00:00Il est 8h moins le quart, l'université de Rouen-Normandie dans le rouge, avec un déficit pour l'année 2025 très important.
00:07Conséquence des suppressions de places dans certaines filières dès septembre.
00:11Son président est notre invité Marianne.
00:13Bonjour Franck Lederf.
00:14Bonjour.
00:15C'est la première fois que vous êtes obligé de prendre de telles mesures budgétaires ?
00:19Oui, c'est la première fois pour l'université de Rouen, puisque nous sommes dans une situation délicate, on va dire, depuis quelques années.
00:27Donc en 2025, un déficit de 5 millions d'euros sur un budget de 280 millions d'euros, et un budget initial pour 2026 à hauteur d'un déficit de 11 millions, avec des mesures importantes,
00:40puisque si j'avais présenté un budget similaire, j'aurais eu un déficit de 20 millions d'euros.
00:45Et comment on en est arrivé là alors ?
00:47On en est arrivé là, non pas parce qu'il y a une mauvaise gestion à l'université, c'est récurrent depuis quelques années.
00:53Alors il y a plusieurs facteurs. Le premier, c'est qu'aujourd'hui, l'allocation des moyens, notre budget provient essentiellement du dotation de l'État, 80% de notre budget.
01:02Et université équivalente, l'université de Rouen, c'est à peu près 35 000 étudiantes, 2 800 personnels, 6 campus, pluridisciplinaires avec santé.
01:12Et si on compare les autres universités françaises identiques, nous avons une sous-dotation à peu près de 15 à 60 millions de moins par rapport aux autres universités similaires.
01:22Donc par exemple, Caen, Dijon, Clermont ont plus de moyens que celles de Rouen-Normandie pour fonctionner, pour la même taille d'étudiants.
01:29C'est ça. Donc ça, c'est le premier constat.
01:32Donc on a fait avec depuis des années, et puis vient se rajouter depuis 2023, à juste titre, une très bonne chose, les mesures salariales des fonctionnaires,
01:40qui sont en partie compensées pour nous.
01:44Nous, l'université, on est ce qu'on appelle opérateurs de l'État.
01:46On gère la totalité de notre fonctionnement, investissement, la partie bâtimentaire, mais surtout aussi, et c'est une très bonne chose, la masse salariale.
01:55Et l'ensemble des mesures salariales depuis 2023 sont compensées en partie, c'est-à-dire que l'État ne nous donne pas la totalité.
02:02Et pour nous, l'université de Rouen, si je m'arrête déjà à 2025, c'est à peu près 10 millions d'euros que l'on a sortis sur ressources propres.
02:09Donc à un moment donné, ça ne passe plus. Donc voilà, 10 millions, donc 2025 déficit.
02:15Et l'année prochaine, à nouveau, alors la loi de finances est passée, et donc quand on a construit le budget, une partie des choses n'étaient pas compensées.
02:23L'année prochaine, à nouveau, pour les mesures salariales, on avait pour l'université 7 millions supplémentaires encore sur ressources propres.
02:30Alors que la dotation reste insuffisante.
02:32Mais vous vous êtes adressé à l'État pour lui dire, on n'arrive plus à faire face, demain vous allez voir le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche qui sera à l'université de Rouen ?
02:41Oui, oui, alors c'est un... On a bien évidemment des discussions régulières avec le ministre, avec le rectorat, qui nous soutient, qui nous appuie.
02:51Aujourd'hui, moi ce que je leur dis, donc on a bien conscience que les caisses de l'État sont vides.
02:56L'université, on est un service public, jusqu'au la mission de service public.
03:02Je pense, dans un budget, il y a des dépenses et il y a des recettes.
03:06Je pense avoir fait ma part sur les dépenses.
03:08On ne peut pas faire plus.
03:09Maintenant, je ne peux pas faire plus, même si les collègues peuvent être résilients.
03:12Les mesures que j'ai annoncées pour 2026 sont quand même drastiques et importantes.
03:18On ne peut pas faire plus.
03:19L'université, c'est la formation, la recherche.
03:22Donc on va se recentrer sur nos missions essentielles.
03:25Mais l'État vous dit quoi ? On ne peut pas donner plus ?
03:28L'État, c'est l'allocation des moyens, il est à revoir.
03:30Le ministre en a conscience.
03:32Actuellement, il y a des assises de l'enseignement supérieur qui se déroulent.
03:37Parce que, bien évidemment, on en a tous conscience que l'enseignement supérieur, l'université, joue un rôle important sur un territoire.
03:43Donc l'université de Rouen, bien évidemment, joue un rôle important.
03:47Et elle doit être soutenue.
03:48On n'est pas là pour faire des économies.
03:49On n'est pas là pour faire la plus-value.
03:51Mais on veut au moins que l'État nous donne les moyens pour pouvoir assurer la formation et la recherche de qualité.
03:58Ce que nous faisons, parce que malgré les difficultés, bien évidemment, nous allons accueillir encore les étudiants d'un bonnes conditions.
04:05Les diplômes seront de qualité.
04:07Et nous continuerons à faire de la recherche de qualité.
04:08Alors, l'une des solutions pour limiter le déficit, vous parliez de mesures drastiques, Franck Loderve, c'est de supprimer près de 700 places en première année de licences.
04:18679 précisément en septembre.
04:21Lesquelles sont concernées ? Quelles licences ?
04:23Un peu toutes.
04:24Nous sommes obligés de rationaliser un petit peu l'offre de formation, puisque nous avons fait des économies surtout.
04:29Donc ça va avoir des impacts déjà dès le second semestre.
04:32Mais aussi à la rentrée prochaine, mais qui n'aura un impact très faible sur le budget 2026.
04:37On a réduit, oui, à peu près de 700 places, le nombre de places en première année en licence.
04:42Donc on a réduit d'un groupe à deux groupes de travaux dirigés.
04:45Un groupe de travaux dirigés, c'est 36 places.
04:47Donc on a réduit de 36 à 72 places des licences, type licence de droit, psycho, licence sciences de la vie, et j'en passe.
04:55Pratiquement toutes les licences ont été réduites.
04:58Et suppression d'une double licence allemand-anglais.
05:00Et sur le plan des recrutements, qu'en est-il ?
05:02Y aura-t-il des postes supprimés avec des départs à traitement ?
05:05Oui, on avait prévu une campagne d'emploi à 130 postes pour 2026.
05:08Elle sera réduite par deux, a priori.
05:10On est en discussion avec le ministère actuellement.
05:13On aura à peu près une soixantaine de postes.
05:15Donc on est en train de jouer sur la réduction aussi de la masse salariale
05:19pour avoir un retour à l'équilibre d'ici 2027-2028.
05:23Et de tout cela, vous allez discuter demain avec le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.
05:28Merci beaucoup Franck Lederf.
05:29Merci.
05:30De l'Université de Rouen-Normandie d'avoir accepté notre invitation.
05:33Bonne journée à vous.
05:33Merci.
05:34Il est 7h50.
05:36À suivre, Richard Gauthier nous rejoint avec lui.
05:38On sera à Dieppe, à la Sirène à Barbe.
05:40On va même vous inviter au cabaret.
05:42Vous restez avec nous.
05:43Teddy Swims.
Commentaires