00:00Notre invité Simon Colboch, il se bat pour pouvoir prendre le train entre Perpignan et Quillan.
00:04Oui, en passant par Rivezalte, par Estagel, Casse de Pen, Saint-Paul-de-Fenouillé.
00:08Bonjour José Pérez.
00:09Bonjour.
00:10Vous êtes le président de l'association pour la réouverture de la ligne ferroviaire SNCF, Rivezalte-Quillan.
00:16Pour bien comprendre, c'est sur cette voie ferrée que circule le train rouge,
00:19aujourd'hui ce train privé, touristique, qui fonctionne pendant la saison estivale jusqu'à Aksat.
00:24Mais vous, vous réclamez un véritable service public des TER de la SNCF toute l'année.
00:29ce serait vraiment utile ?
00:31Ce serait très utile.
00:33On l'a vu hier d'ailleurs, où on faisait une action sur la RD-117.
00:40Tous les jours en ce moment, il y a des fils de voitures qui s'accumulent jusqu'à 1 km de voitures.
00:47C'est infernal.
00:48Et les gens qui vont travailler le subissent.
00:52Donc ce qu'il faudrait, c'est justement un rééquilibrage des modes de transport
00:56et une harmonisation des modes de transport.
00:58Et vous pensez que tous ces automobilistes seraient prêts à prendre le train ?
01:03Pas tous, bien sûr, mais une partie, oui, bien sûr.
01:07Et ce qu'il faudra, c'est mettre en place des systèmes dans chaque municipalité.
01:12Ça fait partie des choses sur lesquelles on mobilise les élus.
01:16de mettre en place des systèmes d'échange intermodaux
01:20qui permettraient, par exemple, quand on arrive de l'intérieur des terres,
01:25d'arriver au village gare avec sa voiture, la garer,
01:32et ensuite prendre le train.
01:33où ça permettrait aussi à des gens de faire du covoiturage,
01:38et pourquoi pas de venir en vélo.
01:41C'est des choses qu'on demande,
01:42ça fait partie des choses qu'on a demandé quand on a rencontré les maires,
01:46c'est de mettre en place justement des aménagements qui permettraient ça.
01:51Vous parlez justement des maires,
01:53est-ce que les élus vous soutiennent dans la vallée de la Glie ?
01:55Oui, c'est assez populaire.
01:58Qui est-ce qui vous soutient ?
02:00Alors là, actuellement, on a déjà une dizaine de mairies
02:02qui se sont prononcées pour des délibérations municipales,
02:07qui demandent la réouverture des lignes de train,
02:11et qui demandent aussi, justement,
02:13que des aménagements soient mis en place,
02:18des aménagements parking,
02:19des aménagements vélo,
02:23toute une série de choses comme ça qui...
02:25Dans votre esprit, il faudrait combien d'allers-retours par jour
02:27entre Perpignan et Kiel ?
02:28Alors, je pense qu'il faudrait
02:30huit allers-retours cadencés,
02:35ce qui permettrait justement d'ajuster
02:37les horaires des trains aux horaires de travail
02:40ou d'études pour les enfants.
02:42Aujourd'hui, il n'y a pas les bus à 1 euro
02:43qui peuvent quand même fonctionner
02:45et aider les automobilistes à laisser leur voiture chez eux ?
02:49Oui, il faudra justement mettre en place...
02:51Mais il n'y en a pas aujourd'hui des bus à 1 euro ?
02:54Si, il y a des bus à 1 euro,
02:55mais ce n'est pas la même chose
02:56et ce n'est pas la même utilisation.
02:59Si vous voulez, là, on pourrait, avec le train,
03:01on part de Perpignan
03:02et on arrive jusqu'à la gare.
03:06Il est 7h49, vous écoutez ici,
03:08Roussillon, notre invité José Pérez,
03:10président de l'Association pour la réouverture
03:12de la ligne ferroviaire SNCF,
03:14Riffeselt-Quillan-Simon.
03:15Est-ce que vous savez combien ça coûterait ?
03:17Est-ce que vous avez chiffré ce projet de réouverture ?
03:20Parce que ça fait 86 ans
03:22que cette ligne n'est plus utilisée par la SNCF,
03:25depuis 1939.
03:27Les rails, les gares,
03:28il y a évidemment beaucoup de matériel aussi à rénover.
03:31Est-ce que vous avez chiffré ce projet ?
03:33Le chiffrage, ça fait partie des choses qu'on demande, justement.
03:37Et on a une association AMI
03:39qui travaille actuellement sur la ligne serrée de l'autre côté.
03:46C'est réperpignan pour la réouverture aussi.
03:49Ils ont déjà fait un chiffrage,
03:51ils ont fait une réunion publique à laquelle j'étais,
03:55où il y avait beaucoup de monde d'ailleurs.
03:57Et tout ça a été fait par des spécialistes
03:59qui ont montré que c'est tout à fait raisonnable de le faire.
04:02Mais vous n'avez pas encore de chiffres en revanche pour...
04:04Alors nous on demande la même chose ici,
04:06on demande qu'il y ait des études de fait
04:09avec des spécialistes qui permettraient de chiffrer
04:12le niveau des travaux.
04:15Parce que la voie ferrée, elle existe pour le train rouge,
04:17mais jusqu'à Aksat.
04:18Entre Aksat et Kian, en revanche, il n'y a plus de voie.
04:21Il faudrait donc reconstruire une voie ferrée.
04:23Il manque 7 km de voie, oui.
04:25Donc c'est aussi des coûts supplémentaires, ça,
04:27pour remettre en circulation le train.
04:29Ça représente actuellement, je crois,
04:31avec les trains-usines,
04:32parce que maintenant on a des moyens à la SNCF
04:35beaucoup plus perfectionnés,
04:37il y a un train-usine
04:38qui permet de déposer la voie ancienne,
04:41rebalaster et remettre une voie neuve.
04:43Et avec ce type de matériel,
04:46c'est un train qui fait à peu près,
04:47je dirais, 800 à 1 km de long.
04:49Et ça permet de refaire assez rapidement
04:54ce genre de travaux.
04:55C'est tout à fait raisonnable de le faire.
04:59Mais vous y croyez vraiment, José Pérez,
05:01parce que quand on voit l'attitude de la SNCF,
05:03par exemple, dans notre département,
05:04sur les lignes Perpignan-Villefranche,
05:07vous y croyez vraiment ?
05:08On a le droit de penser,
05:09quand on voit la situation entre Perpignan et Villefranche,
05:12que les petites lignes sont très loin
05:14d'être la priorité de la SNCF.
05:16Malheureusement, ça n'est pas le cas aujourd'hui.
05:19Mais tout ça, c'est politique,
05:22au sens le plus noble du terme.
05:24C'est vrai qu'il va falloir changer les priorités.
05:28Et la SNCF, actuellement,
05:29est dans une logique purement financière.
05:32Elle a des moyens énormes,
05:34mais aujourd'hui,
05:34elle est plutôt dirigée vers la concurrence
05:36avec les autres sociétés internationales.
05:39Sur les lignes grande vitesse.
05:40Voilà.
05:42Et ce n'est pas du tout notre conception.
05:45Nous, on pense que la SNCF doit travailler en France,
05:47en échange avec les autres sociétés,
05:51mais pas dans une logique de concurrence.
05:54Ça, ça va nous faire dépenser énormément d'argent,
05:56pour rien.
05:58Aujourd'hui, il y a la présidente de la région Occitanie,
06:00qui est en charge, notamment, des transports, des TER.
06:03Carole Delga, qui est à Montpellier,
06:05elle va lancer un appel pour, je cite,
06:07« sauver les chemins de fer de la région ».
06:09Autrement dit, tenter de sauver l'existant.
06:11On ne parle pas d'ouverture de nouvelles lignes
06:13ou de réouverture.
06:15Dans ce contexte-là, vraiment, malgré tout,
06:16vous êtes optimiste.
06:17Oui, parce que Carole Delga
06:21est confrontée à des oppositions extrêmement fortes,
06:24actuellement, à la fois de l'État et de la SNCF,
06:29qui n'est pas dans cette logique-là,
06:30pour des raisons qui sont des raisons financières,
06:34disons de concurrence financière.
06:37Mais c'est tout à fait faisable.
06:40Et il ne faut pas être sur cette question,
06:41il ne faut pas être sur la défensive,
06:44mais il faut mettre en avant, justement,
06:46tous les points d'appui qu'on a
06:47dans la situation.
06:49Aujourd'hui, il y a...
06:50C'est quand même assez aberrant
06:52qu'on soit dans une situation
06:53où on demande la création d'autoroutes
06:56qui valent des milliards.
07:00La différence à la 69, par exemple,
07:01entre tous les écarts.
07:02La 69, par exemple,
07:03c'est une aberration,
07:06et les gens s'y sont opposés.
07:08Et cette ligne routière,
07:11ils veulent la maintenir envers et contre tout,
07:13mais c'est purement idéologique.
07:15Mais dans le contexte
07:16où l'argent public est très rare,
07:17s'il y a un projet sur lequel
07:18il faut investir sur le rail
07:20dans notre région,
07:20est-ce que ce n'est pas la LGV,
07:21le barreau manquant
07:22entre la frontière espagnole
07:23et Montpellier ?
07:24Non, il faut faire l'ensemble.
07:27Ce n'est pas incompatible.
07:28C'est justement l'erreur qu'il y a eu,
07:30c'est de prioriser le réseau
07:34qui partait de Paris
07:35avec des lignes directes
07:37qui allaient vers la périphérie.
07:40Mais aujourd'hui,
07:41avec ce système-là,
07:42on a supprimé
07:43toutes les lignes transversales
07:44qui permettaient
07:45d'irriguer le pays
07:46en profondeur
07:46dans les régions.
07:49Et aujourd'hui,
07:50on est justement
07:51confrontés aux limites
07:53que ça a.
07:54Parce que quand le TGV
07:55arrive à Perpignan,
07:56c'est magnifique
07:56d'avoir un TGV
07:57qui nous amène
07:58à Perpignan en 5 heures.
08:00Mais après,
08:00qu'est-ce qu'on fait ?
08:02Les gens sont obligés
08:04de louer une voiture,
08:06d'appeler des taxis,
08:07ça coûte extrêmement cher.
08:09Et donc,
08:09nous, on pense
08:09qu'il faut justement
08:10un système
08:11qui soit harmonisé
08:12et qui permette
08:13de pénétrer vers l'intérieur
08:15sans concurrencer
08:16qui que ce soit.
08:17Parce que les bus
08:18auraient leur place
08:19aussi dans cette affaire-là.
08:21Bien entendu.
08:22Merci beaucoup,
08:23José Pérez.
08:23Je rappelle que vous êtes
08:24le président de l'association
08:25pour la réouverture
08:26de la ligne ferroviaire
08:27SNCF entre Rivezalte
08:28et Quillan.
08:30Une pétition a été lancée.
08:321500 signatures
08:33recueillies pour le moment.
08:34Bonne journée,
08:34M. Pérez.
08:34Merci.
08:35Attention à cet accident
08:42entre Boulterner et Vinsa.
08:44Vous nous l'avez signalé
08:46aux héroïs.
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