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  • il y a 7 mois
Pierre Moscovici était l'invité de Benjamin Duhamel dans "Tout le monde veut savoir". Il est notamment revenu sur la situation économique actuelle de la France. 

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Transcription
00:00Je ne pense pas que nous soyons menacés par le Fonds monétaire international.
00:03J'étais en Grèce lundi-mardi, j'ai bien connu ce pays,
00:06je me suis occupé de lui quand j'étais à la Commission européenne
00:08et également ministre des Finances.
00:11Non, ce qui nous menace, c'est autre chose.
00:13Il y a d'abord un problème de crédibilité par rapport à nos partenaires européens.
00:16Nous avons, il faut le savoir, et d'assez loin maintenant,
00:19le plus important déficit de la zone euro, 5,8%.
00:22Nous avons la troisième dette publique de la zone euro.
00:25Nous sommes à 114%.
00:26Elle recommence à augmenter partout ailleurs en Europe.
00:28Elle baisse.
00:29Ça veut dire 3500 milliards d'euros à la fin de l'année qui vient.
00:33Et puis, nous avons, pour la rembourser,
00:35quelques 67 milliards d'euros à payer.
00:38C'est ce qu'on appelle la charge de la dette.
00:39C'était moins de 30 milliards d'euros au début de la décennie.
00:43Ce qui veut dire que ça a plus que doublé.
00:44C'était le budget du logement, c'est plus que le budget de la défense.
00:46L'an prochain, ce sera plus que le budget de l'Education nationale.
00:48Ce sera la première fois que la charge de la dette est le plus important.
00:50Et tout ça nous pose un problème.
00:53Je ne veux pas être technique, ce qu'on appelle la soutenabilité.
00:55C'est-à-dire comment on rembourse notre dette dans la durée.
00:56Et de ce point de vue-là, je ne crois pas au FMI en revanche.
00:59Et pourquoi vous n'y croyez pas ?
01:00Parce qu'à un moment donné, le FMI, ça veut dire
01:02qu'il y a une dette qui est tellement importante
01:03que la France ne peut plus se refinancer sur les marchés.
01:05Et pour que le FMI aide, il faut faire des réformes d'austérité.
01:09Oui, j'écoutais le débat il y a quelques secondes.
01:12Il faut rester dans la raison.
01:14Ni dans un sens, ni dans l'autre.
01:16Je ne veux pas être normand, mais quand même.
01:17Non, nous avons un marché de liquidité qui est vaste.
01:20Nous avons une agence qui s'appelle l'agence France Trésor
01:24qui est tout à fait habile.
01:26Nous avons une certaine confiance dans le pays.
01:29Nous appartenons à la zone euro.
01:30Nous avons des atouts économiques.
01:32Donc nous ne sommes pas menacés par le FMI.
01:33En revanche, ce qui peut se passer,
01:35c'est que ce qu'on appelle les spreads,
01:37autrement dit le différentiel de taux d'intérêt,
01:38qui s'est déjà dégradé avec l'Allemagne,
01:41avec l'Espagne, avec le Portugal, avec la Grèce.
01:44Et l'Italie se rapproche de nous
01:45qu'à un moment donné, on ne nous fasse plus autant confiance
01:48et donc qu'on nous dise, ok, on vous prête encore,
01:50mais plus cher, beaucoup plus cher.
01:51Et que petit à petit, on a une sorte de nœud coulant
01:53qui se referme autour de notre coût.
01:55Parce que quand on aura 100 milliards d'euros par an
01:57de charge de la dette,
01:58écoutez, il y a des élections en 2027,
02:01il y a un budget à faire en 2026,
02:02il y a un pays à gérer.
02:04Moi, ce que je dis, c'est qu'on ne peut pas
02:06investir dans l'avenir comme on le devrait.
02:09On ne peut pas faire ce qu'il faut pour la transition écologique.
02:11On ne peut pas faire ce qu'il faut pour l'innovation et la recherche.
02:13On ne peut pas faire ce qu'il faut pour la défense.
02:14Quand vous avez 100 milliards d'euros de charge de la dette,
02:17vous êtes tout simplement complètement étranglé, paralysé.
02:21Et c'est le pays qui finalement est à l'arrêt
02:23et qui passe son temps, en fait, à écoper,
02:26à rembourser la dette.
02:27Et ça, ce n'est pas souhaitable.
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