00:00Sur Europe 1, 10h-11h30 avec Thomas Hill et vos invités ce matin.
00:04Oui, je reçois deux comédiens de talent ce matin, André Dussoli et Thomas Solivérez,
00:08qui sont donc père et fils dans une comédie très réussie.
00:10Chers parents, un film où le couple que vous formez, André Dussoli avec Miu Miu,
00:15a une bonne nouvelle à annoncer à leurs trois enfants,
00:18incarnés par Pauline Clément, Arnaud Ducré et vous Thomas Solivérez.
00:21Bon, dites-nous, qu'est-ce qui se passe ?
00:24On a gagné à la loterie.
00:26On a gagné à la loterie, quoi !
00:30On a gagné à la loterie.
00:31Oui, oui, oui, oui, pardon.
00:34Vous avez l'intention de nous en donner un peu, mais même un tout petit peu ?
00:39Non.
00:40Ah bon ?
00:41Ben non.
00:43Ils m'ont donné ce que j'ai demandé ?
00:44T'avais demandé combien ?
00:45100 000.
00:46100 000 euros ?
00:47100 000 euros !
00:51150 millions ?
00:52La loterie, mon cul !
00:54Oh, les gros bâtards !
00:57Ils ont filé un bourliche de voiturier !
01:01On vous a donné 100 000 euros à chacun !
01:06Vous êtes sous le choc, mais c'est normal !
01:08On ne savait pas que vous aviez gagné le PIB du Burkina Fasson, maman !
01:13Je me demande si on n'a pas un petit problème d'autorité.
01:17Léger, cher parent, film adapté de la pièce à succès du même nom.
01:22Vous l'aviez vu d'ailleurs, la pièce l'un et l'autre ?
01:24Oui, je ne sais pas si c'était mal à l'aider.
01:24Non, moi j'ai vu la captation.
01:26La captation de la pièce.
01:27Oui, j'ai vu la pièce.
01:28Oui, alors tout le monde riait autour de moi.
01:29C'est vrai que c'est un fantasme.
01:31Tout le monde rêve évidemment de gagner la loterie.
01:33Et Emmanuel Patron et Armel, Patron, ont créé la pièce qui a été jouée plus de mille fois.
01:40Oui, qui est un énorme succès.
01:42On l'a enchaîné avec le cinéma.
01:44C'est Emmanuel Patron qui réalise le film.
01:47Et oui, c'est le même principe.
01:50L'idée est assez géniale parce que forcément, on se projette tous.
01:53Si demain, vous gagnez au loto une somme colossale,
01:56est-ce que vous partagez avec vos enfants et combien vous leur donnez ?
02:00Forcément, cette question, quand on regarde ce film, tout le monde se la pose.
02:03Vous l'êtes posé, vous aussi Thomas.
02:05Oui, forcément.
02:06Déjà, on se pose la question de se dire, déjà 150 millions d'euros, c'est irréel.
02:11Et est-ce qu'on leur dit déjà aux enfants ?
02:13Voilà, est-ce qu'on leur dit ?
02:15Tout le cas, on ne le dit pas aux voisins.
02:17Est-ce qu'on dit à son mari, à sa femme ?
02:19Est-ce qu'on part sur une île déserte ?
02:21Je ne sais pas.
02:23Je ne sais pas ce que je ferai avec 150 millions d'euros.
02:25Et alors, les parents dans le film, André Dussolier,
02:27eux, ils se disent qu'il y a mieux à faire avec cet argent
02:29et qu'en fait, ça n'est pas rendre service à leurs enfants que de leur donner.
02:32Bien sûr, je crois que vous aurez la possibilité de développer aussi le sujet avec votre prochain invité.
02:37Avec Sting, vous avez raison, qui a fait ça aussi.
02:40Il y a des options, en effet.
02:41Et celle qu'on a, Mimou et moi, c'est de dire, non, on va vous protéger,
02:43c'est parce qu'on vous aime qu'on ne veut pas vous donner de l'argent.
02:46Évidemment, c'est difficile à entendre, bien sûr.
02:48Et de toute façon, tout le monde va craquer devant cette réalité qui tombe du ciel
02:52et qui est impressionnante.
02:54Personne ne peut résister à tant d'argent.
02:57Donc, évidemment, ça provoque des conflits, des coups de théâtre
03:00et c'est sous l'angle de la comédie, bien sûr, que tout ça s'écrit, se fait et se
03:04joue.
03:04Et il y a une réflexion intéressante, votre personnage, André, il dit
03:07« Oui, on a une famille, on se protège, on passe du temps ensemble,
03:09mais on n'est pas mariés avec vous. »
03:11Oui, Thomas m'en a fait prendre conscience.
03:14C'est une manière de se libérer aussi un petit peu,
03:17de prendre un petit peu les distances avec la famille.
03:19On s'est occupé de vous quand même longtemps, c'est vrai.
03:21C'est une possibilité de vivre un peu notre vie.
03:25J'avais l'impression que j'avais vécu ça aussi avec Tanguy.
03:28Exactement.
03:28Alors moi, ça m'a beaucoup rappelé ce film.
03:30Effectivement, j'ai trouvé que c'était un peu dans le prolongement de Tanguy,
03:32en tout cas votre personnage.
03:33Non mais c'est vrai, il y a de ça André Dussoli, même dans votre manière de jouer.
03:36C'est-à-dire, le père qui estime que bon, ça y est, c'est bon,
03:38il a suffisamment donné.
03:40Ça va, ça va.
03:40Puis en plus, on finit par leur donner un petit quelque chose quand même.
03:44Un petit quelque chose, 100 000 euros chacun, c'est quand même un beau quelque chose.
03:48Oui, mais sur 150 000 euros, c'est pas ouf, quoi.
03:53Alors on va vraiment voir dans ce film, l'argent, ça rend complètement fou.
03:57C'est aussi ça, évidemment, le cœur du propos, même sans gagner au loto.
04:01On le voit dans toutes les familles, avec les problèmes d'héritage qui peuvent se poser.
04:05Et il est là, le cœur du film.
04:07Oui, oui, complètement.
04:08C'est exactement le point de départ d'Emmanuel Patron, réalisateur, avec sa sœur,
04:13Armel Patron.
04:14Ils ont écrit ensemble la pièce à la base.
04:16Et ils cherchaient, justement, ils ont une famille soudée, eux, ils s'entendent très bien.
04:21Et ils se sont vraiment demandé, posé la question de qu'est-ce qui ferait exploser une famille,
04:27leur famille, donc.
04:29Et l'argent.
04:29L'argent.
04:30Il n'y a rien de mieux que l'argent.
04:32Et alors, il y a une dimension en plus dans votre personnage, André Dussolier, par rapport à Tanguy,
04:37c'est que là, c'est un ancien prof à la retraite, 68ards, qui interdisait à ses enfants de jouer
04:42au Monopoly,
04:43qui n'aimait pas les riches, mais qui se retrouve avec une fortune sur les bras, là.
04:48Et donc ça, ça va forcément, ça va chambouler un peu ces principes d'homme de gauche.
04:52Complètement.
04:52Il craque.
04:53Il voulait même jouer au golf.
04:54Il adore le golf.
04:55Mais bon, il se l'interdisait un peu en tant qu'homme de gauche à l'époque.
04:58C'était pas possible.
05:00Donc du coup, oui, il y a des tas de principes qui vont se casser à la figure.
05:04Et alors, en plus, avec les enfants qui leur font prendre conscience de ces réalités-là,
05:09les principes ne tiennent pas longtemps.
05:10Et il y a aussi cette tension au sein des trois enfants.
05:14Thomas Olivier Vérez, vous êtes excellent tous les trois,
05:16parce que vous avez pris trois chemins très différents.
05:18C'est ça qui est intéressant.
05:19Vous, vous êtes le petit dernier qui galère pas mal dans sa vie, globalement.
05:23Oui, complètement.
05:24Il galère vraiment bien.
05:26Il écrit, comme dirait sa sœur, il écrit des critiques de cinéma dans un canard branché.
05:33Probablement personne ne lit.
05:35Mais il a un désir d'être auteur, d'écrire des romans.
05:39Mais pour l'instant, il n'a rien écrit, puisqu'on ne sait pas s'il a du talent.
05:42Et donc, quand les parents demandent, qu'est-ce que vous voulez comme somme ?
05:45Allez-y, écrivez-moi un chiffre.
05:46Lui, il est assez modeste.
05:48Alors, le grand frère demande 100 000, la sœur 20 000 et moi 5 300.
05:53Parce que vraiment, j'ai besoin des 300 euros.
05:55C'est très important pour me racheter une machine à laver, parce que la mienne est cassée.
05:58Donc voilà, il est modeste.
06:00Il est modeste, contrairement à son frère Arnaud Ducré.
06:03Enfin, joué par Arnaud Ducré, qui lui joue un chef d'entreprise à succès.
06:07Et entre vous, c'est vrai que ça va péter avec des scènes où vous montez très haut dans les
06:11tours.
06:11Et comme c'est l'adaptation d'une pièce de théâtre, il y a des scènes assez longues,
06:15même dans un même lieu, où vous êtes tous ensemble.
06:17Ça devait être assez particulier, je me dis, comme tournage.
06:19On avait pris un peu d'avance, on avait anticipé quand même, parce qu'on n'avait pas beaucoup de
06:22temps pour tourner.
06:23Donc on avait appris notre texte, c'était un peu comme au théâtre.
06:27Mais dans des lieux, parce qu'ils sont allés plus loin que la pièce de théâtre, dans une joyeuse immoralité.
06:31Ça va encore plus loin, ils vont loin.
06:34Et ça fait rire tout le monde d'être aussi terrible et odieux,
06:38avec cet argent qui réjouit et qui menace l'existence ou l'équilibre de cette famille.
06:44Donc évidemment, on a tourné ça, oui, on était dans un lieu,
06:48mais ils ont bien aéré, qu'on n'est pas resté dans un lieu clos comme au théâtre.
06:52Mais c'est vrai, effectivement, pardon, c'est vrai que parfois on lançait une prise,
06:57et la caméra, on l'arrêtait dix minutes après.
07:01C'est ça.
07:02Mais je me demandais si vous tournez avec plusieurs caméras.
07:04Oui, on tourne avec plusieurs caméras, et pourtant, à aucun moment,
07:07on a l'impression de faire du théâtre filmé.
07:10C'était notre inquiétude au départ, c'était de se dire,
07:12attention, est-ce qu'on ne va pas faire du théâtre filmé ?
07:14Et là, non, pas du tout.
07:15Mais c'est vrai que la première prise qu'on a faite avec Arnaud Ducré et Pauline Clément,
07:20la prise s'est arrêtée au bout de huit minutes.
07:21On s'est tous regardés, on a fait genre, waouh, le tunnel !
07:23C'est ça, c'est extrêmement rare, c'est rare au cinéma.
07:26Oui, c'est rare, et en même temps, c'était extrêmement agréable,
07:28parce qu'on a pris aussi conscience de,
07:31effectivement, dans une conversation, parfois, on part ailleurs,
07:34on pense à autre chose, et c'était exactement la même chose, là.
07:37Et ça fonctionne très bien, et surtout, j'ai trouvé que vous avez réussi à trouver le bon dosage,
07:41ce qui n'est pas évident, parce que quand on fait l'adaptation d'une pièce de théâtre,
07:45on peut avoir tendance à en faire trop,
07:47et en même temps, il faut quand même en faire,
07:49pour que ce soit une comédie enlevée,
07:51et ce dosage dans la comédie, il est toujours assez complexe.
07:54Oui, en fait, il nous manquait les rires, évidemment,
07:57parce que j'ai vu la pièce de théâtre, c'était formidable,
07:58parce que les acteurs qui jouaient,
08:00ont le sens bien qu'ils distillaient des répliques en fonction des réactions du public aussi,
08:04des rires, là, on ne les avait pas.
08:06Mais, en fait, ce qui est bien, c'est que c'est basé sur la vérité,
08:08d'une écriture, d'une situation,
08:11de personnages très différents les uns des autres,
08:13et c'est ça qui fait rire, quoi.
08:14Tout le monde se projette et se reconnaît dans chacun.
08:17Et alors, vous le disiez, André,
08:19hasard du calendrier dans un instant,
08:20donc je reçois le chanteur Sting,
08:22et alors lui, il a décidé de ne pas léguer sa fortune à ses six enfants,
08:27pour que tout ne leur soit pas servi sur un plateau d'argent,
08:29et qu'ils connaissent vraiment la valeur du travail.
08:32Est-ce que vous, vous arrivez à comprendre ce choix ?
08:34Ah, j'aimerais bien connaître le fin mot de l'histoire,
08:37parce que quand même, Sting, c'est quand même...
08:39C'est-à-dire que même, quand il ne sera plus là,
08:42il a peut-être ordonné les choses,
08:43mais quand il ne va pas tout donner...
08:45Enfin, c'est inimaginable, non ?
08:47Ça vous paraît qu'ils ont vécu,
08:48qu'ils ont vu les dégâts que ça provoque à l'intérieur du film ?
08:51Je ne sais pas, mais j'aimerais bien savoir
08:53ce qui va se passer après aussi, au-delà,
08:55et ce qu'il a tout prévu.
08:56On va peut-être essayer de creuser le sujet avec lui.
08:58Oui, il est en même temps,
08:59si c'est parce qu'il a vu, chers parents.
09:01Je pense que c'est parce qu'il a vu, chers parents.
09:17Moi, j'ai regardé ça avec ma fille,
09:19elle était morte de rire du début à la fin.
09:21Dans un instant, André Dussolier, Thomas Soliveres,
09:23on va évoquer quelques petits souvenirs ensemble,
09:25et vous allez pouvoir nous expliquer, Thomas,
09:27pourquoi vous avez cette coiffure de surfeur.
09:30On s'interroge...
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