00:00– Écoutez, moi, je n'ai pas commenté la manière dont on veut se tirer de l'embarras
00:04dans lequel s'est placé ce parlementaire.
00:06Encore une fois, j'en reviens à des faits.
00:08– Vous pensez de rester à votre place ?
00:09– Non, c'est-à-dire, c'est simplement des faits.
00:10Cette plainte a été déposée à double titre.
00:12D'abord, en tant que chef de service de la police dans le Val-d'Oise,
00:15puisque c'est bien de ça dont on parle, des 2000 femmes et hommes.
00:18Je suis dans le Val-d'Oise depuis trois ans et demi.
00:20Je travaille avec les policiers et les gendarmes depuis trois ans et demi.
00:23J'en connais l'engagement, la valeur.
00:24Je connais la difficulté également de leur métier.
00:27Aurélien Taché aussi, il les connaît.
00:29Et donc, quand il écrit que la police tue partout dans le Val-d'Oise,
00:32ça a une signification.
00:33Et quand on est parlementaire, on sait au droit des mots.
00:36Pourquoi dit-il que la police tue partout dans le Val-d'Oise ?
00:38– Je l'ignore et ce n'est pas moi de l'expliquer.
00:40Donc cette plainte, d'abord, je la dépose en tant que chef de service
00:42et je la dépose également en tant que préfet.
00:44Le préfet, c'est le seul agent public dont d'ailleurs la mission est précisée
00:47dans la Constitution à l'article 72.
00:48Et dans sa mission, il y a la différence des intérêts de la nation,
00:51il y a aussi la préservation et la garantie des lois.
00:55La diffamation, c'est une infraction.
00:57Quand un agent public, quand un représentant de l'État
00:59à connaissance d'une infraction, il dépose plainte.
01:01Et dorénavant, ça va être à la juridiction.
01:03– Vous ne sortez pas de votre devoir de réserve
01:07ou vous êtes typiquement dans votre rôle de préfet ?
01:09– C'est un peu le monde à l'envers.
01:10Parce que les victimes là-dedans, ce sont les 2000 femmes et hommes
01:13qui composent la police et qui voient leur honneur
01:15bafoué par ces affirmations.
01:17La neutralité, ce n'est pas la passivité.
01:19Et à un moment donné, il faut dire stop.
01:21– Mais dans cette histoire, est-ce qu'on n'est pas sur la liberté d'expression quand même ?
01:26Parce que vous vous dites vous-même, c'est de la diffamation.
01:29Parce que ce n'est pas la liberté d'expression, d'opinion,
01:32d'un élu de dire, voilà ce que je pense, voilà ce que j'ai en tête,
01:36même si ça peut paraître, même si c'est choquant.
01:38– Non mais on ne peut pas rechercher.
01:39– C'est le tribunal, c'est le tribunal qui le décidera.
01:41– Mais bien sûr que vous l'avez dit, ce sera la juridiction,
01:43c'est le tribunal qui va en décider.
01:44On ne peut pas rechercher le buzz absolument à tout prix
01:47et on ne peut pas dire n'importe quoi sur les réseaux sociaux,
01:49y compris lorsqu'on est parlementaire.
01:51Et je dirais même, au-delà de cette responsabilité juridique,
01:53il y a une responsabilité qui est morale.
01:55Ces propos, ces propos, je vais vous dire,
01:57ils sont profondément indécents.
01:58D'abord, ils sont indécents pour les 118 policiers
02:00qui ont été blessés dans le Val-d'Oise l'an dernier
02:02dans le cadre de la réaction.
02:03Et d'autre part, ils sont également dangereux.
02:06Ils sont dangereux parce qu'ils peuvent nourrir
02:07une forme d'animosité pour des individus
02:10à l'encontre des policiers et des gendarmes dans leur mission.
02:12La mission des policiers et des gendarmes,
02:14c'est la mission de protéger les Français.
02:16Il n'y a pas d'institution qui soit plus contrôlée que la police.
02:19Elle est contrôlée à titre hiérarchique, déontologique,
02:21par l'autorité administrative que je suis,
02:23par les magistrats, par les inspections générales.
02:24Elle a également un contrôle qui est un contrôle médiatique et journalistique
02:27parce que la plupart de la réaction se passe sur la voie publique
02:29à la vue de tout le monde.
02:31C'est une institution profondément républicaine
02:33à laquelle d'ailleurs je peux en témoigner
02:34parce que moi je rencontre tous les jours les habitants du Val-d'Oise.
02:37Les habitants du Val-d'Oise sont profondément attachés.
02:40C'est pour ça que ces propos sont des propos diffamants
02:42et c'est pour ça que j'ai porté cette affaire devant les juridiques.
02:44C'est de la haine anti-flic ?
02:45Ce n'est pas à moi de le qualifier.
02:47Je dis simplement qu'ils sont diffamants et injurieux.
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