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  • il y a 8 mois
Alain Finkielkraut auteur et philosophe, était l'invité de Benjamin Duhamel dans "C'est pas tous les jours dimanche", sur BFMTV.

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Transcription
00:00Deux choses. Bien sûr que Marine Le Pen en rajoute, elle est affolée par la popularité du ministre de l'Intérieur,
00:09donc quelles que soient ses déclarations et les mesures qu'il peut prendre, elle lui tape dessus dans la perspective de 2027.
00:19C'est peut-être le jeu, mais ce n'est pas à l'honneur de la politique.
00:24Alors maintenant j'en viens aux émeutes elles-mêmes, la police certes a été débordée, mais je veux dire, c'était presque inévitable.
00:36Là je voudrais citer Vincent Trémolet de Villers dans le Figaro, destruction violente, agression gratuite,
00:44slogan contre Israël, l'État, la police, le face-à-face entre les deux Frances prophétisées par Gérard Collomb,
00:57se produisent les soirs de joie collective, Paris, il faut se rendre à l'évidence, Paris ne peut plus être une fête.
01:07Voilà ce que j'ai ressenti après ce match magistral que j'ai suivi à la télévision.
01:16Ces scènes sont horribles, mais elles se reproduisent à chaque fois.
01:21Elles sont horribles Alain Finkielkraut et en même temps, puisqu'au fond il faut en quelque sorte prendre un petit peu de recul
01:28sur, derrière, les débats qui s'en ont suivi sur la question de la crise de l'autorité,
01:35après les matchs de foot, cela fait plusieurs dizaines d'années qu'on voit ce type de scènes.
01:39Non.
01:40Ah bah écoutez si, même après la victoire, il y avait aussi des scènes de violence.
01:44Très peu, très peu, les gens sortaient dans la rue, même en 2000, les gens allaient aux Champs-Elysées sans crainte.
01:52Non, il y a quelque chose qui se produit là, d'une violence en effet croissante, et donc, à juste titre, le ministre de l'Intérieur a parlé de barbare.
02:04Vous trouvez que ce mot, il est approprié ?
02:06Écoutez, Claude Lévi-Strauss, grand théoricien du relativisme culturel, a dit le barbare, c'est d'abord celui qui croit dans la barbarie.
02:16Non, non, le mal existe, la barbarie existe, et c'était des actes évidemment barbares.
02:24Alors évidemment, on lui est tombé dessus.
02:27Manuel Bampard, il déshumanise une partie de la population, et c'est une remarque qui a des relents racistes.
02:33Alain Finkielkraut, je ne sais pas si c'est une remarque qui a tel ou tel relent,
02:37mais le fait est que dans la définition du mot barbare, il y a la connotation du fait que c'est quelque chose qui vient de l'étranger.
02:43Est-ce que ce mot, il est approprié ? Et encore une fois, on peut être incroyablement sévère sur les scènes de violence que l'on a vues,
02:49mais est-ce que ce lexique-là, il est approprié ?
02:51Barbare, ça ne veut pas dire l'étranger. Le barbare peut être un national, peut être un européen.
02:59La barbarie, l'Europe le sait, peut venir d'elle-même.
03:03Mais là, bien sûr, on nous dit que c'est du racisme.
03:08Le journal Le Monde, dans son article, dans son éditorial sur le meurtre d'Hichem Miraoui dans le Var,
03:18a dit qu'en effet, il y avait un racisme d'atmosphère dont témoignait la remarque de Bruno Rotaillot.
03:27Un racisme d'atmosphère qui est l'accusation portée par Olivier Faure,
03:30le président du Parti Socialiste, à Bruno Rotaillot.
03:32Mais ça, c'est très intéressant. Parce que si vous voulez, oui, oui, la plupart des délinquants venaient de la banlieue.
03:42C'est clair. On a la preuve, personne ne le discute.
03:46Et là, nous nous retrouvons dans la logique du progressisme.
03:52La vulgaire trousseauiste, selon laquelle, quand un opprimé commet des actes abominables,
04:04cela vient originellement des crimes commis par l'oppresseur.
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