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  • il y a 8 mois
Naïma Moutchou, députée Horizons et vice-présidente de l’Assemblée nationale, était l’invitée du Face-à-Face de ce jeudi 29 mai sur BFMTV et RMC. 

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00:008h32 sur BFM TV et RMC. Mon invité est une députée qui vient de rendre un rapport très important et on vous en parle très souvent sur BFM TV et RMC après l'attaque au couteau dans un lycée de Nantes, il y a un mois après le meurtre du petit Elias à Paris en janvier.
00:14Mathis, l'an dernier à Châteauroux, comment endiguer les violences avec armes blanches chez les mineurs ? Naïma Moutchou, bonjour.
00:19Vous êtes vice-présidente de l'Assemblée nationale, vous êtes donc la députée qui a travaillé sur ce fléau des armes blanches chez les plus jeunes.
00:26Vous avez remis hier des propositions au Premier ministre, merci d'être mon invité ce matin pour en parler.
00:32Avant cela Naïma Moutchou, je voulais revenir sur le vote de vos collègues, vote historique hier à l'Assemblée pour supprimer les ZFE, les zones à faible émission.
00:41Dispositif qui visait à interdire les véhicules les plus polluants dans certains endroits dans les villes, qui était très critiquée ces ZFE parce qu'excluant pour ceux qui n'ont pas les moyens de changer de voiture notamment.
00:52Est-ce qu'une fois de plus néanmoins c'est l'écologie qui est sacrifiée ?
00:55Non je ne crois pas. Je pense que c'est ce qu'il fallait faire hier. Je pense que c'était indispensable parce que précisément quand on parle de transition écologique, il faut éviter la contrainte.
01:05Il faut que les dispositifs soient acceptés donc il faut les rendre acceptables. On ne peut pas, l'idée est bonne sur le principe, je ne suis pas en train de dire que c'est une mauvaise idée, mais il faut toujours regarder l'application.
01:14Moi c'est ça ma vision de l'écologie, c'est la capacité qu'on a demain à procéder à la transition écologique, mais en essayant d'essuyer les plâtes.
01:22Je veux dire, on ne peut pas imposer aux classes populaires, parce que c'est toujours les mêmes qui trinquent, ce sont les plus fragiles.
01:27Il y aurait eu une forme de déconnexion grave à mon avis, à aller jusqu'au bout. C'est le procès des élites, du peuple, des gens qui là-haut n'ont rien compris.
01:34Mais il faut qu'on soit aussi...
01:36Le procès des dispositifs a été voté par les députés de la majorité dont vous faisiez partie en 2019 dans la loi Climat et Résilience.
01:43C'est vrai, mais à l'époque nous avions eu les mêmes débats et nous avions aussi émis un certain nombre de réserves.
01:48D'ailleurs ça ne nous empêche pas de corriger notre copie dans le temps.
01:52C'était une erreur de les mettre en place de cette façon ?
01:55De cette manière-là, oui, je crois, je le crains. Moi c'est ce qui me remonte beaucoup du terrain.
01:58Ce n'est pas que les maires n'aient pas envie, ou même les députés d'ailleurs, beaucoup auraient envie de les voter.
02:03Mais il faut que ce soit des dispositifs qui soient applicables sur le terrain.
02:06Ça ne peut pas être une contrainte, ça ne peut pas être vécu comme quelque chose qui est imposé.
02:10Il faut emmener les gens avec nous et les publics les plus fragiles.
02:13Vous vous rendez compte de dire à quelqu'un qui prend sa voiture et qui va travailler,
02:15mais non, mais je comprends, tu n'as pas la bonne voiture et puis tu n'es pas accompagné pour en changer,
02:19mais on va quand même t'imposer deux.
02:20Ce qui était dit de Naïma Moutou, ce n'est pas que tu n'as pas la bonne voiture, pour reprendre votre expression.
02:23C'était de dire qu'il faut lutter contre la pollution de l'air, il y a des obligations sur la matière.
02:27La France a été condamnée à plusieurs reprises.
02:29Là, ce n'était peut-être pas la bonne chose à faire, les ZFE.
02:35Il y avait des aménagements qui avaient été proposés par le gouvernement.
02:38Le choix qui a été fait par l'Assemblée, et si je comprends bien que vous auriez soutenu hier,
02:42c'est de les supprimer purement et simplement.
02:44Oui, c'est de les supprimer dans l'attente d'avoir un dispositif de transition.
02:48Encore une fois, ce n'est pas quelque chose qui peut tomber du haut,
02:51c'est quelque chose qui doit être adapté aux réalités de terrain.
02:53Donc déjà, ça veut dire qu'il faut de la différenciation territoriale.
02:56Tous les territoires ne se ressemblent pas, n'ont pas les mêmes problématiques.
02:59Moi, dans le Val d'Oise, il y a un problème de pollution de l'air,
03:01mais qui vient évidemment des voitures, mais qui vient aussi des avions.
03:04Je suis très engagée sur le sujet, j'ai déposé plusieurs propositions de loi,
03:08justement pour mettre l'accent sur les problèmes de santé publique.
03:10Mais j'ai essayé de le faire dans le sens de la transition.
03:13Pourquoi ne pas leur laisser la main pour décider de les mettre en place,
03:16ou pas de les mettre en place, les maires ?
03:17Je crois que ça fait partie des solutions, mais elles doivent être concertées.
03:20Encore une fois, on ne décide pas à la place des maires.
03:21Vous voyez, Naïma Moutou, ce matin, je regardais sur le bilan écologique d'Emmanuel Macron.
03:27Il y avait la suppression des non-nicotinoïdes, la mise en place des ZFE,
03:30un dispositif, la loi ZAN, qui visait à lutter contre la bétonisation d'espaces naturels et agricoles.
03:35Tout cela a été supprimé par les députés dans les tout derniers jours.
03:40Est-ce que vous êtes en train de détricoter patiemment votre bilan écologiste ?
03:43Non, mais ce n'est pas parce qu'on n'a pas tout fait qu'on n'a rien fait.
03:45Il y a un bilan.
03:46D'ailleurs, la France continue d'être placée parmi d'autres mesures qui restent en place.
03:52La France continue d'être un champion en matière d'énergie verte, par exemple,
03:57de transformation écologique, de lutte contre les atteintes à la biodiversité.
04:01On fait beaucoup de choses.
04:01On est reconnus à la fois à l'échelle européenne et à l'échelle internationale.
04:05Mais c'est un sujet qui est fondamental, mais c'est un sujet qui est très engageant aussi pour les mêmes publics.
04:11Le sentiment que cela donne, c'est que systématiquement, quand il y a une crise,
04:14c'est l'écologie qui est sacrifiée en premier.
04:16Le fameux, ce que disait Nicolas Sarkozy il y a quelques temps, Naïma Moucho,
04:19l'écologie, ça commence à bien faire.
04:22Ce n'est pas le sens de ces votes, l'écologie, ça commence à bien faire.
04:25Non, parce qu'il y a une vraie prise de conscience.
04:27Moi, je vois la différence en quelques années.
04:29Il y a une vraie prise de conscience des dégâts du réchauffement climatique,
04:34de la disparition du vivant.
04:36Je pense que à la fois la population, mais aussi les décideurs politiques
04:39ne parlent pas de la même manière de l'écologie aujourd'hui qu'hier.
04:43Après, ça prend du temps.
04:45Ce sont des transformations qui prennent du temps.
04:46Quand vous devez transformer l'industrie automobile, aéronautique,
04:50pour l'adapter justement à la transition écologique,
04:52ça prend du temps, ça prend quelques années.
04:54Et donc, on ne peut pas faire contre.
04:56On ne peut pas dire, tiens, on va interdire les invents,
04:57on va interdire les voitures, enfin pardon pour l'excès,
04:59mais on ne peut pas dire aux gens et aux mêmes à chaque fois.
05:02C'est-à-dire vraiment, pour le coup, les Français les plus précaires,
05:05c'est vous qui allez payer la note à la fin.
05:07La difficulté, c'est que la contrepartie, pardon,
05:09si la suppression des ZFE n'a pas suivi,
05:11ou pas de la façon dont ça devait l'être,
05:13c'est-à-dire les aides, notamment pour changer de véhicule
05:15et adopter des véhicules électriques.
05:16C'est là-dessus que vous avez peut-être pêché également ?
05:20Peut-être aussi, oui, peut-être.
05:21Je pense qu'il faut être modeste et reconnaître
05:23là où des erreurs ont été commises.
05:25Mais ça ne veut pas dire que ce dispositif n'a pas vocation à exister.
05:30Mais, pardon, on doit le faire de manière plus intelligente,
05:32si je peux le dire comme ça.
05:33On doit le faire de manière plus intelligente.
05:34Voilà, il faut qu'on évite que ce soit des dispositifs
05:37réglementaires technocratiques.
05:39Moi, je veux qu'à chaque fois que des dispositifs
05:42en matière de transition écologique soient rédigés,
05:44qu'on ait concerté dans les territoires,
05:46qu'on ait fait la part notamment à la différenciation
05:48et qu'on ne soit pas effectivement dans cette impression
05:51qui est donnée, mais qui est parfois une réalité aussi,
05:53que tout tombe du pouvoir central et de Paris
05:55et qu'avec, finalement, l'argent des pauvres qui n'en ont pas,
05:59on va purifier l'air des riches.
06:01Vous voyez ?
06:02Je comprends parfaitement le point.
06:03Les Mamoutchou, j'en viens à ce rapport.
06:05Ces recommandations pour lutter contre la prolifération
06:07des armes blanches chez les plus jeunes.
06:09Vous avez remis hier des propositions au Premier ministre
06:11après avoir mené une série d'auditions.
06:15D'abord, sur le constat, est-ce que les armes blanches
06:18sont objectivement plus utilisées aujourd'hui
06:20qu'avant par les jeunes ?
06:21Alors, il y a une vraie tendance.
06:22Il y a une vraie tendance qui est inquiétante.
06:24Oui, c'est vrai.
06:25Moi, j'ai été missionnée aux côtés du préfet François Ravier
06:28dans un contexte d'urgence.
06:29C'était le drame de Nantes qui nous a tous beaucoup bouleversés.
06:32Mais c'était aussi une succession d'autres drames.
06:34Et on s'en souvient, dans le pays, en quelques mois,
06:37c'est Enzo, c'est Elias, c'est Sécou, c'est Ismaël, c'est Inès.
06:41C'est encore beaucoup d'autres.
06:43Vous avez ce phénomène où des adolescents tuent
06:47ou blessent grièvement d'autres adolescents avec des armes blanches.
06:51Alors, c'est parfois de pas de l'école, du collège, du lycée.
06:54Parfois, c'est dans l'établissement scolaire.
06:56Et les chiffres sont sans appel.
06:58Vous avez aujourd'hui plus de 6 500 armes
07:01qui ont été saisies dans l'agglomération parisienne l'année dernière.
07:03C'est énorme.
07:04C'est plus qu'avant.
07:05C'est plus qu'avant.
07:06Vous avez aussi, depuis 2016, donc ça fait un peu de recul,
07:1020% des mises en cause porteurs d'une arme qui sont des mineurs.
07:15Ça représente 3 000 jeunes par an qu'on interpelle avec une arme blanche.
07:20Et le couteau, c'est la lame la plus utilisée.
07:23C'est 60% des cas d'homicide.
07:24Donc, il y a bien une tendance de la jeunesse sur la violence armée.
07:29D'ailleurs, quand vous parlez de couteau ou d'arme blanche,
07:31Naïma Moutchou, de quoi on parle exactement ?
07:34C'est des couteaux de cuisine, dans le cas du petit Elias,
07:38c'est des machettes.
07:39Et tout cela rentre sous la catégorisation armes blanches ?
07:40Absolument.
07:41Quand on parle d'armes blanches, on parle de tout ça à la fois.
07:43L'arme blanche, c'est une arme qui tranche, par opposition à l'arme à feu.
07:47Et c'est à la fois le couteau de cuisine, l'opinel, par exemple, la machette.
07:51C'est tout un tas d'armes qui peuvent être vendues dans des supermarchés,
07:56dans des magasins de bricolage qui sont apportés.
07:58Ou pire encore, sur Internet.
07:59En quelques clits, vous pouvez pour quelques euros...
08:01J'ai découvert, pendant cet entretien d'Amy Moutchou,
08:03qu'il y avait des couteaux zombies, notamment, qui étaient utilisés par les jeunes.
08:07J'en ai un exemple, Madame Latrouze.
08:08Vous ne savez même pas, vous n'avez pas ramené un...
08:10D'accord, c'est une photo.
08:11C'est une photo, je l'écris pour nos auditeurs.
08:16Si vous pouvez monter un tout petit peu plus haut la photo.
08:18Alors, de ce que je vois...
08:19Un couteau zombie.
08:20C'est un grand couteau.
08:22Voilà.
08:22Avec des lames de chaque côté, c'est ça ?
08:25Ça ressemble en fait à une machette un peu.
08:27Exactement, avec des lames de chaque côté.
08:29Bon, ben, ça ne sert pas à tartiner du beurre.
08:31Et ça, vous en trouvez sur Internet pour une trentaine d'euros.
08:34Des couteaux zombies sont saisis chez des jeunes.
08:36Il y a un phénomène de mode qui voudrait que certains jeunes en achètent.
08:41Concrètement, c'est une arme pour agresser.
08:43Absolument.
08:43Ça, c'est une arme pour tuer, pour blesser, pour intimider.
08:45On ne fait rien d'autre avec.
08:47Il y a eu un phénomène d'armes zombies, de ce type de couteau.
08:51C'est inspiré des jeux vidéo.
08:52On ne va pas chercher très loin.
08:54Au Royaume-Uni.
08:55Vous avez eu un flé au Royaume-Uni.
08:57Une montée dramatique, explosive de faits divers d'armes zombies.
09:01Ça commence à arriver chez nous.
09:03Ça commence à arriver.
09:04On ne veut surtout pas que ça s'installe.
09:06Et donc, parmi les préconisations, évidemment, on veut interdire ce type d'armes tout court.
09:10Les classer en catégorie A, armes dangereuses, interdites, à la vente, au port, à quoi que ce soit, aux majeurs comme aux mineurs.
09:16Aujourd'hui, ce sont des armes que l'on trouve librement sur Internet, que l'on peut commander.
09:21Bien sûr.
09:21N'importe qui.
09:22N'importe qui.
09:22En 24-48 heures, vous êtes livrés à domicile.
09:25C'est franchement pas acceptable.
09:26Mais je vais vous montrer autre chose.
09:27Voilà ce qu'on peut saisir dans des établissements scolaires.
09:32Alors, je décris, pour ceux qui nous écoutent, je vois un opinel, un couteau suisse, un couteau de cuisine et un cutter, c'est ça ?
09:39Parfaitement.
09:40Ça m'a été remis par un chef d'établissement, dans un collège.
09:44Voilà ce qui a été saisi en quelques mois, par un chef d'établissement, par un principal de collège aujourd'hui, dans des couteaux de poche, un couteau de cuisine.
09:51Donc, des collégiens qui ont ça dans leur cartable ou dans leur poche.
09:55Mais concrètement, comment on contrôle, par exemple, pour la vente en ligne, que la personne qui achète est mineure, s'il faut les interdire pour les mineurs ?
10:04On peut imaginer demander au moment de l'achat une pièce d'identité pour prouver la majorité.
10:07On peut imaginer au moment de la livraison du colis, on ne donne pas un enfant, mais oui, et pourquoi pas ?
10:13Une pièce d'identité pour acheter un certain type de produit.
10:15Écoutez, aujourd'hui, on ne vend pas de cigarettes ou d'alcool à un mineur.
10:19On s'est efforcé de mettre en place les dispositifs.
10:21Si on se dit qu'on ne peut rien faire parce qu'Amazon est puissant, effectivement, je rentre chez moi.
10:25Mais bien sûr que non.
10:26On rentre en dialogue avec ces plateformes.
10:29Leur intérêt, c'est de continuer à vendre.
10:31On interdit un certain nombre de couteaux extrêmement dangereux et pour les autres, on les contrôle.
10:34On ne peut pas accepter qu'un gamin ait une arme dans sa poche.
10:37On ne peut pas accepter qu'un établissement scolaire soit un lieu de violence.
10:40Je veux dire, vous imaginez pour les parents et les enfants ?
10:42Donc bien évidemment, s'il faut échanger avec Amazon, on le fera.
10:45Et Naïma Moutou, comment on fait pour ceux qui se servent dans la cuisine de papa ou de maman ?
10:50Là, par nature, c'est plus compliqué à surveiller.
10:52Vous avez raison.
10:53Ça, c'est beaucoup plus compliqué.
10:55Je veux dire, on ne va pas interdire les couteaux de cuisine.
10:56Il faut rester cohérent.
10:59Ça, ça appelle d'autres réponses.
11:00D'abord, ce dont on s'est rendu compte, Madame Latrou, c'est qu'il n'y a pas un profil de mineur qui porte une arme.
11:05Malheureusement, ce serait plus simple.
11:07Vous avez des enfants aujourd'hui qui portent un couteau sur eux parce qu'ils veulent se défendre.
11:11Ils sont dans une logique d'autodéfense.
11:12Ils ont peur.
11:13Ils peuvent être harcelés à l'école.
11:14Ils ont été victimes de scènes de violence.
11:16D'autres parce qu'ils sont dans une logique de rixe, de bande.
11:19Donc, vous voyez, c'est les quartiers qui s'affrontent ou les quartiers entre les villes.
11:23Ça appelle des mesures différenciées.
11:26Ça veut dire qu'il faut à la fois qu'on soit vigilant, qu'on sécurise les établissements scolaires.
11:31Avant d'arriver aux mesures, je m'arrête sur ce que vous dites.
11:33Vous dites qu'il n'y a pas un profil particulier.
11:35Ça veut dire qu'aujourd'hui, un jeune qui porte un couteau,
11:38on n'est pas forcément sur des profils qui recoupent le cadre traditionnel de la délinquance.
11:42Non, absolument.
11:44Évidemment, il y a les cas de délinquance.
11:45Pour les parents qui vous écoutent, vous dites,
11:48y compris si vous ne constatez pas que votre enfant est à la dérive
11:52ou si vous n'êtes pas inquiet, ça ne veut pas dire pour autant
11:53qu'il ne prend pas un couteau pour se protéger.
11:56Absolument.
11:58C'est effrayant.
11:58Mais bien sûr, d'ailleurs, il y a des parents qui sont dépassés par ça,
12:02qui ne savent pas.
12:04Il y a des mécanismes d'autodéfense aujourd'hui chez les enfants
12:07parce qu'ils ont vu des scènes violentes,
12:08parce qu'ils ont été exposés à ça par les réseaux sociaux.
12:11On peut parler de la question du numérique.
12:12Je voudrais qu'on en parle d'ailleurs.
12:13et qui ont un couteau sur eau.
12:16Les parents ne savent pas.
12:17Parce qu'à la maison, ça se passe plutôt bien.
12:19Donc, il faut être vigilant.
12:20Il faut qu'on soit tous vigilants.
12:21La communauté éducative, les parents, les proches.
12:24N'importe quel jeune et n'importe où en France ?
12:26N'importe quel territoire aujourd'hui est concerné.
12:28Il n'y a pas un niveau de classe.
12:30Ce n'est pas uniquement l'agglomération parisienne.
12:32Partout.
12:32Partout aujourd'hui, c'est un phénomène, malheureusement, encore une fois.
12:36Et donc, il faut qu'on soit prudent là-dessus.
12:38C'est pour ça que je ne peux pas faire de caricature
12:40et que je suis obligée de dire aujourd'hui
12:41que c'est un problème éminemment complexe.
12:43Mais les violences, elles ne viennent pas de nulle part.
12:45Vous voyez ce que je veux dire ?
12:46Elles ne viennent pas de nulle part.
12:47Il peut y avoir ces cas de harcèlement, par exemple,
12:50qui vous amènent à porter un couteau.
12:51Il peut y avoir aussi des terrains psychologiques fragiles.
12:53Il y a un problème de la santé mentale.
12:53Vous avez regardé la série Adolescence
12:55qui fait fureur sur Netflix
12:57que le Premier ministre britannique souhaite d'ailleurs
13:00avoir diffusé dans les lycées et collèges
13:01qui parle précisément de ce que vous évoquez,
13:04du harcèlement en ligne,
13:06les réseaux sociaux.
13:07Oui, elle est sur ma liste.
13:09Je ne raconte pas la suite pour ceux qui ne l'ont pas encore regardée.
13:10Non, mais vous avez raison.
13:12Elle est sur ma liste.
13:13Je n'ai pas besoin de regarder la série
13:14pour savoir ce qui se passe.
13:16Ce qui aujourd'hui est en cours
13:18entre les enfants
13:20et la question de l'usage du numérique
13:21est dramatique.
13:22Vous préconisez-t-elle une pause numérique ?
13:24Oui.
13:25Qu'est-ce qu'une pause numérique ?
13:27Alors, pas de téléphone portable
13:28à l'école et au collège.
13:30Pas de téléphone portable à l'école et au collège.
13:33L'impact des réseaux sociaux
13:34ou des messages récriptés
13:35qu'utilisent les enfants,
13:37c'est franchement inquiétant.
13:38C'est un amplificateur
13:40quand ce n'est pas un déclencheur de tensions.
13:41On a parlé de harcèlement,
13:42de harcèlement scolaire,
13:43bien sûr, de contagion de la violence.
13:45On ne peut pas continuer
13:46comme on est en train de faire.
13:48Alors, il y a une expérimentation
13:49qui est en cours sur la pause numérique.
13:50Moi, je dis, il faut généraliser tout de suite.
13:51Je sais que la ministre de l'Éducation nationale
13:53y travaille et tant mieux.
13:54Oui, la ministre de l'Éducation,
13:55Elisabeth Borne,
13:56qui avait aussi annoncé
13:57des fouilles inopinées des sacs
13:59et vous nous avez montré
14:00ce que des proviseurs peuvent trouver
14:02Naïma Moutchou
14:02en fouillant les sacs de leurs élèves.
14:05Une centaine d'armes blanches
14:06saisies depuis le début
14:06des opérations de fouilles
14:07devant les établissements.
14:09C'est ce qu'elle nous a annoncé dimanche
14:10sur BFM TV.
14:11C'est-à-dire qu'il y en a encore
14:12beaucoup qui passent
14:13entre les mailles du filet.
14:16Est-ce qu'il faut
14:17plus de vidéosurveillance
14:19aux abords dans les établissements ?
14:21C'est un des dispositifs
14:22que nous préconisons effectivement.
14:24Moi, je crois à l'intérêt
14:25de la vidéosurveillance,
14:27mais ça n'est pas la panacée.
14:28C'est un outil supplémentaire.
14:30Donc, les établissements scolaires
14:31pourraient, devraient s'en doter.
14:34Mais encore une fois,
14:34ça ne nous protège pas de tout.
14:35C'est déjà le cas en Ile-de-France.
14:37C'est déjà le cas
14:37dans une grande partie
14:38de ces établissements.
14:39Et pour l'instant,
14:40le résultat n'est pas probant.
14:42Non, parce que ça ne peut pas
14:43protéger à 100%.
14:44Mais alors, pourquoi est-ce
14:44que vous préconisez de la vidéos
14:45protection ou surveillance
14:47dans les établissements ?
14:48Qu'est-ce que cela aiderait
14:48à détecter
14:49que l'on ne mesure pas aujourd'hui ?
14:51Ce que je dis
14:52en préconisant
14:53ce type de dispositif,
14:55c'est qu'il ne faut se priver
14:56d'aucun moyen.
14:56Je veux dire, la situation
14:57est trop grave
14:58pour se dire
14:59oui, alors ça marche à moitié
15:00donc on ne va pas s'en servir.
15:01Non.
15:01Je veux dire, si ça peut aider
15:02à détecter,
15:03à intervenir très rapidement
15:04sur une scène,
15:05alors il faut.
15:06Alors il faut y aller.
15:07Aux Etats-Unis,
15:08ils vont plus loin
15:08en proposant des sacs à dos
15:09transparents pour les élèves
15:10pour voir le contenu.
15:11Est-ce qu'il faut aller jusque-là ?
15:12Je ne suis pas sûre
15:13qu'il faille aller jusque-là.
15:14Je pense qu'on peut essayer
15:15d'autres choses
15:15avant d'en arriver
15:16à de telles extrémités.
15:17Je ne suis pas sûre
15:18de l'efficacité.
15:19Les détecteurs de métaux
15:20à l'entrée des établissements.
15:21Les détecteurs de métaux,
15:22alors ça existe.
15:23Ça a existé, ça existe.
15:24Mais là encore,
15:25avec des résultats mitigés
15:26parce que ça ne détecte pas tout.
15:28Parce que quand vous êtes motivé,
15:29il y a d'autres entrées
15:30dans les établissements
15:30que là où il y a un portique.
15:32Puis quand vous voulez
15:33vraiment faire entrer un couteau,
15:34vous pouvez le balancer
15:35par-dessus la grille.
15:36On trouve toujours un moyen.
15:37Donc ce sont des outils à l'aide.
15:39Mais encore une fois,
15:41ça ne peut pas protéger à 100%.
15:42Mais ça, les établissements scolaires
15:44le savent très bien.
15:45Vous entendez ce que dit
15:46le RN ce matin,
15:47Naïma Mouchou.
15:47Le Rassemblement National dit
15:50la majorité découvre l'eau chaude.
15:52La vidéosurveillance Marine Le Pen
15:53en parlait dès 2017.
15:55Les portiques de sécurité,
15:56c'était un débat de 2021.
15:58Le RN dit en fait
15:59qu'ils avaient raison avant vous.
16:00Oui, bien sûr.
16:01Mais c'est toujours
16:01le yac à faucon.
16:02Bon, donc ça, on a l'habitude.
16:05Très bien.
16:06Moi, je les attends alors
16:07dans ce cas-là.
16:08J'espère qu'ils seront
16:08au rendez-vous des dispositifs
16:10qui seront mis sur la table.
16:12Ce sera la moindre des choses.
16:12Votre rapport ne propose pas
16:13d'abaisser d'ailleurs
16:14l'âge de la majorité pénale
16:16en termes de réponse
16:18de la justice
16:19parce que ça ne servira à rien.
16:21Non, parce que
16:22ce n'est pas le sujet ici.
16:24Sur cette affaire de couteau,
16:26il faut que la justice pénale
16:27soit immédiate
16:29et systématique.
16:30Ce n'est pas le cas aujourd'hui.
16:31Ce n'est pas tout à fait
16:32le cas aujourd'hui.
16:32quand vous avez des profils
16:33plus dangereux,
16:35c'est-à-dire que vous avez
16:35des mineurs,
16:36soit qui sont connus
16:36des services de police,
16:37soit dont on sait
16:38qu'ils sont violents.
16:40Absolument.
16:40Pour ce type de profil,
16:42il faut absolument
16:44un défermement systématique.
16:46Il faut que le gamin
16:47aille,
16:48enfin d'abord
16:49passe ses têtes
16:49de la garde à vue,
16:50voit un procureur,
16:51un juge des enfants.
16:52Il faut qu'il y ait
16:52cette réponse qui existe
16:54et il faut qu'elle soit
16:55automatique
16:55et qu'elle existe
16:56dans tous les cas.
16:57Il ne peut pas y avoir
16:58de justice aléatoire.
16:59C'est vraiment un message
16:59de fermeté qu'il faut envoyer,
17:00d'autorité de la justice
17:01mais aussi de lutte
17:03contre la récidive.
17:03Si la justice est au rendez-vous
17:05et qu'elle frappe fort,
17:06ça aide.
17:06Ce sont les préconisations
17:07que vous faites
17:08à François Bayrou,
17:09le Premier ministre,
17:09qui doit maintenant
17:10délivrer ses arbitrages.
17:12J'en viens à Edouard Philippe
17:13Naïmamouchou,
17:14le chef de votre parti Horizon,
17:15parti que vous avez rejoint
17:17à sa création en 2021.
17:19Edouard Philippe,
17:20il est en colère,
17:21dit-il à nos confrères Dupont,
17:23parce qu'il n'y a pas eu
17:24assez de grandes réformes
17:25pour rééquilibrer
17:26les finances du pays.
17:28Il n'y a qu'une seule solution,
17:29dit-il qu'il faut travailler plus.
17:30La retraite à 67 ans
17:31sera son programme en 2027 ?
17:34Alors, on peut travailler plus
17:36ou être plus nombreux à travailler.
17:38C'est ce qu'il dit aussi.
17:40Il avait aussi parlé
17:41de repousser l'âge de la retraite.
17:43Oui, alors il y a deux choses.
17:45D'abord, il y a un constat
17:46très lucide,
17:48relativement partagé,
17:49en théorie,
17:50mais certainement pas
17:51dans l'application.
17:52On a un système de retraite
17:52particulièrement fragile,
17:54déséquilibré.
17:55On le sait,
17:55on a un problème de dénatalité,
17:57pas assez d'actifs demain.
17:58Il y a un problème
17:59de vieillissement
17:59de la population.
18:01Donc, il va falloir
18:01trouver de l'argent.
18:02Ça, tout le monde
18:03s'accorde à le dire.
18:04Mais ça veut dire
18:04travailler longtemps aussi,
18:05repousser encore une fois
18:06l'âge de départ à la retraite ?
18:08Et j'y viens.
18:09Et j'y viens,
18:10Madame Latrousse.
18:11Mais ce problème fondamental
18:12d'équilibre financier,
18:13je veux dire,
18:13on ne peut pas faire
18:14l'impasse là-dessus.
18:16Donc, il faut être courageux,
18:17il faut en parler,
18:17il faut mettre le sujet
18:18sur la table
18:19si on veut sauver
18:20une partie du système
18:21par répartition.
18:24Alors, c'est curieux,
18:25mais alors la France
18:25est toujours le seul pays
18:26à faire un peu différemment
18:27comme c'est toujours
18:28l'exception qu'ils réussissaient.
18:29Là, j'ai lu,
18:30il y a quelques jours,
18:30je crois qu'il y a 24 ou 48 heures,
18:31les Danois
18:32qui ont repoussé
18:33l'âge de départ à la retraite
18:34à 70 ans.
18:36Je regarde ce que font
18:37les autres pays,
18:38c'est bien de faire
18:39un peu de droit comparé,
18:39bon, on ne sait jamais.
18:41Je vois que les Italiens,
18:42les Allemands ont repoussé
18:42à 67 ans.
18:43Je vois que l'Espagne aussi,
18:44entre 65 et 67.
18:45Mais donc, vous dites pourquoi pas ?
18:46Gouvernement de gauche
18:46comme de droite.
18:47Mais donc, vous dites pourquoi pas ?
18:47Non, je fais un constat.
18:48Vous dites qu'il faut ouvrir ce débat ?
18:50Je fais un constat
18:51que d'autres pays,
18:53soumis aux mêmes problématiques que nous,
18:54je veux dire,
18:54on n'est pas différents,
18:55font le choix
18:56de travailler plus longtemps.
18:58Donc, pardon,
18:59mais avoir le débat
19:00n'est pas déraisonnable.
19:02Je ne dis pas que c'est la solution
19:03vers laquelle il faut aller,
19:04mais je dis qu'au moins,
19:05poser les jalons
19:07et les termes
19:08de ce débat,
19:08c'est indispensable.
19:10Parce que sinon,
19:11demain,
19:11il n'y a plus de pension de retraite
19:12qui est payée dans ce pays.
19:13C'est simple.
19:14À moyen terme,
19:15on est dans la capacité
19:16de payer nos retraites.
19:18Je veux dire,
19:18on peut continuer
19:19dans la dépense publique
19:19comme on fait.
19:21Et on est encore une fois
19:21une exception.
19:22On va droit dans le mur.
19:24Ce sera le mot de la fin.
19:25Pas très optimiste,
19:26Naïma Mouchou,
19:26mais ce sera le mot de la fin.
19:27Merci d'être venu
19:28à ce micro ce matin.
19:30Il est 8h52
19:31sur BFM TV et RMC.
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