- il y a 7 mois
Depuis sa prise de parole le mardi, François Bayrou s'est rendu ce samedi 19 juillet 2025 sur le Tour de France. Interrogé sur les réactions qui ont suscité après l'annonce de ses orientations budgétaires, le Premier ministre n'a pas voulu répondre en détail. Mais il en a dit davantage sur le travail qui s'annonce. On en parle avec : Aurélie Trouvé, députée LFI de Seine-Saint-Denis, présidente de la comission des Aff.économiques. Et Olivier Redoulès, économiste, directeur des études de Rexecode.
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00:00De retour dans BFM News, nous sommes ensemble jusqu'à 21h et en direct et on va s'intéresser aux annonces de François Bayrou.
00:14Il était resté discret depuis sa prise de parole mardi. François Bayrou s'est rendu ce samedi sur le Tour de France,
00:19interrogé par notre journaliste Edgar Bequier sur les réactions qu'ont suscité l'annonce de ses orientations budgétaires
00:25au sein de l'opposition, au sein de sa propre classe politique. On pense à Édouard Philippe, pourtant chef d'un parti allié au parti centriste,
00:31ce qui estime lui que le plan d'urgence ne réglera pas le problème. Et puis, bien évidemment, ça fait débat ces annonces au sein de l'opinion publique.
00:37Le Premier ministre n'a pas voulu répondre en détail, mais il en a dit davantage sur le travail qui s'annonce. Écoutons-le.
00:44Il y aura probablement toutes sortes de prises de parole pour préciser, affiner, répondre, tout ça.
00:51On a deux mois devant nous pour que ce plan trouve son achèvement.
01:00Et pour en parler, j'accueille Aurélie Trouvé. Merci d'être avec nous.
01:03Député LFI, bonsoir à vous. NFP de Seine-Saint-Denis, président de la Commission des affaires économiques.
01:08Et Olivier Rodoules, économique, directeur des études de règles et codes.
01:11Bonsoir.
01:11Bienvenue à vous. François Bayrou dit que c'est un Himalaya. Il l'avait déjà dit lors de sa prise de passe,
01:17sa déclaration de politique générale, ce qui s'annonce, et il le dit à Edgar Becker, c'est un Himalaya.
01:22Est-ce que vous vous dites qu'on attend que sa copie soit complètement revue,
01:26puisqu'il parle d'annonce à faire pendant ces deux mois ?
01:29Et où ça pêche selon vous ? Est-ce que c'est les deux jours fériés qui, pour 7 Français sur 10,
01:34selon notre nouveau sondage Elab pour BFM TV, 75% des Français sont opposés à la suppression de deux jours fériés
01:39proposée par François Bayrou pour le budget 2026 ?
01:42D'abord, ce n'est pas que la suppression de deux jours fériés, c'est vraiment une attaque contre toute la protection sociale,
01:48contre les services publics, contre les ménages.
01:50L'abattement fiscal de 10% pour les retraités, par exemple, on en reparlera.
01:53Voilà, tout à fait. Particulièrement les retraités, qui perdent vraiment sur toute la ligne.
01:56Certains vont même perdre jusqu'à 1 000 euros par an.
02:00C'est un vrai coût contre les malades, puisqu'il y a des attaques sur la franchise des médicaments,
02:05contre les familles, puisqu'on baisse l'allocation des familles à travers l'année blanche.
02:13Évidemment, une attaque contre les chômeurs, on baisse tous les minima sociaux.
02:17Et en réalité, le gouvernement pouvait faire tout à fait autrement,
02:21c'est-à-dire en acceptant d'aller prendre l'argent là où il s'est concentré,
02:26c'est-à-dire dans les poches, dans le portefeuille des plus riches,
02:30puisque vous savez que depuis 8 ans de présidence Macron, les plus riches…
02:33On attend des annonces sur la niche fiscale, on attend…
02:35Oui, mais c'est très faible de toute manière, parce que sur 44 milliards,
02:38en fait, il annonce juste 4 milliards focalisés sur les ultra-riches,
02:43alors que c'est eux qui ont profité des gros cadeaux fiscaux du président Macron
02:47dès le début de son premier quinquennat, puisque, souvenez-vous,
02:49il a supprimé l'impôt sur la fortune, il a diminué l'impôt sur les revenus financiers,
02:55donc des gros cadeaux fiscaux, et il manque, à cause des cadeaux fiscaux de M. Macron,
03:00il manque 62 milliards chaque année dans les caisses.
03:03Et vous voyez, là, il veut récupérer 44 milliards, donc regardez le problème,
03:06envers réalité, il va faire payer aux classes modestes et à l'ensemble du peuple
03:11les cadeaux fiscaux qu'on est réalisés pour les plus riches.
03:13On va y revenir. Est-ce qu'on peut parler de cadeaux fiscaux, déjà, Olivier Rodoules ?
03:17Non, je pense, effectivement…
03:18Parce que le terme de cadeaux fiscaux fait un peu débat.
03:20Le chiffre de 62 milliards, si on met bout à bout les mesures qui ont été mises en place
03:25depuis 2017, ça fait à peu près cette ordre de grandeur,
03:27on a eu une baisse des prévents obligatoires,
03:30mais qui faisait suite à un choc fiscal du début des années 2010,
03:35qui a représenté, peu ou prou, on a publié, je dirais que c'est code,
03:38un bilan des prévents obligatoires il y a un peu plus d'une semaine,
03:413,5 points de PIB.
03:42Donc, en fait, on a réduit, on est revenu de 2017 à 2023,
03:48parce qu'en 2024 et 2025, on a eu de nouveau des hausses d'impôts,
03:52mais entre 2017 et 2023, on est revenu pour partie sur le choc fiscal des années précédentes
03:57sans complètement le résorber.
03:59Avec ce qui a été vrai, c'est qu'il y a eu une cohérence entre le mandat de François Hollande,
04:06au moins la deuxième partie du mandat, et le mandat d'Emmanuel Macron,
04:09qui a été de se dire, au fond, on avait d'abord beaucoup tapé sur les entreprises en 2010,
04:14on a vu que ça s'était mal passé d'un point de vue économique,
04:17pas forcément bien d'un point de vue fiscal aussi,
04:19et donc on a eu une rotation où on a fait ce qu'on appelle la politique de l'offre,
04:23c'est-à-dire qu'on a essayé de faire converger les taux de prévents des entreprises
04:26vers la moyenne européenne, et donc c'est ça qu'on voit de ce fait.
04:30Donc il y a eu cet effort-là.
04:32Mais de fait, les entreprises, par exemple, en 2025,
04:35elles sont toujours un peu plus taxées qu'en 2010,
04:37donc en fait, on n'est pas revenu complètement sur le choc fiscal du début des années 2010.
04:43Je voulais faire autrement.
04:45Vous avez un point en commun avec Bruno Retailleau,
04:47parce que lui aussi, il aurait fallu faire autrement dans le Figaro aujourd'hui.
04:50Il faut s'y prendre autrement, dit-il.
04:52Il prend ses distances, d'ailleurs on y reviendra,
04:53avec la réforme de cet abattement fiscal de 10% pour les retraités,
04:56sur la suppression annoncée de deux jours fériés,
04:58et il ajoute, s'il faut travailler plus, c'est aussi pour être mieux payé.
05:01Ça rappelle à dessein le travailler plus pour gagner plus de Nicolas Sarkozy.
05:04Est-ce que vous vous dites, vous aussi, il va falloir travailler plus pour gagner plus ?
05:08D'abord, vous aurez compris que le faire autrement chez moi et la France est complètement différent,
05:13c'est-à-dire qu'on va récupérer l'argent chez les ultra-riches.
05:17D'ailleurs, il y a 20 milliards possibles avec la taxe Zucman votée à l'Assemblée nationale
05:21et dans les profits des multinationales qui ont fortement augmenté.
05:24Maintenant, j'arrive à la question du travailler plus.
05:26D'abord, il faut voir qu'une telle mesure, c'est pas travailler plus pour gagner plus,
05:31c'est travailler plus pour gagner moins, puisque supprimer deux jours fériés...
05:36On ne sait pas si l'employeur va les payer ou si ça va être un cadeau qu'on va faire à l'employeur, c'est ça ?
05:39Non, là, c'est très clair qu'en fait, les travailleurs ne vont pas gagner plus,
05:43ils vont travailler deux jours de plus gratuitement, pire que ça.
05:46Ceux qui travaillent déjà pendant les jours fériés,
05:49puisque vous savez que c'est le cas d'un tiers des travailleurs,
05:51il y a certaines industries ouvertes, des parcs de loisirs, des restos, des cafés, etc.
05:55Ceux-là, ils vont perdre la majoration liée aux jours fériés.
05:58Donc, c'est vraiment une attaque frontale contre les travailleurs.
06:02Et par ailleurs, ça vous fait perdre sur l'ensemble de votre carrière 90 jours de congés,
06:08si vous voulez, enfin de jours fériés.
06:09Vous bossez gratuitement 90 jours de plus,
06:12ajouté à cette fameuse réforme des retraites à 64 ans
06:16qu'a fait passer là aussi le président Macron et son gouvernement
06:19contre la population et sans aucun vote de l'Assemblée nationale.
06:23Donc, c'est vraiment, vraiment, sous le président Macron
06:26et avec le gouvernement de M. Bayrou,
06:28c'est vraiment une énorme attaque contre la durée de travail.
06:34Si vous voulez, tout le progrès au fur et à mesure de l'histoire
06:38et de l'augmentation de la productivité du travail,
06:40ça a été de faire travailler moins les gens pour le partager.
06:43Et aujourd'hui, on est en pleine régression.
06:45Donc, vous vous dites qu'il faut abandonner cette idée de deux jours fériés ?
06:47C'est mauvais pour les travailleurs et je l'expliquerai tout à l'heure,
06:49c'est même mauvais pour le pays.
06:51Oui, on a eu beaucoup aussi de restaurateurs.
06:54Et on y reviendra qui, justement, s'insurgent.
06:56Alors, pas sur les jours fériés en général,
06:58mais au moins sur ce lundi de Pâques.
07:00Je voulais vous entendre, Olivier Rodolès,
07:01ça rapporte combien par jour ?
07:03On nous dit environ entre 3 ou 4 milliards d'euros
07:05de jours fériés d'apport pour l'économie.
07:09Est-ce qu'on peut s'en passer ?
07:10Est-ce qu'on peut se dire, on va faire autrement
07:12quand on sait qu'il faut réaliser 43,8 milliards d'euros d'économie ?
07:16Sur le chiffrage exact dont le gouvernement a donné un chiffrage,
07:19mais comme on ne connaît pas totalement le détail de la mesure,
07:22on a l'impression d'obtenir la même chose
07:24qu'on écoute certains ministres ou le Premier ministre.
07:26C'est compliqué à chiffrer.
07:28Ce qu'on sait, c'est que si on avait...
07:30Mais ce que le Premier ministre a exclu,
07:31a priori, une nouvelle journée de solidarité,
07:33c'est à peu près 2,4 milliards.
07:36Je pense que par contre...
07:36Cette journée de solidarité, je fais une petite parenthèse,
07:38elle avait bien marché ou pas ?
07:39Parce qu'on voit que les enfants ne vont pas à l'école.
07:40Elle fait rentrer de l'argent dans les caisses d'État.
07:43Combien ?
07:43Parce qu'en fait, c'est à peu près 2 milliards, à peu près.
07:46Parce qu'en fait, les employeurs doivent payer 0,3%
07:49de remasse salariale à la fin de l'année.
07:50Donc c'est une taxe sur le travail.
07:52Et je pense que ça, ce serait la mauvaise voie à faire.
07:56Ensuite, je voudrais rebondir quand même sur ce qu'a dit,
07:58Aurélie Trouvé, Madame la députée.
07:59Vous avez mentionné le mot productivité.
08:02Je pense que c'est effectivement un vrai sujet à productivité.
08:04Parce que si on revient au cours des 20-30 dernières années,
08:07on réalise à posteriori qu'on s'est trompé.
08:09On a surestimé la dynamique de la productivité.
08:12Et ça, c'est un peu à l'origine de nos problèmes actuels.
08:15Parce qu'effectivement, si la productivité s'était comportée
08:18comme on l'avait espéré,
08:19on n'aurait peut-être pas ce débat qu'on a aujourd'hui.
08:21La réalité, c'est qu'à la fin,
08:23on ne produit pas assez collectivement.
08:25Alors, les leviers pour faire,
08:27ça peut être la quantité de travail.
08:28La quantité de travail, ce n'est pas forcément une hausse des jours fériés.
08:31La quantité de travail, c'est d'abord une question
08:32de combien de gens travaillent dans l'économie
08:34et combien chacun travaille par heure.
08:37Combien il y a d'heures travaillent par personne.
08:38Ce que l'on voit, c'est que
08:39si on prend l'ensemble des personnes à l'âge de travail,
08:42alors ensuite, c'est une définition qu'on peut discuter,
08:45je vais prendre celle du Conseil d'analyse économique.
08:47Et donc, on voit qu'on a à peu près 100 heures d'écart,
08:50par exemple, avec l'Allemagne,
08:52par an, par personne, à l'âge de travail.
08:54Donc, ça représente un potentiel de hausse de quantité de travail
08:57de l'ordre de 5-10%.
08:59Donc, ensuite, la question, c'est comment on active.
09:02Une bonne partie de ça, c'est du travail des seniors,
09:05de l'emploi des seniors.
09:06Et c'est en particulier dans la tranche des 60 ans, 64 ans.
09:10Une partie, c'est aussi de l'emploi des jeunes.
09:12Une partie, ce sont des gens qui sont exclus
09:14du marché du travail aujourd'hui,
09:15qui sont soit inactifs, soit qui sont chômeurs,
09:17qui n'arrivent pas à trouver un emploi.
09:18Et puis, du côté, effectivement,
09:21des salariés à temps plein,
09:22parce que c'est ça dont on parle,
09:24il y a un décalage.
09:25Mais c'est un levier parmi d'autres.
09:26Ensuite, pour aller dans le sens de madame la députée,
09:30je pense que s'il s'agit de faire travailler
09:32les gens gratuitement, ça ne va pas fonctionner.
09:35Et s'il s'agit par ailleurs
09:37de nouvelles journées de solidarité,
09:39je pense que ce ne sera pas non plus positif.
09:41Donc, il faut trouver sans doute,
09:42il faut poser le débat,
09:43il faut laisser sans doute
09:44les partenaires sociaux discuter.
09:46C'est sans doute la bonne voie à faire.
09:47Je voulais justement aussi vous interroger.
09:50Donc, on va y revenir sur les retraités.
09:51Je voyais que ça vous tenait à cœur,
09:53bien évidemment,
09:53cet abattement fiscal,
09:56du coup, qui va être gelé,
09:57puisqu'il va y avoir une année blanche.
09:59C'est ce qu'on se disait,
10:00année blanche qui nous dit
10:01que les prestations restent les mêmes.
10:04Est-ce qu'on sait d'ailleurs, Olivier Rodoules,
10:05les gens qui ont été augmentés cette année ?
10:08Il y aura l'année blanche l'année prochaine.
10:10Est-ce qu'il y en a qui vont basculer
10:12forcément dans l'imposition ?
10:14Est-ce qu'on sait combien ?
10:14Est-ce qu'on peut le chiffrer ?
10:15Je n'ai pas le chiffre.
10:16Il y a le chiffre qui existe,
10:17mais je ne vais pas sous la mer.
10:18Peut-être une centaine de milliers, je dirais.
10:21Et je voulais vous faire réagir, Aurélie Trouvet,
10:23à ce que disait Agnès Verdier-Mollinier
10:24cette semaine sur notre plateau,
10:26en disant, on peut dire que c'est scandaleux
10:27de ne pas indexer les pensions sur l'inflation.
10:29En réalité, on a plus indexé les pensions
10:30que l'inflation cette année.
10:32Et elle disait de 2,2,
10:33alors que l'inflation,
10:34elle va être de 0,7 au 0,8.
10:36Et elle dit,
10:37tout ce qui va dans le sens de travailler plus
10:39et abaisser les dépenses publiques
10:40va dans le bon sens.
10:41On peut ergoter dans tous les sens sur le comment.
10:46C'est 60 milliards de plus.
10:47Donc, il faut le faire.
10:48Et l'année blanche, on nous la demande.
10:49Agnès Mollinier-Verdier,
10:50elle travaille pour un sign-tank ultra-libéral.
10:54En général, ces chiffres sont complètement faux.
10:56Je ne sais pas lesquels elle a utilisé,
10:58mais bien souvent, je suis amenée
11:00à devoir les rectifier à partir de sources fiables.
11:03Donc, voilà, ça, c'est la première...
11:06Alors, ça n'engage que vous.
11:07Je l'assume parfaitement.
11:09J'ai déjà démonté un certain nombre
11:10de ces chiffres biaisés.
11:12Et c'est un sign-tank clairement ultra-libéral
11:14dont elle est la...
11:16Elle disait qu'on n'a pas le choix, en fait.
11:17L'année blanche, on nous la demande.
11:18On n'a pas le choix, en fait.
11:19Au bout d'un moment, il va falloir...
11:20D'abord, je vous ai montré
11:20qu'on avait tout à fait le choix.
11:22C'est-à-dire qu'on n'est pas obligé
11:23de s'attaquer aux retraités,
11:25mais, je l'ai redit,
11:26de s'attaquer au profit des multinationales,
11:28de s'attaquer aux ultra-riches.
11:30Et je dis bien à leur portefeuille,
11:32bien entendu.
11:33Par exemple, la taxe Zuckman,
11:34c'est très exactement 20 milliards
11:38qui peuvent rentrer dans les caisses,
11:40tout simplement en ponctionnant 2% du patrimoine
11:42des 1 800 personnes les plus riches de France,
11:45celles qui ont plus de 100 millions d'euros de patrimoine.
11:48Donc, je rassure tout le monde qui nous écoute.
11:50Après, il n'y a pas un risque de les faire fuir à l'étranger ?
11:5120 milliards, vous vous rendez compte ?
11:53C'est la moitié des économies que demande M. Bayrou.
11:55Non, il n'y a aucune étude économique,
11:56mais alors aucune sérieuse
11:58qui montre qu'il y a une corrélation,
12:00qu'il y a un lien entre le fait
12:01de taxer davantage le patrimoine
12:04ou les gens les plus fortunés
12:07et le fait qu'il y ait une fuite de capitaux.
12:09Ça n'a jamais été montré.
12:10Donc, le jour où on montre une étude solide,
12:12je veux bien.
12:13Voilà.
12:13Et donc, je m'inscris en faux contre cela.
12:17Par ailleurs, il faut savoir
12:18que les retraités ont un niveau de vie
12:20un peu inférieur aux actifs,
12:22y compris quand on prend leur patrimoine, etc.
12:24Les retraités ont un niveau de vie inférieur
12:25aux actifs.
12:26Donc, quand on dit retraité aisé,
12:27ça vous dérange ?
12:28Alors, le problème...
12:30En fait, vous voyez le problème,
12:31le problème n'est pas de s'en prendre
12:34au patrimoine des retraités,
12:37mais de s'en prendre au patrimoine
12:38de ceux qui sont les plus aisés en France,
12:41qu'ils soient actifs ou retraités.
12:42Vous voyez ?
12:43Et le problème, c'est qu'en s'attaquant
12:44à l'ensemble des retraités,
12:46vous attaquez notamment à ceux
12:47qui ont des retraites de 600, 700 euros.
12:49Ça va être le cas.
12:50Il y a des retraités très modestes
12:52qui vont être impactés
12:53par la baisse des pensions.
12:54Moi, j'ai des dames qui viennent me voir,
12:57des retraités seuls de 70 ans
12:58qui me disent 80 ans,
13:00qui me disent
13:00« Mais madame, je vis avec 600 euros
13:02de retraite dans mon logement
13:03que je n'arrive plus à payer. »
13:04Ce n'est pas encore fait.
13:04Vous avez entendu François Barou.
13:06Bien sûr, mais je dis
13:07que c'est ça, la réalité.
13:10Vous me permettrez enfin
13:11juste de réagir sur les chiffres
13:13d'orex et cotes
13:13qui sont souvent que vous utilisez.
13:16En fait, je pense que les chiffres justes
13:19ne sont pas ceux-là.
13:20Il faut utiliser d'autres chiffres
13:22qui sont le temps de travail effectif
13:24moyen des salariés
13:25qui sont en plein temps partiel.
13:27Ce temps-là, c'est, vous le savez,
13:281 604 heures par an en France,
13:31c'est-à-dire 50 heures de moins
13:32qu'en Allemagne.
13:33Donc non, les Français ne sont pas
13:34des fainéants, au contraire,
13:35ils travaillent en moyenne
13:37plus que les Allemands
13:38et plus que la quasi-totalité
13:40des pays du Nord.
13:41Le nombre de jours fériés en France
13:42est inférieur à ceux en Espagne,
13:44en Autriche, en Finlande, etc.
13:46Donc, je le redis,
13:47nous ne sommes pas ici
13:48un pays de travailleurs fainéants,
13:51bien au contraire.
13:52Et le problème en France,
13:52je vais vous dire...
13:53Il y a moins de salariés
13:53qu'en Allemagne, c'est ça ?
13:55Bien sûr.
13:55C'est sur le différencier.
13:56Le temps de travail est supérieur
13:58en France à celui en Allemagne.
14:00Donc arrêtons de faire croire
14:02que nous serions un pays
14:03de travailleurs fainéants
14:04qui ne travaillent pas assez.
14:06Voilà.
14:06Et dernière chose,
14:07si M. Bayrou fait un raisonnement
14:10qui est totalement absurde,
14:11quand il dit
14:12il faut produire plus,
14:13donc on va supprimer
14:13deux jours fériés.
14:15Mais rendez-vous compte,
14:16quand vous produisez,
14:17vous vendez des machines à laver,
14:19vous croyez que vous allez
14:19produire plus de machines à laver
14:20parce que vous faites travailler
14:21plus les gens ?
14:23Non.
14:23Ben non, en fait,
14:24le problème, il est de la demande.
14:26Il faut qu'il y ait plus de gens
14:27qui demandent des machines à laver.
14:29Pour ça, il faut qu'il y ait
14:29plus de pouvoir d'achat.
14:31Or, l'austérité de M. Bayrou
14:32va faire l'inverse
14:33et va réduire le pouvoir d'achat.
14:35Je voulais vous entendre aussi
14:36tous les deux
14:37sur ce que dit Bruno Retailleau
14:39également aujourd'hui.
14:41Et il rejoint un peu
14:42ce que dit aussi
14:42le Rassemblement national,
14:43à savoir que l'immigration
14:44n'a pas été abordée
14:46par François Bayrou
14:47lors de ses orientations budgétaires.
14:50Bruno Retailleau dit
14:51le tabou du coût de l'immigration
14:52doit être enfin levé.
14:53J'ai proposé au Premier ministre
14:54une augmentation
14:55de 160 millions d'euros
14:56de droits de timbre
14:57dans le domaine
14:57de l'asile et de l'immigration.
14:58Il dit à titre d'exemple
15:00sur les naturalisations
15:01le droit de timbre
15:01est de 55 euros
15:02alors que le coût
15:03d'un passeport
15:03pour un Français
15:04est de 86 euros.
15:05Sur les titres de séjour
15:06nous pouvons également
15:07faire de même.
15:08Et il ajoute
15:08mais il faut aller plus loin
15:09et supprimer l'AME
15:11donc l'aide médicale d'État
15:12pour se concentrer
15:13sur les soins d'urgence.
15:14Les frais de santé
15:15des clandestins
15:16sont totalement pris en charge
15:17ce qui n'est pas le cas
15:18pour les Français.
15:19C'est une injustice.
15:20Il aurait fallu
15:21s'attaquer à l'immigration ou pas ?
15:22Mais d'abord
15:23là aussi
15:24M. Retailleau
15:24fait une énorme erreur économique
15:26parce que voyez-vous
15:27en fait la migration
15:29est bonne
15:29pour l'économie du pays
15:31tout simplement
15:32parce que
15:32et ça c'est pas moi
15:33qui le dit
15:33c'est l'OCDE
15:34c'est tout un tas
15:35d'études
15:35d'institutions économiques
15:37parmi les plus prestigieuses
15:38qui montrent que
15:39la migration
15:41permet d'augmenter
15:42à la fois l'emploi
15:43et est bonne
15:44notamment pour le budget.
15:46Pourquoi ?
15:46Parce que
15:47quand des migrants
15:48viennent en France
15:48en général
15:49ils ont l'âge de travailler
15:50et donc
15:51leur travail permet
15:52de verser
15:53des cotisations sociales
15:54qui servent
15:55pour les retraités
15:56ça permet également
15:57tout simplement
15:59ces travailleurs
15:59consomment
16:00versent des impôts
16:01donc ça fait marcher
16:03l'économie du pays
16:04et d'ailleurs
16:05il y a de nombreux pays
16:05vous le savez
16:06qui au contraire
16:07font en sorte
16:07d'avoir davantage
16:08de migration
16:09parce que
16:10ça rebooste
16:11l'économie du pays
16:12donc je le dis
16:13la migration
16:13est une chance
16:14pour ce pays
16:14à la fois sur le plan culturel
16:16mais aussi sur le plan économique.
16:18Olivier Redouless
16:18combien ça coûterait
16:19alors je m'aventure
16:20sur un terrain
16:21où certains vont me dire
16:23risque de contagion
16:24d'état sanitaire
16:25de la France
16:26combien ça coûterait
16:26de supprimer l'AME ?
16:27Je ne saurais pas répondre
16:28sur ça
16:28par contre je pourrais répondre
16:29sur certains points
16:30que madame la députée
16:31avancée
16:32alors déjà
16:32sur l'écart
16:33entre la France
16:35et l'Allemagne
16:35vous avez fait
16:36j'ai l'impression
16:37j'ai entendu
16:37un petit lapsus
16:38les Français
16:39effectivement
16:40les personnes
16:41en emploi français
16:42travaillent plus
16:42que les Allemands
16:43même pas de 50 heures
16:44mais de 60 heures
16:45exact
16:45merci pour le chiffre
16:47et nous on est même
16:48quand on fait notre enquête
16:50quand on fait nos chiffres
16:51on est plutôt à 1607 heures
16:53que 1604 heures
16:54mais bon c'est 3 heures
16:54mais je pense que
16:55quand on compare ça
16:56c'est pas forcément
16:58ce qu'il faut exactement comparer
17:00parce que ce qui fait
17:00que les Français
17:01travaillent plus
17:02que les Allemands
17:03pour comprendre
17:05ce sont beaucoup
17:06les indépendants
17:07les indépendants
17:08les indépendants français
17:10sont parmi ceux
17:11qui travaillent le plus
17:11en Europe
17:12sans doute
17:12on doit être 4ème
17:13ou 5ème
17:14le sujet
17:15l'écart
17:15il vient par contre
17:17en négatif
17:17du côté des salariés
17:19à temps plein
17:19à temps plein
17:20en temps partiel
17:21nos salariés
17:22à temps partiel
17:22travaillent plus
17:23en France
17:24qu'en Allemagne
17:24mais on en a moins
17:25il y a 30%
17:26à peu près
17:26en Allemagne
17:27nous on est plutôt
17:27à 20%
17:28mais par contre
17:29ils travaillent plus
17:29mais surtout
17:30on travaille moins
17:32du côté des salariés
17:32à temps plein
17:33c'est là où il y a
17:34en fait à peu près
17:35120 heures
17:37donc ça fait 3 semaines
17:38des quarts
17:38avec l'Allemagne
17:39ou avec la moyenne
17:40de l'Union Européenne
17:41et ça en fait
17:42la réalité c'est que
17:42ce sont un peu
17:43des voies de nage
17:44un peu différentes
17:45les indépendants
17:46ne vont pas faire
17:47prendre le travail
17:47des salariés à temps plein
17:48et vice versa
17:49donc en fait
17:50on peut traiter
17:50les uns
17:51les uns par rapport aux autres
17:53mais par contre
17:53les uns différents
17:54par contre
17:54ce qu'il faut savoir
17:55la question c'est pas
17:56de savoir si on est
17:56fainé ou pas fainé
17:57la question c'est
17:58de voir là
17:59où on a
18:00des leviers
18:01pour compter la production
18:02le travail en fait partie
18:03la productivité
18:04peut en faire partie
18:04et d'ailleurs
18:05quels sont les autres leviers
18:06travail et productivité
18:07la productivité
18:08et là on revient
18:08sur la fiscalité du capital
18:10alors ce qui fait
18:10la productivité
18:11alors il y a l'innovation
18:12il y a aussi l'investissement
18:13et là
18:14si on veut fiscaliser
18:15davantage de capital
18:16le vrai sujet
18:17c'est que ça renchérit
18:19le coût du capital
18:20ça renchérit
18:21le coût du capital
18:22parce qu'on va se limiter
18:23forcément en fait
18:24la façon dont le texte
18:26le projet de loi
18:27qui a été voté à l'Assemblée
18:28et soumis au Sénat
18:29et présenté en fait
18:29ça va appliquer
18:30pour une large part
18:31d'investissement
18:32en partie les grandes familles françaises
18:33mais aussi les investisseurs
18:34fortunés étrangers
18:35une taxe
18:37voilà une taxe
18:38c'est des incitatifs
18:39après de combien
18:39c'est un sujet
18:40on peut faire des estimations
18:41il y a des études
18:42qui montrent
18:43qu'il y a quand même
18:44des sujets
18:44ensuite la question
18:45c'est de combien de chiffres
18:46mais de fait
18:47au moment où on veut
18:49vraiment investir
18:49dans l'économie
18:50on veut investir
18:50dans l'innovation
18:51fiscaliser le capital
18:52c'est pas forcément
18:53la bonne solution
18:54moi je serais
18:55plutôt tenté de dire
18:56il faudrait plutôt
18:57un choc d'attractivité
18:58pour attirer
18:58beaucoup de capital
18:59et ce capital
19:00va faire
19:00soutenir les salaires
19:02parce que c'est quand
19:02on a des machines
19:03très sophistiquées
19:05qu'on a beaucoup de capital
19:06qu'on peut produire
19:07des choses de qualité
19:07et ensuite
19:08qu'on peut avoir
19:09des bons salaires
19:09donc moi j'irais
19:10plutôt dans ce sens-là
19:11vous seriez d'accord
19:11pour un choc d'attractivité
19:13tel que l'entend
19:13Olivier Rodoulès ?
19:14Déjà quand vous parlez
19:15d'investissement
19:16le vrai problème
19:17du budget de Bayrou
19:18c'est qu'en plus
19:19il va plomber
19:20l'investissement public
19:21parce qu'en diminuant
19:23de plusieurs milliards d'euros
19:24par exemple
19:25les fonds des collectivités locales
19:27c'est quoi ?
19:27C'est moins de crèches bâties
19:29c'est moins d'écoles bâties
19:30c'est moins de bus construits
19:31etc.
19:32Et donc tout ça
19:32va plomber évidemment
19:33l'activité des entreprises
19:35donc je dois le dire aussi
19:36un des grands leviers
19:37de croissance de notre pays
19:38c'est l'investissement public
19:39qui va être plombé
19:39par le budget
19:40de M. Bayrou
19:41plus le pouvoir d'achat
19:43des Français
19:43lui aussi plombé
19:44ensuite sur l'investissement privé
19:46je pense qu'il y a
19:47des mesures
19:48qu'on pourrait prendre
19:49par exemple
19:49essayer d'orienter
19:50par des règles
19:51des lois
19:51davantage l'épargne
19:53des Français
19:53vers par exemple
19:55l'industrie
19:55et vers
19:56je dirais
19:57le productif
19:59de ce pays
19:59enfin
20:00il faudrait au moins
20:01que les marchés d'offres
20:03les marchés publics
20:04soient orientés
20:04vers la production du pays
20:05vous savez quoi ?
20:06Il y a quelques jours
20:07je le raconte
20:07parce que je trouve ça
20:08vraiment intéressant
20:08j'étais à Sov
20:10dans le Gard
20:10il y a une usine de textiles
20:12qui risque
20:13de fermer
20:13et en fait
20:14pourquoi ?
20:15et c'est le groupe Eminence
20:17me raconte
20:17qu'en fait
20:18il y avait un appel d'offres
20:19auquel ils ont répondu
20:20mais il n'y avait pas
20:20d'obligation de le produire
20:22en France
20:22résultat ça va être produit
20:23au Bangladesh
20:24vous savez ce qui va être produit ?
20:25Les polos des gendarmes
20:27donc en gros
20:28notre argent de contribuable
20:29va servir à produire
20:30au Bangladesh
20:31les polos de nos gendarmes
20:32et pas tous les polos
20:33des gendarmes j'imagine
20:34une grande partie
20:34mais il y en a pour
20:35des dizaines de millions d'euros
20:37si vous voulez
20:38et parce que
20:39ce marché public
20:40n'a pas été conditionné
20:42au fait que ce soit
20:42produit local
20:43et bien ça fait fermer
20:44très concrètement
20:45une usine de textiles
20:46parmi les dernières usines
20:47de textiles de la France
20:48voilà
20:49et donc
20:49simplement je vous dis
20:51oui nous avons besoin
20:52d'investissement
20:52mais déjà commençons par
20:53conditionner tout
20:55l'investissement public
20:56et à le fortifier
20:57vers la production locale
20:58Madame la députée
21:00je suis très d'accord
21:02sur ce que vous dites
21:02et je pense
21:03ça pose la question
21:05d'ailleurs
21:05dans les mesures annoncées
21:06de comment elles sont faites
21:07en pratique
21:07si on fait des gains
21:09de productivité
21:10si on oriente mieux
21:11l'argent public
21:12par exemple
21:12dans le cas que vous avez cité
21:14on pourrait très bien
21:15se retrouver à faire
21:16à ce que l'impact
21:17soit assez limité au fond
21:18parce qu'en fait
21:19il s'agit de bien
21:20allouer les ressources
21:21de l'État
21:21il s'agit de bien
21:22placer les effectifs
21:25là où il faut
21:25on sait que par exemple
21:26l'emploi public
21:27dans son ensemble
21:28a augmenté plus vite
21:29que la population
21:30au cours des 20-25
21:31dernières années
21:32donc il y a un sujet
21:33où sont les gains
21:34de productivité
21:35comment les matérialiser
21:36peut-être qu'il y a
21:37de la formation à faire
21:37peut-être qu'il y a
21:38de la mobilité à faire
21:39et peut-être qu'on peut
21:40avoir aussi
21:41on sait que les agents
21:41publics sont d'ailleurs
21:42très demandés en général
21:43par le secteur privé
21:44parce qu'ils sont
21:45très qualifiés
21:46on pourrait aussi avoir
21:47libéré des ressources
21:49pour parler comme
21:49un économiste
21:50vers le secteur privé
21:51et ça c'est un scénario
21:52positif
21:53après c'est vrai que
21:53si on fait un rabot
21:54un peu indifférencié
21:55un peu bête et méchant
21:56on risque d'avoir
21:57plutôt des effets négatifs
21:58de ce plan
21:59Dernière question
22:00Aurélie Trouvé
22:01pour ou contre
22:02l'allocation sociale
22:02unifiée
22:03évoquée par François Bayrou
22:04Bruno Retailleau
22:05dit c'est une bonne idée
22:06mais elle doit être
22:06plafonnée par rapport
22:07au SMIC
22:07pour s'assurer
22:08que le revenu du travail
22:09est supérieur
22:09au revenu d'assistance
22:10c'est le fait
22:11de mettre toutes les allocations
22:12dans un même pot
22:13RSA
22:14oui c'est ça
22:15pour lutter contre la fraude
22:16a dit François Bayrou
22:17bon déjà
22:18je rappelle que
22:19dans ce pays
22:19la fameuse fraude sociale
22:21elle est estimée
22:23à 13 milliards d'euros
22:24quand la fraude fiscale
22:27est estimée
22:27autour des 60
22:28à 100 milliards d'euros
22:29donc déjà la première chose
22:30c'est de s'attaquer
22:31véritablement
22:32à la fraude fiscale
22:33ça fait des années
22:35qu'on en parle
22:35rien n'est fait
22:36bien au contraire
22:37là en ce moment
22:38il y a une fraude
22:38qui s'appelle
22:38la fraude Koum Koum
22:39qui est une fraude
22:40organisée par les grandes banques
22:42pour faire fuir
22:43pour en gros
22:44faire faire de l'évasion
22:45fiscale aux ultra riches
22:46et monsieur Lombard
22:48le ministre de l'économie
22:49ne fait rien
22:50bien au contraire
22:51et même les sénateurs
22:52sont montés au créneau
22:53sur la fraude sociale
22:54sachez qu'une bonne partie
22:55de cette fraude sociale
22:56elle est en fait
22:57réalisée par les patrons
22:58qui font du travail
22:59dissimulé
23:01on a bien compris
23:02que votre combat
23:03était contre les ultra riches
23:05merci à tous les deux
23:06en tout cas
23:06d'être venu dans BFM News
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