00:00Oui, tout à fait. Et à l'instant, une minute de silence a été observée.
00:04Vous le voyez, il y a une petite centaine de personnes.
00:07C'est un rassemblement à l'initiative du syndicat de l'enseignement du second degré.
00:11Nous sommes avec Jean-Luc Cornès et Pascal Mignon.
00:14Expliquez-nous cette démarche. Vous avez parlé d'un rassemblement silencieux.
00:18Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:19Ce qu'on a souhaité, c'est éviter toute récupération politique de ce rassemblement,
00:24puisque derrière, il y a beaucoup de souffrance, la famille, les collègues sur place.
00:31Donc, on a voulu éviter toute récupération de petites phrases, comme ça peut se faire parfois.
00:36Et les collègues nous ont demandé aussi un moment de recueillement.
00:41Donc, parce que ce qui règne en salle des profs, c'est surtout la sidération.
00:47C'est-à-dire que personne ne pouvait s'attendre à ce qu'un jeune homme de 14 ans
00:51puisse poignarder une AED dans l'exercice de ses fonctions.
00:55Donc, face à ce choc, cet effroi, au niveau syndical,
01:00nous avons souhaité organiser un rassemblement silencieux.
01:04Et voilà, c'est ce que nous avons fait.
01:07Combien de personnes est-ce que vous attendez ?
01:09Que vous disent vos collègues ?
01:11Et attendez-vous des mesures spécifiques à la suite du drame qui s'est produit hier ?
01:15C'est beaucoup trop tôt pour avoir une analyse un petit peu objective de la situation.
01:20Déjà, l'émotion est tellement présente.
01:23Et puis, il faut penser à la famille, il faut penser aux proches et à la famille du garçon
01:29et à la famille particulièrement de la victime.
01:32C'est beaucoup trop tôt pour analyser ça de manière un petit peu détachée.
01:36Donc, qu'est-ce qu'on attend pour l'instant ?
01:38Dans un premier temps, que les choses s'apaisent, qu'on comprenne ce qui s'est passé réellement,
01:42puisqu'on n'a pas forcément tous les éléments, ni chronologiques, ni du contexte dans lequel ça s'est produit,
01:47parce que ça a été très, très rapide.
01:49On attend que nos collègues nous parlent, nos collègues du collège de nos gens nous parlent aussi de tout ça.
01:56Et puis, dans un second temps, certainement, se mettre autour d'une table et puis réfléchir à la situation,
02:01puisque ce n'est pas la première fois que ça arrive.
02:04Ça peut être des élèves avec d'autres élèves.
02:06En tout cas, les éléments de violence sont là, même si ce n'est pas de notre quotidien.
02:11Il ne faut pas penser non plus que c'est quelque chose qui se produit tous les jours,
02:14ou qu'on risque notre peau, malgré tout, en milieu rural.
02:17On est aussi exposés, de manière différente peut-être, mais aussi exposés qu'en milieu citadin.
02:23Le procureur vient d'annoncer que le collégien qui a commis ce crime
02:26a dit qu'il souhaitait s'en prendre aux surveillants en général,
02:29et pas particulièrement à Mélanie, mais à la profession.
02:32Comment est-ce que vous réagissez à ça ?
02:35C'est difficile de réagir par rapport à ce type de déclaration.
02:39Là, c'est quelqu'un qui agit dans un contexte particulier.
02:46C'est vrai que le contexte fait qu'il y a un déclassement d'une certaine façon d'un métier d'enseignant.
02:55C'est à recontextualiser par rapport au fonctionnement de notre société,
02:59aux valeurs qu'on veut transmettre, etc.
03:01Du coup, c'est peut-être aussi symptomatique du fonctionnement même de notre société.
03:07Donc, en tout cas, par rapport à ce qui vient de passer, ça doit nous interroger.
03:12Mais effectivement, sur le temps long.
03:14Est-ce que vous estimez qu'il y a un problème de santé mentale chez les jeunes et chez les collégiens ?
03:21On n'est pas exclus de ça, je pense.
03:23Comme chez les jeunes en général, c'est quand même un âge où il se passe beaucoup de choses,
03:27où on leur demande aussi de se mobiliser sur leur orientation.
03:31C'est un élève de 3e, là, en l'occurrence, où ils ont une charge mentale qu'on ne mesure peut-être pas tout à fait.
03:37Nous, on la mesure parce qu'on les voit tous les jours.
03:40Mais elle ne correspond peut-être pas à ce qu'on peut s'imaginer en termes d'insouciance, etc.
03:44Ils ont aussi beaucoup de charge mentale.
03:46Donc, ça occasionne aussi, je pense.
03:48Par rapport à la santé mentale, ce qui nous préoccupe, ce sont les difficultés de recrutement, d'une façon générale.
03:55C'est-à-dire que quand les hommes politiques disent qu'il faut recruter davantage de médecins scolaires, d'infirmières,
04:00on est tous d'accord.
04:01Clairement, là, on est derrière les membres du gouvernement quand ils nous le proposent.
04:05Mais le problème, c'est qu'on n'arrive pas à trouver les personnes qui pourraient occuper les postes.
04:10En fait, il y a un manque de candidature, faute de conditions salariales suffisantes.
04:16Et c'est aussi, donc, ça pose la question de la priorité d'une nation.
04:21Qu'est-ce qu'on veut ?
04:23Merci beaucoup, Jean-Luc Cornès.
04:27Merci, Pascal Mignon, d'avoir été avec nous.
04:29Voilà ce rassemblement du personnel des différents établissements scolaires de la région.
04:34Je rappelle que demain, une minute de silence sera observée dans les classes à midi
04:39et qu'une marche blanche est organisée à l'initiative de la famille de Mélanie ce vendredi.
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