construire, il y a des gens qui travaillent, il y a des gens qui ont envoyé des participants.
44:05Et c'est comme ça que vous avez rassemblé 600 000 euros ?
44:08Voilà. Et ce qui manque, moi je les paye.
44:11Parce qu'il faut les aider quand ils manquent.
44:17Et là, je prends de ma propre poche.
44:20L'essentiel, c'est que chacun participe de ce qu'il peut.
44:24Plus on aura, plus on finira vite.
44:28Si on a le minimum, on mettra 6 ans.
44:31Mais si on a les moyens, ça ne prendra qu'un an.
44:35Face à la désertification, Mohamed et sa communauté font changer le cours des choses.
44:41En Afrique aujourd'hui, regagner du terrain sur le désert est devenu une priorité, un défi qui dépasse les frontières.
44:52Le plus ambitieux des projets, la Grande Barrière Verte.
44:56Un programme pharaonique qui, depuis sa naissance en 2007, attire l'attention des médias du monde entier.
45:01Un projet qui permettrait notamment d'ériger un mur végétal long de 8000 km, traversant l'Afrique d'Ouest en Est, à travers une douzaine de pays.
45:14Reverdire 120 000 km², telle est donc l'ambition.
45:19Mais voilà, le but est loin d'être atteint.
45:21La première évaluation officielle du projet dresse un bilan sans appel.
45:274% seulement des objectifs d'ici 2030 ont été atteints dans la zone stricte d'intervention.
45:33Et pourtant sur le terrain, des femmes et des hommes continuent d'y croire.
45:37Ils consacrent leur vie entière à l'édification de cette titanesque barrière végétale.
45:47C'est justement à leur rencontre, à l'extrémité du pays, que je dois aller.
45:54Je prends la direction de Bassikounou, à l'extrême sud-est du pays, tout proche de la frontière avec le Mali.
46:03Là-bas, Matondi, se crée des alternatives, des solutions peut-être même pérennes pour l'avenir.
46:12Celles et ceux qui les inventent, viennent d'horizons pour le moins inattendus.
46:21Après 12 heures de route, nous arrivons à destination.
46:25Nous voici à Embera, une ville de 80 000 habitants.
46:30Il s'agit en fait d'un camp de réfugiés.
46:33En 2012, ces familles ont fui leur pays en guerre, le Mali.
46:38Ils ont été accueillis par la Mauritanie.
46:43Le camp est géré par les Nations Unies.
46:46Il s'étend sur plusieurs kilomètres.
46:50Eya, 41 ans, connaît comme sa poche le camp de Embera.
46:55Elle s'y est installée il y a 11 ans.
46:58On a pris la route pour la Mauritanie et les autorités locales nous ont accueillis pour nous installer dans le camp.
47:10Mes enfants sont ici.
47:11Et alors la vie dans le camp, c'est comment ?
47:12Je m'occupe de ma famille et de mes chèvres.
47:23Je suis également volontaire pour le camp.
47:26Sous la houlette de plusieurs ONG, les migrants peuvent participer à des projets de reforestation ou de protection de l'environnement.
47:37Régulièrement, Eya plante des arbres tout autour du camp.
47:43La terre est dure, il faut creuser un peu.
47:50La Mauritanie leur a tendu les bras lorsqu'ils en avaient besoin.
47:55Alors en retour, ils participent à l'effort collectif.
48:00Fais attention avec l'eau, on n'en a pas beaucoup.
48:06Vous avez planté beaucoup des arbres ici ?
48:08Oui, tous les arbres que vous voyez, c'est nous qui les avons plantés.
48:11Et vous pensez que ça peut stopper l'avancée du désert ?
48:15Oui, les arbres améliorent le climat.
48:17Ils favorisent les pluies et ça nous protège du vent.
48:20C'est essentiel.
48:22Si on replante et que les forêts repoussent, la sécheresse diminuera un peu.
48:25Cette année, 65 000 arbres ont été plantés autour du camp.
48:36Sous la forme d'arbustes ou en semant directement des milliers de graines.
48:43Un jour, ces graines vont grandir et faire une très grande forêt.
48:49Et quand tu reviendras et que tu marcheras ici, tu verras une très grande forêt.
48:55La personne réunit s'ils gardent.
48:58Au fil du temps, les réfugiés et la population locale ont uni leurs forces pour combattre le réchauffement climatique.
49:07Les Maliens ont apporté avec eux leur savoir-faire.
49:17Ahmedou a 57 ans. Il a quitté le Mali il y a 10 ans et s'est installé ici.
49:23Il est le responsable de cette pépinière et participe à la reforestation.
49:29C'est quoi toutes ces plantes ?
49:32C'est les arbres qu'on connaît chez nous lorsqu'on était au Mali, qui sont dans notre désert.
49:39Qu'on a amené pour voir est-ce qu'ils vont marcher ici.
49:43Et ça marchait.
49:44Donc c'est ici qu'on teste.
49:45Les arbres qu'on va planter ensuite dans le désert dans le cadre de la muraille verte.
49:49Dans le cadre de la muraille verte et dans le cadre aussi des fixations de dînes dans la zone ici.
49:55Chaque année, on fait des milliers d'arbres.
49:57On partage entre les réfugiés et les autochtones et c'est ce qui a fixé la zone, en train de fixer la zone.
50:03Et c'est ce qui fait que les dînes n'ont pas envoyé le camp.
50:05Voilà.
50:06C'est ce qui a fait les dînes, elles n'ont pas envoyé les camps.
50:09Amedou ne sait pas s'il pourra retourner un jour au Mali.
50:12En attendant, être volontaire, c'est sa façon de remercier le pays qui lui a ouvert les bras.
50:19La Mauritanie nous a accueillis d'une manière que ces marchés, ces marchés sont ouverts pour nous.
50:25Ces pâterrages sont ouverts pour nous.
50:27Et on a une densité de population.
50:29On a obligé de les aider.
50:31Un devoir de les aider pour qu'on puisse vivre ensemble.
50:36C'est pourquoi nous, on est volontaire.
50:37Pour nous protéger nous-mêmes, pour protéger la foine, pour protéger la Mauritanie.
50:41Et pour protéger les autochtones.
50:43C'est pourquoi on est volontaire.
50:45Et pourquoi on est fier d'être volontaire.
50:50A leur échelle, Amedou et les réfugiés du camp de Embera participent depuis dix ans au projet de la Grande Barrière Verte.
50:59Un travail qui, par endroits, commence déjà à porter ses fruits.
51:11Mais il reste encore beaucoup à faire.
51:15Car aujourd'hui, seul 15% de la Grande Muraille est achevée.
51:21Principalement au Sénégal et en Éthiopie.
51:25Il y a donc urgence à se mobiliser.
51:29Le défi de la désertification touche plusieurs centaines de millions de personnes au Sahel.
51:34Mais ne se limite pas au continent africain.
51:38Ce défi nous concerne tous.
51:41Sous-titrage ST' 501-hours.
51:45Nous avons des
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