- il y a 8 mois
Portables, disques durs, écrans, vélos ou voitures électriques, turbines d'éoliennes, robots : ni les nouvelles technologies, ni la transition verte ne sont pensables sans les terres rares et certains minéraux. Mais elles sont difficiles à extraire et la Chine jouit d'une position dominante. La France importe aujourd'hui la quasi-totalité de ces minerais stratégiques indispensables à des pans entiers de notre économie.Face à ce constat de dépendance, la France relance le secteur minier. De la Haute-Vienne à l'Allier en passant par l'Ariège, nous sommes allés à la rencontre de ceux qui veulent rouvrir des mines, au nom de la souveraineté. Mais aussi des opposants à l'exploitation du sous-sol français. Année de Production :
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00:00Musique
00:27Depuis 3 ans, en Haut-de-Vienne, on peut croiser au détour d'une route, en bordure de forêt, des explorateurs d'un nouveau genre.
00:38Musique
00:39Thomas Poitronneau sillonne la zone dans un but bien précis.
00:45On est arrivé sur le filon de quartz qu'on souhaitait cartographier.
00:49Donc pour l'observer, on utilise la masse qui est là pour le fracturer.
00:52Et c'est parti, je pense qu'on va pouvoir le taper peut-être par ici.
01:08Et là, celui-là, il est très intéressant parce que dedans, on retrouve toute la paragénèse que l'on trouve dans les filons de quartz de la région.
01:17Par contre, on n'observe pas d'or visible.
01:20Musique
01:20De l'or, on en a trouvé dans la région depuis l'époque gauloise et on l'a exploité jusqu'en 2001.
01:31Mais aujourd'hui, on est à la recherche d'un nouveau trésor.
01:36A l'époque, ce qui était recherché, c'était essentiellement l'or et l'argent.
01:40Et aujourd'hui, c'est vrai qu'avec l'augmentation des usages et également la criticité pour notre industrie, on s'intéresse à tout un tas d'autres métaux qui accompagnent justement l'or et l'argent.
01:53Et on y retrouve le cuivre, le zinc et l'antimoine, par exemple.
01:57Ces métaux, dits stratégiques, sont très convoités pour réussir les transitions numériques et énergétiques.
02:02Ils sont au cœur d'une nouvelle ruée mondiale.
02:07Les nouveaux chercheurs d'or, je ne sais pas, je dirais plutôt les explorateurs du 21e siècle, où on essaie justement de poursuivre ce travail d'acquisition de connaissances à la lumière de tous les nouveaux concepts qui ont été développés depuis l'arrêt des anciennes mines.
02:21Les premiers résultats sont très encourageants.
02:31Alors, tout autour, les recherches se poursuivent à plus grande échelle en explorant le sous-sol.
02:38On cherche à intercepter en profondeur le filon qu'on a trouvé en surface.
02:43Et c'est justement la partie qui commence à atteindre en ce moment-là.
02:47Ce carottier, il a été remonté depuis 271 mètres de profondeur.
02:55Et d'après ce que je vois au bout, on aurait plutôt quelque chose comme du granit.
03:00C'est ce type de minerai qui nous intéresse.
03:05Ces opérations de sondage vont durer encore plusieurs mois, une première étape.
03:11Partout ailleurs, tout le monde connaît très bien son sous-sol, parfois jusqu'à plusieurs kilomètres de profondeur.
03:16Et en France, on le connaît sur les 100 premiers mètres.
03:19C'est tout.
03:20Donc, on a beaucoup de retard à rattraper par rapport à nos voisins.
03:25Il y a beaucoup d'étudiants chez nous aussi de géologues ou de jeunes géologues qui sont partis à l'étranger, mais sur le territoire.
03:30Au final, on n'a jamais pu travailler depuis pas mal d'années.
03:33On est content de retourner au percaille.
03:38Là, on fait une campagne, mais il y en aura besoin de beaucoup d'autres travails pour pouvoir aboutir à quelque chose.
03:44Oui, c'est pas l'image, on va pas tomber sur...
03:48Non, c'est pas l'image de la pépite.
03:51C'est beaucoup de travail pour essayer de trouver quelque chose qui tient la route.
03:56En Haute-Vienne, comme dans le reste de la France, une nouvelle course est lancée.
04:01L'État l'accompagne.
04:02Il vient de demander un grand inventaire du sous-sol français, avec un espoir qu'un Eldorado se trouve sous nos pieds.
04:11Si ces minerais intéressent autant, c'est qu'ils sont présents partout dans notre vie.
04:26Dans nos véhicules, nos maisons, nos entreprises.
04:28Le moindre objet du quotidien nécessite désormais ces matières premières stratégiques.
04:33Ce smartphone fait à peu près 200 grammes et contient à peu près 45% de métaux, 17% de plastique et 30% de verre.
04:46On a un espace qui est relativement plein avec une myriade d'éléments que l'on va un par an démonter.
04:53La batterie est l'élément le plus important du téléphone.
04:58Il fait appel à de nombreux éléments, éléments tels que le lithium, le cobalt, le manganèse ou le nickel.
05:05Il existe différentes technologies de batterie, mais toutes font appel au lithium,
05:09donc qui est l'élément le plus important de la batterie.
05:12Ici, on retrouve le haut-parleur, qui est connecté via des pistes de cuivre,
05:15qui va permettre d'émettre les sons.
05:18Ce haut-parleur contient des terrares, puisqu'il est miniaturisé.
05:21On va retrouver également un vibreur, et on va retrouver dans cet élément des terrares,
05:27mais aussi du tungsten pour assurer les pièces mécaniques.
05:31Dans chaque smartphone, il y a quelques microgrammes ou grammes de minerais indispensables
05:36au bon fonctionnement et à la miniaturisation.
05:40Multiplié par le nombre de téléphones en usage personnel, mais aussi en usage professionnel,
05:46on aboutit à des quantités phénoménales de métaux qu'il faut extraire.
05:51Des minerais connus comme l'or, l'argent ou l'aluminium,
05:56et d'autres aux noms plus mystérieux, lithium, tungsten, nickel, cobalt, manganèse, néodyme, l'anthanide.
06:05Ce qui est valable pour les smartphones, l'est aussi pour des millions d'objets.
06:10Ces minerais sont particulièrement critiques pour l'armement, l'aéronautique,
06:14et essentiels à la transition numérique et écologique.
06:18Les besoins sont donc immenses.
06:20Au Sénat, la Commission des affaires étrangères s'est emparée de ce sujet.
06:27Avec Pascal Alizar, en pointe sur ce dossier,
06:31l'audition du Bureau de recherche géologique et minière spécialiste français de notre sous-sol
06:36a clairement posé les enjeux.
06:38La crise du Covid en 2020, puis la guerre en Ukraine depuis 2022 sont venues nous rappeler la nécessité pour les États de disposer d'un accès sécurisé à certaines matières et composants essentiels.
06:54On est dans une situation où, effectivement, nous avons perdu une grande part d'une souveraineté dans nos approvisionnements en ressources minérales.
07:00La Chine a pris une avance considérable sur ces sujets, avec aujourd'hui des enjeux géopolitiques, des enjeux éthiques,
07:06parce qu'on exporte quelque part les impacts environnementaux, des enjeux culturels,
07:11puisque finalement la mine est sortie de notre imaginaire et de notre compréhension du monde pour beaucoup,
07:17et puis des enjeux scientifiques de maintien des compétences qui sont très forts.
07:20On a des taux de dépendance à l'extérieur qui, sur certains métaux, sont de l'ordre de 90-95%.
07:29Donc ça, on ne peut pas continuer comme ça.
07:31Il y a tout un tas de produits dont dépendent non seulement notre vie de tous les jours,
07:36mais aussi la sécurité nationale, qui sont liés à cette ressource,
07:41et cette ressource que nous ne maîtrisons pas suffisamment pour le moment.
07:46La France n'a pourtant pas toujours été dépendante.
07:50Pendant longtemps, on a exploité des gisements de minerais stratégiques.
07:55En Ariège, presque à la frontière avec l'Espagne,
07:58on avait par exemple ouvert une mine de tungstène en 1971.
08:04Nous sommes ici sur le territoire de la commune de Salo, dans les Pyrénées-Ariègeoises, à 1230 m d'altitude.
08:11C'est là qu'est située l'une des dix plus grandes mines de tungstène existant dans le monde.
08:15Elle fournit à elle seule 3% de la production annuelle du monde occidental.
08:20A l'époque, 150 salariés travaillaient ici.
08:25Jacques Soukasse était l'un d'eux.
08:28Le portail que nous avons devant nous est tout récent.
08:31Mais auparavant, il y avait un portail qui était toujours ouvert,
08:35parce que la mine fonctionnait tous les jours.
08:38C'était fermé que le dimanche.
08:39Pendant 15 ans, la mine a été exploitée, puis brutalement fermée en 1986.
08:50Plombée par la chute du dollar et l'émergence de la concurrence chinoise,
08:55le PDG de l'époque s'inquiétait déjà d'une perte de souveraineté.
08:59Le fait que le minerai de tungstène est un minerai stratégique,
09:03il me paraît quand même anormal que l'industrie française du tungstène,
09:07et notamment l'industrie d'armement qui utilise le tungstène,
09:10dépendent entièrement des fournitures de minerai étrangers,
09:13en particulier de minerai chinois, ce qui est le cas actuellement.
09:17Avec la fermeture de la mine, c'est toute la vallée qui s'est vidée,
09:21à commencer par les logements construits pour loger les mineurs et leurs familles.
09:25Une cité minière toujours là, 40 ans après.
09:29Revenir en arrière, rouvrir la mine,
09:57un simple rêve a longtemps pensé Jacques Soukasse.
10:00Mais depuis 10 ans, l'intérêt autour du tungstène arriégeois renaît.
10:06Un premier permis de recherche a été annulé,
10:10mais l'État vient de relancer la procédure.
10:13Une entreprise pourrait bientôt revenir prospecter.
10:16Je ne suis pas ambitieux à dire que je vends pour l'exploitation.
10:21On discutera des termes, mais au moins confirmer que nous avons sur place un minerai dont on dit purée,
10:28on manque de tungstène, c'est stratégique, c'est-ci.
10:31Oui, c'est stratégique, on en a, on ne va pas rechercher.
10:34Au moins qu'on refouille, quoi.
10:35Il y a 40 ans, l'État avait laissé la mine fermée
10:40et tente désormais de faire machine arrière.
10:44Une véritable leçon à retenir pour le sénateur.
10:48Nous, les Français et les Européens,
10:50on est un peu resté l'arme au pied
10:51en pensant que les règles standards du commerce international
10:55réguleraient ces échanges,
10:57alors qu'en fait, c'est devenu un élément stratégique
11:00et il a fallu, effectivement, qu'on prenne conscience de la pénurie.
11:05Donc là, effectivement, il y a un effort significatif de fait
11:08pour reconquérir de l'indépendance et de l'autonomie sur ce sujet.
11:14Une relance du secteur minier français,
11:16encouragée aussi par l'Union européenne,
11:19qui s'est fixé des objectifs.
11:22D'ici 2030, il faudra extraire 10% des minerais
11:26les plus stratégiques sur le continent
11:28et en transformer 40%
11:30dans des usines de traitement des matières premières.
11:35Pour y arriver,
11:36l'Europe a sélectionné 47 initiatives dans 13 pays.
11:40En France, le projet le plus avancé
11:43se situe dans l'Allier,
11:45entre Montluçon et Vichy.
11:46Élu depuis 40 ans dans ce territoire,
11:58Bruno Rejoint rêve d'une renaissance pour son département.
12:02On traverse des paysages qui sont très ruraux
12:04et en fait, nous sommes aussi dans un territoire
12:08qui a un passé industriel autour du charbon,
12:12autour de l'industrie lourde, autour du minerai, autour du fer.
12:16C'est plus facile à faire accepter par la population,
12:19même si la population a beaucoup changé,
12:21il en reste quelque chose d'historique.
12:24Le sénateur a rendez-vous sur un site d'Iméris,
12:28géant français des matières premières.
12:34Monsieur le sénateur, bonjour.
12:35Bonjour, monsieur le directeur.
12:37Bienvenue.
12:38Sur le site, partout, on doit porter un chasuble,
12:40un casque de sécurité,
12:42des lunettes et des chaussures de sécurité.
12:43Pour la 1re fois, il vient visiter
12:47ce qui pourrait être la 1re mine à ouvrir en France
12:50depuis 50 ans.
12:52Un groupe de piétons va traverser le point A.
12:54Est-ce que c'est bon pour tout le monde ?
12:56C'est bon.
12:56On va arriver sur ce qu'on appelle, nous, le vide de fouille,
13:00donc la carrière de Kaolin.
13:02Et je vais laisser Alison, notre géologue,
13:05vous présenter un petit peu le site.
13:06Le site, gigantesque, est pour l'instant une carrière
13:10dont on extrait la matière première nécessaire
13:13à la porcelaine de Limoges.
13:15Donc là, ce qu'on voit, c'est le Kaolin qu'on exploite en surface.
13:19Ce Kaolin-là, on l'exploite depuis 2005,
13:22lorsqu'on a racheté le site par Iméris.
13:24Mais dans ce granit exploité pour son Kaolin,
13:28il y a aussi du lithium,
13:30indispensable à la fabrication des batteries.
13:32Le lithium, on sait depuis les années 60-70
13:35qu'on en a en profondeur.
13:38Le lithium, c'est ce qui brille, là ?
13:40Ce qui brille, c'est les mica.
13:42C'est un des minérales qu'on retrouve dans le granit.
13:45Et ces mica ont une particularité,
13:47c'est qu'elles sont riches en lithium
13:49et elles s'appellent les lépidolites.
13:51D'accord.
13:52On peut vous montrer quelques carottes ?
13:54Depuis 2015, un permis autorise la recherche du lithium
13:58sur le site et les résultats sont plus que prometteurs.
14:02L'entreprise souhaite ouvrir une mine d'ici 2029.
14:08200 mètres de profondeur pour ce carottage.
14:11Voilà.
14:11C'est la profondeur de la mine,
14:14de la réouverture de la mine, c'est ça, en fait ?
14:16C'est ça, en fait, ce qu'a déterminé ces sondages.
14:18C'est qu'on a une présence de lithium qui va de la surface,
14:21c'est-à-dire que là, on est debout sur le gisement,
14:23jusqu'à au moins 500 mètres de profondeur.
14:26Le concassage primaire, c'est-à-dire la réduction granulométrique
14:28de la roche se fait en souterrain, ce qui aussi réduit les impacts
14:32parce que c'est une des étapes qui est la plus émettrice de bruit et de poussière.
14:37Alors qu'on aurait très bien pu faire une mine à ciel ouvert
14:40parce qu'on a du gisement jusqu'en surface.
14:43Pour exploiter ce minerai stratégique,
14:47Imeris vante un procédé peu impactant
14:49et une technologie déjà développée dans d'autres pays.
14:54Au fur et à mesure où les galeries seront exploitées,
14:56qu'est-ce qui va se passer ?
14:57Elles sont comblées ?
14:59On va garder que les mica qui sont porteurs de lithium.
15:01Donc on se retrouve avec d'autres minéraux,
15:03les quartz et les felspats.
15:04Donc on parle là de résidus miniers.
15:06On va ajouter du ciment pour que ça se tienne bien,
15:09qu'on va remblayer dans les galeries précédemment extraites.
15:12Ce qui nous permet d'aller extraire une autre galerie par-dessus,
15:15une autre par-dessus, etc.
15:17C'est pour ça qu'on part par le fond.
15:19Par le fond et on progresse en direction de la surface.
15:23Ce granit de Beauvoir dans l'Allier
15:25pourrait combler un quart de nos besoins en lithium
15:28avec des débouchés déjà tout trouvés
15:31dans l'industrie automobile française.
15:34Là, le projet Émilie, on part sur à peu près 34 000 tonnes
15:38à plein régime d'hydroxyde de lithium par an.
15:40Ça correspond à 600 000, à 800 000 équivalents
15:46de batteries de véhicules électriques par an.
15:48Nous, on est très confiants parce qu'on sait
15:50qu'on est sur un gisement d'une qualité exceptionnelle
15:53sur une matière qui est stratégique,
15:56qui est extrêmement importante dans la transition énergétique.
15:59Imeris promet de fournir un minerai indispensable à la transition énergétique.
16:05Le projet se veut le plus respectueux possible de l'environnement.
16:10Mais dans la forêt des Colettes, située à 100 mètres de la future mine,
16:15ce discours ne convainc pas tous les habitants.
16:17La mine, elle est juste derrière les arbres au fond, là-bas.
16:21Déjà mobilisés, il y a plusieurs années,
16:24contre l'implantation d'éoliennes,
16:26les opposants ont vu grossir leur rang.
16:29Le projet a été annoncé le 24 octobre 2022.
16:33Et je pense que dès le soir même,
16:35je me suis mis en quête d'un collectif de gens
16:38qui ne voulaient pas ce projet-là.
16:40J'ai l'impression que ça a vraiment explosé à ce moment-là.
16:42Puis on a eu plein d'adhésions.
16:44Je crois que c'est une association,
16:45une des plus grosses associations de l'Allier même maintenant.
16:47C'est vraiment approprier le projet.
16:49On a essayé de le vulgariser.
16:50On peut expliquer aux gens.
16:51Voilà ce qui s'annonce sur votre territoire.
16:54Après, vous vous en faites l'idée que vous voulez.
16:55Mais voilà ce que c'est.
16:56Oui, le but, c'était vraiment de mettre les gens au courant
16:58du danger potentiel que pouvait avoir cette mine
17:00sur leur vie et sur la région, sur la forêt.
17:04Et il y a des gens qui étaient ni pour ni contre au départ.
17:07Mais suite à nos réunions,
17:08se sont opposés à ce projet.
17:10Quand ils se sont rendus compte de l'ampleur du projet
17:12et l'ampleur des conséquences
17:15que ça pourrait avoir sur le territoire.
17:18Réputés pour ces arbres centenaires
17:20qui subissent déjà le dérèglement climatique,
17:23la forêt ferait désormais face à une menace bien plus grande.
17:31Donc voilà, un joli hêtre de notre forêt.
17:34Une mine, en fait, ça agit comme un gros drain.
17:36Ça laisse un espace vide ou en tout cas modifié dans le sol.
17:42Et ce qu'on constate sur la plupart des projets miniers,
17:45c'est que les mines, elles font plonger les nappes phréatiques
17:47et laissant les systèmes racinaires des arbres potentiellement en danger.
17:52C'est un des sujets de la mine parmi tant d'autres.
17:56Ingénieur dans le domaine de l'eau et du sol,
18:01Cécile Pouly a passé des jours et des nuits
18:04à éplucher les études d'impact du porteur de projet.
18:07Oh, ça, c'est le meilleur endroit.
18:13Les autres opérations en exploitation n'ont pas d'incidence directe sur le sous-sol.
18:17Toutefois, elles peuvent présenter un risque d'incidence indirecte de pollution du sous-sol
18:21par migration d'éventuelles pollutions de surface.
18:23Je te la relis pour voir à quel point c'est incohérent comme phrase.
18:27Et tout ça est contraire à la fois à la charte de l'environnement
18:31qui a une valeur constitutionnelle,
18:33et c'est contraire aux directives européennes.
18:34On a encore aujourd'hui la possibilité,
18:38c'est peut-être ce qui fait la différence avec les régimes dictatoriaux,
18:42on a encore la possibilité sur le plan juridique
18:44de poser les choses et de les poser en termes de droit et de respect du droit.
18:48Au-delà de ce projet, les opposants veulent interroger
18:52le modèle de transition écologique sur lequel s'appuie cette quête de minerais.
18:57Si on veut conserver notre modèle de société,
19:00mais tout transitionnel électrique,
19:01ça va être absolument énorme,
19:03parce qu'il va falloir sortir du sol en termes de métaux,
19:06du cuivre, de l'alu pour fabriquer et transporter électricité,
19:09de l'uranium pour fabriquer l'électricité,
19:10mais après du lithium, du cobalt, du nickel pour faire les batteries, etc.
19:13C'est absolument gigantesque.
19:15Tout ça, pourquoi on roule en SUV électrique ?
19:17Non, il y a un moment juste, non, c'est pas possible.
19:19D'abord, on réfléchit ensemble à ce qui est vivable,
19:21qu'est-ce qu'on fait ?
19:22On réduit, on met le pied sur le frein,
19:24et après, s'il faut transitionner, alors d'accord, on y va.
19:26On va chercher les métaux qui manquent.
19:28Mais avant, on ne peut pas se dire,
19:29on conserve le même modèle de société
19:31et on transitionne tout à l'électrique.
19:34La contestation gronde,
19:36sans pour l'instant freiner le projet.
19:39Pour les partisans de l'exploitation minière,
19:41il n'est plus temps de tergiverser.
19:43Je comprends bien que l'image de la mine
19:47inquiète les riverains des mines à réouvrir,
19:50mais là, je crois que ça passe par des réunions d'informations,
19:53de concertation, il faut essayer de convaincre,
19:57et puis à un moment donné, quand on est au bout de la démarche,
20:00il faut que la décision soit prise, s'applique.
20:02S'il y a des mesures de coercition à prendre,
20:05le droit le permet,
20:06mais ça veut dire aussi pour les habitants
20:08des mesures de compensation qui soient acceptables.
20:11Et tout ça, ça doit être mis sur la table de négociation
20:14dès le début.
20:15Pour rendre acceptable son projet,
20:18Imeris a promis aux habitants et aux élus
20:20que son minerai ne passerait pas par la route.
20:24Après une 1re étape souterraine,
20:26il doit être chargé dans des trains
20:28pour rejoindre la future usine à Montluçon.
20:31Tu vois, là, on arrive pile poil sur notre ligne,
20:34t'as Montluçon sur ta gauche.
20:35On peut pas être plus près.
20:36Ghana, et après, Clermont-Ferrand.
20:39Vous savez combien il y a de trains
20:40qui passent à peu près par jour sur cette ligne ?
20:42Environ une dizaine.
20:43Une ligne peu entretenue qu'il faut rénover
20:47pour transporter le précieux minerai
20:49en renforçant notamment certains viaducs.
20:52Pour remettre vraiment en état cette ligne,
20:55c'est 80 à 100 millions d'euros.
20:56Oui, c'est ce qu'on dit.
20:57Donc il y a un vrai sujet derrière.
20:59Il se partagerait entre l'État,
21:01SSTF Réseau et Imeris,
21:03si un peu les informations qu'on a.
21:06Monsieur le sénateur, ça, c'est la logique.
21:08Après, je sais pas la suite.
21:10Les élus réclament aussi
21:11que la ligne modernisée profite aux habitants.
21:13Et que l'autoroute voisine ne devienne pas une solution pérenne.
21:17Le train, au vu des délais pour une exploitation en 2029,
21:22on se dit, ça arrivera après.
21:24Donc dans le après, nous, c'est ce qui nous fait peur,
21:26il faut être honnête,
21:27parce qu'il y a des après qui durent 10, 15, 20 ans.
21:30On n'a pas un jugement à porter pour, contre le lithium.
21:32C'est pas notre débat.
21:33C'est dire que le projet, il atterrira ici,
21:36parce que le lithium est ici,
21:37mais il faut qu'il atterrisse bien et bon.
21:39Il faut que les élus soient complètement au courant de ce qui se passe,
21:43parce que nous, on n'est pas des marionnettes.
21:45Et nous, demain, on sera encore là.
21:46Au niveau national, c'est un peu différent.
21:48Nous, nous devons nous positionner pour le lithium.
21:51Il y a des contres, bien sûr, pour ça,
21:53parce que c'est un enjeu considérable sur la transition énergétique.
21:56Autre priorité, que toute la chaîne de production se fasse dans l'Allier,
22:02un pari réussi avec le choix de l'agglomération de Montluçon,
22:06à moins de 50 km de la mine,
22:08pour l'implantation de la future usine.
22:11Bonjour Bruno.
22:12L'ancienne cité industrielle avait de sérieux atouts pour attirer le projet.
22:17Donc voilà, tout le site, là, 40 hectares,
22:20depuis une départementale qui est là,
22:23jusqu'à la limite, encore derrière,
22:26Alors nous, on est là.
22:28On a énormément de réseaux énergétiques,
22:30puisque c'était une ancienne zone industrielle.
22:33On a, par exemple, un pipeline de gaz qui vient du sud de la France.
22:38On a la ligne haute tension qui est jusqu'au-dessus.
22:40On estime que ça va impacter 250 emplois nouveaux
22:44sur le secteur Molussonet.
22:46Maintenant, il pense un peu plus, on tutoie plutôt les 300 en direct.
22:51Oui, ce qui va impacter favorablement,
22:53donc déjà des entreprises qui sont sur le site
22:56ou dans le secteur Molussonet,
22:57qui vont aussi bénéficier d'un travail complémentaire
23:00et supplémentaire sur le site d'Iméris, ici.
23:03Il faut avoir les techniciens à portée de main.
23:05Donc c'est forcément du service qui va être extrêmement local.
23:10Au total, pour le département,
23:121000 emplois directs et indirects pourraient être créés.
23:14Une renaissance pour une zone durement frappée
23:17par la désindustrialisation
23:19et qui ne cesse de perdre des habitants depuis 50 ans.
23:24On passe sur l'industrie du 21e et même peut-être au-delà.
23:29Donc c'est pour nous une industrie d'avenir.
23:31Donc on est très fiers de pouvoir,
23:33de s'être battu pour ce projet
23:35et de le concrétiser aujourd'hui sur ce site.
23:37Le permis vient d'être signé pour lancer l'usine pilote.
23:42Un début de reconquête de souveraineté
23:45assorti des garanties du Made in France pour les élus.
23:49Aujourd'hui, c'est la Chine, finalement,
23:52qui est le producteur de lithium.
23:54On voit très bien les conditions de vie
23:56et les conditions environnementales catastrophiques
23:59par rapport à notre planète
24:02pour ce qui se passe en Chine.
24:04Autant maîtriser toute la chaîne
24:06en étant dans notre pays,
24:07avec les contraintes imposées pour l'environnement.
24:10Et nous avons ici la conjugaison, finalement,
24:12de ce qu'il faut faire
24:13pour à la fois, finalement, changer l'énergie
24:16puisqu'on est dans la transition énergétique
24:18et en même temps, maintenir, conserver
24:21un environnement de qualité dans nos territoires.
24:27Du lithium qui doit ensuite fournir
24:29les gigafactories du nord du pays
24:31où sont fabriquées les batteries électriques.
24:35Avec à la clé,
24:35une filière maîtrisée à 100%
24:38sur le sol français.
24:42Nous avons des ingénieurs qui sont formés,
24:45nous avons des agents de production.
24:48Enfin voilà, ce savoir-faire a été fortement réduit
24:51mais n'a pas disparu.
24:53Mais effectivement, il faut relancer des formations,
24:55il faut recréer la filière.
24:57Je crois que c'est aussi un élément extrêmement intéressant
24:59parce que ce sont les emplois du futur
25:01pour les emplois du futur.
25:03Alors qu'on a eu tendance à penser
25:05que c'était les emplois du passé.
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25:09Sous-titrage Société Radio-Canada
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