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  • il y a 8 mois
Arrivée en 2001, la directrice de l'Opéra de Lille Caroline Sonrier s'apprête à passer la main à Barbara Eckle. Elle raconte ses souvenirs au micro d'ici Nord.

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Transcription
00:00Bonjour Caroline Sonrier, vous l'aviez annoncé, la saison qui s'achève ces jours-ci, c'est votre dernière à la tête de l'Opéra de Lille,
00:07c'est Barbara Ecleux qui vous succède, qui va présenter ce matin le programme de l'an prochain.
00:11Comment on se sent quand c'est comme ça, quand on s'apprête à partir en retraite d'une certaine manière,
00:15quitter un lieu qu'on a dirigé pendant quasiment un quart de siècle ?
00:20C'est à la fois beaucoup d'émotion et je dirais surtout parce que ça provoque un certain nombre de témoignages,
00:28aussi de souvenirs et tout ça est très émouvant et je suis très touchée effectivement par toutes ces marques de sympathie
00:38pour toutes ces années que j'ai passées ici et puis à la fois avec le sentiment que moi quand je suis arrivée,
00:45l'Opéra était fermé, il n'y avait plus rien et j'ai redémarré et finalement l'histoire continue et donc finalement c'est ça qui me touche le plus.
00:52Puisque 2001 c'est l'année où vous arrivez effectivement à l'Opéra Lille, 2001 cette année-là il n'y a rien
00:57puisque l'Opéra est en travaux, il est fermé. Quand vous acceptez le poste, vous savez que vous allez devoir gérer des travaux
01:02et a priori rien programmer pendant un certain nombre de temps ?
01:06Alors je ne sais pas moi qui ai géré les travaux parce qu'il y avait les services de la ville de Lille qui faisaient ça
01:10et qui ont fait ça vraiment très très bien et dans les temps etc.
01:14À la tête d'un Opéra en chantier quoi.
01:15Mais voilà, alors effectivement j'étais dans, alors pas dans le chantier parce que du coup j'étais à l'extérieur,
01:21mais surtout je préparais la saison puisque préparer une saison d'Opéra c'est deux ans à l'avance
01:26et donc j'avais très peu de temps parce que non seulement il fallait que je prépare la programmation
01:29mais aussi il n'y avait plus d'équipe, il n'y avait plus de structure juridique, il n'y avait plus de budget
01:33donc il fallait réorganiser tout ça et c'est ça qui était absolument passionnant.
01:37Et ça ne vous fait pas peur quand vous acceptez le poste ? Vous dites plus d'équipe, plus de budget, plus rien ?
01:41C'est magnifique parce qu'on a une page blanche
01:43et que les opéras ce sont des maisons qui sont assez lourdes, qui ont du mal à se renouveler, à se réorganiser.
01:51Là je partais d'une page blanche donc je pouvais à la fois prévoir un projet
01:54et l'organisation qui allait avec et réfléchir justement à une organisation plus souple, plus légère
02:00qui allait me permettre de faire un projet un peu différent de nos opéras voisins, que ce soit Paris, Bruxelles, Londres.
02:08C'est quoi la différence justement ? Qu'est-ce que vous vouliez faire de différent comparé à ces autres opéras ?
02:12Par exemple une ouverture sur une période d'opéras beaucoup plus large
02:17puisque les opéras c'est souvent le 19ème siècle, toute cette période romantique
02:21et là on a un orchestre baroque en résidence qui est le concert d'Astré
02:25alors au début ça a un peu surpris et puis ça a eu un succès phénoménal
02:29et aujourd'hui en plus cet ensemble a une carrière internationale
02:33mais aussi des créations avec des mélanges de créations de musique d'aujourd'hui
02:39avec l'électronique, avec des espaces différents où on occupe l'opéra différemment
02:43voilà donc tout ça c'est effectivement nouveau
02:45et puis par exemple aussi un événement qu'on connaît bien à Lille qui sont les Happy Days
02:50et ça c'est unique aussi à Lille parce qu'il faut pour ça une organisation un peu différente
02:57des organisations d'opéra qui sont souvent très compartimentées entre les métiers
03:01il y a énormément de métiers dans un opéra et il fallait arriver à trouver quelque chose de transversal
03:07pour organiser ces événements-là
03:09donc ça par exemple, voilà, c'est un événement qui est un petit peu unique en France et en Europe
03:15Ici Norellet, 7h49 et nous sommes en direct avec Caroline Sonrier
03:19la directrice de l'Opéra de Lille pour encore quelques jours
03:22L'Opéra rouvre à l'époque en 2004, l'année où l'île est capitale européenne de la culture
03:26c'était prévu, que la structure rouvre pile à ce moment-là
03:29pour coïncider avec les événements qui se déroulaient partout en ville ?
03:32Oui bien sûr, et ça a apporté à l'ouverture de l'Opéra
03:35c'est-à-dire qu'effectivement, non seulement le projet était peut-être un petit peu différent
03:39mais aussi on était dans un environnement avec une énergie, une dynamique créative
03:46aussi d'une ouverture à un public très large, populaire
03:50à la fois dans l'art contemporain mais avec des événements populaires
03:54et donc l'Opéra s'est complètement inscrit dans ce mouvement-là
03:57donc ça a été formidable justement de pouvoir lancer l'Opéra à ce moment-là
04:01et évidemment, oui bien sûr, c'était prévu
04:03Si on revient à plus à l'actualité, à 2025, la saison qui se termine ces jours-ci
04:07c'est la dernière que vous avez préparée, imaginez-elle a répondu à vos attentes
04:11en termes de fréquentation, les représentations qui ont pu avoir lieu
04:14tout s'est bien déroulé pour votre dernière ?
04:16Oui, on a en ce moment, dans le domaine de la culture
04:21et pour les artistes en particulier, une période vraiment difficile
04:24aussi comme dans d'autres secteurs
04:26et tout est compliqué, tout est difficile
04:29et je crois que vraiment, c'est les dernières années les plus difficiles que j'ai connues
04:33mais en revanche, ce qui est extraordinaire, c'est quand le spectacle arrive
04:37et bien c'est toujours autant des moments d'émotion
04:40et peut-être que ça m'a frappée encore plus cette année, je dois dire
04:44Justement parce qu'il y a davantage de contraintes budgétaires en l'occurrence
04:47est-ce que vous êtes optimiste pour la suite ?
04:49Pas très optimiste
04:50Pour ceux qui vont arriver derrière vous ?
04:51Non, pas très optimiste, c'est très difficile pour Barbara Acleu, effectivement
04:55voilà, il faut qu'on en tienne compte
04:57il faut qu'effectivement on arrive à traverser cette période
05:00l'opéra restera une forme lourde
05:03puisqu'il y aura toujours des solistes, un chœur et un orchestre en fosse
05:06ou alors sinon c'est autre chose
05:08donc c'est un petit peu notre difficulté
05:09c'est qu'on ne peut pas réduire nos projets, nos productions
05:13en revanche, ce qui s'est passé, c'est qu'on a réduit un peu le nombre de représentations
05:17alors évidemment, là, Faust, on est à 100% de fréquentation
05:21mais malheureusement, en fait, il aurait fallu qu'on joue plus
05:24voilà, mais ça c'est des questions de budget
05:28et voilà, c'est un petit peu la difficulté, la quadrature du cercle
05:32mais en tout cas, ça a été, oui, pour moi, une très très belle saison
05:35ça a été très satisfaisant, je veux dire
05:36Ces 25 dernières années à l'opéra
05:39ça fait 25 saisons, une vingtaine de saisons
05:41grosso modo, ça fait, j'imagine, plus de 500 représentations
05:43est-ce qu'il y en a une qui vous reste en mémoire ?
05:46Un soir où vous vous êtes dit
05:47c'est la plus belle chose que j'ai jamais vue de ma vie
05:49il y a probablement des gens qui écoutent
05:51qui ont envie de découvrir l'opéra
05:52si vous pouvez leur conseiller quelque chose
05:53qui vous a, vous, particulièrement marqué à Lille
05:55ces 24 dernières années
05:56Il y en a tellement
05:57Oui, c'est vraiment impossible
06:00c'est vraiment impossible parce qu'il y a eu énormément de
06:03oui, c'est à chaque production
06:05bon, c'est vrai qu'on les construit
06:07on met deux ans à construire un projet
06:08et donc évidemment, on n'est pas tout à fait
06:11pas tout à fait objectif, j'imagine
06:13mais c'est quand même
06:14j'ai eu des plaisirs immenses
06:17le souvenir que je garderai toujours
06:20c'est la première production qu'on ait faite
06:21parce que c'était
06:22c'était la première production
06:25d'une équipe qui n'avait jamais travaillé ensemble
06:27et qui a dû faire une production
06:29avec toute cette équipe
06:31avec tous ces métiers différents
06:32qu'il a fallu faire ensemble
06:33et avec un artiste formidable
06:34qui était Jean-François Sivadier
06:35pour la mise en scène de Butterfly
06:37donc Butterfly qui a été notre premier opéra
06:40en 2004
06:42qui reste pour moi un souvenir
06:44indélébile, ça c'est certain
06:45Et donc, 24 ans plus tard
06:472025
06:48la nouvelle saison qui sera présentée
06:50par celle qui vous succède
06:52Barbara Ecleux
06:53qui fera la présentation de la saison 2025-2026
06:56dans la matinée
06:56Merci beaucoup Caroline Sonrier
06:58d'avoir accepté notre invitation
06:59directrice de l'Opéra Lille
07:00encore pour quelques jours
07:02quelques semaines
07:03jusqu'à fin juin
07:04Jusqu'à fin juin
07:04Merci beaucoup
07:05Merci
07:06Merci
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