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  • il y a 8 mois
Simuler et prédire les courants marins grâce à l’IA : c’est ce que permet de faire l’outil développé par la start-up Amphitrite. Un moyen pour les navires mieux prévoir leurs parcours pour consommer moins et être plus rapides.

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Transcription
00:00Smart Ideas, notre rubrique start-up et innovation avec Alexandre Stegner, bonjour.
00:10Bonjour.
00:10Bienvenue, vous êtes chercheur au CNRS, cofondateur d'Amphitrite, vous l'avez créé en 2021 avec l'océanographe Briaque-Levue
00:17et le spécialiste en intelligence artificielle Evangelos Moscos. C'est quoi la mission, l'ambition d'Amphitrite ?
00:23Alors, l'ambition d'Amphitrite, c'est de fournir des modèles pour l'océan, utilisant l'intelligence artificielle.
00:31Il y a une vraie révolution qui est en train de se mettre en place. On a vu apparaître en 2022 des grands groupes, Nvidia, Google, Microsoft,
00:38qui ont lancé des modèles de prévision numérique du climat, de la météorologie. Et nous, on cible vraiment ce qui se passe sur l'océan et à la surface de l'océan.
00:49Et on fait des modèles experts pour fournir des informations les plus fiables et les plus précises pour différents utilisateurs.
00:55Alors, il y a plein d'utilisations. Il y en a une qui est assez frappante. C'est une sorte de bulletin quotidien des courants marins, c'est ça ?
01:02Alors, effectivement, moi je suis océanographe et quand on fait des campagnes, des missions en mer, on se rend compte de la qualité des prévisions qui sont disponibles.
01:11Et les courants, c'est quelque chose qui est très difficile. Et lorsqu'on déploie des instruments en mer, on se rend compte que les prévisions sur les courants, c'est pas toujours ça.
01:19Et nous, on utilisait beaucoup les observations satellites. Et on a développé des modèles IA qui fusionnent toutes ces données satellites pour fournir maintenant des prévisions des courants
01:26beaucoup plus fins et beaucoup plus précis que ce qui existait jusqu'à présent avec les modèles traditionnels.
01:32Et donc, on imagine tout de suite le cas d'usage, notamment pour le transport maritime ?
01:35Alors, il y a plein de cas d'usage, mais effectivement, le transport maritime en est un parce que c'est relativement simple d'essayer de positionner les navires du bon côté des courants,
01:44de prendre la veine du bon côté. Et là, en ce moment même, au moment où je vous parle, on est en train de guider un navire qui traverse, qui suit la veine du Gulf Stream.
01:54Il a fait une pointe de vitesse qu'il n'a jamais vue sur son navire. Il est extrêmement content.
01:58– Donc, ça veut dire des gains de temps, des gains de carburant, j'imagine ?
02:02– Des gains de temps, des gains de carburant. Forcément, un gain de temps, ça veut dire qu'on arrive plus tôt, donc on consomme moins.
02:08Mais on peut augmenter ces gains de carburant si on ajuste la vitesse pour arriver à temps, je dirais.
02:14Donc, on réduit un peu la puissance de son navire, on appuie un peu moins sur la pédale de l'accélérateur et on consomme moins.
02:20Et on consomme encore moins que le gain de temps.
02:21– Alors, il y a d'autres cas d'usage de cette cartographie, ce bulletin quotidien des courants marins, en dehors du transport maritime ?
02:28– Alors, en dehors du transport maritime, on a des cas d'usage pour détecter certaines structures, des tourbillons, des veines de courant qui peuvent impacter,
02:36par exemple, la propagation des plastiques. Donc, ça, c'est des applications, je dirais, plus liées à l'environnement.
02:43Mais il y a aussi des applications liées à l'acoustique sous-marine, qui sont liées avec ce qu'on peut détecter en surface avec des satellites.
02:50– Ça veut dire que dans les secteurs qui sont potentiellement intéressés par Amphitrite, il y a le transport maritime, peut-être la défense aussi, la détection de menaces ?
03:00– Alors, la défense, bien entendu, ils sont intéressés par les meilleures prévisions, savoir quelles sont les meilleures prévisions sur l'état de mer, sur, effectivement, les courants.
03:12Quand ils déploient des drones, ces drones peuvent être emportés plus ou moins par les courants.
03:15Donc, toutes ces informations sont très utiles.
03:17Donc, on travaille avec eux. Moi, historiquement, j'ai eu beaucoup de contacts avec le CHOM depuis de nombreuses années.
03:21– Avec le ?
03:22– Le CHOM, le service océanographique de la marine.
03:25– D'accord, ok. Je ne connaissais pas l'acronyme.
03:28Quel défi vous avez dû relever pour réussir à faire cette proposition aujourd'hui à des clients ?
03:36– Alors, le défi, quand on est chercheur, c'est de passer d'une technologie à un produit.
03:44Parce que le client, par exemple, il ne va pas prendre la donnée comme ça.
03:47Il faut que la donnée soit sur le bon format.
03:49Pour certaines compagnies maritimes, il faut qu'on ait des API qui fournissent la donnée très rapidement, très vite,
03:54sur les formats qui conviennent aux utilisateurs.
03:56Et directement, pour un commandant de bord, c'est d'avoir une interface sur laquelle il puisse, lui, directement…
04:01– Oui, il faut qu'il voit la carte.
04:03– Il faut qu'il voit la carte.
04:03– Ok, je vais plutôt dans telle direction.
04:05– Et en plus de ça, qu'on l'aide à lui dire, s'il prend tel et tel waypoint, il sera du bon côté.
04:09– Oui, effectivement. Et donc ça, ça a été compliqué ?
04:12Ça a pris quelques années de recherche et développement, j'imagine ?
04:14– Alors, ce n'est pas compliqué en soi, mais il faut comprendre quelle est la meilleure forme
04:21sur laquelle l'utilisateur a besoin de cette information.
04:24Et donc, c'est beaucoup de discussions avec des commandants de bord
04:26pour comprendre de quoi ils ont besoin et sous quelle forme.
04:28– Et donc, aujourd'hui, vous avez des clients parmi les grandes compagnies de transport maritime.
04:33Vous en êtes à quel stade, en fait, du développement d'amphitrite ?
04:36– Alors, on est au stade, justement, où on développe ces produits pour les utilisateurs
04:40et on est en contact avec des très grandes compagnies qui ont déjà tous ces outils-là,
04:45ils ont juste besoin de la donnée, ou des compagnies plus petites
04:47qui, elles, aiment bien avoir une interface qui les aide à guider leur navire.
04:51– Mais est-ce que ça veut dire que…
04:53Ma question, c'est une question de Béossien, vous allez peut-être vous moquer de moi,
04:55mais on va avoir tous les bateaux à la queue leu-leu sur la même route ?
04:59Vous voyez ce que je veux dire ?
05:00– Alors, c'est déjà le cas, je dirais, la plupart des bateaux suivent des grandes routes maritimes,
05:07plus ou moins autour de ces grandes routes, et après, en fonction du type de navire,
05:13en fait, parce que le routage se fait non seulement sur le courant, mais également sur le vent et les vagues,
05:18les types de navires font qu'ils ne vont pas forcément prendre exactement les mêmes routes
05:22parce qu'ils ne seront pas impactés de la même façon pour les autres conditions météo.
05:26– D'accord, merci beaucoup Alexandre Stegner et bon vent à Amphitrite, c'est la déesse grecque de la mer si je ne me trompe.
05:33– C'est la déesse grecque de la mer qui est, je dirais aussi, accélérée par les nouveaux outils d'IA
05:38et la collaboration qu'on a aujourd'hui avec Nvidia.
05:40– Merci beaucoup, à demain pour un nouveau numéro de Smart Impact, merci à toutes et à tous.
05:47C'était notre dernier enregistrement ici à Châteaubriand,
05:51et donc je voudrais remercier, un grand merci à toutes les équipes techniques
05:55qui ont bossé avec nous depuis des années sur cette émission,
05:58c'était et c'est toujours un bonheur de bosser avec vous, merci.
06:01– Sous-titrage ST' 501
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