00:00Oui, le cœur du danger bat à Téhéran. Il ne bat pas dans un camp syrien ou dans une cave à Molenbeek.
00:06C'est bien au sommet d'un État, membre de l'ONU, qui pend les femmes pour une mèche de cheveux,
00:11finance le Hamas et arme le Hezbollah et rêve d'un monde sans Israël.
00:15Ce régime, ce n'est pas une menace lointaine. Le régime iranien, il parle déjà notre langue.
00:20C'est celui du terrorisme global. Depuis les frappes israéliennes en Iran, l'escalade est enclenchée.
00:25Et si la guerre monte d'un cran, l'Europe sera sur la ligne de front.
00:28Emmanuel Macron l'a dit, nous ne pouvons pas vivre dans un monde où l'Iran possède l'arme nucléaire.
00:34Mais pour les services français, le risque est plus qu'immédiat.
00:38Téhéran pourrait frapper ici, en France.
00:40Des relais, le régime en a. Des cibles aussi.
00:43La communauté juive, évidemment. Les intérêts israéliens, les intérêts américains et les entreprises sensibles.
00:49Les méthodes sont connues, pas de signature, pas de drapeau, mais des proxys.
00:53Des proxys qui sont bien là, infiltrés dans notre société.
00:56Comme en 2018, quand un attentat contre un rassemblement d'opposants iraniens à Villepinte a été évité de justesse.
01:04Bruno Rotaillou a donc ordonné le doublement immédiat de la force sentinelle.
01:08École, synagogue, préfecture, chaque site est désormais sur surveillance renforcée.
01:12Car le régime des Mollahs ne se contente pas d'écraser son peuple.
01:16Il exporte la peur. Et la France est plus que jamais dans le viseur.
01:18Jules, on parle pourtant d'un régime qui a plusieurs milliers de kilomètres.
01:22Est-ce que c'est une menace concrète ici en France ?
01:23Ah oui, la menace, elle est déjà là.
01:25Elle ne vient pas seulement de Téhéran, mais de nos propres rues, de nos chambres d'ados, de nos téléphones portables.
01:32Ils n'ont pas connu le Bataclan, ni même Charlie.
01:34Certains ont 15 ans, d'autres à peine plus.
01:36Ils n'ont jamais mis les pieds en série, ni fréquenté une mosquée salafiste.
01:40Mais leur califat est virtuel.
01:43Leurs imams, ce sont des influenceurs anonymes sur Telegram ou TikTok.
01:47Ce sont les nouveaux loups solitaires de l'islamisme rampant radicalisé en ligne, fanatisé à huis clos,
01:52prêt à frapper non pour une stratégie, mais pour un signal.
01:56C'est la menace que redoutent le plus les services français.
01:58Celle qui échappe au radar, la prise imprévisible.
02:01On appelle ça le terrorisme endogène.
02:03Comprendre un passage à l'acte sans cellules, sans chef et sans réseau,
02:07mais juste avec une étincelle.
02:09Ça peut être une vidéo à Téhéran, une vidéo à Gaza.
02:12Une phrase de martyr ou un discours de haine.
02:15Car depuis le 7 octobre, cette alerte est constante.
02:18Chaque attaque du Hamas, chaque riposte israélienne, chaque drame sur les écrans
02:21nourrit une radicalisation express.
02:23Il ne faut plus des années pour fabriquer un terroriste,
02:26mais parfois seulement quelques jours, seulement quelques heures.
02:29Le ministre de l'Intérieur l'assume donc.
02:31Les menaces sont réelles.
02:32Face au péril islamiste, nous ne devons jamais baisser la garde.
02:36La réponse doit être immédiate, sécuritaire, d'accord, mais préventive avant tout.
02:40C'est pour ça que les patrouilles ont été renforcées, que les écoles ont été mises sous surveillance.
02:45Car c'est une guerre silencieuse que mène l'État, une guerre contre des spectres.
02:48Parce qu'aujourd'hui, le djihadisme ne vient plus de l'ombre, il vient de chez nous.
02:52Et Jules, comment on lutte contre une idéologie qui avance masquée ?
02:56Eh bien d'abord, en ouvrant les yeux.
02:58Peut-être, car cette idéologie, elle ne tombe pas du ciel.
03:00Elle pousse à domicile.
03:02Chez nous, en France, l'islamisme d'aujourd'hui n'a pas besoin de franchir des frontières.
03:07Il façonne les esprits, il sème le doute.
03:09Et son arme, c'est le récit, bien souvent un récit victimaire et répétitif.
03:13Depuis des mois, certains cortèges pro-palestiniens sont devenus des caisses de résonance de cet islamisme politique insidieux.
03:19Soft en apparence, mais durent dans ses objectifs.
03:22Du rivière, de la rivière à la mer, from the river to us, si on l'a entendu tout à l'heure, dans la bouche de Jérôme Gage.
03:27Ce n'est pas un simple slogan, c'est une volonté d'effacement.
03:31D'effacement de qui ? Eh bien d'Israël, des juifs.
03:33C'est assez clair et derrière les banderoles, il y a souvent les mots du Hamas, il y a bien souvent aussi les codes du Hezbollah et trop souvent une complaisance des élus français.
03:43Alors comment lutter ? En arrêtant de regarder ailleurs, en cessant de banaliser ce discours islamiste.
03:49Car ce n'est plus du djihad armé que l'on voit, c'est une infiltration culturelle.
03:54Ça paraît plus soft, mais c'est tout aussi mortifère.
03:57Sur TikTok, certains influenceurs avec des millions de vues opposent l'Occident colonial au monde musulman humilié.
04:04Sur X, bien souvent, des élus LFI reprennent sans brancher la rhétorique des frères musulmans grimés en anti-racisme.
04:10On l'a vu lors de la publication du rapport il y a quelques semaines.
04:14Alors le ministre de l'Intérieur est clair, on ne combat plus seulement des tueurs, mais une idéologie.
04:18Il faut l'exposer, la nommer, la démonter.
04:21Chaque jour, dans nos écoles, nos manifestations, nos algorithmes, elle est présente.
04:25Le nouveau djihad ne crie pas à Al-Akbar, il parle d'injustice, de racisme, de décolonisation.