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  • il y a 7 mois
Dans les colonnes du Parisien, une ancienne petite-amie de Cédric Jubillar confie que ce dernier a formulé des aveux sur le meurtre de sa compagne Delphine, disparue en 2020. Me Mourad Battik, avocat de la famille de Delphine Jubillard, était en direct sur BFMTV.

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Transcription
00:00Et cette interview de la compagne de Cédric Jubilard, recueillie par nos confrères du Parisien,
00:05qui apparaît comme un nouveau coup de théâtre.
00:07Ouvrez les guillemets, Cédric m'a dit avoir étranglé Delphine, sa petite amie,
00:12qui affirme donc avoir recueilli des aveux circonstanciers.
00:14Des détails aussi sur les conditions de la disparition de Delphine Jubilard,
00:17comment elle aurait été tuée, où son corps aurait été caché,
00:21quel crédit accordé à ses aveux à deux mois de l'ouverture du procès de Cédric Jubilard.
00:26On en parle avec nos invités. Bonsoir Périne Roger-Tuber, merci d'être avec nous.
00:30Commandante de police spécialiste de l'identité judiciaire à la préfecture de police.
00:34Laurent Valdigui est avec nous, bonsoir.
00:36Journaliste d'investigation, consultant police-justice BFM TV.
00:39Mourad Batik, bonsoir. Merci d'être avec nous.
00:41Avocat de la famille de Delphine Jubilard ainsi que Pauline Revenard,
00:44chef du service police-justice de BFM TV.
00:46Je commence avec vous Pauline.
00:47Pour ceux qui ce soir dans cette émission prennent connaissance de cette interview,
00:51il faut dire assez ahurissante quand on la lit.
00:54que faut-il retenir, ce principal élément, cette compagne, nouvelle compagne,
00:58qui dit « j'ai recueilli des aveux circonstanciés de mon compagnon Cédric Jubilard ».
01:06Oui, donc c'est une jeune femme de 31 ans qui a connu Cédric Jubilard
01:09après la disparition de sa femme et qui ensuite a organisé des parloirs en prison
01:13et qui est allé le voir à plusieurs reprises.
01:15Ce qu'elle raconte, c'est que lors d'un parloir,
01:17il a dit à cette jeune femme avoir étranglé Delphine
01:21et il a même imité sur elle le geste qu'il a fait pour la tuer.
01:24C'est ce qu'elle raconte, donc ce sont ses propos à elle.
01:27« Il s'est placé dans mon dos », a-t-elle dit.
01:28« Il a placé une main sur mon front et il a fait une clé de coude avec l'autre bras disponible.
01:32Il m'a expliqué ensuite avoir serré tellement longuement
01:35que ça aurait provoqué une petite blessure sur son avant-bras. »
01:38Et le légiste qui a vu le lendemain Cédric Jubilard
01:41a remarqué effectivement cette blessure
01:43et Cédric Jubilard leur a répondu qu'il s'était blessé en posant du parquet flottant.
01:46Bon, ça c'est pour le geste.
01:48Mais elle dit aussi d'autres choses.
01:50Elle dit que ça s'est fait, Cédric Jubilard leur a dit que ça s'était fait,
01:53à l'intérieur de la maison, sans aucun bruit.
01:55Et là, il y a quelques contradictions avec les autres éléments dans le dossier
01:59parce que, par exemple, les voisins expliquent qu'ils ont entendu des cris d'épouvante
02:02et le fils aussi, l'un des fils du couple,
02:05explique qu'il y a eu une violente dispute et qu'il a entendu des cris.
02:07Donc, c'est le récit de cette jeune femme lors d'un parloir.
02:11Ce sont des éléments qui ont été remontés dans le dossier.
02:13Et ce soir, ce qui est intéressant, c'est que le parquet général, près de la cour d'appel,
02:17il fait le lien et il dit que ça a été mis sur PV
02:18et que maintenant, c'est dans les mains de la présidente de la cour d'assises.
02:21Vous savez que Cédric Jubilard, il doit être jugé en sept mois prochain.
02:25Eh bien, c'est à elle maintenant de décider ou pas
02:26de faire des nouvelles investigations et de nouvelles enquêtes.
02:29Maître Batik, qui est à côté de moi, avait déjà demandé des nouvelles enquêtes,
02:31on lui avait dit non.
02:32Est-ce que cette fois-ci, on va dire oui à cette demande-là ?
02:35C'est tout l'enjeu.
02:36Et je vous donnerai la parole dans un instant, Maître Batik.
02:38Juste avant, et on va détailler tout ce qu'il y a dans cette interview.
02:41Il y a beaucoup de choses.
02:42Il y a beaucoup de choses sur la façon dont ça se serait passé,
02:45où serait le corps.
02:46Là encore, c'est assez sidérant.
02:48Juste avant, Laurent Valdiguet, rapidement,
02:50quel crédit est-ce qu'on peut accorder à ce récit ?
02:53D'abord, sur le profil de cette compagne.
02:56Et deuxièmement, sur ce que dit aussi Cédric Jubilard,
02:58puisqu'il n'est pas à son coup d'essai
02:59quand il y a des choses qu'il aurait pu dire à un compagnon de cellule,
03:02avec des versions qui auraient variées.
03:04Il ne faut pas prendre ça pour parole d'évangile,
03:07si vous me permettez l'expression.
03:10En 2021, il y avait déjà eu un compagnon de cellule,
03:14qui avait dit, il m'a dit où elle était.
03:19C'était près d'une ferme qui avait brûlé.
03:21Il y avait eu des fouilles près de cette ferme qui avait brûlé.
03:23Ça n'avait rien donné.
03:25Là, c'est vrai que maintenant,
03:26on apprend ce soir par le Parquet Général
03:27que depuis le 14 mai,
03:30la section de recherche de la gendarmerie de Toulouse
03:32a eu une information d'un ami de cette jeune femme
03:36qui est venu voir les gendarmes en leur disant
03:38« Voilà ce qu'elle m'a dit. »
03:39À ce jour, je parle sous le contrôle de Brat Batik,
03:42elle n'a pas été entendue par la justice.
03:44Elle a fait une interview ce soir dans Le Parisien.
03:47Alors, est-ce que la présidente de la cour d'assises
03:49va l'entendre avant ?
03:52Parce qu'en plus, on précise que l'instruction est close.
03:55Donc, dans ce cas-là, il faut la rouvrir.
03:56Le dossier est entre les mains
03:58de la présidente de la cour d'assises.
04:00Ou est-ce qu'elle l'entendra à la barre ?
04:01Est-ce qu'elle va considérer que le jour du procès,
04:03elle va demander à Stréderick Jubilard
04:05au fond de réagir à cette interview ?
04:07La balle est dans le camp de la présidente.
04:10Elle peut tout faire aujourd'hui.
04:12Maître Batik, je rappelle que vous êtes
04:14avocat de la famille de Delphine Jubilard.
04:16D'abord, votre réaction sur ces propos
04:19tenus par la nouvelle compagne.
04:22D'ailleurs, parenthèse, quand on dit nouvelle compagne,
04:23à la fin de l'interview,
04:24elle dit qu'elle ne lui parle plus.
04:25Et puis, on a eu plusieurs des compagnes.
04:27Voilà.
04:28Là-encore, il faut aussi faire preuve
04:29d'une forme de prudence sur cette formule.
04:31Mais il n'empêche, votre réaction là-dessus.
04:33Et est-ce que vous demandez, effectivement,
04:34qu'il y ait un supplément d'information,
04:37qu'on rouvre l'instruction
04:38pour entendre tout de suite cette femme ?
04:42Ma réaction, elle est finalement de l'ordre de la cohérence.
04:48On nous a expliqué, depuis le début de ce dossier,
04:50du côté de la Défense, que c'est un dossier vide,
04:52que c'est un dossier dans lequel il n'y a pas d'éléments,
04:55qu'il n'y a qu'un faisceau d'indices,
04:56qu'il n'y a pas de preuves,
04:57et que Cédric Jubilard est parfaitement innocent.
05:00Vous conviendrez avec moi que c'est quand même
05:02tout à fait particulier, pour ne pas dire cocasse,
05:04que cet individu qui se dit innocent
05:06depuis le début de ce dossier
05:08va, tour à tour, expliquer à sa sœur
05:11qu'il a tué Delphine Jubilard,
05:12à un compagnon de cellule, Marco,
05:14qu'il a tué Delphine Jubilard.
05:16Un autre compagnon de cellule va entendre la même chose,
05:18ça fait trois.
05:19Séverine, son ancienne petite amie,
05:21à qui il va expliquer qu'il a tué Delphine Jubilard.
05:23Et maintenant, celle que l'on appelle Justine,
05:25dans l'article du Parisien,
05:27à qui il va expliquer encore
05:28qu'il a tué Delphine Jubilard.
05:30C'est une attitude, tout de même,
05:32qui est questionnable, hautement questionnable
05:34pour cet individu, qui encore aujourd'hui
05:36se dit parfaitement innocent et étranger
05:38à la disparition de Delphine.
05:40Donc oui, évidemment,
05:41on va demander à la présidente de la Cour d'Assise
05:43un supplément d'information.
05:45Donc avant l'ouverture du procès ?
05:46Avant l'ouverture, on a deux mois.
05:47Elle a largement la possibilité,
05:49cette présidente, de procéder à l'audition
05:52de cette Justine aux fouilles,
05:55puisqu'on commence à avoir un endroit
05:57qui est indiqué par Cédric Jubilard.
06:00Alors sur la fouille,
06:01je ne me fais pas trop d'illusions,
06:03puisque depuis le début du dossier,
06:05c'est un individu qui souffle le chaud et le froid.
06:08Qui explique où est le corps
06:11en donnant des endroits tout à fait contradictoires.
06:15Et donc on sent bien qu'il y a quelque chose
06:16de presque jubilatoire sans mauvais jeu de mots.
06:18Il s'amuse de cette instruction,
06:20il s'amuse de ses actes d'enquête.
06:23Et donc quelque part,
06:24il ne faut pas que l'on soit des jouets,
06:27il ne faut pas que l'on soit des instruments,
06:29puisqu'on sait dans le dossier
06:30que c'est quelqu'un qui aime s'amuser,
06:32qui aime jouer,
06:33qui est un joueur de poker.
06:34Et donc on a le sentiment que jusqu'au bout,
06:37jusqu'à la fin du procès,
06:39il s'amusera,
06:40il se délectera de cette maîtrise du temps.
06:43Aujourd'hui, c'est lui le maître du temps.
06:45Il faut que la présidente de la Cour d'assises
06:46mette un cours d'arrêt à cela,
06:48qu'elle auditionne celle qui se présente
06:50comme Justine,
06:51comme sa nouvelle petite amie,
06:54et que l'on puisse trier le grain de livret.
06:55Périne Roger-Tuber,
06:57la disparition de Delphine Jubilard,
06:59elle date de décembre 2020,
07:00et on parlait des détails
07:02qui sont donnés par cette compagne,
07:05non seulement sur les conditions
07:07de la mort de Delphine,
07:09il m'a dit avoir étranglé Delphine
07:10et a même effectivement imité sur moi le geste.
07:12Cédric m'a dit que tout s'était passé
07:13à l'intérieur de la maison,
07:14dans le salon, sans un bruit quasiment.
07:16Quant au corps de Delphine Jubilard,
07:18il m'a expliqué avoir caché
07:19le corps de Delphine
07:20sur une exploitation agricole.
07:22Il m'a dit aussi
07:22que c'était un endroit loufoque.
07:24Voilà les termes utilisés
07:26visiblement par Cédric Jubilard
07:28rapportés à sa nouvelle compagne.
07:31On est donc un peu moins de 5 ans
07:32après la disparition de Delphine Jubilard,
07:35vous qui avez l'habitude spécialiste
07:36de police scientifique.
07:39Admettons que les enquêteurs
07:41réussissent à trouver l'endroit.
07:45On peut encore trouver des éléments
07:475 ans après en police scientifique.
07:50Oui, si jamais le corps est retrouvé,
07:52on pourra retrouver des éléments
07:54sur le corps,
07:55mais pas lors de la découverte du corps,
07:57plutôt à l'autopsie,
07:58voire à l'issue,
07:59lors des prélèvements anatomopathologiques.
08:03Après, quant à la crédibilité
08:05de ce qui serait dit,
08:07c'est crédible.
08:08C'est tout simplement
08:09un étranglement au bras.
08:11On évoque une clé de coude,
08:12mais c'est un étranglement au bras.
08:13Effectivement,
08:14c'est une mort qui est silencieuse,
08:16donc qui vient un peu en contradiction
08:18avec les cris
08:18qui auraient été entendus
08:19par les voisins,
08:20sauf si cela a été précédé
08:21d'une dispute.
08:22C'est ce qu'on appelle
08:23une mort sèche,
08:24c'est-à-dire qu'il n'y a pas
08:24des penchements sanguins,
08:25il n'y a pas eu de sang d'ailleurs
08:26qui a été retrouvé au domicile.
08:29Pas d'armes non plus.
08:30Pas d'armes.
08:31Et cette petite blessure
08:32sur l'avant-bras dont il parle,
08:33c'est plausible ?
08:34À quoi ça peut correspondre ?
08:36Pour moi,
08:37cette blessure,
08:38lorsqu'il y a un étranglement au bras,
08:39il n'y a pas de raison
08:40que l'auteur se blesse,
08:42mais il peut être blessé
08:43par la victime qui se défend,
08:45soit par une morsure
08:46qu'elle va effectuer
08:47avec sa bouche sur le bras,
08:49soit si elle a les mains libres,
08:50elle va essayer
08:51de se défendre
08:52en griffant,
08:53en essayant d'enlever
08:54le bras qui maintient son cou
08:56parce qu'un étranglement au bras
08:58va entraîner deux choses,
08:59un étranglement sanguin
09:00et respiratoire.
09:02C'est-à-dire que la victime,
09:03très vite,
09:03va perdre connaissance
09:04et ensuite,
09:06elle n'aura plus...
09:06L'arbre respiratoire est touché,
09:08elle perd connaissance
09:09et elle décède.
09:10Très rapidement, alors ?
09:11C'est toujours difficile
09:12de donner ce qu'on appelle
09:14le délai de survivance.
09:15Quand une personne
09:15perd connaissance,
09:16c'est difficile de savoir
09:17combien de temps
09:18elle a pu survivre
09:19avant de décès,
09:20mais une personne
09:21qui perd connaissance,
09:22c'est une personne
09:22qui peut plus s'exprimer,
09:23qui peut plus défendre.
09:25Bien sûr.
09:25Donc, pour l'auteur...
09:27Le crédit qu'on peut accorder
09:28quand même
09:28à cette déclaration,
09:32il est quand même important
09:32puisqu'elle rentre
09:33dans des micro-détails
09:35qu'il lui a forcément dit.
09:38On a des détails...
09:39C'est très circonstancié.
09:40C'est très circonstancié,
09:41que ce soit la date,
09:42le jour du déconfinement,
09:44que ce soit sur cette petite blessure
09:46à l'avant-bras
09:48qui, effectivement,
09:48existe en procédure,
09:50mais qui n'est pas un élément
09:51que l'on retrouve dans la presse.
09:54Enfin, vous voyez,
09:54il y a des détails
09:55qui ont été donnés,
09:56qui sont...
09:56Et on va expliquer.
09:57Il va dire,
09:57moi, j'ai expliqué
09:58que je me suis fait ça
09:59en faisant du parquet.
10:01C'est ce que j'ai dit,
10:01en tout cas,
10:02aux policiers.
10:02Donc, ces déclarations,
10:03elles sont quand même
10:03très circonstanciées.
10:04Juste avant de voir avec vous,
10:05Pauline,
10:06retena les éléments
10:06non seulement sur
10:07l'éventuelle localisation
10:10où le corps aurait été enterré
10:12et aussi,
10:13puisque ça fait partie
10:14des informations
10:14sur ce qu'aurait dit
10:15Cédric Jubilard
10:16pour justifier son geste.
10:18Juste, Laurent Valdiguet,
10:20sur la personnalité
10:21de Cédric Jubilard,
10:22est-ce que l'on en sait ?
10:23Oui.
10:23Et on sait que dans un procès
10:24aux Assises,
10:24on attache particulièrement
10:26d'importance à la personnalité.
10:27Visiblement,
10:28Cédric Jubilard dépeint
10:29comme quelqu'un
10:29de manipulateur.
10:31Donc, sans là encore
10:33prendre parti
10:34sur la crédibilité
10:35ou non de ce qui a été dit,
10:36ça aussi,
10:37c'est quelque chose
10:37qu'il faut apprécier.
10:38Oui, c'est ce que je trouve
10:39le plus contradictoire
10:40avec le dossier
10:41dans ce témoignage d'aujourd'hui,
10:42c'est qu'elle explique
10:43que Cédric Jubilard
10:44lui a dit
10:45que c'était prémédité
10:46de longue date
10:47et qu'il n'a pas du tout
10:48pété, vrillé,
10:49c'est son expression,
10:50qu'il n'a pas vrillé
10:51ce soir-là.
10:52Or, tout le dossier démontre
10:53que dans les dernières 48 heures,
10:56la vie de Delphine Jubilard
10:57était en train de basculer
10:58parce que son amant,
11:00avec lequel elle était
11:00depuis le mois de juillet,
11:02avait décidé
11:03de quitter sa vie
11:05pour la rejoindre.
11:06Et on voit bien
11:07que même la dernière journée,
11:09Delphine Jubilard,
11:10elle interdit
11:11le compte bancaire,
11:12elle est en train
11:13de refaire sa vie.
11:15Elle est prête
11:15à s'envoler, disons.
11:16Elle est prête
11:17à s'envoler.
11:18Et elle est très heureuse,
11:20Delphine Jubilard.
11:21Et on voit bien
11:21que lui,
11:22il réalise ce soir-là,
11:24ou en tout cas,
11:24il réalise dans ses 24 heures
11:26que sa femme va le quitter
11:27et qu'au fond,
11:28sa vie s'effondre.
11:29Et c'est vrai que là,
11:31il explique quelque chose
11:32de totalement différent
11:33à sa petite amie.
11:35Mais comme disait
11:36Maître Batik,
11:37à la fois tout ça,
11:38ce soir,
11:38tant qu'on n'a pas
11:39le corps de Delphine,
11:40à la fois ça ne change rien,
11:41à la fois ça changera
11:42tout à l'audience.
11:44Parce qu'imaginez,
11:44Benjamin,
11:45l'effet d'audience
11:46ce jour-là,
11:47du témoignage
11:48à la barre de la cour d'assises
11:49de cette jeune femme
11:50qui sera pour les jurés,
11:52à qui on demande les jurés,
11:53on ne demande qu'une seule chose.
11:54La loi ne leur demande
11:55qu'une seule chose,
11:56votre intime conviction.
11:57Ce témoignage est de nature
11:59à leur forger
12:00une intime conviction
12:01irrémédiable en réalité.
12:04Pauline Revenard,
12:05sur ce qui est dit,
12:06ou du moins répété
12:08par cette campagne,
12:09retranscrit,
12:09vous avez raison,
12:10il faut toujours préciser,
12:11sur la localisation
12:13présumée du corps
12:15de Delphine Jubilard.
12:16Tant qu'ils fouilleront
12:17vers le nord,
12:18ils ne trouveront rien.
12:19Voilà ce qu'aurait dit
12:20Cédric Jubilard.
12:21Dans ce papier,
12:22et dans cette interview,
12:24cette jeune femme,
12:25elle cite,
12:25sans le nommer,
12:26cet individu qui est à ma gauche,
12:27puisque lorsqu'elle dit
12:28lorsqu'une demande d'acte
12:29a été faite par un avocat
12:30au mois de mai,
12:31il s'agit de maître Batik
12:33pour fouiller un endroit
12:34où son téléphone
12:34a été géolocalisé.
12:36Cédric Jubilard lui a répondu,
12:37il n'y a rien à craindre,
12:38il a dit,
12:38tant qu'ils fouillent dans le nord,
12:39ils ne trouveront rien.
12:40Et là, elle ajoute,
12:41le lieu est situé
12:43au sud d'Albi,
12:44à une quinzaine de minutes de route,
12:45à une quinzaine de kilomètres
12:46de Cognac.
12:47Ça revient à peu près au même,
12:48mais j'ai un doute là-dessus.
12:49Donc elle n'est pas en mesure
12:50de fournir un lieu précis,
12:52mais là où je vous rejoins,
12:53c'est que je trouve
12:53que c'est encore plus détaillé
12:55qu'avant
12:55et encore plus circonstancié.
12:57Donc ça mérite quand même
12:58qu'on aille refermer des portes au moins.
12:59Mais maître Batik,
13:01sur ces détails géographiques donnés,
13:04il y a des zones
13:05qui n'ont pas été suffisamment fouillées,
13:07parce que ça fait quand même,
13:08j'ai une enquête
13:09qui a duré quasiment cinq ans,
13:12des policiers qui ont été mobilisés,
13:14qui continuent de l'être.
13:16Ça, c'est assez étonnant
13:17d'avoir des choses comme ça
13:18qui émergent deux mois
13:19avant l'ouverture du procès aux Assises ?
13:21Les magistrats instructeurs
13:23qui m'ont eu à instruire ce dossier
13:25ont fait un travail considérable
13:26avec les enquêteurs,
13:28avec les gendarmes.
13:28Ils ont très bien travaillé,
13:29ils ont très bien bossé.
13:30Alors vous allez me dire,
13:31mais si on a très bien bossé
13:32et qu'on a fait tous les actes
13:34qu'il y avait à faire,
13:34pourquoi on ne retrouve pas le corps ?
13:36Eh bien parce qu'on est à Cagnac-les-Mines.
13:37Comme son nom l'indique,
13:38ce n'est pas un champ plat.
13:40Il y a des mines,
13:41il y a des crevasses,
13:42il y a des galeries.
13:43Il faut se rendre sur place
13:44pour comprendre que c'est très facile
13:47de planquer un corps là-bas
13:48sans jamais pouvoir
13:49remettre la main dessus.
13:50Et quand vous avez quelqu'un
13:51qui connaît bien la région,
13:53qui connaît bien le secteur,
13:54qui se balade avec son chien quotidiennement,
13:55qui arpente les forêts, les bois
13:58et qui peut-être avait cette idée en tête,
14:01eh bien on peut trouver l'endroit idéal.
14:04Je ne crois pas que le crime parfait existe,
14:06mais en revanche,
14:07la cachette idéale,
14:07peut-être qu'elle, elle existe.
14:08Et donc c'est aussi la raison
14:09pour laquelle, à mon sens,
14:10on ne retrouve toujours pas
14:12le corps de Delphine.
14:13Maintenant, sur les indications
14:14qu'il donne à Marco,
14:16à Séverine,
14:17aujourd'hui,
14:18à cette nouvelle petite amie,
14:20eh bien je crois que c'est un jeu.
14:21Je crois que c'est un jeu.
14:22Je crois qu'aujourd'hui,
14:23il nous regarde à travers
14:24le poste de télévision
14:25qu'il y a dans sa cellule
14:26et je crois qu'il aime bien
14:27jouer à ce jeu.
14:29Vous savez, quand on était petit,
14:29on jouait à chaud, froid,
14:31on se rapproche, on s'éloigne.
14:32Eh bien je crois qu'il est encore
14:33aujourd'hui le maître du temps.
14:34Mais c'est son caractère,
14:36des éléments du dossier ?
14:37C'est quoi ?
14:37C'est un manipulateur ?
14:38Oui, mais ce que je dis,
14:39ce que je dis,
14:40ça n'est pas un emporte-pièce.
14:41C'est basé sur le dossier.
14:43C'est un joueur de poker.
14:44C'est quelqu'un
14:45qui aime jouer en ligne,
14:46qui aime la stratégie,
14:48qui aime être le maître du temps
14:50et je crois qu'il va continuer
14:51à être ce maître du temps
14:53jusqu'à l'audience.
14:54Jusqu'au 22 septembre en fait.
14:56Un minimum jusqu'au 22 septembre.
14:57C'est quand même un peu incohérent
14:58de jouer avec la mémoire de sa femme
15:00quand on prétend ne pas l'avoir tuée.
15:02Je souscris parfaitement
15:04à cette analyse.
15:05Périne Roger-Tuber,
15:06avec votre expérience
15:08d'enquêtrise,
15:09spécialiste de police scientifique,
15:12cette interview,
15:14cette effectivement multiplicité
15:15de versions
15:17données par Cédric Jubilard,
15:20c'est quand même quelque chose
15:20quand on lit cette interview,
15:22c'est totalement ahurissant.
15:24Alors, c'est d'autant plus ahurissant
15:26que c'est plutôt quelqu'un
15:27qui depuis quelques années
15:28quand même est dans un self-control,
15:30une maîtrise.
15:31Donc, est-ce qu'effectivement
15:32il fait ça pour faire le buzz ?
15:35Ou, je serais étonnée,
15:36qu'il commence un petit peu
15:37à avouer les choses,
15:38à deux mois du procès.
15:40Maintenant,
15:41il n'y a pas besoin d'un corps
15:42pour être jugé non plus.
15:44On a déjà eu d'autres cas.
15:45Oui, il y a déjà eu d'autres cas.
15:46On a déjà eu d'autres cas.
15:47Mais, oui,
15:47j'avoue que je suis un petit peu étonnée.
15:48Après, moi,
15:49je me base juste sur la crédibilité,
15:50on va dire,
15:51thanatologique et criminologique
15:52de ce qui avance.
15:53Oui, c'est tout à fait crédible.
15:56Pauline revenant sur le récit de la soirée
15:59où, effectivement,
16:01c'est ce que vous disiez,
16:02Laurent Valdigué,
16:02tout à l'heure,
16:03d'après ce qu'il m'a dit,
16:03il n'a pas du tout vrillé
16:04en voyant les messages
16:05que Delphine recevait
16:06de la part de son amant.
16:07Mais, ouvrez les guillemets,
16:07il m'a parlé du conflit
16:08qu'il avait avec Delphine
16:09au sujet de la maison
16:10et de la garde des enfants.
16:11Donc, c'est quand même...
16:12Il ne vrille pas sur le moment
16:14à cause de messages.
16:15Mais, enfin, là,
16:16ce qui est dit sur le motif présumé,
16:20là encore,
16:20c'est la séparation.
16:22Oui, mais ce qui est intéressant,
16:23c'est qu'elle rajoute,
16:24il m'a expliqué avoir en tête
16:25cette date du 15 décembre
16:26depuis un moment.
16:27Depuis un moment,
16:28ça veut dire quoi ?
16:28Ça veut dire préméditation.
16:30Ça veut dire que ce n'est pas...
16:30À cause du déconfinement.
16:32Oui.
16:32Et avec même, pardonnez-moi, Pauline,
16:34une précision assez sordide
16:35sur ce qu'ils allaient regarder
16:36à la télévision le soir.
16:37La France a un incroyable talent.
16:38Donc, c'était un alibi parfait,
16:40lui dit-il.
16:40Je n'ai pas bien compris
16:41parce que peut-être
16:42qu'il allait mettre
16:42les enfants à contribution
16:43qui auraient dit
16:44ce soir-là, on a regardé
16:45avec papa et maman cette émission.
16:46Je pense que c'est ça
16:47qui veut dire.
16:47Oui, c'est complètement ça, je pense.
16:48Bon, eh bien,
16:48sauf que ça ne colle pas vraiment.
16:50Donc, ce qui est intéressant,
16:51c'est que cette date,
16:52il l'a en tête depuis longtemps.
16:53Donc, moi, je trouve que
16:54sur le plan purement judiciaire,
16:56ça veut dire autre chose.
16:57Ça veut dire que c'est prémédité.
16:59Ça veut dire que
17:00si on en croit
17:01ce que dit cette interview,
17:02il l'a cachée dans un lieu
17:03qu'il avait déjà signalé,
17:06qu'il avait déjà repéré avant,
17:07il aurait peut-être même
17:08pu creuser ce trou.
17:09C'est ce qui se dit
17:11dans l'interview.
17:11Avec une pioche.
17:12Mais on n'a jamais
17:13eu autant de détails.
17:14Il aurait préparé ce trou
17:15avec une pioche.
17:16Un mois avant.
17:17Et on sait que c'est
17:18quelqu'un de manuel,
17:18on sait que c'est quelqu'un
17:19qui bosse dans les métiers
17:22du bâtiment.
17:23Donc, cette version,
17:24elle est hautement crédible.
17:25Mais qu'est-ce que ça change
17:26sur le chef d'accusation ?
17:29C'est que ce n'est pas la même chose.
17:29Non, non.
17:30On passe en assassinat
17:32ce n'est plus tout à fait
17:33la même chose.
17:34C'est la raison pour laquelle
17:34il faut que la présidente
17:35de la Cour d'Assise
17:36se saisisse de ces nouveaux éléments
17:38et que dans l'arbitrage
17:41des plannings,
17:43et je comprends
17:43que ce soit extrêmement compliqué,
17:45et de la réalité juridique
17:49et judiciaire,
17:50il faut que l'on arbitre
17:51sur peut-être
17:52cette nouvelle qualification
17:55d'assassinat.
17:56Laurent Valdiguet,
17:57un mot pour terminer
17:58sur la singularité aussi
18:01de cette personne
18:02qui fait une interview,
18:03qui a recueilli ça
18:04au parloir,
18:05qui est une nouvelle compagne,
18:07mais qui termine l'interview
18:08en disant
18:08« je ne suis pas sûr
18:09d'avoir envie
18:09de continuer à lui parler »
18:10et qui même à un moment donné…
18:11Non, elle ne le voit plus d'ailleurs.
18:12Qu'elle ne le voit plus,
18:13et avec cet échange
18:14où elle s'imagine aussi
18:17elle éventuellement
18:18prenant le risque
18:18de subir le même sort
18:20que Delphine Jubilard.
18:22Ça s'appelle,
18:22les psys appellent ça
18:23le syndrome Bonnie and Clyde.
18:25Vous savez que Nordal Lelandais
18:26attend un enfant
18:27d'une compagne
18:28qu'il a connue en prison
18:29et avec laquelle
18:30il a fait un enfant au parloir.
18:32Elle est tombée amoureuse
18:33de Cédric Jubilard
18:36par Internet d'abord,
18:37puis au parloir
18:38de la prison de Saïs.
18:40C'est ça.
18:41Et dans certaines centrales,
18:43il y a des monceaux de lettres
18:44qui sont envoyés
18:44à des centaines de détenus
18:45et les plus médiatiques.
18:47Et Monique Olivier
18:47fait la connaissance
18:48de Michel Fourniret
18:49à la prison de Fleury-Mérogis.
18:51C'est ce qu'il lui propose
18:52dans l'interview.
18:52Il lui dit
18:53« je veux que l'on soit
18:54Bonnie and Clyde
18:54et je veux que tu sois
18:55ma Clyde. »
18:55C'est assez fréquent.
18:56Alors là,
18:57tout ça,
18:58c'est rendez-vous
18:59à la barre de la cour d'assises.
19:00Exactement.
19:00Alors Cédric Jubilard,
19:01il a de très bons avocats
19:02et il faudra surveiller
19:04les bons avocats
19:05de Cédric Jubilard
19:06après l'audition
19:07de cette jeune femme
19:08parce qu'ils auront
19:09le choix
19:10de se taire
19:11en disant
19:12« pas de question,
19:12M. le Président,
19:13ce qu'on fait en général,
19:14ce que font les avocats
19:14en général
19:15quand ils ne s'attaquent pas
19:16à un témoin
19:17tellement il est dangereux
19:18pour leurs clients »
19:19ou ils essaieront
19:20de démolir ce témoignage.
19:21Et en fonction,
19:23les jurés,
19:25dans le recueillement
19:26de leur conscience,
19:27comme dit la loi,
19:27se feront
19:28une intime conviction.
19:30Pauline Revenard,
19:31ça va être un procès
19:31passionnant.
19:33Passionnant.
19:34Dantesque,
19:35compte tenu de
19:35ces incertitudes,
19:37l'absence de corps,
19:38le fait que
19:39Cédric Jubilard
19:43continue de nier
19:45malgré ces éléments-là.
19:47C'est-à-dire que
19:47ça fait partie aussi
19:48de ce mystère
19:49des assises.
19:50Il peut y avoir
19:50à un moment donné
19:51l'apparition de quelque chose
19:52comme à la fin,
19:53on peut ne pas être
19:53spécialement plus avancé
19:54qu'on ne l'est aujourd'hui.
19:55Exactement,
19:56c'est la magie
19:56de la cour d'assises.
19:57Ça commence le 22 septembre
19:58à Albi,
19:59ça dure quatre semaines.
20:00Cet individu défendra
20:02la famille Jubilard.
20:03Effectivement,
20:04Cédric Jubilard est défendu
20:05par d'excellents avocats
20:06et la bataille
20:07s'annonce féroce.
20:08Merci beaucoup
20:09Mouad Batik,
20:10Pauline Revenard,
20:11Laurent Magillier,
20:11Périne Roger Tubert
20:12d'être venu ce soir.
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