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  • il y a 7 mois
C’est terminé pour Lormauto, entreprise novatrice née à Lisieux et qui avait fait homologuer sa technique de retrofit. Elle transformait des Renault Twingo à moteur thermique en électrique. Mais elle n’a pas obtenu le financement public nécessaire pour développer son activité.

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Transcription
00:00Travail à la maison, ici Normandie, actus locales, musique et bonne humeur.
00:077h45, Didier Charpin, bonjour.
00:09François, bonjour à tous.
00:11Notre invité ce matin est Sébastien Rolot, fondateur de l'entreprise Lormoto basée à Argence dans Calvados.
00:16Bonjour Sébastien Rolot.
00:17Bonjour Didier, bonjour François.
00:19On a souvent parlé de vous sur notre antenne parce que vous avez eu cette idée de transformer des Twingo dotés de moteurs thermiques en moteurs électriques.
00:27Vous avez passé tous les processus d'homologation pour votre technologie et pourtant ce matin vous venez nous annoncer que c'est terminé ?
00:35Absolument, nous avons demandé la liquidation de l'entreprise hier à 14h au tribunal de commerce de Caen.
00:43Et pourquoi ?
00:45Pourquoi ? Eh bien faute de solution de financement en fait, tout simplement.
00:50On a fait sur fonds privés tout ce qui était nécessaire et possible de faire.
00:55Vous avez pu livrer d'ailleurs des premières parties ?
00:58Oui, ça faisait partie du contrat.
01:00Les gens nous disaient, il faut de la maturité, il faut apprendre à fabriquer et à livrer.
01:05Et on a fait tout ce qui était possible avec des fonds privés, aussi loin qu'on pouvait aller,
01:10et arriver à la phase d'industrialisation, c'est-à-dire là où il faut monter en cadence,
01:14investir un peu, acheter beaucoup des composants pour fabriquer des voitures,
01:20ça coûte quand même de l'argent, et bien là il faut des moyens supplémentaires
01:24qui ne sont pas disponibles dans la sphère privée.
01:27Et faute de trouver ces moyens, nous nous sommes arrêtés.
01:30Vous avez été lauréat d'un prix du ministère de l'Industrie pour une subvention de 2,6 millions d'euros,
01:35vous ne l'avez touché que partiellement ?
01:36Absolument, on a été lauréat fin 2023 d'un appel à projet Investauto dans le cadre de France 2030.
01:43C'est le commissaire au plan, Bruno Bonnel, qui pilote tout ça.
01:48On a touché la première tranche fin 2023, donc 600 000 euros.
01:54Il nous restait donc 2 millions d'euros à peu près à toucher.
01:57L'objet c'était l'industrialisation de la production du rétrofit.
02:02Et donc on n'a pas réussi à lever des fonds en 2024 pour plein d'événements,
02:07dont des changements de réglementation imposés par le gouvernement,
02:11qui ont arrêté la levée de fonds.
02:15Mais là, mai 2025, ces 2 millions n'ont toujours pas versé ?
02:19Non, on n'a pas le droit de les toucher.
02:20C'est-à-dire qu'on est à côté du bol de sangria, on a soif, mais on ne peut pas y toucher.
02:25Et pourquoi c'est BPI France qui est censé vous les verser ? Quels arguments ?
02:29Alors ce n'est pas BPI France qui est censé nous verser cet argent,
02:32c'est BPI France qui est l'instructeur du dossier.
02:35Ce n'est même pas de l'argent de BPI, il faut bien voir.
02:38Mais il se trouve que, confronté à nos difficultés financières,
02:42on a cherché de l'argent sur conseil de la Banque des Territoires et de la préfecture de Normandie.
02:48On s'est rapproché d'un fonds de BPI qui est le fonds FAA,
02:51le fonds de l'avenir automobile, dont les principaux actionnaires sont Stellantis et Renault.
02:56Deux constructeurs automobiles ?
02:58Deux constructeurs automobiles bien connus.
03:01Et que ce fonds, on parlait d'investissement dans l'entreprise,
03:05au bout de quelques mois nous a fait patienter, miroiter un peu des choses qu'on n'aurait pas,
03:12nous a dit, nous ne viendrons pas, nous n'investirons pas chez vous, avec trois motifs.
03:19Le premier, c'est que nous ne croyons pas à l'industrie du rétrofit.
03:22Donc le rétrofit, c'est le changement en base du moteur thermique à l'électrique ?
03:27Le second, c'est qu'il n'y a pas de profondeur de marché.
03:30Il n'y a pas de clients ?
03:31Si, si, des clients.
03:32Nous, on a 900 demandes de voitures, on a 900 personnes qui attendent qu'on leur réponde.
03:37Et on a arrêté justement de prendre les commandes.
03:40Donc ce n'est pas un problème de commandes.
03:42Profondeur de marché, il y a 40 millions de voitures thermiques en France,
03:45il faut qu'on les migre à l'électrique.
03:46Donc ça veut dire qu'on va tout jeter, tout ça en fait.
03:50Et la troisième raison ?
03:51Et la troisième raison, c'est que d'après eux, ce qu'il faut à la France,
03:54ce sont des petites voitures électriques, pas chères.
03:57Et donc on sait que tout ça ne veut dire pas produit en France.
04:01Votre invité ce matin, Sébastien Rouleau, fondateur de l'entreprise L'Ormoto.
04:04Vous venez de mentionner deux constructeurs automobiles françaises,
04:07les lentilles Renault.
04:08Avez-vous été bloqué par ces constructeurs ?
04:12Si la raison invoquée par le fonds d'investissement
04:15est bien celle qui leur a été donnée par leurs actionnaires,
04:18c'est ce qui nous a été dit,
04:21donc ça a été dit par quelqu'un.
04:24Je ne sais pas si c'est eux, je ne sais pas si c'est la direction,
04:27on ne sait pas, je ne saurais pas...
04:30On peut imaginer qu'un constructeur qui fait des voitures neuves
04:32ne voit pas d'un bon oeil quelqu'un qui maintient de vieilles voitures.
04:36C'est absolument certain.
04:39Le métier d'un constructeur automobile,
04:41c'est de gagner de l'argent dès que la voiture sort de l'usine.
04:44Le métier que nous faisons, c'est de fabriquer des voitures durables.
04:48Donc de gagner de l'argent, éventuellement dans le temps,
04:51et de faire en sorte qu'elles soient quasi éternelles.
04:53Et d'ailleurs, la technologie électrique s'y prête très bien.
04:56Est-ce qu'un ministère de l'Industrie, par exemple,
04:57ou le gouvernement au sens large n'a pas été assez ferme ?
05:00La volonté des gouvernements successifs depuis 5 ans
05:05est de promouvoir l'industrie du rétrofit
05:07comme étant une solution possible à la décarbonation du parc.
05:12La réglementation technique est parfaitement adaptée,
05:15un peu raide, mais très adaptée pour la sécurité des clients.
05:20Et par contre, là où c'est un sujet, c'est la réglementation fiscale,
05:24les incitativités, les avancées, les retours, là c'est dur.
05:27Et là, le lobby est à l'œuvre.
05:29C'est certain.
05:30Quel est votre sentiment ce matin ?
05:32Tout ça pour arriver à un échec 5 ans plus tard ?
05:34Du gâchis, on pourrait penser de l'amertume,
05:41on pourrait dire, là il y a un peu de bruit,
05:44ça va faire du bruit hier, aujourd'hui,
05:47lundi, on n'entendra plus parler, soyons très clairs.
05:50Moi, je peux...
05:52C'est du regret.
05:53Tout était prêt, en fait.
05:54On est prêt à redémarrer, on est prêt à produire,
05:57ça fonctionne bien, regarder sur Youtube,
05:59taper leur moto, vous verrez,
06:01il y a plus d'un million de vues,
06:03il y a une vue sur POA qui a fait 900 000.
06:06Les journalistes ont apprécié ce que nous avons fait,
06:12c'est-à-dire que la solution, elle fonctionne.
06:15On a des clients, on est prêt à partir,
06:18on a été accompagné par la région Normandie,
06:20j'en profiterai pour remercier le président Morin
06:23pour son soutien actif,
06:24il a été témoin de tout ce qui s'est passé.
06:26Mais c'est terminé ce matin, définitivement.
06:30Oui, c'est terminé.
06:31Merci Sébastien Rouleau, fondateur de l'entreprise
06:34L'OrMoto, basée à Argence,
06:36qu'on donnera désormais au passé.
06:37Merci.
06:38Vous étiez ce matin notre invité.
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