00:00Submersion marine, érosion du littoral, inondation, envasement des lagons.
00:05Dans les territoires ultramarins comme en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, en Polynésie française ou encore à la Réunion,
00:11les effets du changement climatique sont déjà palpables.
00:14Et ça ne devrait pas aller en s'arrangeant.
00:18Les Outre-mer représentent 22% du territoire français et 70% de son littoral.
00:23Mais dans un avenir pas si lointain que ça, ils pourraient perdre une bonne partie de leur terre,
00:27grignotée par la montée des eaux.
00:30Et ce, bien avant que la métropole ne subisse le même sort.
00:34Premier effet visible à l'horizon 2028 assure le Centre d'études et d'expertise sur les risques,
00:39l'environnement, la mobilité et l'aménagement.
00:41Autant dire demain.
00:43Aujourd'hui, les atolls très bas sont déjà largement impactés
00:47et risquent d'être submergés avec une vingtaine d'années d'avance par rapport aux îles rocheuses ou volcaniques.
00:53Sur les 118 îles que compte la Polynésie par exemple,
00:5578 sont aujourd'hui menacés par la montée des eaux
00:58et pourraient bien, dans quelques années, disparaître tout bonnement.
01:02Du côté de Mayotte, la Réunion et surtout en Martinique et en Guadeloupe,
01:06les récifs sont eux déjà très dégradés
01:08et la disparition des coraux impacte fortement les écosystèmes et les populations locales.
01:14Leur rôle d'amortisseur des vagues de tempête
01:16et l'alimentation des plages en sable n'étant plus assurée correctement,
01:20l'érosion côtière se poursuit inexorablement.
01:22En Guadeloupe, c'est le recul du trait de côte qui menace aujourd'hui 160 sites archéologiques,
01:29dont une quinzaine sont déjà à moitié sous l'eau.
01:32C'est le cas notamment de la plage des Raisinclairs de la commune de Saint-François
01:35où l'érosion a mis au jour, au début des années 2010, un ancien cimetière d'esclaves.
01:40Il va donc falloir s'adapter.
01:43Mais les effets du dérèglement climatique rendent la tâche particulièrement compliquée,
01:47en raison des possibilités de recul et de retrait limitées sur le littoral.
01:53Alors pour gagner du temps, le Conseil économique, social et environnemental
01:56a listé des propositions d'adaptation basées sur la nature.
02:01Comme la restauration des espaces naturels de mangrove
02:03et des herbiers marins capables de s'exaucer,
02:06poursuivre l'élévation du niveau marin et se maintenir.
02:10Ou plutôt malin.
02:11Ou encore celle des écosystèmes sableux et des zones humides.
02:15Et aussi la préservation des récifs coralliens
02:18qui protègent naturellement et efficacement les littoraux de la houle et de l'érosion marine
02:22grâce à leur pouvoir de dissipation de l'énergie des vagues,
02:26notamment lors des tempêtes.
02:28Mes premières difficultés de taille,
02:30les territoires ultramarins vont avoir à prendre en main
02:33la relocalisation de villages antiques.
02:35A court terme, le village de Miquelon-Langlade,
02:39mais également le village du Prêcheur en Martinique,
02:42qui regroupe 300 familles,
02:44pourrait bien être rayé de la carte.
02:46A Miquelon, environ 250 résidences principales,
02:50une centaine de résidences secondaires
02:51et une centaine d'infrastructures
02:53devront-elles être déplacées.
02:56Et puis la municipalité envisage aussi d'ores et déjà
02:59de déplacer l'église,
03:01un site patrimonial vieux d'un siècle et demi,
03:04tout comme le cimetière.
03:05Autre piste ou préconisation ?
03:08Interdire des nouvelles constructions en zone inondable
03:11sur les communes en bordure de littoral.
03:13Logique.
03:15Ou bien construire des équipements-refuges
03:16permettant de mettre à l'abri les victimes
03:18d'événements climatiques.
03:20Et puis il faudra aussi penser vertical désormais.
03:23Pour limiter les dégâts,
03:24l'élévation des quais et des bâtiments en première ligne
03:27ou la construction de structures flottantes
03:29plutôt que rigides
03:30semble incontournable.
03:32Sur les bords de mer,
03:33des blocs de béton en guise de protection maritime
03:36pourraient aussi faire leur apparition,
03:38tout comme des brise-lames,
03:39des digues ou des remblaises artificielles
03:41déjà installées ici et là.
03:43Pas très joli, mais efficace.
03:45En Guyane,
03:46des barrières anti-submersion mobile
03:47ont déjà été mises en place.
03:49À Walayalimapo,
03:50une commune directement concernée
03:52par la montée des eaux
03:53est considérée comme particulièrement vulnérable.
03:56une barrière gonflable de 260 mètres anti-submersion
03:59a été installée pour protéger ses habitants
04:02des inondations maritimes.
04:04Tandis que la ville de Kourou
04:05a, elle, décidé de miser depuis 2019
04:08sur des épis en bois sur la plage
04:10et au large afin de casser la houle.
04:13Des ajustements plus ou moins importants
04:15qui permettront de stabiliser le littoral
04:17pendant 15 ou 20 ans.
04:19Un temps nécessaire pour préparer les habitants
04:21à ce qui les attend.
04:22La perte d'une partie de leur terre,
04:23mais aussi des déplacements géographiques
04:25potentiellement plus importants
04:27d'une île à l'autre,
04:28une sécurité alimentaire
04:29et de ressources en eau plus fragiles
04:31et un manque de stabilité politique, forcément.
04:35Pas très désirable, tout ça,
04:37on vous l'accorde,
04:38et le CZ estime que ces scénarios
04:39sont inéluctables car déjà en marche.
04:43Côté finances,
04:44la note s'annonce plutôt salée.
04:46Car tout ça a un coût.
04:48Pour financer ce début de stratégie,
04:50existe déjà ce qu'on nomme le fond vert.
04:52Il a été spécialement mis en place
04:54pour permettre de prendre en charge
04:56les frais nécessaires à l'adaptation
04:57aux changements climatiques.
04:59Lancé en 2023,
05:00son envelope était alors de 2 milliards d'euros,
05:03puis de 2,1 milliards en 2024.
05:06Mais bien qu'il ait été reconduit en 2025,
05:09son envelope prévisionnel a, elle,
05:10été revu à la baisse.
05:12Amputé de presque 1 milliard d'euros.
05:15Pas sûr qu'avec moins,
05:16on puisse faire plus.
05:18À titre d'exemple,
05:19les risques côtiers de Pointe-à-Pitre
05:21et de Jarry pourraient coûter
05:22100 millions d'euros par an
05:24à l'horizon 2050.
05:26Et si les scénarios les plus pessimistes
05:27l'emportent,
05:28la submersion de cette zone
05:29pourrait atteindre 180 jours par an
05:31à partir de 2060-2080.
05:35On vous laisse faire le calcul.
05:37Heureusement,
05:37les collectivités d'outre-mer
05:38ont quelques leviers supplémentaires.
05:40Ils peuvent avoir recours
05:41à des financements
05:42de l'Agence française de développement,
05:44ainsi qu'à des financements européens
05:45qui leur sont réservés.
05:47Mais il faudra aussi sans doute
05:48aller chercher ailleurs
05:49et éventuellement aller taper
05:51à la porte de fondations nationales,
05:53régionales ou internationales.
05:56Bref,
05:56en attendant,
05:57les comptes n'y sont pas vraiment.
05:59D'autant qu'on le sait,
06:00le coût de l'inaction
06:00face à la montée des eaux
06:01sera beaucoup plus élevé
06:03que celui de l'adaptation.
06:04Sous-titrage Société Radio-Canada
06:05Sous-titrage Société Radio-Canada
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