- il y a 1 an
Dans les colonnes du Parisien, une ancienne compagne de Cédric Jubillar s'est confiée sur sa relation avec le détenu, qui aurait récemment formulé des aveux au parloir de sa prison de Haute-Garonne. Des déclarations initialement parues dans La Dépêche du Midi, sur lesquelles la jeune femme est revenue pour le quotidien.
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00:00Cédric Jubilard aurait avoué le meurtre de son épouse Delphine, il se serait confié à sa nouvelle compagne.
00:05Elle affirme en tout cas avoir obtenu des aveux dans le cadre du parloir de la maison d'arrêt de Cesse.
00:11Dans un instant on sera avec l'avocat de Cédric Jubilard.
00:14On est avec Pauline Rongier, vous êtes vous l'avocate de la meilleure amie de Delphine Jubilard.
00:19Vous nous direz aussi ce que vous pensez vous de ces toutes dernières révélations.
00:23Jean-Pierre Colombies, ancien policier de la police judiciaire, bonjour et bienvenue.
00:26Et on est avec Mathias Tesson, journaliste police-justice pour BFM TV.
00:30Juste avant, pour vous rafraîchir un peu la mémoire, qu'est-ce que c'est que cette affaire Jubilard ?
00:35On va revenir donc à ce mois de décembre 2020 avec vous Jeanne Daudet.
00:40Oui, l'affaire Jubilard commence à la toute fin de l'année 2020 dans la nuit du 15 au 16 décembre.
00:46Delphine Jubilard, une infirmière de 33 ans habitant Cagnac, les mines dans le Tarn disparaissent.
00:50Le lendemain, le 16 décembre 2020, son mari Cédric Jubilard signale sa disparition aux forces de l'ordre.
01:00Il indique aux enquêteurs que sa femme a quitté le domicile familial en début de nuit, n'est jamais rentrée à la maison.
01:05Le couple Jubilard à ce moment-là était en instance de divorce.
01:08Très rapidement, de nombreux moyens sont déployés pour tenter de retrouver la jeune femme.
01:13Dans les jours qui suivent, des battues sont organisées avec des centaines de personnes qui vont ratisser les alentours.
01:18La famille de Delphine Jubilard, dont son mari, se joigne aux recherches qui ne donneront finalement rien.
01:25Dans les mois qui suivent, les enquêteurs explorent la piste Cédric Jubilard et accumulent plusieurs preuves contre lui.
01:32Le 18 juin 2021, Cédric Jubilard est mis en examen pour meurtre aggravé et placé sous mandat de dépôt.
01:38Il est placé donc en détention et dort depuis en prison malgré plusieurs demandes de remise en liberté formulées depuis par ses avocats.
01:46Elles ont toutes été rejetées. Des mois d'enquête se succèdent durant lesquels plusieurs témoins sont entendus,
01:51plusieurs recherches sont effectuées, plusieurs éléments sont analysés.
01:55En décembre 2022, deux ans après la disparition de Delphine Jubilard,
02:00une reconstitution de la nuit de la disparition est organisée au domicile du couple en présence de son mari,
02:06toujours principal suspect dans cette affaire.
02:08Cette nuit-là, comme depuis le début, il continue à nier son implication dans la disparition de son épouse.
02:13Moins d'un an plus tard, en octobre 2023 cette fois, les juges d'instruction signent la fin des instructions
02:19dans l'enquête dans l'affaire Jubilard, sans corps ni aveu.
02:23Mais depuis, plusieurs compléments d'informations ont été requis dans cette affaire pour exploiter de nouveaux éléments,
02:29ce qui a conduit le procès à être repoussé.
02:31Il s'ouvrira à la rentrée en septembre 2025, fin septembre, devant la cour d'assises du Tarn à Albi.
02:37Il devrait durer plusieurs semaines.
02:38– Merci beaucoup, Jeanne Daudet.
02:42Et on apprend donc que cette jeune femme de 31 ans,
02:46qui aurait entretenu une relation pendant six mois avec Cédric Jubilard,
02:51après la disparition de Delphine Jubilard,
02:54aurait obtenu, en tout cas c'est ce qu'elle dit, des révélations,
02:57alors qu'elle rendait régulièrement visite à Cédric Jubilard, à la maison d'arrêt de Cesse.
03:03Peut-être qu'on peut voir précisément ce qu'elle raconte.
03:06Elle se confie notamment aux journalistes du Parisien.
03:11Elle raconte d'ailleurs qu'il a mimé carrément ce qu'il a pu faire à Delphine Jubilard.
03:18Il m'a dit avoir étranglé Delphine et a même imité sur moi le geste qu'il aurait fait pour la tuer.
03:23Il s'est placé dans mon dos, il a posé une main sur mon front et fait une clé coude avec l'autre bras disponible.
03:29Il m'a expliqué avoir ensuite serré tellement longtemps que cela aurait provoqué une petite blessure sur son avant-bras.
03:34Je lui ai même demandé s'il pourrait me tuer un jour.
03:37Il m'a répondu, je l'ai déjà fait une fois, je peux le faire deux fois, mais si tu ne me trompes pas, tu n'as rien à craindre.
03:43On va là, Mathias Tesson, dans l'extrême précision.
03:47Elle, elle dit qu'il a carrément mimé l'acte.
03:52Et sans faire offense à cette jeune femme, ainsi qu'à son témoignage,
03:57on peut à minima le questionner. Pourquoi ?
03:59Parce qu'on est quand même à l'intérieur d'une prison.
04:01Et si d'aventure, Cédric Jubilard avait effectivement mimé un étranglement sur une jeune femme,
04:08alors qu'il y a des surveillants pénitentiaires pas loin,
04:12il y aurait eu fort à parier qu'il y aurait eu à minima une intervention.
04:15Absolument.
04:17Pareil, elle décrit une légère blessure qu'elle aurait eue à la suite de cet incident.
04:22Est-ce que cette jeune femme s'en était mue auprès des enquêteurs ?
04:26Est-ce qu'elle a éventuellement signalé ses faits acquis de droit ?
04:31Ce témoignage pose évidemment question.
04:34Il est loin d'être sans intérêt, mais il faut le prendre avec prudence,
04:37parce que ce n'est pas la première fois dans cette affaire
04:39que Cédric Jubilard fait de telles confidences.
04:42Il y a eu d'autres moments où il s'est confié, notamment un co-détenu.
04:45Oui, et même bien avant cela, alors qu'il était encore en liberté
04:48et que des battues étaient organisées pour essayer de retrouver sa femme,
04:52il avait fait des allusions plutôt étonnantes à certaines de ses amis.
04:59Il participait aux recherches d'un côté, mais de l'autre,
05:01il se moquait des amis qui, contre vents et marées, essayaient de retrouver Delphine.
05:06Et puis, il y a eu une écoute téléphonique aussi datant de mai 2021,
05:09alors qu'il n'est pas encore mis en examen dans cette affaire.
05:12Il échange avec sa sœur et il explique avoir commis le crime parfait
05:17quelques mois plus tôt, en mars 2021.
05:19Cette fois-ci, lors d'une battue, là encore, il fait cette confidence.
05:23Il dit, moi, j'aurais lesté le corps.
05:25Tu sais très bien qu'un corps, ça flotte.
05:27Et puis, il y a un enregistrement aussi qu'on s'était procuré à l'époque,
05:30cette fois-ci, où il était questionné par des amis de Delphine.
05:33Et dans cet enregistrement, il dit, mais il n'y a pas de preuves contre moi.
05:36Arrêtez de chercher dans Cagnac.
05:38Cagnac-Lémine, là où Delphine disparaît, ça ne sert à rien.
05:40Et puis, vous l'avez dit, il y a aussi cet autre co-détenu, Marco,
05:44qui lui avait expliqué avoir été aussi destinataire de ses confidences,
05:47que Cédric Jubillard, qui se vantait par ailleurs manifestement
05:50d'être le détenu le plus célèbre du Tarn alors qu'il était incarcéré,
05:53lui aurait dit qu'il aurait enterré le corps de Delphine sous un arbre
05:58près d'une ferme qui a brûlé, alors que cette fois-ci,
06:00il s'agit simplement d'une exploitation agricole.
06:02C'est ce qu'il dit à cette femme qui se présente comme sa nouvelle compagne.
06:07Alors, voilà, ce sont des éléments très intéressants, évidemment,
06:10mais qu'il faut prendre avec prudence.
06:11À deux mois du procès, évidemment, ce sont des éléments qui intriguent
06:14les enquêteurs et sur lesquels ils vont travailler.
06:17J'aimerais qu'on aille quand même plus loin dans ce qu'il raconte précisément,
06:20ce qu'elle raconte aux journalistes du Parisien.
06:22Cédric m'a dit que tout s'était passé à l'intérieur de la maison,
06:26dans le salon, sans un bruit quasiment.
06:28D'ailleurs, il ne comprend pas comment les voisines ont pu entendre des cris à l'extérieur
06:32parce que, selon lui, Delphine n'a même pas eu la possibilité de crier.
06:36Pour me démontrer ça, il m'a serré le coup très fort pendant quelques secondes
06:39et j'ai pu constater, en effet, qu'il était impossible de crier dans ces conditions.
06:43Que dit l'ex-policier de la PJ ?
06:45Est-ce que vous aussi, ça vous intrigue quand même qu'il ait pu mimer ses gestes
06:48au moment des échanges dans le parloir ?
06:51L'ex-policier que je suis dit que, de toute façon, en tout état de cause,
06:54on ne peut pas considérer ça comme des aveux.
06:57Les aveux, ça a une valeur juridique à partir du moment où c'est fait
06:59soit devant des enquêteurs, soit devant un magistrat.
07:02Alors, des propos reportés par une jeune femme qui a des rapports qui restent à déterminer,
07:07qui restent à cerner psychologiquement parlant,
07:10ça n'a, pour moi, aucune valeur juridique, clairement.
07:13Après, si M. Jubilard a très envie de soulager sa conscience,
07:17il pourra très bien le faire à partir du 22 septembre pendant l'audience des assises.
07:21Pardon, parce que les aveux, quel est le poids des aveux maintenant
07:24qu'effectivement on a des méthodes d'investigation très poussées ?
07:28Alors, qu'est-ce qui fait qu'un aveu pèse ou pas ?
07:31C'est très simple, c'est à partir du moment où on a cette confidence.
07:34Moi, j'appelle ça une confidence pour l'instant.
07:36Faites à des journalistes, pas faites devant un magistrat.
07:38En tout cas, oui, il y a eu une déposition, une relation du pseudo aveu
07:42par l'ami de relation de la jeune femme.
07:46C'est vraiment très vague tout ça, c'est pas très clair.
07:49Le président de la cour d'assises peut très bien demander
07:51soit un supplétif d'informations pour qu'éventuellement
07:54elle soit entendue de façon plus carrée, plus encadrée.
07:58Et il peut lui-même l'entendre du reste.
08:00Mais le risque, c'est de, à trop vouloir chercher des éléments,
08:05obtenir un report de l'audience.
08:06Ça, ce serait catastrophique.
08:08De mon point de vue, il faut la maintenir.
08:10On a cette confidence faite devant des journalistes très bien.
08:13On l'en tient compte, pas de souci.
08:14Mais elle peut être citée comme témoin aux assises et réitérer
08:18et voir comment va réagir à ce moment-là Cédric Jubilat.
08:21S'il a envie de soulager sa conscience,
08:22là, il pourra le faire très clairement en cour d'assises.
08:25Et là, ce sera officiel.
08:26S'il veut aller même jusqu'au bout,
08:28parce qu'il y a un enfant dans l'histoire, on l'oublie un petit peu.
08:30S'il veut, par exemple, que la maman de cet enfant ait une sépulture digne de ce nom,
08:36il aura ce plaisir de le faire.
08:37Donc, vous voyez, ce que je veux dire, c'est...
08:39Voilà, on est entre deux.
08:40Non, il faut aller jusqu'au bout de la démarche,
08:42mais que ce soit fait devant des gens sérieux.
08:45Et puis, ce qu'il raconte aussi pourrait changer la donne,
08:47puisque la qualification juridique prendrait une autre dimension,
08:50il raconte.
08:51D'après ce qu'il m'a dit, il n'a pas du tout vrillé
08:53en voyant les messages que Delphine recevait de la part de son amant.
08:59Il m'a parlé du conflit qu'il avait avec Delphine
09:03au sujet de la maison et de la garde des enfants,
09:05sans me donner de détails.
09:06Mais je crois surtout qu'il a besoin d'être dans un rapport de domination.
09:09Je l'ai bien senti lorsqu'il m'a prise par le coup à plusieurs reprises.
09:12En fait, ça l'excitait.
09:16Et elle raconte derrière qu'en fait, cette date-là du 15 décembre,
09:19il l'avait choisie parce que ça correspondait avec la fin du confinement.
09:23qu'il avait décidé du lieu où il allait cacher le corps bien en amont
09:29de tuer Delphine Jubilard.
09:35Et donc, on parlerait là non plus d'un meurtre, mais d'un assassinat, Mathias Tesson ?
09:38Oui, parce qu'il y aurait effectivement une forme de préméditation.
09:43Ça, ce sera éventuellement débattu à l'audience,
09:46si tant est qu'elle ait lieu dans le délai imparti,
09:49parce qu'effectivement, différents avocats de la partie civile,
09:52notamment vous, maître Rongier, vous demandez officiellement un supplément d'information
09:56et donc que le dossier soit rouvert pour procéder à de nouvelles investigations.
10:00Qu'est-ce que vous demandez, oui, concrètement, suite à ces révélations ?
10:02Alors, j'ai fait une demande de supplément d'information d'entendre cette jeune femme,
10:07bien sûr, parce que c'est ce que vous appelez des confidences.
10:10C'est quand même un récit particulièrement étayé,
10:14tout à fait compatible avec les éléments matériels du dossier.
10:17Vous, vous y croyez ?
10:18J'y crois complètement.
10:19J'y crois complètement.
10:20C'est compatible avec tous les éléments du dossier.
10:22Ce sont des choses qu'il a pu dire déjà à une précédente compagne.
10:27Toutes ces déclarations sont compatibles en telle, c'est cohérent.
10:31Donc, bien sûr, j'y crois.
10:32Et c'est pour ça que j'ai fait une demande de supplément d'information, aujourd'hui.
10:35Pourtant, pardon, mais la Stesson pointait le fait qu'il s'est déjà confié
10:40des sortes de fausses confidences qui n'ont pas mené à grand-chose.
10:43C'est à chaque fois, finalement, un environnement assez similaire
10:46qui est décrit la proximité d'une ferme.
10:49Il en a reparlé à cette jeune femme.
10:51La ferme en question, elle a été vérifiée.
10:53Mais il n'y a jamais eu de ferme en question.
10:54La ferme qui a brûlé.
10:55Il n'a jamais désigné une ferme.
10:57Il a dit près d'une ferme.
10:58Et son ex-compagne s'était mis en tête que c'était une ferme précise.
11:01Et des fouilles avaient eu lieu dans cette ferme précise.
11:03Mais il n'avait jamais désigné cette ferme.
11:06Il ne désigne aucun point précis.
11:08C'est d'ailleurs ce qu'explique cette jeune femme.
11:10C'est que c'est pour ça qu'elle ne va pas en parler.
11:12C'est parce qu'il se débrouille pour donner plein d'éléments.
11:15Ces éléments, c'est certain, ils sont vrais
11:17parce qu'ils se retrouvent depuis le début.
11:19Par contre, ils ne donnent pas d'endroit précis.
11:21J'aimerais ajouter autre chose.
11:23Quand on parle des violences parloires,
11:25c'est vrai que ça peut paraître fou,
11:27des violences conduites dans un parloir.
11:28Mais j'ai beaucoup de dossiers de violences parloires.
11:30Et personne n'intervient.
11:31Et ça va parfois très loin.
11:33Et j'ai des dossiers de relations parloires,
11:35violences parloires, avec des violences physiques,
11:37des violences sexuelles, des violences psychologiques.
11:39Et personne ne s'en rend compte
11:41au sein de la maison d'arrêt.
11:42Alors ce qui pourrait être intéressant aussi,
11:44c'est que cette jeune femme porte plainte pour violences.
11:46Parce que ce qu'elle décrit, ce sont des violences.
11:48Et là, il y aurait aussi une enquête en parallèle.
11:51Les surveillants pénitentiaires seraient auditionnés.
11:53Et ça, ça pourrait être intéressant.
11:55Et une autre remarque juridique.
11:58Évidemment, dans ce dossier,
12:00pour moi, la préméditation,
12:01elle est très claire.
12:03C'est d'ailleurs un des éléments
12:05qui sous-tendait ma demande d'acte
12:07formulée il y a deux mois,
12:09qui a donné lieu à un refus
12:10de la présidente de la Cour d'Assise.
12:11Vous demandiez de nouvelles fouilles.
12:12Je demandais de nouvelles fouilles
12:14dans un lieu où son téléphone avait été localisé.
12:17Encore une fois, ce lieu,
12:18il est compatible aussi
12:20avec les déclarations
12:21de la jeune femme
12:23dans l'interview du Parisien.
12:25Et c'est, à mon sens, parfaitement anormal
12:28qu'il n'y ait pas eu de fouilles
12:30à ce lieu précis.
12:31Et donc, pour en revenir à la préméditation...
12:32Donc, vous espérez, en tout cas,
12:32qu'il y ait de nouvelles auditions,
12:33de nouvelles recherches
12:34et que ça repousse à la date du procès ?
12:36Là, pour l'instant,
12:36c'est une demande d'audition
12:39de cette jeune femme.
12:40Et je voudrais préciser,
12:41donc, sur la préméditation,
12:43que c'est une qualification
12:45qui n'est pas possible.
12:48On ne peut pas avoir
12:48assassinat sur conjoint.
12:49Donc, ça ne va pas changer
12:51la qualification, en général.
12:53On ne peut pas avoir
12:53assassinat sur conjoint ?
12:55On ne peut pas avoir
12:55deux circonstances aggravantes.
12:57Donc, ce qui se passe souvent
12:58quand il y a préméditation
12:59dans les dossiers,
13:00c'est que les juges doivent choisir
13:01entre une qualification
13:02d'assassinat,
13:03en passant sous silence
13:04la qualité de conjoint,
13:05ou bien la qualification
13:06de meurtre sur conjoint
13:07qui, c'est vrai,
13:09ressemble davantage à...
13:10On a plus la notion
13:11du féminicide
13:12quand on qualifie
13:13de meurtre sur conjoint.
13:14C'est d'ailleurs
13:15une défaillance législative,
13:16à mon sens,
13:17qu'on ne puisse pas cumuler
13:18ces circonstances aggravantes
13:19de qualifier les faits
13:21à leur hauteur,
13:22à leur gravité.
13:23On est aussi avec
13:23Alexandre Martin.
13:25Vous êtes l'avocat,
13:25l'un des avocats
13:26de Cédric Jubilard.
13:27Merci beaucoup
13:28d'être avec nous.
13:29D'abord,
13:29est-ce que vous avez pu
13:30échanger avec lui
13:31depuis ses confidences
13:32de sa nouvelle compagne ?
13:37Bonjour.
13:39Non, à ce stade,
13:40nous, nous avons appris
13:41cette information
13:41lorsqu'elle est sortie
13:43dans les médias.
13:44Nous n'avons pas échangé
13:45avec Cédric Jubilard.
13:47Ce que je sais,
13:48c'est que nous le voyons
13:49régulièrement.
13:49Il y a peu,
13:50il continue
13:51à nous expliquer
13:53qu'il est innocent
13:54et on travaille
13:54le dossier en ce sens.
13:56C'est pour ça
13:56que ces déclarations
13:57me paraissent
13:58assez surprenantes.
14:01Vous allez,
14:01j'imagine,
14:02quand même,
14:03lors de vos prochains
14:03échanges échanges,
14:05le confronter à cette interview.
14:09Là, écoutez,
14:10madame,
14:10vous rentrez dans le secret
14:11de la relation
14:12d'un avocat et son client.
14:13Moi, je veux parler
14:14des déclarations
14:15de cette jeune femme
14:17qui,
14:17comme l'a rappelé
14:18monsieur le policier
14:19il y a quelques minutes,
14:20ne sont pas
14:22des actes judiciaires.
14:24C'est, pour l'instant,
14:25des confidences
14:26relatées auprès
14:28de journalistes.
14:29Juridiquement,
14:30ça ne vaut rien.
14:31Donc, maintenant,
14:32on a cet élément,
14:33on a cette information.
14:35Évidemment,
14:35on ne peut pas rester
14:36sans rien faire.
14:37Nous sommes très surpris
14:38des avocats de la défense
14:39d'apprendre
14:39que les gendarmes
14:40sont possesseurs.
14:42Ça, c'est un vrai scandale,
14:43déjà,
14:44que les gendarmes
14:44sont possesseurs
14:45de cette information
14:46depuis le 14 mai.
14:48C'est à la fois
14:49un pied de nez
14:49honteux
14:51à l'égard
14:51des droits
14:52de la défense
14:52et pire encore,
14:54pire encore,
14:54que doit-on penser
14:55d'un fonctionnement
14:56pareil
14:57à l'égard
14:58de la famille
14:58de Delphine Jubilard
15:00qui, à juste titre,
15:01une des avocates
15:02a parlé,
15:02demande des investigations
15:03supplémentaires.
15:04Ça me paraît évident.
15:05S'il y a une chance
15:06de retrouver le corps,
15:08comment on peut
15:08ne rien faire
15:09pendant deux mois ?
15:10Qu'est-ce qu'ils avaient
15:11de mieux à faire,
15:12ces enquêteurs,
15:12depuis le 14 mai ?
15:13Les gendarmes expliquent
15:15avoir connaissance
15:18de tout ça
15:18depuis le 14 mai,
15:20mais ils expliquent
15:20se méfier
15:21de ces confidences
15:23puisqu'il y a déjà eu
15:24des précédents
15:25qu'on a détaillés
15:26en plateau à l'instant.
15:27Excusez-moi,
15:30madame,
15:30les gendarmes,
15:31ils sont gendarmes,
15:32les juges sont juges,
15:33les gendarmes
15:33ne sont pas là
15:34pour apprécier
15:35de la force probante
15:37d'un témoignage.
15:38Vous imaginez,
15:39dans le dossier
15:39le plus important
15:41actuellement
15:41de la France judiciaire,
15:43d'aveu,
15:45pseudo-aveu,
15:46en tout cas,
15:46d'éléments
15:46extrêmement lourds,
15:49le gendarme,
15:49lui, apprécie
15:50son bon vouloir,
15:51non,
15:51je n'en fais rien,
15:52je n'informe pas
15:52ma hiérarchie,
15:53je ne peux pas imaginer
15:54que les avocats généraux
15:55n'étaient pas au courant,
15:56ce qui, quand même,
15:57pose un problème
15:58de loyauté
15:59à l'égard de la défense.
16:00On a été en réunion
16:01avec eux
16:01à plusieurs reprises
16:02il y a quelques jours
16:03et droit dans les yeux,
16:04personne ne nous explique
16:05qu'il y a ces éléments.
16:06Enfin, bon,
16:07ça, je veux dire,
16:07c'est le procès du procès,
16:09maintenant,
16:10on a cet élément,
16:10il faut travailler dessus,
16:12je veux dire,
16:12on ne peut pas fermer
16:12les yeux,
16:13on ne peut pas continuer
16:14comme ça,
16:15ni les partis civils,
16:16elles ont raison,
16:17ni la défense,
16:18parce que nous,
16:18nous n'avons évidemment
16:19rien,
16:20depuis le début,
16:21on ne s'est opposé
16:21à rien
16:22et on a toujours
16:23acquiescé
16:25aux demandes
16:26qui tendaient
16:26à faire découvrir
16:29la vérité.
16:30Une question
16:30de Mathias Tesson
16:31en plateau pour vous.
16:32Bonjour,
16:32Maître Martin,
16:33je m'adresse aussi
16:34par ailleurs
16:34aux partis civils
16:35dans ce dossier,
16:35mais si à chaque nouvel élément,
16:37et Dieu sait que dans ce dossier,
16:38il y en a régulièrement,
16:39le dossier doit être rouvert,
16:42il n'y aura jamais de procès
16:43et que fait-on alors
16:44du délai raisonnable
16:45pour juger à la fois
16:46un détenu
16:47en l'espèce votre client
16:48et du délai raisonnable
16:49aussi pour les partis civils ?
16:53Écoutez,
16:54il y a plusieurs questions
16:56dans votre question.
16:57Qu'est-ce qu'on fait
16:58chaque fois qu'on a
16:59un élément nouveau ?
16:59Déjà,
17:00on apprécie
17:00cet élément nouveau.
17:02Jusqu'à présent,
17:03on a considéré
17:05qu'il fallait continuer
17:06l'instruction
17:06lorsqu'on avait
17:07des témoignages
17:08de médium.
17:09Excusez-moi du peu,
17:10là, on est un peu
17:10quand même
17:11à un niveau supérieur
17:12puisqu'on aurait,
17:13on aurait,
17:14je dis bien au conditionnel,
17:15tant qu'elle ne l'a pas
17:15acté en procédure,
17:16ça reste des propos
17:19reliés par des journalistes,
17:21des confidences
17:22de sa copine.
17:23Ça me paraît
17:24un peu plus important.
17:25Alors après,
17:26oui,
17:26on se confrontera
17:27au délai raisonnable,
17:28mais attention,
17:30le bruit court,
17:31on a eu des échos,
17:32que la défense
17:34se servirait
17:35de ça
17:36pour demander
17:36un report
17:37et obtenir
17:37la libération
17:38de M. Cédric Jubilard.
17:40Juridiquement,
17:41la justice
17:41n'est pas dans l'obligation
17:43de libérer encore
17:44Cédric Jubilard.
17:45Donc,
17:45il n'y a pas
17:45de piège,
17:46on ne s'est pas
17:47des gens tordus,
17:49il n'est pas
17:50automatiquement libéré.
17:51Ceci est faux.
17:51Ils ont largement
17:52le temps
17:53de mener
17:54les investigations
17:54nécessaires
17:55sans être contraints
17:56de libérer
17:57Cédric Jubilard.
17:58le délai raisonnable,
17:58la violation
17:59du délai raisonnable,
18:00je vais vous dire,
18:01si on analyse
18:02la jurisprudence
18:03de la Cour européenne,
18:04on n'y est malheureusement
18:05pas encore.
18:07Merci beaucoup,
18:08M. Martin,
18:08d'avoir répondu
18:09à nos questions.
18:09Jean-Pierre Colombien,
18:10c'est une toute dernière question.
18:11Il se peut,
18:12malgré tout,
18:12que le procès
18:12soit repoussé
18:13au vu de ces informations ?
18:15C'est toujours pareil,
18:16on est au mois de juillet,
18:16on est à mi-juillet.
18:18Dans l'idéal,
18:18il faudrait confronter
18:19Cédric Jubilard
18:20à la déclaration
18:20en confidence
18:21de cette jeune femme.
18:22Si on est encore dans un...
18:25Parce qu'on est quand même
18:25face à quelqu'un
18:26qui nie farouchement
18:27depuis quasiment 5 ans.
18:29Donc, je ne suis pas...
18:30Il nie devant les juges,
18:30nie devant les enquêteurs,
18:31mais manifestement
18:32fait des confidences contraires.
18:33Ça n'a aucune valeur,
18:35comprenons-nous bien.
18:35Donc, est-ce qu'on doit
18:36reporter une session d'assises
18:37parce que quelqu'un
18:38se confie plusieurs fois
18:40soit à des co-détenus,
18:41soit à une jeune femme
18:41qui a rencontré...
18:42Enfin, ça me paraît
18:43très, très, très subjectif
18:44et très léger, tout ça.
18:46Et on suivra, évidemment,
18:47l'évolution
18:48de la situation
18:50et de l'enquête.
18:51Merci beaucoup
18:51à tous les trois.
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