00:00Les choix du 20h BFM, Agnès Verdi-Moligny, avec vous Olivier Ravanello, nous revenons à ce bras de fer entre le président américain et la faculté Harvard, ce bras de fer qui se durcit et s'amplifie.
00:12Oui, Harvard qui a été ciblé, c'est un symbole, c'est une lutte entre véritablement une institution vénérable ancienne et puis le côté iconoclaste de Trump
00:22qui, pour mettre au pas, Harvard a décidé d'interdire que des étudiants étrangers puissent venir. La décision vient d'être suspendue ce soir par un juge, donc on est toujours un peu dans l'attente.
00:35Pour bien mesurer ce qu'est Harvard, il faut se rappeler quand même que ça a été créé en 1636, c'est-à-dire quelques années après l'arrivée des premiers migrants.
00:42Neuf étudiants, un pasteur qui donne des livres, il s'appelait John Harvard, et puis c'est comme ça qu'a été créé, ce qui est véritablement le symbole de l'excellence américaine.
00:51160 prix Nobel, 18 médailles Fields qui récompensent les meilleurs mathématiciens du monde, 4 présidents des Etats-Unis, pas Trump, des coûts de scolarité quand même de 50 000 dollars
01:02et une création d'une élite, on fait un peu Harvard de père en fils lorsqu'on le peut et un esprit très clanique, un trésor de guerre de 53 milliards de dollars,
01:12ce qui permet à Harvard de tenir tête aussi à l'administration. Ce que reproche l'administration Trump, ce sont trois choses.
01:19La première, c'est d'être raciste. Raciste parce que, dans le raisonnement du côté de Trump, les politiques pour aider les minorités à intégrer justement cette école d'excellence
01:30et d'accompagner l'intégration de nouvelles minorités LGBT+, ont été ciblées par Trump comme étant en défaveur des blancs hétérosexuels, si on veut résumer.
01:43Autre argument, c'est de dire Harvard est de vue antisémite, parce qu'il y a eu beaucoup de manifestations pro-palestiniennes
01:49et des prises de position de l'ancienne présidente qui ont été pour le moins très ambiguës et très très très contestables.
01:56Et puis, d'être aussi un cheval de troie du Parti communiste chinois, puisqu'il y a 1300 étudiants chinois, ce qui pour Trump évidemment
02:02est l'illustration que les Chinois viennent prendre le savoir et l'intelligence américaine pour pouvoir demain
02:07venir concurrencer l'Amérique. Au final, dans ce bras de fer, c'est un message très fort qui est envoyé à toute la communauté universitaire
02:16sur les questions du wokisme, en disant l'Amérique change et ça ne peut plus fonctionner de cette manière.
02:22C'est aussi assez paradoxal, parce que comme je le disais, c'est vraiment une excellence américaine qui s'est répandue dans le monde
02:29et lorsqu'on veut rendre la grandeur de l'Amérique, comme le dit Trump du matin au soir, Trump c'est pas l'Amérique great again, c'est great tout court.
02:36Merci Olivier.
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