00:00On va écouter le ministre de l'Intérieur, là il est à Lens, là où les deux pompiers sont morts ensevelis sous les décombres.
00:05...pompiers, et si je suis venu ici à Lens, après cette tragédie, c'est pour témoigner de notre solidarité, du soutien à la grande famille des sapeurs-pompiers.
00:19Je voudrais d'abord avoir une pensée pour les victimes, leurs proches, leurs familles.
00:25Un des deux jeunes sapeurs-pompiers volontaires avait une petite fille de moins d'un an, et je pense particulièrement à leurs proches et à leurs familles.
00:39Aujourd'hui, la République se tient à leur côté, bien sûr, et c'est la nation tout entière qui est venue leur apporter ce témoignage de solidarité.
00:49Le feu, comme vous le savez, s'est déclaré. On n'en connaît pas encore l'heure. Je salue le procureur de la République, qui est ici, et qui est l'autorité judiciaire qui sera chargée de l'enquête.
01:02Mais le premier appel qui a été déclenché, qui a déclenché l'alerte, c'est autour de 20h45, et très vite.
01:09Les secours sont arrivés, et le feu était extrêmement virulent, puisqu'on est sur un quartier médiéval, un quartier très ancien.
01:20Et le binôme de sapeurs-pompiers a pénétré au rez-de-chaussée, que les flammes n'avaient pas atteinte.
01:27Et brutalement, les étages supérieurs se sont affaissés sur eux, et les ont ensevelis.
01:39Ensuite, beaucoup de moyens ont été mobilisés de toute la zone, de nombreux départements.
01:45Des moyens humains, près de 170 personnes.
01:48Des moyens techniques, robots, équipes cynotechniques, etc.
01:52Mais c'était sans doute trop tard, parce que ce sont des tonnes et des tonnes de gravats
01:58qui se sont effondrés sur les corps des deux sapeurs-pompiers volontaires.
02:06C'est donc un drame. Ce que je veux, c'est que nos compatriotes, les Français,
02:10sachent que la grande famille des sapeurs-pompiers, c'est près de 250 000 personnes.
02:16200 000 volontaires, près de 50 000 professionnels, qui peuvent être soit des civils,
02:22soit comme à Marseille, soit comme à Paris, aussi des militaires.
02:28Mais c'est une famille, c'est une seule et même famille,
02:31de personnes, d'hommes, de femmes qui sont extrêmement courageux,
02:37et qui nous rappellent, comme j'ai pu le dire, qu'il n'y a pas de société qui puisse tenir debout
02:42sans que des hommes et des femmes ne fassent leur devoir.
02:46Ils pensent d'abord à leur devoir, afin de penser à accumuler des droits.
02:53Ce sont des hommes et des femmes qui nous donnent des leçons de civisme, quotidiennement.
03:00Une intervention en France, une intervention, toutes les 7 secondes.
03:05Ce sont des hommes et des femmes qui, chaque jour, vont exposer leur vie
03:09pour sauver des vies humaines.
03:12Et ces vies, qui sont des vies exposées, sont parfois des vies données.
03:19Et ils le savent.
03:21Ce sont des soldats du feu.
03:24Mais ce qu'ils nous disent,
03:25c'est qu'ils nous rappellent que la force du don de soi vaut tellement mieux
03:33que la tentation du chacun pour soi.
03:36Certes, ils prennent des risques.
03:39Ils ne le font pas pour eux.
03:41Ils savent, quand ils quittent leur famille,
03:44que ces risques, précisément, peuvent leur tomber sur la tête.
03:48Et pourtant, ils vont au-devant du danger.
03:51Pour les autres.
03:53Pour sauver des vies humaines.
03:55Ils nous donnent finalement une formidable leçon.
03:57Et vraiment, je voudrais leur rendre un hommage.
04:02Un vibrant hommage.
04:04Au moment où je veux rendre cet hommage,
04:07les paroles d'une chanson qui a été composée il y a quelques années par Bruce Springting.
04:12En hommage aux pompiers New York.
04:14Mais la bravoure des pompiers New York
04:16est absolument équivalente
04:19au courage des sapeurs-pompiers d'ici et de la France entière.
04:25Et dans ces paroles de Bruce Springting,
04:29il y a des mots qui sont évocateurs.
04:32Il dit que votre foi nous donne la foi,
04:35que votre espoir nous donne l'espoir,
04:38que votre courage nous donne le courage.
04:42Je veux m'incliner vraiment à la mémoire
04:45de nos deux sapeurs-pompiers volontaires
04:48qui ont donné leur vie.
04:51Leur vie pour tenter d'en sauver d'autres.
04:53Monsieur le ministre, on est obligé de vous interroger
04:55sur cette autre actualité,
04:56cet autre drame qui a marqué la journée.
04:58Cette surveillante qui a été poignardée par un adolescent,
05:01d'abord une réaction et une question.
05:03Comment on fait aujourd'hui pour limiter ce regain de violence ?
05:05François Bayrou, le Premier ministre, à l'instant,
05:07parlait d'une possible expérimentation des portiques.
05:09Est-ce que vous y êtes favorable ?
05:10Le Premier ministre, François Bayrou,
05:13vient de parler d'une possible expérimentation des portiques
05:15dans les établissements scolaires.
05:16Est-ce que vous, vous y êtes favorable ?
05:19Moi, je suis favorable à tout ce qui peut améliorer la sécurité.
05:23Aujourd'hui, il est trop tôt pour en tirer des conséquences.
05:27L'enquête nous dira
05:29s'il y avait un problème de santé mentale
05:34ou si c'était autre chose.
05:37Mais on voit bien qu'un portique, par exemple,
05:41ne peut pas détecter des couteaux en céramique.
05:45On voit bien qu'aujourd'hui,
05:46j'avais lancé avec un télégramme
05:47que j'avais adressé à tous les préfets de France.
05:51C'était le 26 mars dernier,
05:54avec Elisabeth Borne,
05:55pour qu'il puisse y avoir partout en France,
05:58de façon aléatoire,
06:00des contrôles inopinés.
06:02Pour détecter, pour fouiller,
06:03pour détecter justement les armes,
06:05et notamment les armes blanches,
06:07et notamment les couteaux,
06:086 000 ont été produites.
06:10Dans cet établissement,
06:13il y avait déjà eu un contrôle.
06:15Mais il y a déjà une première leçon.
06:16Vous voyez bien que la réponse,
06:18elle ne peut pas être seulement sécuritaire.
06:21Puisqu'il y avait des gendarmes.
06:23S'il y avait eu 10 gendarmes de plus,
06:2520 gendarmes de plus,
06:27ça n'aurait rien empêché.
06:30Donc, ou bien,
06:31il y a une hypothèse de santé mentale,
06:33et alors il faudra voir
06:34s'il y avait eu des signalements,
06:37s'il y avait un suivi particulier,
06:40ou alors c'est autre chose.
06:42Et on tombe dans ce que j'ai déjà appelé la barbarie,
06:45qui doit nous questionner,
06:47collectivement.
06:48j'ai souvent dit qu'une société laxiste
06:52qui avait déconstruit
06:53tous les repères,
06:55tous les cadres communs,
06:56la notion de respect qu'on doit
06:57à chacun d'entre nous,
07:00la notion d'autorité,
07:01la notion de hiérarchie,
07:02cette société du laxisme
07:03avait engendré, parfois,
07:07finalement,
07:08d'une fabrique
07:09de barbare.
07:11Pour l'instant,
07:12c'est trop tôt pour le dire.
07:13Mais sur autre chose,
07:14ça veut dire quoi ?
07:15Pardon ?
07:15Sur une hyperviolence.
07:20Sur une hyperviolence.
07:22Auquel cas,
07:22on doit interroger
07:23à la fois
07:23le cadre familial,
07:25la responsabilité parentale.
07:28Je l'ai souvent dit,
07:29j'ai souvent invoqué aussi
07:30une révolution pénale
07:32pour la justice des mineurs,
07:33mais a priori,
07:34il n'y avait pas d'antécédent
07:35ou très peu.
07:37On en sait trop peu
07:38pour l'instant
07:38pour avoir des conclusions
07:39significatives
07:41et surtout définitives.
07:43Donc il faut attendre
07:45les résultats de l'enquête.
07:46Est-ce qu'il faut déjà réfléchir
07:47à changer la réglementation
07:49sur la vente
07:49des armes blanches ?
07:51Tout ce qui pourra durcir
07:53la réglementation
07:55sera bienvenu.
07:56Moi, je suis pour une politique
07:57d'autorité
07:58et de fermeté absolue.
07:59Merci.
08:00Vous allez rencontrer
08:01les familles
08:01des deux pompiers décédés.
08:04Est-ce que vous allez rencontrer
08:04les familles
08:05des pompiers décédés ?
08:06Écoutez, pour l'instant,
08:08les familles sont
08:09dans le recueillement
08:10et ce recueillement,
08:13il doit se respecter.
08:15Merci.
08:16Merci.
08:17Merci.
08:18Merci.
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