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  • il y a 8 mois
Au huitième jour de guerre entre Israël et l'Iran, les ministres européens des Affaires étrangères doivent rencontrer leur homologue iranien ce vendredi afin de tenter de reprendre le chemin de la diplomatie sur le programme nucléaire. Des alertes anti-aériennes ont été entendues dans plusieurs régions après des tirs de missiles depuis l'Iran.

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Transcription
00:00Bonjour, lieutenant-colonel Vincent Arbar-Etier. Merci d'être avec nous, historien militaire et docteur en sciences politiques et histoires contemporaines.
00:11Patrick Sos, chef du service international de BFMTV, est également avec nous.
00:14On va tout de suite prendre la direction d'Israël et de Bercheva, précisément, puisque la ville a de nouveau été touchée ce matin par un tir de missile iranien.
00:22Et Clémence Dibout, l'envoyée spéciale de BFMTV, vient d'arriver sur place. Clémence.
00:27Et les immeubles que vous voyez derrière moi, c'est celui qui a été le plus proche de l'impact, complètement soufflé.
00:35Cet immeuble d'habitation, les immeubles d'habitation autour sont également touchés.
00:39Le cratère, il est juste là, juste à côté. C'est un impact assez impressionnant.
00:44Un trou que vous avez ici, un missile iranien qui est tombé ce matin, très tôt ce matin.
00:49C'est arrivé il y a quelques heures à peine. D'ailleurs, la police est encore en train de faire des investigations.
00:53Ce que vous voyez ici, ce sont des restes de missiles, ce sont des morceaux de missiles que la police est en train d'essayer d'analyser, de répertorier.
01:02Il y a encore des secouristes qui sont sur place pour voir s'il y a des personnes encore sous les décombres.
01:06On parle de quelques blessés légers seulement, notamment parce qu'à ce moment-là, tous les habitants étaient très certainement dans les abris.
01:14Parce qu'il y a eu des alarmes, on va peut-être pouvoir s'approcher pour vous montrer qu'il y a eu un incendie tout autour.
01:19Toutes les voitures qui étaient juste devant l'immeuble ont été calcinées.
01:23Il y a encore des vérifications en cours. Il y a des habitants qui ont été évacués parce qu'ils ne vont pas pouvoir revenir habiter dans l'immeuble.
01:31On voit tout le souffle important de toute cette zone qui est quadrillée par la police et les forces de l'ordre en ce moment.
01:37Des voitures calcinées ici, retournées par le souffle.
01:41Une habitation est ventrée et ce bilan pour l'instant assez léger.
01:45On parle entre 5 à 7 blessés qui sont d'ailleurs pris en charge à l'hôpital Sokora, là où il y a déjà eu une frappe de missile hier à Bercheva.
01:53Parce qu'évidemment, les habitants ont été évacués.
01:56Le lieutenant-colonel Vincent Abarettier, ils sont quand même gonflés de façon un peu triviale les Iraniens,
02:02de viser une zone déjà visée il y a 24 heures.
02:05– Oui, alors, on peut essayer de se mettre dans leur esprit.
02:12Soit ils ont raté la zone militaire, prétendument militaire, parce qu'Israël dit le contraire qui était à côté de l'hôpital.
02:20Soit ils veulent marquer par cette insistance à bombarder le même endroit qu'ils ne sont pas morts, qu'ils peuvent faire quelque chose.
02:29Donc, si vous voulez, quelque part, dans la guerre, je reprends toujours cette image de Klaus Wies,
02:33qui est un duel entre deux volontés, il y a un gagnant, il y a un perdant,
02:39et eux, ils cherchent à montrer qu'ils n'ont pas perdu toutes leurs armes et toutes leurs forces,
02:43en dépit des frappes israéliennes aux différents endroits de leur territoire,
02:48et qui ont certainement, elles, fait beaucoup de dégâts,
02:50mais ils sont encore en mesure d'envoyer des missiles là où ils le volent, et là où ils l'ont déjà envoyé.
02:56– Et d'ailleurs, je ne sais pas si on peut voir les images que diffuse ce matin de Sahal,
02:59qui affirme avoir bombardé des dizaines de cibles à Téhéran cette nuit,
03:03notamment ce qu'elle a qualifié de centre de recherche et de développement du projet d'armes nucléaires iranien du côté de Téhéran.
03:10– Et aussi des sites de fabrication de missiles.
03:12– De missiles, voilà.
03:12– Parce qu'il y a un gros enjeu pour la suite de la guerre,
03:16sur les capacités des uns et des autres à détenir suffisamment d'armes pour la poursuite de cette guerre.
03:21– Oui, et il y a des chiffres qui traînaient, je n'ai pas d'autres mots,
03:25avant cette guerre au niveau de la production ou des stocks de missiles iraniens.
03:30On était entre 2000 et 3000.
03:33Mais c'est des chiffres qui datent d'il y a déjà plusieurs années,
03:36et qui sont un mélange d'anciens stocks soviétiques,
03:38mais aussi de fabrication qui s'en suit,
03:41avec parfois quelques problèmes justement de fabrication.
03:44C'est pour ça qu'il y a encore un léger, un tout léger doute sur le degré de précision de ces missiles
03:49et du coup sur la volonté réelle d'avoir frappé l'hôpital.
03:54Mais vraiment un très léger doute.
03:55Et puis de l'autre côté, on a quand même, parce qu'on reste là-dessus,
03:58comme on a là aussi quelques doutes sur la protection.
04:02Ça, ça fait des jours et des jours qu'on vous parle du dôme de fer.
04:05Mais il y a notamment un article du Wall Street Journal
04:08qui indique que le dernier degré de ce dôme de fer qu'on appelle la flèche,
04:14la flèche en anglais Arrow, c'est le nom des missiles justement d'interception,
04:18et bien ces missiles Arrow-3, ils sont en train de manquer à l'armée israélienne.
04:22Et comme on entend, là aussi c'est difficile à déchiffrer,
04:24mais que Donald Trump n'est pas tout à fait enclin à re-signer des chèques
04:28pour envoyer plus de matériel militaire, notamment ces missiles,
04:32et bien là on se retrouve là aussi, ce duel et cette histoire de volonté.
04:37Il est affaibli, sachant que, rappelons-le, 90% c'est énorme comme taux de réussite.
04:43Oui mais, je fais un peu de maths, ça fait 10% d'échec.
04:46Absolument, et Donald Trump se laisse donc 15 jours avant de décider ou non
04:49d'engager les Etats-Unis dans la guerre, et aujourd'hui,
04:52ce sont les ministres des Affaires étrangères français, allemand, britannique
04:55et la chef de la diplomatie européenne qui retrouvent leur homologue iranien à Genève.
04:59Est-ce qu'il faut y voir un signe d'avancée diplomatique ?
05:03Alors en fait, il y a toujours dans ce cas-là, deux logiques qui s'affrontent.
05:07C'est la logique diplomatique, qui est une logique, je dirais, post-Clauswitzienne,
05:11ou alors une logique qui remonte à 1928,
05:13quand Aristide Briand et Frank Kellogg, le secrétaire d'État américain,
05:18disaient que la guerre était hors la loi, 1928.
05:21Mais vous avez toujours une espèce de ressurgissement,
05:24pas du Loch Ness, mais du monstre de la guerre,
05:27et qui montre là que Clauswitz pouvait avoir raison,
05:30en disant que la guerre, c'était la continuation de la politique par d'autres moyens.
05:34Et après la Seconde Guerre mondiale,
05:36il y a, malgré la création de l'ONU à la place de la Société des Nations,
05:40qui avait été l'échec de la collectivité internationale face aux dictatures
05:45et aux gens qui voulaient la guerre,
05:46là, on a d'une certaine mesure, mais c'est jamais de la même façon,
05:50une espèce de renaissance de la légitimité guerrière
05:52au sein d'un monde international qui est quand même assez déséquilibré.
05:56Une question que je me pose, vous pourriez la poser aux représentants du Quai d'Orsay,
06:00c'est la République du Guyana qui préside actuellement
06:03le Conseil de sécurité de l'ONU du fait de l'Ordre.
06:06Et l'Iran s'est adressé à lui dès le moment où il a été attaqué.
06:11Qu'est-ce que fait le Conseil de sécurité de l'ONU ?
06:13Alors, je ne parle pas du président du Guyana ni de son représentant,
06:16mais il y a quelque chose qui ne va pas.
06:18Et on a l'impression que la communauté européenne, elle,
06:20est dans la logique d'Aristide Briand,
06:22et le président Macron est dans cette logique-là,
06:25alors qu'ailleurs, il y a une logique qui est une course contre la montre
06:29en essayant de donner aux armes une notion définitive,
06:36si vous voulez, par rapport à une menace qui est avérée,
06:39ou qui semble avérée,
06:40qui est gagner sur le terrain de la guerre des succès
06:46qui vont faire en sorte que notre ennemi est définitivement mis hors de combat.
06:50Mais c'est toujours compliqué.
06:51– Stéphane Goldin est avec nous, ancien chef d'une unité d'élite de Tzahal.
06:54Est-ce qu'en Israël, on croit déjà à la diplomatie ?
06:58– Non, pour le moment, on n'y croit pas encore à la diplomatie.
07:03On aurait souhaité évidemment que le président Trump puisse, je dirais,
07:07coordonner les troupes américaines avec les troupes de défense israélienne
07:11le plus rapidement possible pour avancer dans cette attaque.
07:14Parce qu'il est vrai que si les Américains s'étaient associés
07:16ou s'associeraient avec les forces de défense israéliennes,
07:20la question pourrait être réglée, je dirais, dans les 72 heures.
07:23Donc pour le moment, il n'y a pas énormément de croyances en la diplomatie,
07:28tout simplement parce que le danger n'est toujours pas écarté.
07:31Et donc pour le moment, en tout cas en Israël,
07:33il y a une unité nationale, en tout cas avec l'ensemble,
07:37je dirais, des franges de droite ou de gauche sur le territoire israélien,
07:41pour que cette opération puisse aller jusqu'à son terme
07:46et pour concrètement retirer, déminétariser nucléairement, en tout cas l'Iran.
07:54Après, toute la question du régime est une autre question
07:57qu'il faudra à un moment donné aussi se poser.
07:59Stéphane Goldin, est-ce que les Israéliens sont en train de préparer
08:03une opération commando contre le site nucléaire ultra-renforcé de Fordo ?
08:09Si jamais les Etats-Unis refusaient finalement d'y mener une frappe aérienne,
08:13est-ce que, dans les surprises que réserverait Tsaal,
08:17il y a ce plan d'opération commando ?
08:20Écoutez, il faut surtout ne jamais sous-estimer l'invention israélienne
08:26et la réflexion israélienne sur ce qui pourrait se faire à court, moyen et long terme.
08:32Toujours est-il que Fordo est un site qui est très compliqué
08:36puisqu'il est ancré sous une montagne.
08:38Et donc, c'est vrai que pour fracasser ce site, pour frapper ce site,
08:43il faudrait ce qu'on appelle des grosses bombes, qu'on appelle des bunker breakers,
08:47qui soient portées en plus par des avions B2,
08:50donc des porteurs relativement lourds.
08:55Des gros moyens.
08:55Donc, pour le moment, il y a peut-être une autre possibilité.
08:59Je ne crois pas qu'Israël déploiera des forces commandos sur le terrain iranien,
09:05tout simplement parce que ça risque de les mettre énormément en danger,
09:08même si ces commandos d'élite ont l'habitude d'opérer, je dirais, en territoire ennemi.
09:13Pour le moment, à mon avis, je dis bien à mon avis, ce n'est pas encore d'actualité,
09:17mais tout peut arriver.
09:18Je pense qu'il y a peut-être d'autres moyens dans les besaces israéliennes.
09:24Le sourire de Stéphane Goldil, le petit sourire en quoi ?
09:26Enigmatique.
09:27Merci beaucoup à tous les trois.
09:29Merci d'être venus sur le plateau de première édition.
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