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  • 25/06/2025
"L'AMOUR AVEC DES CHAINES (LA JALOUSIE)" / La jalousie est un vilain défaut. Supportable quand elle reste modérée, elle peut devenir étouffante et mettre le couple en péril. Aurélie, 20 ans, contrôle sans cesse l'emploi du temps et les appels téléphoniques de son ami Grégory, 22 ans. Ils vivent pourtant ensemble depuis 1 an. Malgré 7 ans de mariage et 3 enfants, Geneviève et Jean-Michel se méfient l'un de l'autre. Ils testent leur amour en permanence. Elle fouille régulièrement ses poches et le surveille à son travail. Il vérifie sa manière de s'habiller et la place systématiquement face au mur dans les restaurants. Pierre est détective privé. Spécialiste des filatures discrètes, il connaît bien le problème des épouses persuadées - souvent à tort - de l'infidélité de leur mari. Paul, 28 ans, est un jaloux maladif qui se soigne. Grâce à une psychothérapie, il essaie de sauver son couple.

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Personnes
Transcription
00:00Toujours les coups, toujours la violence, tout le temps ça crie, tout le temps.
00:06J'ai reçu des coups, j'ai le bras qui n'arrive plus à se piller, j'ai mal l'âge, j'ai l'oeil qui me fait mal.
00:12Et pourquoi ? Pourquoi ça déclenche ? Qu'est-ce qu'il a dit ? Il a déclenché quelque chose ?
00:17Il veut te contrôler.
00:19Aurélie a 21 ans, elle est apprentie comédienne à Paris.
00:23Elle rentre en train, pas loin de Fontainebleau, là où elle vit.
00:26Une heure de trajet tous les soirs pour retrouver Grégory, dont elle partage la vie depuis 8 mois.
00:32Une heure pour cogiter, pour s'angoisser sur ce que Grégory peut faire au même moment.
00:37Là, c'est juste un mini-message, le quatrième de la journée.
00:42Avec Grégory, elle utilise son téléphone de façon intensive.
00:46Je le harcèle quand même, parce que des fois je peux rester, je peux faire 10 appels à la suite.
00:50C'est dès que je suis toute seule, dès que j'ai envie d'être avec lui, que je ne suis pas avec lui.
00:56Je ne sais pas où il est, je ne sais pas ce qu'il fait.
01:00Ça, ouais, ça trotte un peu dans la tête.
01:02Il me dit qu'il est à tel endroit, il n'est pas là.
01:05Donc je me dis peut-être qu'il a rencontré quelqu'un dans la journée.
01:08Il sait que je suis jalouse.
01:09Il me le dit tout le temps, il fait, ouais, des fois t'es chiant, t'es jalouse, parce qu'il n'y a pas de raison d'être jalouse.
01:14Mais bon, je pense que je suis un peu comme toutes les filles, on aime bien savoir tout ce qui se passe, on aime bien contrôler.
01:19C'est surtout, je pense, ouais, la jalousie, c'est plus du contrôle.
01:23Savoir contrôler.
01:26Ce vendredi, pour Aurélie, c'est soirée bowling à Montargis avec Grégory et leurs copains.
01:31Grégory, c'est lui.
01:32A 22 ans, il est pompier volontaire.
01:34Du coup, il est souvent absent de la maison.
01:36Il doit même parfois dormir à la caserne.
01:39Alors Aurélie se méfie et le surveille.
01:41Et tout passe par le téléphone portable, le sien, mais aussi celui de Grégory.
01:47Donc, comme il me dit, si j'envoie un message à une fille, je ne vais pas le garder, je vais l'effacer.
01:51Mais au moins, je vois ce qu'il envoie, tu vois.
01:52Tu vois, à quelle pointe tu es quand même ?
01:54Déjà, je regarde qui c'est.
01:56Je retiens le numéro.
01:59Et après, je m'appelle.
02:00Non, je n'ai jamais appelé.
02:02Mais j'avais gardé le numéro de son ex, au cas où je l'avais effacé dans son portable.
02:07Voilà.
02:09Ça vous arrive d'effacer des messages ?
02:11Non, ça ne marche pas d'effacer des messages, mais quand je prends un message, je vais le voir et je sais c'est quoi ça ?
02:18Surveiller son amie, elle s'en vante devant ses copains, mais comment réagir le principal intéressé ?
02:29L'attitude d'Aurélie n'est pas bien comprise par ses amis.
02:58C'est trop jalouse.
03:00Je ne dis pas que c'est un méchant.
03:03Pour moi, elle est trop possessive.
03:05Si je ne faisais rien, je m'en foutrais complètement.
03:08Il n'y a rien, il n'y a trop.
03:10Et arrête de dire que c'est trop non plus.
03:12Il y a une fois où on m'a appelé chez moi, enfin sur mon portable, et j'étais chez moi et elle ne voulait pas me croire.
03:21Et je n'avais personne, enfin je n'avais pas mes parents pour confirmer.
03:24En rigolant, je me suis dit, tu veux que je fasse à boyer ma chienne ou qu'elle fasse quelque chose.
03:32Elle voulait, mais je n'ai jamais réussi à faire boyer le chien.
03:34Si Aurélie s'en tient au téléphone, d'autres jalouses ont d'autres techniques.
03:43Des méthodes plus radicales et plus sournoises.
03:47Nous sommes à Marseille.
03:48C'est ici, dans ce quartier populaire, que vit Geneviève, 32 ans, avec son mari et leurs 3 enfants.
03:55Assistante maternelle à temps partiel, elle est souvent à la maison.
03:59Elle aussi est jalouse.
04:00Il suffit de la retrouver à l'heure de la lessive pour en avoir confirmation.
04:10Je fouille ses poches, comme tous les jours quand je fais ma machine.
04:15Je suis à l'affût.
04:16Je fouille dans son portefeuille, dans son blouson, quand il change de veste.
04:23Un jour, quand je faisais la lessive, j'ai vu que, sur une chemise blanche,
04:28qu'il avait une belle trace de rouge à lèvres rouge, sur le col.
04:31Je lui ai fait la tête pendant 2 jours.
04:33Souvent, quand on fait la bise, c'est sur les joues chez moi.
04:38Geneviève est mariée depuis 7 ans avec Jean-Michel.
04:417 ans qu'ils se surveillent mutuellement.
04:43Ainsi, au marché, tout est prétexte pour se taquiner.
04:46Premier exemple, devant l'étale des sous-vêtements.
04:50Et les reproches, Jean-Michel les cherche.
04:52C'est joli, non ?
04:55Ah, mais tu es gonflé, toi.
04:57Pourquoi ? Ben, je regarde en attendant.
05:00Bon, je vais abréger, alors.
05:02Ben, abrége.
05:03Pauve dame, elle ne peut même pas s'acheter ses culottes.
05:05Madame, c'est ses emplettes, monsieur...
05:07Monsieur Mat.
05:09Mais pour Geneviève et Jean-Michel, cette jalousie est en fait réciproque.
05:19Lui exerce, par exemple, un contrôle sur ses achats vestimentaires.
05:23Les tenues un peu trop sexy sont à bannir de sa garde-robe.
05:27Dès que vous allez l'avoir avec ça, vous allez l'avoir.
05:29Ouais, mais par rapport aux autres.
05:32Tu veux des belles robes, hein ?
05:33Oui, oui, oui.
05:34Ouais, regarde, je vais l'avoir un peu.
05:35Non, quand même, c'est trop excessif.
05:38Mais peut-être pour m'ennuyer, pour elle acheter.
05:40La gazon, tu y m'attivés.
05:42Bon, je ne veux pas qu'elle vendue, je surveille.
05:44Donc c'est psychologique.
05:45Même, elle sait que je suis là, donc.
05:47Psychologiquement, son inconscient, il le pousse à dire non.
05:51C'est vrai qu'il me met la pression des habits quand je vais acheter quelque chose.
05:54Pression psychologique, c'est important, c'est comme au travail.
05:57Donc il me donne son avis.
05:59Si ce n'est pas favorable, ben voilà, il me fait une crise, donc je vais laisser l'article.
06:05Une méfiance réciproque de tous les instants.
06:09En fait, chacun est persuadé que l'autre pourrait succomber à la tentation, surtout dans un lieu public.
06:14Tu vois, il te regarde.
06:15Regarde, regarde, hein ?
06:17Voilà, paf !
06:18Ça m'énerve.
06:21Je ne sais pas comment on regarde, mais tu aimes bien regarder les autres.
06:25Ouais.
06:26Hein ?
06:28Euh, ouais, oui et non.
06:29C'est une paradoxe, hein ?
06:30Ça m'énerve d'être face au mur.
06:34Je suis toujours face au mur, ça t'est toujours face aux gens.
06:36C'est vrai.
06:37Comment ça se fait ?
06:37Je ne sais pas.
06:38C'est drôle, hein ?
06:39C'est inconscient.
06:40Tu t'ensoies toujours avant moi.
06:41C'est mon subconscient.
06:43Qu'est-ce que tu regardes ?
06:44Hein ?
06:45Qu'est-ce que tu regardes ?
06:47Ben les gens qui s'en vont.
06:51T'es toujours en train de tourner, hein ?
06:55Non, non.
06:56Oui, oui, oui.
06:58Non, non, non.
07:00Dans ce jeu de l'espionnage amoureux permanent, Geneviève ne manque pas de ressources.
07:06Tout est une affaire de détails et de calculs.
07:08Nouvel exemple.
07:09Parfois, ça m'arrive de mettre le kilométrage à zéro quand Jean-Michel prend la voiture pour voir s'il rentre directement à la maison, sachant qu'il y a 3 km, 3,5 km pour aller de la maison à la pizzeria.
07:24Voilà, pour voir s'il a fait un détour.
07:27La pizzeria, c'est celle que Jean-Michel a ouverte il y a un an.
07:31Pour Geneviève, c'est le lieu de tous les dangers et elle n'a pas tort.
07:35C'est vrai, ce qui énerve ma femme, c'est que même si je suis là, eh bien, je vois ce qui passe.
07:48Je sais pas, c'est une fatalité, je crois, ou elle manque de chance.
07:51Jusqu'un jour, elle est belle.
07:54Et comme par hasard, Geneviève ne le laisse pas longtemps seul à la pizzeria.
07:59Elle le rejoint tous les soirs.
08:01Je sais, pizza au chorizo.
08:02Je vais bien te parler.
08:04Salut.
08:05Ça va ?
08:06C'est bon, je vais bien ?
08:07Ouais, ça va, ma chérie.
08:10Je surveille Jean-Michel pour voir un peu avec la clientèle, la clientèle féminine.
08:15Alors, qu'est-ce qui se passe s'il y a une femme qui rentre ?
08:18Ben, s'il y a une femme qui rentre, tout dépend, si elle est jolie, si elle est moins jolie.
08:24Si elle est jolie ?
08:25Si elle est jolie, bon, là, on la sert comme une cliente normale, mais bon, il faut pas qu'elle s'attarde.
08:31Bonsoir.
08:32C'est vrai que Jean-Michel n'a pas les yeux dans sa poche.
08:34D'accord, ouais.
08:36C'est un séducteur et il en joue auprès de ses clientes.
08:39Ce qui a le don d'énerver sa femme.
08:41Merci beaucoup.
08:42Merci, bonsoir.
08:43Il suffit qu'il y en ait une qui me sourie parce que, je sais pas, parce que c'est une voisine.
08:54Je sais pas, donc elle interprète d'une façon où, ben t'en es, je viens vous livrer, je ferme et je viens vous livrer, quoi.
09:02C'est ça.
09:03Et pas question pour le patron de rentrer trop tard.
09:0711h30, c'est clair qu'elle se demande, tu m'as trompé, t'es allé où, t'es allé chez elle, chez elle, chez elle.
09:13Non.
09:14Elle va penser que je suis en train de m'a trompé, mais non, je suis en train de travailler.
09:17Donc je néglige pas le travail, mais le nettoyage je ferai l'an demain.
09:21Bonsoir.
09:22Bonsoir.
09:24Et voilà.
09:25Bon appétit, bonne soirée.
09:27Merci, monsieur, au revoir.
09:28Dans leur vie de jaloux permanents, Geneviève et Jean-Michel s'offrent parfois des sorties en boîte.
09:35Un paradoxe, car ce lieu est l'endroit où le risque de succomber à la tentation est maximal.
09:40Mais comme par jeu, pour se faire peur, c'est là qu'ils viennent, en quelque sorte pour tester leur amour.
09:50C'est effrayant quand même la jalousie.
09:52Dans le mariage, rien n'est acquis, en fait.
09:55Je pense que la jalousie, ça entretient.
09:57Ça entretient les relations amourales.
10:00Pour moi, c'est une unité de mesure sur la chaîne de l'amour.
10:06Si le jour où je suis plus jaloux, c'est que forcément j'en ai rien à prendre.
10:10La surveillance mutuelle peut-elle vraiment être un moteur dans le couple ?
10:15Est-on toujours naturellement jaloux de celui qu'on aime ?
10:19Réponse auprès des docteurs Pecco et Crottenberg.
10:21Ils sont psychiatres, ils ont étudié la jalousie.
10:25Pour eux, amour et jalousie ne font pas bon ménage.
10:28La jalousie, c'est finalement pas un signe d'amour de l'autre, contrairement à ce qu'on croit.
10:33Il faut de la confiance dans un couple.
10:35L'amour est basé sur la confiance de l'autre, en l'autre.
10:37Si on n'a pas confiance, où est l'amour ?
10:40Quelque part, je pense que les jalousies n'aiment pas.
10:42Ils possèdent, mais ils n'aiment pas.
10:45Ces psychiatres savent bien que la jalousie, quand elle atteint un certain degré, ne doit pas être prise à la légère.
10:51Je crois qu'il faut bien distinguer la jalousie comme sentiments, finalement, émotions, qui existent universels, qui existent depuis toujours, et qui existent depuis que l'on est petit.
11:02Et du délire de jalousie, qui fait partie des délires paranoïaques, et qui sont des délires pathologiques.
11:07Qui se manifestent comment ?
11:09Qui peuvent aller jusqu'à des choses assez graves, qui relèvent d'un délit, qui peuvent aller jusqu'au code pénal, qui peuvent aller jusqu'au meurtre.
11:17Mais ça peut passer aussi par simplement surveiller l'autre, faire des filatures, surveiller le carnet de rendez-vous, et maintenir une pression comme ça insupportable sur l'autre.
11:31Les filatures, ce n'est pas que dans les films. Nous voici à Paris, avec des professionnels.
11:40Vestage, pantalon au velours et peint de parking. D'accord, merci madame.
11:45C'est bien, oui.
11:45Pierre Audrenne, détective privé depuis 15 ans, est spécialiste des filatures en tout genre.
11:50La filature de couple représente 15% de son activité.
11:55Accompagné d'une autre détective, il suit aujourd'hui un homme dont la femme est plus que méfiante.
11:59C'est la quatrième filature qu'elle demande en trois mois.
12:02Elle trouve suspecte les sorties de son mari.
12:04Contrairement à elle, lui ne travaille pas.
12:07Parce qu'il s'absente dans la journée, comme ça, une heure ou deux,
12:10et il ne lui dit pas, en fait, quand il rentre, il ne lui dit pas ce qu'il fait.
12:14Il élute toujours ce qu'il fait pendant qu'il sort.
12:17Voilà.
12:19Il va se garer là.
12:20Bon, c'est bon.
12:21Gare-toi, je vais le suivre.
12:23Sans jamais le quitter des yeux, il suit l'homme à distance respectable.
12:28Objectif, déceler le moindre indice qui pourrait laisser supposer un rendez-vous galant.
12:32Dès qu'il le peut, Pierre transmet ses impressions par micro à sa collègue.
12:40Il ne se passe absolument rien.
12:42Il ne semble attendre personne.
12:44C'est le calme plat, voilà.
12:48Une demi-heure à la terrasse du café, personne ne semble rejoindre l'homme.
12:53Les détectives attendent.
12:55Et c'est reparti en voiture, toujours à vue, pour ne rien rater de ce que fait l'homme surveillé.
13:04Il a passé un coup de téléphone deux minutes.
13:06C'est lui qui l'a passé, le coup de téléphone.
13:08C'est lui qui l'a passé ?
13:09Ouais.
13:10À force de faire des filatures, Pierre a bien compris les informations qu'attendent ses clients
13:14et elles sont différentes suivant leur sexe.
13:16Alors la jalousie féminine, c'est surtout par rapport au physique à l'âge de la maîtresse.
13:23Imaginer de la maîtresse.
13:23Voilà, imaginer de la maîtresse et elle veut savoir comment elle est, si elle est mieux qu'elle.
13:29Donc en fait, c'est le conte de Blanche-Neige.
13:31Beau miroir, suis-je toujours la plus belle ?
13:34Alors que l'homme, lui, va s'intéresser surtout au statut social de son rival.
13:38Voilà, qu'est-ce qu'il fait ? Où est-ce qu'il travaille ?
13:41Qu'est-ce qu'il a comme voiture ?
13:44Qu'est-ce qu'il a comme maison ?
13:45Donc ça sera beaucoup plus matériel.
13:49Il sort sa carte de parking, ça veut dire vas-y, vas-y, c'est bien.
13:51Attends.
13:53Voilà, il faut se déposer.
13:55Et la filature se poursuit à pied.
13:58Là, au coin de la rue, c'est peut-être enfin un lieu de rendez-vous pour l'homme surveillé.
14:04Il est passé devant des sex shops sans même y prêter attention.
14:07Il semble être devant une bijouterie.
14:10Il a juste regardé la vitrine deux minutes et il repart.
14:14Finalement, c'est dans un cinéma que l'homme surveillé rentre.
14:24Mais y sera-t-il seul ?
14:26Pierre doit savoir.
14:28Il le rejoint très vite et assistera à la première demi-heure du film.
14:32Bilan de cet après-midi de filature, rien à signaler.
14:39Ça fait, il nous a baladé toutes les journées depuis 3 heures de l'après-midi.
14:44Là, il va rentrer tranquillement chez lui à 19 heures après avoir fui son film d'action.
14:48Pour Pierre, c'est l'heure de faire le compte-rendu à sa cliente qui a dépensé 240 euros pour tout savoir de l'après-midi de son mari et du film qu'il a vu au cinéma.
14:59Donc, apparemment, toujours rien et aucun signe.
15:03Mais vous êtes sûr qu'il n'est pas censé parler de sortie après et que vous n'étiez pas vu et qu'il a rejoint quelqu'un ?
15:08Comment ça va ?
15:09C'est urgent qu'il faut qu'il servait quelque chose.
15:11Ça me paraît bien.
15:12Il faut que les chars d'hôtel en l'argent est pris.
15:15Je ne sais pas, il n'accorde pas des femmes.
15:17Non, justement.
15:19Justement, justement.
15:20Non, non, il est le nez dans ses journaux et il ne regarde absolument pas les femmes passées.
15:25S'il avait rendez-vous avec quelqu'un, je pense qu'il l'aurait vu tout de suite, il l'aurait passé l'après-midi avec.
15:36Il ne touche plus, ça fait des mois qu'il ne passe rien entre nous.
15:40Il est très déjà fatigué, il n'a pas envie.
15:43Je suis vraiment pas à ce que je connais qu'il y a quelqu'un.
15:46Je me suis très désignée, mais c'est vrai que je ne sais pas que quelqu'un le regarde.
15:51Je ne sais pas que je suis peut-être pas jaloux.
15:58C'est vrai, mais si vraiment vous faites une question, je ne sais pas si vous répondez.
16:06D'accord, voilà.
16:07Au revoir, madame.
16:08Merci.
16:10Voilà.
16:14Donc, être absolument sûre qu'il n'y ait vraiment rien.
16:16Et donc, elle ne sera jamais sûre qu'il n'y ait vraiment rien.
16:19Voilà, c'est des histoires sans fin.
16:23Il y a ceux qui font appel à un détective privé et ceux qui le font eux-mêmes.
16:28Cette surveillance quotidienne, c'est ce qu'a subi Isabelle, 36 ans, qui vit dans un pavillon de la région parisienne.
16:35Contrôle de ses tenues vestimentaires, fouille en règle de ses sacs à main, de son ordinateur,
16:40ou harcèlement téléphonique pour surveiller ses horaires.
16:43La jalousie de son compagnon est devenue obsessionnelle, un enfer de plusieurs mois avant la rupture.
16:50Moi, je ne supportais plus et je n'avais même plus envie de rentrer chez moi.
16:55Je préférais traîner au boulot.
16:58Même être dans les bouchons, ça m'arrangeait parce que tant que j'étais dans les bouchons, je ne le voyais pas.
17:02Au revoir.
17:02Sa liberté, Isabelle commence à la retrouver avec ses copines.
17:06Ici, c'est avec Nadine qu'elle vient chercher le dîner, des pizzas.
17:12Et ensemble, sur le chemin du retour, elles se souviennent de l'espionnage permanent de l'ex-compagnon d'Isabelle.
17:19Isabelle, tu me souviens quand il était caché là ?
17:22Ah oui, c'était là, en bas de chez toi, juste avant.
17:24Sa voiture était cachée sur la droite et il nous attendait.
17:27Il attendait à savoir si je rentrais bien avec Nadine.
17:30Ce n'était pas la première fois, j'ai déjà trouvé là, en bas.
17:34En bas de chez vous ?
17:35Oui.
17:35Qu'est-ce qu'ils ont fait de chez vous ?
17:37Ils étaient surveillés, en fait. Ils regardaient nos allées venues.
17:40Ce n'est pas une vie, c'est être prisonnière, c'est être surveillée sans arrêt.
17:44Et on ne vit plus, on perd un peu de sa personnalité et beaucoup de sa liberté.
17:49Ce soir, Isabelle reçoit ses amis et ses collègues.
17:51C'est la première fois depuis longtemps, car son compagnon refusait qu'elle reçoive à la maison.
17:56On va porter un toast.
17:57Désormais célibataire, car la séparation est devenue la seule solution pour elle, la rupture a eu lieu il y a trois mois.
18:08La jalousie a fait que les sentiments sont partis petit à petit, quoi.
18:13C'était trop, je me rendais compte que je ne pouvais pas vivre avec une personne qui était comme ça.
18:17C'était invivable et impossible.
18:20C'était, de jour en jour, c'était de pire en pire.
18:24Parlez-moi, quoi.
18:27Elle était triste, quoi, quand tu avais eu le boulot, elle n'était pas bien.
18:29Ça me dit mal.
18:30Mais la rupture n'a pas tout réglé.
18:39Son ami a alors franchi une nouvelle étape dans sa jalousie obsessionnelle.
18:43Et après, je crois que c'était encore plus infernal que la vie que j'avais avec lui, puisqu'après, il allait questionner mes amis.
18:50Et je pense qu'il m'espionnait, puisqu'il a dit à un ami à moi qu'il me surveillait, que le soir, il passait dans ma rue, savoir s'il y avait ma voiture, savoir s'il y avait de la lumière chez moi, savoir avec qui j'étais.
19:00Et l'étape suivante, ce fut même des menaces, pendant quelques semaines.
19:06Après notre séparation, quand il m'appelait, ce jour-là, il m'a dit qu'il avait perdu, il n'avait plus peur de la mort.
19:14Il m'avait perdu, il avait perdu la vie quand il m'avait perdu.
19:17Et la personne qui m'approcherait, enfin qui lui prendrait sa femme, elle allait mourir.
19:23Et quand la jalousie maladive dépasse les simples menaces, pour ceux qui la subissent, le risque, c'est que cela se termine à l'hôpital.
19:31Pavillon des urgences à Aulnay-sous-Bois.
19:34Ici, chaque semaine, sont admises deux à trois victimes de la jalousie, le plus souvent des femmes.
19:44Victime de la jalousie, parce que poussée à l'extrême, elle est souvent à l'origine de violences conjugales.
19:51Il est 22h, un dimanche soir.
19:54Cette femme, mariée depuis 10 ans, vient pour la deuxième fois en quelques mois.
19:57Après des cocares au visage, aujourd'hui c'est pour des coups sur le bras et dans le ventre.
20:02Toujours les coups, toujours la violence, tout le temps ça crie, tout le temps.
20:10J'ai reçu du coup, j'ai le bras qui n'arrive plus à se plier, j'ai malin, j'ai l'oeil qui me fait mal.
20:15Et pourquoi ? Pourquoi ça déclenche ? Qu'est-ce qu'il a dit ? Il a dit quelque chose ?
20:21Il peut te contrôler.
20:23Il peut te contrôler, il est très chaleux.
20:25Il est très chaleux, il a jalousie. Pourquoi ? Qu'est-ce que ça déclenche quelque chose ?
20:31Pour les docteurs Crottenberg et Péco qui travaillent justement à l'hôpital d'Aulnay,
20:36la jalousie quand elle atteint ce degré-là est une vraie maladie.
20:40La jalousie n'est pas une maladie mentale, mais elle peut devenir une maladie mentale.
20:44C'est-à-dire qu'elle peut s'inscrire dans ce qu'on appelle un délire paranoïaque passionnel,
20:48où en effet la personne qui souffre de ce délire va être obsédée en permanence
20:54par des intuitions délirantes, des interprétations délirantes.
20:58Certaines femmes ne supportent pas cette pression
21:00et peuvent développer une symptomatologie dépressive
21:04avec parfois malheureusement des tentatives de suicide.
21:07Mais plutôt que de soigner les douloureuses conséquences de la jalousie,
21:11on peut aussi en traiter les causes.
21:13Mais ça c'est plus difficile.
21:14Paul, 28 ans, fait partie de ces jaloux maladifs qui en sont conscients, qui en souffrent.
21:20Depuis 5 ans, ce jeune cadre parisien fait vivre un enfer à son épouse.
21:24Les symptômes sont classiques.
21:28Vérification du téléphone portable d'une manière assez fréquente.
21:33Fouiller éventuellement dans l'agenda, papier, etc.
21:38afin d'essayer de me rassurer.
21:39Aujourd'hui, Paul ne supporte plus cette situation qui gâche la vie de son couple.
21:46C'est une souffrance quotidienne.
21:47Il se manifeste par des sautes d'humeur, des problèmes comportementaux, agressivité.
21:53Alors comme dernier recours pour sauver son couple,
21:56il a décidé d'entreprendre une thérapie.
21:58Aujourd'hui, je me sens un petit peu obligé.
22:02Mon épouse m'a surtout poussé, je dirais, à aller voir ce psychothérapeute
22:06afin de me sortir de cet enfermement psychologique.
22:14Vous allez concentrer toute votre attention sur vos mains à travers votre ventre
22:17qui s'élève et qui s'abaisse, suivant le rythme de votre respiration.
22:21Une fois par semaine, il se rend au cabinet de Stéphane Zermann
22:24dans le 8e arrondissement de Paris.
22:26Pendant ce temps-là, vous allez imaginer...
22:27Ce psychothérapeute pratique ici l'hypnose.
22:32Vous êtes avec votre amie, celle que vous aimez.
22:36Et vous sentez cette confiance en elle, dans cet amour réciproque.
22:40Vous vous sentez calme, très calme.
22:42Ça faisait longtemps que vous aviez pas ressenti ce calme intérieur.
22:47C'est un lieu dans lequel vous pouvez enfin prendre le recul nécessaire.
22:50Ce fameux recul qui vous permettrait de laisser cette jalousie à son état de toute petite bille minuscule.
23:00La base de cette thérapie travaille avant tout sur l'estime de soi.
23:07Le manque de confiance, c'est le problème de tous les jaloux.
23:11Vous pouvez la contrôler en laissant cette confiance en vous grandir encore.
23:16La séance d'hypnose va durer un quart d'heure.
23:19Laisser cette confiance grandir en vous, c'est comme si elle s'installait dans tout votre corps.
23:25L'idée, c'est pas de guérir de la jalousie.
23:27L'idée, c'est de savoir se remplir d'autres choses, de valeurs plus positives,
23:30et de savoir relativiser ce qui auparavant encombrait totalement le champ de votre réalité.
23:38Pour Paul, ce sera six mois de séance hebdomadaire d'hypnose.
23:42Il sait qu'on ne guérit pas de la jalousie, on apprend juste à l'apprivoiser.
23:46Aujourd'hui, il voudrait avoir la certitude d'être aimé.
23:50Pour cela, il aimerait bien détecter des signes de jalousie chez son épouse.
23:55Je suis dans l'attente d'une autre forme de jalousie en face de moi
24:01qui me prouverait que la personne ait les sentiments.
24:04C'est très paradoxal, c'est intéressant.
24:06La preuve d'amour que vous recherchez, c'est l'intérêt que l'autre pourrait vous porter
24:09à travers une jalousie telle que vous, vous la projetez sur la personne.
24:13Bien souvent, en effet, les jaloux aimeraient donc que l'être aimé soit lui aussi jaloux.
24:19Revoilà à Aurélie, notre apprentie comédienne, l'ami de Grégory.
24:23Le rendre jaloux, c'est bien à elle aussi son attente.
24:28Élève au cours Florent, elle doit aujourd'hui jouer l'amoureuse.
24:31Regarde là.
24:32Souviens-toi de la nuit passée avec elle, de ton rapport à elle, à son corps, à sa féminité.
24:38Voilà.
24:40Plus loin, plus sincère.
24:43Vis-le l'amour, là tu me joues.
24:49Un vrai baiser pour elle.
24:53Ce baiser, son tout premier baiser de théâtre, c'est le premier à un autre que Grégory,
25:03depuis qu'ils sont ensemble.
25:06Elle lui annonce aussitôt la nouvelle, par mini-message, comme il se doit.
25:13Après cette annonce, sera-t-il jaloux ?
25:16Elle le craint, mais elle l'espère tout à la fois.
25:18Mais ça rendait bien.
25:22Ça rendait bien.
25:23En plus, il n'y a pas été de main morte.
25:25La première fois, ça faisait fou, c'était pas une petite gare.
25:27Mais en plus, Ronaldo, vas-y, moi j'avais des neufs comme ça.
25:33Et aussitôt le cours achevé, Aurélie s'empresse d'aller retrouver Grégory.
25:39Embrasser un garçon.
25:40C'est lui qui m'embrassait, c'est pas pareil.
25:43Vous étiez deux.
25:44Oui, mais non, moi j'étais mal, et puis voilà.
25:50Je suis conscient que c'est là-dedans, j'étais au courant.
25:54Après, je fais confiance, c'est que du théâtre.
25:57Et oui, pas de chance pour Aurélie.
26:00Tout le monde ne devient pas jaloux.
26:01C'est là-dedans, j'ai acheté.
26:03C'est là-dedans, j'ai acheté.
26:05J'ai acheté, c'est là-dedans.

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