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  • 26/06/2025
Jérôme Guedj, député PS de l’Essonne était l’invité de #LaGrandeInterview de Sonia Mabrouk dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:00Bonjour Jérôme Gued. Bonjour Sonia Mavrouk.
00:02Bienvenue à la grande interview sur CNews et Europe 1.
00:04Vous êtes député socialiste de l'Essonne et porte-parole du PS.
00:08Alors c'est qui le patron ?
00:10Vous parlez d'où ? Du pays ?
00:12Vous parlez du Parti Socialiste ?
00:14Trop longue histoire.
00:15Le patron, celui qui a réussi à négocier un cessez-le-feu
00:18qui semble durer entre Israël et l'Iran.
00:20Le patron qui parle au sommet de l'OTAN
00:22et l'Europe qui s'exécute notamment sur l'effort de dépenses militaires.
00:27Incontestablement, Donald Trump,
00:29qu'on pouvait imaginer ou qu'on pouvait voir
00:32en imprévisible, insaisissable, a pris la main.
00:39Et on a une communauté internationale tétanisée
00:42et qui perd ses repères.
00:46Il y a trois ans, avec l'invasion de l'Ukraine,
00:49nous avons chevillé au corps le rappel
00:52de ce qui devrait être le cadre commun
00:53qui est celui du droit international.
00:55Quand on porte atteinte à l'intégrité et à la souveraineté d'un État,
00:58c'est ça qui est le premier réflexe.
01:01D'ailleurs, c'est une nécessité depuis la Seconde Guerre mondiale,
01:05tant bien que mal, avec des échecs et des réussites.
01:08Le droit international a été notre fil à plomb.
01:11Et là, on voit en un temps record,
01:14notamment avec l'agression russe,
01:15qui a été le déclencheur,
01:17ce droit international bafoué, foulé au pied, piétiné.
01:21Et de nouveau, la loi du plus fort,
01:24qui était celle justement dont on...
01:26Vous dites la même chose pour Israël ?
01:27C'est le droit du plus fort ?
01:28Moi, j'essaye d'être cohérent.
01:31Et en effet, le droit international,
01:34si on regarde ailleurs,
01:36alors à ce moment-là, on légitime tous les comportements.
01:38Et vous savez, c'est une situation qui est difficile,
01:41qui est ambivalente,
01:42parce qu'on pourrait se dire,
01:43parfois, nécessité fait loi,
01:45et on s'extrait justement du cadre commun.
01:47Mais dans ces moments-là,
01:49moi, je fais partie de ceux qui essayent de se raccrocher
01:51à ce qui peut nous rassembler.
01:53Oui, Jérôme Guedj, c'est le mot désescalade.
01:56C'est tout le débat entre l'égalité et légitimité.
01:59Il y a des gens qui trouvent légitime une frappe préventive.
02:03Elle n'est pas dans le droit international, la guerre préventive.
02:05Parce que sinon, c'est une appréciation subjective
02:07que chacun peut invoquer en disant...
02:09Qu'est-ce que vous dites ce matin ?
02:11Vous parlez de légitimité, de légalité,
02:13de droit international, de désescalade.
02:14Je vous ai entendu depuis plusieurs jours.
02:16Qu'est-ce que vous dites aux Iraniens,
02:17et surtout aux femmes iraniennes,
02:18qui espéraient, elles, la chute du régime des Mollahs,
02:21celles qui, pour un foulard mal mis,
02:23se font battre ou tuer ?
02:25Est-ce qu'on leur dit des escalades,
02:26droit international ?
02:27Est-ce que ce discours-là est entendu ?
02:29C'est toute l'ambiguïté et la difficulté de la situation.
02:32Hier, je participais à une réunion
02:33du groupe d'amitié France-Iran à l'Assemblée nationale,
02:35où on auditionnait, notamment,
02:37certains de vos collègues journalistes franco-iraniens
02:39ou des acteurs engagés dans le soutien.
02:42Moi, j'ai soutenu le mouvement Femmes-Vie-Liberté depuis des années.
02:44Et eux-mêmes nous disaient,
02:46mais vous savez, on ne fait pas tomber un régime
02:48par une intervention extérieure
02:50qui, elle-même, est plutôt susceptible
02:52de recoaguler une société
02:55qui, en plus, a un ferment nationaliste,
02:58patriote et fort.
03:00Et donc, préférons plutôt,
03:01moi, je regrette qu'au moment du mouvement Femmes-Vie-Liberté,
03:05la communauté internationale,
03:07l'Union européenne,
03:08n'ait pas été plus en soutien
03:10sur le renforcement des sanctions économiques,
03:13sur l'appui.
03:14Par exemple, il y avait une demande qui était forte,
03:16qui était d'inscrire sur la liste des mouvements terroristes
03:19de les mouvements iraniens.
03:21– Pardon, là, concrètement, celles que vous entendez,
03:22d'ailleurs, Femmes-Vie, mais en particulier les femmes iraniennes,
03:25on leur dit, c'est terminé ?
03:27– Non, mais c'est toute l'ambivalence
03:28que j'évoquais tout à l'heure.
03:30Si on se dit, pour faire tomber un régime,
03:31il faut des interventions extérieures,
03:33alors il y a plein de régimes
03:34qui ne sont pas sympathiques à travers le monde.
03:35Et donc, est-ce que ce droit d'ingérence
03:38peut être décidé et par qui ?
03:41Et c'est à nouveau la loi du plus fort.
03:44Donc, moi, je n'ai aucune sympathie pour le régime des Mollas.
03:46Je souhaiterais…
03:46– Contrairement à d'autres, est-ce qu'à l'extrême-gauche,
03:49vous pensez qu'il y a une forme, une volonté
03:51d'épargner le régime des Mollas ?
03:53– Sincèrement, je ne crois pas, personne,
03:54en tous les cas, j'ose espérer que personne
03:56ne peut considérer qu'un État théocratique,
03:58un État qui pend, encore hier matin,
04:00trois personnes ont été…
04:00– Personne n'a mis sur le même plan Iran et Israël ces derniers jours.
04:03– Mais plein de gens ont mis sur le même plan,
04:04mais au nom de ce que j'évoquais à l'instant,
04:07qui était la question du respect du droit international.
04:10Vous savez, dans la séquence qu'on a vue
04:11dans cette guerre de 12 jours,
04:13il n'y a eu que des violations du droit international.
04:15L'attaque israélienne était une violation du droit international.
04:20La réplique iranienne…
04:21– Même si elle menace de manière existentielle les failles brefs.
04:24– J'essaye de mettre de la nuance, c'est compliqué.
04:27Il y a, j'en suis convaincu, une menace
04:29à travers la poursuite du programme iranien nucléaire
04:33dans un pays qui dit très clairement
04:34« je veux la bombe pour pouvoir effacer Israël de la carte ».
04:38Donc évidemment qu'on pourrait se dire
04:41qu'il y a quelque chose de légitime
04:42à prévenir la survenance de quelque chose d'aussi désastreux.
04:48Mais je réinvoque le droit international
04:51qui est celui du contrôle des installations nucléaires.
04:54Mais je vous disais, on a eu une triple violation.
04:56Il y a eu celle du bombardement, des bombardements israéliens.
05:01Il y a eu celle des répliques iraniennes.
05:03Parce qu'eux, alors, les Etats d'âme,
05:04ils ont envoyé des missiles sur des populations civiles.
05:07Et puis l'intervention américaine aussi.
05:08– Mais il y a une différence entre l'invasion russe en Ukraine
05:11et la guerre israélienne ?
05:13Ou vous dites que c'est la même chose ?
05:14Il y a eu violation du droit international ?
05:16– En tous les cas…
05:17– Il y a une raison, en tous les cas, d'un côté.
05:19Et pour l'invasion russe, quelle est la raison ?
05:21– Encore une fois, c'est toute la difficulté.
05:22– Et la raison, c'est l'ambiguïté, c'est l'ambivalence.
05:26C'est ce qui nous met tous mal à l'aise.
05:28J'ai entendu des gens dire, y compris des minants responsables,
05:30dire, écoutez, Israël ou les Etats-Unis ont fait le sale boulot
05:35que le droit ne permettait pas de faire parce qu'il y a eu la reprise…
05:38– Le chancelier allemand, oui.
05:39– Que ce soit le chancelier allemand, que ce soit Marc Rutt ou d'autres, etc.,
05:42qui ont dit, il y a eu la reprise de ce programme nucléaire.
05:45Oui, mais il ne faut pas oublier qu'il y avait eu un accord en 2015
05:48qu'il a été, à l'époque, suspendu dans son application par Donald Trump lui-même.
05:54Donc, on ne peut pas se lamenter des faits dont on est responsable indirectement.
06:00– Et en France, Jérôme Guelch, là, j'évoque la communauté française juive.
06:04Jean-Luc Mélenchon accordait un entretien fleuve à l'hebdomadaire le 1
06:08et il a cette phrase, je vous la cite telle qu'elle,
06:12« La communauté juive est à vif parce qu'elle a peur,
06:15qu'elle souffre et parce qu'elle écoute des gens qui la manipulent. »
06:20– Alors, il a raison pour partie.
06:22En effet, il y a une peur, il y a une communauté qui est à vif.
06:25Quand on regarde les sondages, les expressions,
06:30c'est assez patant de voir qu'ils estiment que la France insoumise
06:34est devenue générateur de cette peur et de ce fait d'être à vif.
06:40Et donc, je suis d'accord avec le premier constat.
06:43Je ne crois pas que ce soit parce qu'ils écoutent des gens qui les manipulent,
06:46c'est toujours l'argument, mais tout simplement parce qu'ils écoutent,
06:50hélas, certaines des expressions.
06:52Jean-Luc Mélenchon lui-même avait dit qu'il y a un antisémitisme résiduel en France.
06:57Et donc, moi, je ne peux que regretter,
06:58et je l'ai dit avec force à plusieurs reprises,
07:00de constater que des gens qui se disent venir de la gauche,
07:04aujourd'hui participent de ce climat anxiogène,
07:08participent de l'essentialisation du débat politique,
07:12ont participé de l'importation du conflit israélo-palestinien
07:16sur le territoire national, au lieu précisément de jouer
07:20ce qui aurait dû être toujours le rôle d'avoir la nuance.
07:23Elles écoutent des gens qui la manipulent.
07:25Autrement dit, la peur est créée parce qu'elle est manipulée,
07:28donc elle est fictive.
07:29Mais c'est la raison pour laquelle c'est une forme d'édulcoration.
07:36Vous savez, il faut toujours respecter le ressenti.
07:38Et donc, quand moi, j'ai ressenti des expressions antisémites
07:43venant de la France insoumise...
07:45Il y a des actes et des faits, il y a un pourcentage d'actes antisémites.
07:47J'ai dit, il faut l'exprimer, il faut le dire, il faut le condamner,
07:51il faut le circonscrire.
07:53Donc, s'il y a amende honorable, tant mieux,
07:55mais il faut changer radicalement de comportement
07:57parce qu'on ne peut pas nouer des lignes de fracture.
08:01Et au-delà de ce cas particulier, dans cette longue interview,
08:03c'est le point des accords principaux que nous pouvons avoir
08:06avec Jean-Luc Mélenchon parce que, dans le reste de cette interview,
08:09il a cette phrase, d'ailleurs, je crois, dans l'introduction,
08:11où il dit, il faut exagérer parce que sinon,
08:15à quoi ça sert de parler ?
08:17Et moi, c'est le contraire.
08:18Je pense que dans le débat politique aujourd'hui,
08:20il faut réintroduire de la nuance, de la complexité, de l'intelligence
08:23et ne pas se dire qu'on va conflictualiser en permanence
08:26pour s'adresser à des gens qui ne sont sensibles
08:28aux arguments les plus tôt étudiants.
08:30Mais clarté, clarté.
08:31Une question sur la niche parlementaire du groupe UDR d'Éric Ciotti aujourd'hui
08:34avec la proposition pour interdire les mariages
08:37avec des individus en situation irrégulière sous OQTF.
08:39Vous voterez pour cette interdiction ?
08:41Non, je ne voterai pas pour cette interdiction
08:42parce que cette niche, c'est une course à l'échalote.
08:45L'état du droit, aujourd'hui, permet, quand il y a suspicion
08:49d'un mariage blanc, d'un mariage arrangé,
08:53d'un mariage pour avoir des papiers,
08:55de saisir le procureur et de suspendre le mariage.
08:57Les maires le font très régulièrement.
08:59Que le maire Robert Ménard soit poursuivi par la justice
09:01parce qu'il ne veut pas marier un OQTF, vous trouvez ça normal ?
09:03Que des filières d'exploitation clandestines utilisent cette filière,
09:06vous trouvez ça normal ?
09:07Vous, le député de gauche, vous votez pour votre vote ?
09:09Moi, je suis un député républicain conséquent,
09:12attaché au respect du droit.
09:14Le droit à la vie privée et à la vie familiale
09:17est un droit reconnu par le droit français,
09:19par le droit européen.
09:20On parle d'un mariage avec des individus
09:22sous obligation de quitter le territoire français.
09:24Je rappelle ce que veut dire encore cette acronyme.
09:26C'est la raison pour laquelle je vous dis que
09:28quand on détourne le mariage,
09:32son objectif initial, qui est d'unir deux personnes
09:34qui s'aiment et que c'est pour obtenir des papiers
09:36et échapper à la sanction de l'OQTF,
09:38alors là, c'est un mariage blanc
09:40et l'état du droit permet aujourd'hui
09:42de rendre impossible ce mariage.
09:46Et en attendant, vous laissez les maires en plan ?
09:48Non, parce que les maires, dès qu'ils ont une suspicion
09:50d'un mariage blanc, encore une fois,
09:52ils saisissent le procureur de la République
09:59et le procureur de la République a la possibilité
10:01puisque, vous savez, le maire, quand il officie,
10:03il est officier d'état civil pour le compte de l'État
10:06et c'est donc l'État qui apprécie
10:08la validité du mariage ou pas.
10:10Donc aujourd'hui, il faut être intraitable.
10:12S'il y a des filières, si on détourne
10:14ce beau principe du mariage
10:16pour en faire une forme de filière
10:19d'immigration et de régularisation,
10:21alors ça, c'est inacceptable.
10:23Mais par contre, quand il y a deux gens qui s'aiment,
10:24deux personnes qui s'aiment,
10:25elles peuvent se marier.
10:26Le Premier ministre François Bayrou
10:27tiendra une conférence de presse tout à l'heure
10:29sur les dernières conclusions du conclave
10:31sur les retraites.
10:31On sait que le RN, Jérôme Gage,
10:33ne votera pas la motion de censure du Parti Socialiste.
10:36Hier, à votre place,
10:37le député Jean-Philippe Tanguil a confirmé.
10:38Bon, donc une motion de censure pour rien,
10:41une motion de censure pour exister ?
10:43Le PS peut en avoir besoin pour exister ?
10:45C'est une motion de censure pour être cohérent.
10:47Moi, je n'ai pas eu la négociation honteuse
10:49en janvier et février
10:50et je n'ai donc pas la censure honteuse aujourd'hui.
10:54Pourquoi ? Parce qu'on avait une parole
10:56qui nous a été donnée par François Bayrou,
10:58qui était de dire,
10:59et nous l'avons arrachée,
11:01et je suis fier d'avoir permis
11:02de remettre sur la table le sujet des retraites
11:04sur lesquelles beaucoup de Français,
11:06toutes les organisations syndicales,
11:08beaucoup de Français,
11:09beaucoup de démocrates,
11:10parce que la loi n'a pas été votée,
11:12mais imposée par 49.3.
11:14Parce que sa parole consistait à dire
11:16qu'il y a accord ou pas accord,
11:18nous proposerons un texte
11:19qui permettra de débattre sans tabou
11:21de tous les sujets relatifs aux retraites.
11:23Et quand on lui a posé trois fois la question
11:25ces derniers jours,
11:26il nous a dit,
11:27je n'envisage pas de redéposer un texte sur ce sujet.
11:30Il avait dit,
11:31s'il n'y a pas d'accord à la sortie du conclave,
11:33ce sera la réforme de 2023,
11:35donc la réforme borne.
11:36Mais le problème,
11:36c'est que c'est souvent qu'avec François Bayrou,
11:38il a dit tout et son contraire.
11:39Non, dans la lettre qu'il a écrite le 16 janvier,
11:42je crois...
11:42D'accord, vous parlez donc d'une phrase
11:43et la phrase d'après.
11:44Voilà, elle est assez claire.
11:45Oui, mais dans son discours de politique générale
11:48et dans une lettre qu'on écrit à Boris Vallaud,
11:50le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale,
11:53qui dit,
11:54sans accord général,
11:55un texte viendra à partir de ce qui a pu être
11:58les avancées de la négociation
11:59et que pour l'instant,
12:01ceci ne vient pas.
12:02Et donc, il y a un moment qui doit être cohérent.
12:04Nous, je vous ai dit tout à l'heure,
12:05on a pris nos responsabilités.
12:07De quoi vous étonnez-vous ?
12:08On nous l'a beaucoup reproché.
12:08Et d'ailleurs, vous ne l'avez pas censuré à l'époque.
12:10Vous avez préféré négocier vous-même
12:12durant des heures.
12:12C'est pour ça, c'est ce que je vous ai dit.
12:13Donc, vous vous êtes fait avoir.
12:14Je n'ai pas eu la négociation honteuse,
12:17je n'ai pas eu la non-censure honteuse.
12:18Vous n'avez pas eu la négociation fructueuse non plus.
12:21À l'époque, on a arraché quelques éléments,
12:23à commencer par le fait de reparler des retraites.
12:25Vous savez, si on n'avait pas eu cette négociation,
12:27plus personne ne reparlerait de la réforme de retraite.
12:28Et maintenant, pour quel résultat ?
12:29Faire deux temps, et le conclave est un échec,
12:32et une motion de censure...
12:33C'est la raison pour laquelle nous déposons
12:35une motion de censure,
12:36celle que nous aurions peut-être pu déposer à l'époque.
12:39On a obtenu cette négociation,
12:41on a accessoirement obtenu quelques mesures
12:43pour atténuer les effets négatifs du budget
12:45tel qu'il était prévu initialement.
12:47Moi, j'essaye d'être responsable.
12:49Je ne suis pas pour le chaos et l'instabilité,
12:52ni économique, ni institutionnelle dans le pays.
12:53Vous avez entendu que c'est la petite musique, là,
12:55parce que tout à l'heure, il y a un comité d'alerte
12:56sur les finances publiques,
12:58et il va être dit,
12:58« Oh, regardez la situation du pays,
13:00vous ne pouvez pas censurer
13:01si vous êtes responsable et raisonnable, M. Guet. »
13:03Que répondez-vous à cela ?
13:04C'est une inversion accusatoire un petit peu facile.
13:07La situation économique du pays,
13:08où je participerai tout à l'heure
13:09à ce comité d'alerte sur les finances publiques,
13:11c'est précisément la résultante
13:13de ne pas avoir tenu compte des propositions,
13:15la crise économique que nous vivons,
13:17en tous les cas la crise des finances publiques.
13:18Il y a un enjeu sur les dépenses qui dérapent
13:20pour une partie d'entre elles,
13:21notamment sur la sécurité sociale,
13:23mais il y a d'abord et avant tout
13:24un enjeu sur l'assèchement des recettes.
13:26C'est trop facile de dire
13:27qu'il y a un déficit gigantesque
13:28quand depuis 7 ans,
13:30on a privé de recettes le budget de l'État,
13:32on a fait des exonérations de cotisations sociales,
13:34on a maintenu des niches sociales,
13:36on a supprimé des impôts
13:37aux bénéfices soit des plus grandes entreprises,
13:39soit des ménages les plus favorisés,
13:41soit des hauts patrimoines.
13:43S'il y a un effort collectif à faire,
13:44il doit être d'abord porté
13:45par ceux qui peuvent le plus se le permettre.
13:47Sur la fin, par cette motion de censure,
13:49vous rejoignez aussi la logique
13:51maintenant de la France insoumise.
13:52Est-ce que vous redevenez
13:53le parti croupion de LFI ?
13:55Non.
13:56D'ailleurs, cette motion de censure,
13:57nous allons la déposer seuls,
13:58nous les socialistes,
13:59les 66 députés socialistes.
14:01Ils vont apporter leur...
14:01Et chacun le prendra.
14:03Vous avez mentionné le Rassemblement national,
14:04il ne faut pas qu'on passe sous silence
14:05la totale incohérence
14:07de ceux qui disaient être opposés
14:09à cette réforme des retraites
14:10et quand le sujet vient sur la table,
14:11vont regarder ailleurs.
14:13Nous, on essaye d'être constant
14:14et cohérents dans nos positions.
14:15On n'est peut-être pas parfaits,
14:17je ne vais pas vous dire le contraire,
14:17mais on a face à nous,
14:19au moment où nous étions prêts
14:20à faire des compromis
14:21dans l'intérêt du pays,
14:23un interlocuteur qui nous a dit
14:24« Ok, on va construire la négociation
14:26et faire du compromis »
14:27et qui, à la fin,
14:28décide tout seul.
14:30Voilà.
14:30Il y en a un qui est content.
14:31À ce moment-là,
14:31et on va avoir un rendez-vous,
14:33y compris au moment du budget.
14:33Jean-Luc Mélenchon est content,
14:34il dit que vous êtes revenu à la raison.
14:36Mais, encore une fois,
14:37vous savez,
14:37les commentaires de Jean-Luc Mélenchon,
14:38ce n'est pas l'alpha et l'oméga
14:39de la vie politique.
14:41C'est quand même assez cocasse
14:42venant de celui qui,
14:43à l'époque,
14:44nous reprochait vertement
14:46d'avoir fait cette négociation
14:47en disant que nous étions
14:48des sociotraites.
14:49Moi, cet argument de traîtrise
14:50à l'intérieur de la gauche,
14:51il est vieux comme le monde
14:52de considérer qu'il y a les purs,
14:54ceux qui ont la pureté idéologique,
14:55l'authenticité,
14:56la vertu,
14:57et puis ceux qui mettent
14:58les mains dans le cambouis
14:59et qui se disent
15:00qu'est-ce qu'on peut faire
15:00au service de notre pays.
15:01C'est ce qu'on a essayé de faire.
15:03On a eu un interlocuteur défaillant.
15:05La seule arme institutionnelle
15:06dont nous disposons,
15:08c'est cette motion de censure.
15:09Nous sommes cohérents.
15:10Tout ça a été prévisible.
15:12Et si d'aventure,
15:12elle a été votée,
15:13vous savez,
15:14c'est exactement ce qui s'est passé
15:15avec Michel Barnier.
15:18Mathématiquement,
15:18arithmétiquement,
15:19ce n'est pas possible.
15:20Vous êtes d'accord ?
15:20En 11 ans, ce matin.
15:21Nous, nous la déposons pas
15:23en nous posant la question
15:24de savoir qui va la voter
15:25ou qui ne va pas la voter.
15:26Nous la déposons
15:27parce qu'elle est la suite logique.
15:29Et encore une fois,
15:29moi, je ne suis pas un parti,
15:31je ne suis pas un censurophile.
15:32Je n'aime pas l'idée
15:33de renverser matin, midi et soir
15:34le gouvernement.
15:35Je préférerais,
15:36en l'absence de majorité claire
15:38à l'Assemblée nationale,
15:39vu la tripartition,
15:40qu'on ait une vraie négociation,
15:41des vrais compromis.
15:43Force est de constater
15:44que le chantre du compromis
15:45qu'est François Bayrou,
15:47en réalité,
15:47il ne l'a pas appliqué lui-même
15:48et il se fragilise lui-même.
15:50J'ai une dernière question
15:51sur notre belle langue française.
15:53Elle est belle ?
15:54Elle est magnifique.
15:55D'accord.
15:56Alors, que pensez-vous de l'idée ?
15:57Pardon de parler de lui,
15:58mais il fait l'actualité aussi.
15:59Vous tombez dans le panneau.
16:00Oh non.
16:00Vous tombez dans le panneau
16:01de celui qui se dit chaque jour
16:04je vais mettre une polémique.
16:04Il y a un débat.
16:05Quelqu'un qui veut débaptiser
16:05et rebaptiser la langue française
16:07et on ne doit pas en parler.
16:08On veut dire circuler,
16:09il n'y a rien à voir.
16:10C'est un amoureux de cette langue ?
16:11Non, mais je ne suis pas un amoureux
16:13des polémiques inutiles.
16:15Je suis évidemment un amoureux
16:16de la langue française
16:17et ça ne sert à rien
16:19de débaptiser une langue.
16:22Ce n'est pas parce qu'elle s'appelle
16:22langue française
16:23qu'elle n'est pas en partage
16:24avec tous les pays francophones
16:26qui l'utilisent.
16:27Et donc, vous voyez,
16:29c'est juste la polémique
16:30pour la polémique
16:30parce qu'en face de ça,
16:32ceux qui vont lui tomber dessus
16:33à bras raccourcis
16:34en disant
16:35c'est donc qu'il n'aime pas la France,
16:38je trouve que c'est une lecture
16:39un peu rabougrie.
16:40Je voudrais vous citer
16:40une autre phrase.
16:41« La langue française est la pierre angulaire
16:43de l'édifice symbolique national. »
16:45Savez-vous qui dit cela ?
16:47Magnifique phrase,
16:48magnifique écrivain.
16:48Ça pourrait être Fernand Brodel,
16:50ça pourrait être Pierre Nora
16:51qui nous a quittés.
16:52Du même niveau,
16:53Boalem Sansal.
16:54Voilà pourquoi je vous ai parlé
16:55de la polémique
16:55parce que c'est lui
16:56qui avait écrit sur
16:57Le français parlons-en.
16:58C'est un défenseur
16:59de la langue française.
17:00Et c'est l'occasion
17:00de demander à nouveau
17:01la libération
17:02de Boalem Sansal.
17:03Vous l'entendez,
17:04l'indignation de la gauche
17:05sur Boalem Sansal ?
17:06En tous les cas,
17:07je participe
17:07du comité de soutien
17:11les réquisitions du procès
17:13en appel.
17:15Il faut vite sortir de ça.
17:18Boalem Sansal,
17:19et c'est l'occasion aussi
17:20de...
17:21À chaque fois qu'on a
17:21des Français
17:22qui sont incarcérés
17:23dans des conditions
17:24d'injustice,
17:25il faut les soutenir.
17:26Je pense qu'on a beaucoup
17:26parlé de l'Iran au début.
17:27Je pense évidemment
17:28aux deux otages français,
17:31Cécile Collère et Jacques Paris.
17:32Mais défendre la langue française,
17:33c'est aussi défendre
17:34ses écrivains.
17:34Et c'est donc défendre
17:35Boalem Sansal.
17:35Voilà pourquoi je vous parlais
17:36de cette polémique.
17:37Il faut défendre
17:38la langue française.
17:39Il faut défendre
17:40la francophonie
17:40parce que là, pour le coup,
17:41c'est quelque chose
17:42qui nous permet
17:42de voir en grand
17:43et être en partage.
17:44Peut-être défendre la France.
17:45Mais évidemment,
17:46défendre la France.
17:46Quand on défend
17:47la langue française,
17:49on défend cette culture,
17:51cette identité.
17:52Vous voyez,
17:52c'est une polémique
17:53qui vous fait parler.
17:54Oui, mais encore une fois,
17:55je ne veux pas
17:56qu'on enferme
17:57avec cette idée
17:58qu'il y aurait
18:00des polémiques
18:01mélenchoniennes
18:01matin, midi et soir
18:02et que c'est elles
18:03qui font le débat politique.
18:04C'est important quand même
18:05de parler de la langue.
18:05Ah non, mais aucun problème.
18:07Et on l'a tous en partage
18:08et on l'a chéri.
18:09Merci Jérôme Gage.
18:10C'était votre grande interview.
18:11A bientôt.
18:11Sous-titrage Société Radio-Canada
18:14Sous-titrage Société Radio-Canada

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