00:00C'est sous les applaudissements que Ron, réserviste israélien, arrive à la prison militaire.
00:08Je n'arrive pas vraiment à parler.
00:10Ému de ce comité de soutien alors qu'il vient effectuer 20 jours de prison pour refus de partir combattre.
00:21La veille encore, il préparait un peu éberluer ses affaires.
00:26Il y a des restrictions. Par exemple, on doit amener du gel douche transparent.
00:32Les cahiers ne peuvent pas avoir de spirale métallique.
00:35C'est sûr que je ne m'attends pas à une expérience sympa.
00:39Derrière le sourire de façade, la certitude d'avoir fait le bon choix en refusant de retourner sur le front,
00:46après 270 jours de combat destructeur au Liban, comme en témoigne son casque touché par une balle.
00:56J'ai pu voir de mes yeux la situation au Liban.
00:59Et de ce que je vois des médias sur la situation à Gaza, l'armée impose trop de destruction.
01:05Moi, Daniel Yahalom.
01:07Et il est loin d'être le seul réserviste dans ce cas.
01:11J'ai été appelé il y a deux semaines pour l'opération char de Gédéon.
01:14Et à cette guerre, j'ai décidé de ne plus m'associer.
01:17Daniel, lui, vient de finir ses cinq jours de prison.
01:20Même si tu considères que cette guerre était légitime au lendemain du 7 octobre,
01:24le but désormais répond à un agenda politique.
01:26C'est de satisfaire les partis d'extrême droite et de la coalition au pouvoir.
01:30La prison pour refus de service, une sanction rarissime dans l'armée,
01:34appliquée deux fois en moins de quelques jours,
01:37alors que de plus en plus de réservistes demandent l'arrêt des combats à Gaza.
01:43Et à l'origine de ce mouvement...
01:45Il y a Guy, ancien pilote d'hélicoptère,
01:52et sa pétition pour l'arrêt des combats signée par 1200 soldats.
01:56La lettre que nous avons créée il y a quatre ou cinq semaines
02:00sur laquelle nous sommes combattants de la force aérienne
02:04demande des retours sans délai de tous les otages.
02:08En quelques semaines, il recueille des centaines de milliers de signatures.
02:11La seule façon de couper ce cycle magique de sang et de guerre,
02:17c'est d'avoir une solution de deux États,
02:20avoir un État palestinien,
02:22et ce ne sera pas fait demain matin,
02:24mais il faut avoir une vision tout d'abord,
02:27comme les Saoudiens et les Américains disent maintenant,
02:32et avoir pour le peuple palestinien,
02:35un espoir, quelque chose à perdre.
02:38Parce que sinon, chaque fois, il y aura un autre cycle de violence,
02:45et la sécurité d'Israël ne va jamais être garantie.
02:50Et les manifestations qu'il organise s'étoffent chaque samedi,
02:55avec une image encore impensable il y a quelques semaines en Israël,
02:58des portraits de petits Gazaouis morts dans les combats
03:01pour dénoncer l'offensive en couche.
03:03Et c'est là que ce farouche opposant à Benyamin Netanyahou
03:17martèle ses critiques contre le gouvernement.
03:19« Aller encore une fois à Gaza pour se battre dans une guerre
03:24qui n'a aucun sens stratégique, aucune raison,
03:29il ne va pas se lever les otages,
03:32c'est une guerre de la folie. »
03:36Et dans son combat, il peut compter sur le soutien
03:38d'Eoud Barak, ancien Premier ministre travailliste.
03:42« Netanyahou fait ça pour la survie de sa coalition politique,
03:47pas pour Israël.
03:48C'est bon pour lui, mais c'est mauvais pour Israël.
03:50C'est une bonne chose que des dirigeants comme Trump ou Macron
03:53comprennent que Netanyahou et Israël, ce n'est pas la même chose. »
03:59Des rassemblements de milliers de personnes à Tel Aviv
04:02qui font aussi grincer des dents chez certains réservistes.
04:05Naya revient, lui, de Gaza.
04:08Son ami Ethan Moore est toujours retenu dans l'enclave
04:11et pourtant, pas question pour lui de stopper les combats.
04:16« On doit le faire revenir par une pression militaire
04:18et non par des échanges avec des terroristes
04:20qui vont rejoindre Gaza et recommencer un 7 octobre encore et encore. »
04:24Naya dit représenter six familles d'otages,
04:27mais est persuadé d'être soutenu plus largement
04:30par la majorité silencieuse du pays.
04:32Sous-titrage Société Radio-Canada
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