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Avec David Lisnard, maire de Cannes, président de Nouvelle Énergie

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##CA_BALANCE-2025-05-22##

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News
Transcription
00:00à la fête. Le problème c'est qu'il n'y a pas que le cinéma qui est à la fête.
00:04Alors on adore. Qui n'adore pas le cinéma ? Qui n'adore pas les stars ?
00:07Qui n'adore pas ces extraordinaires films qui continuent de faire vibrer notre enfance
00:14quand ils sont bons ? Notre adolescence ? Notre adulte ? Vraiment, il nous faudrait
00:20cinq heures pour reparler des grands films qui ont fait notre histoire, qui ont fait
00:25notre culture, qui ont fait nos goûts. Mais il y a aussi autre chose, c'est qu'aujourd'hui
00:30depuis quelques temps déjà, très bien, alors les artistes se disent
00:34oui mais on n'est pas que des artistes, on a vocation politique, on veut parler politique
00:39très bien, pourquoi pas, pourquoi pas le mélange des genres ? Mais quel mélange et quel genre ?
00:44Est-ce qu'on veut faire de la salade russe ou pas ? Par exemple, écoutez, une actrice
00:48que j'admire profondément, je ne suis pas le seul, on a des millions à l'admirer, une
00:51très grande actrice, Juliette Binoche, inaugure donc cérémonie d'ouverture du Festival
00:57de Cannes et elle prononce ses paroles. Un extrait, bien sûr.
01:02Les artistes ont la possibilité de témoigner pour les autres. Plus le niveau de souffrance
01:10augmente et plus leur implication est vitale. Guerre, misère, dérèglement climatique,
01:19misogynie primaire, les démons de nos barbarie ne nous laissent aucun répit. Le vent des douleurs
01:29est aujourd'hui si violent et emporte les plus faibles, les otages du 7 octobre et tous
01:36les otages, les prisonniers, les noyés qui endurent la terreur et meurent dans un terrible
01:43sentiment d'abandon et d'indifférence.
01:48Très bien, très bien. Abandon, indifférence, bravo, applaudissement, magnifique. Très bien.
01:53Des mots, évidemment, qui va être contre tout ça ? Mais très sincèrement, je dirais
01:58comme ça, je dirais qu'on préférait que Juliette Binoche continue à faire des films
02:02qui nous parlent de cela. Après, on peut, voilà, pourquoi pas, sacrifier 5 minutes à cela.
02:09Mais franchement, voilà, oui, le mal est mal et le bien est bien et c'est terrible
02:15ce qui se passe, etc. Mais on entre quand même dans un autre univers avec, par exemple,
02:23toujours au Festival de Cannes, je parle toujours de politique et pas de cinéma, où Mathieu
02:29Kassovitz, le cinéaste et l'acteur Mathieu Kassovitz qui est un guest star sur le plateau
02:34de cet avou de France 5 qui dit ceci. Vous voyez, il parle et il dit ceci.
02:41Mais le problème, c'est ce, c'est le problème qu'on a en France, qu'on trimballe avec nous
02:46depuis extrêmement longtemps, qui est un problème de racisme, qui est un problème de...
02:53de difficulté intégrée.
02:56Il y a un problème de difficulté intégrée, qui est un combat qui, pour moi, est complètement perdu d'avance
03:02parce que nous devons être fiers d'être le pays, un des pays les plus intégrés au monde.
03:08Et c'est une de nos forces et c'est ce qui fait qu'on est français.
03:13Maintenant, il n'y a plus de français de souche. Ça n'existe plus.
03:17Il n'y a plus de français de souche. Mais voyons, bien sûr, il n'y a plus rien.
03:21Tout ça n'existe pas. D'ailleurs, je pense que Mathieu Kassovitz n'est pas allé au bout.
03:24Il n'y a plus de français du tout. La France intégrée, ça veut dire quoi, la France intégrée ?
03:28Et la France désintégrée, c'est quoi ?
03:30Je vais dire, on commence à dire ça. Il n'y a plus de français de souche.
03:33Mais pourquoi ? Il y aurait honte ?
03:35Mais enfin, écoutez, moi, je vais vous dire, je suis immigré, je suis né au Liban,
03:39d'un père d'origine russe et du maire d'origine espagnole.
03:42Ok ? Je n'ai pas le droit de me français ?
03:44C'est quoi cette histoire ?
03:46Ce n'est pas le problème de français de souche.
03:48Quelles sont les valeurs qu'ils font de ce pays ?
03:50Ce n'est pas le problème.
03:51Vous savez, c'était Romain Garry qui disait, je n'ai pas eu goût de sang français,
03:54mais c'est la France toute entière qui coule dans mes veines.
03:57C'est ça l'important, Mathieu Kassovitz.
03:59Il faut arrêter ces abolis bibelodinalités sonores.
04:03Et le même Mathieu Kassovitz.
04:05Écoutez cette indignation à géométrie variable.
04:09Voilà ce qu'il disait un jour sur un plateau de télévision devant la femme de Philippe Monguillot.
04:17Je rappelle que Philippe Monguillot est ce chauffeur de bus qui s'est fait assassiner, massacrer,
04:22qui en est mort parce que des gens ne voulaient pas payer leur billet de bus.
04:26Écoutez ce qu'il dit à la veuve de Philippe Monguillot sur un plateau de télévision.
04:31Toujours Mathieu Kassovitz, écoutez.
04:33Tout ce dont vous parlez là, c'est des faits divers.
04:35Je suis encore désolé de parler de ça.
04:36Je suis désolé, je suis désolé.
04:38Ce qui est arrivé à votre mari, malheureusement, va arriver à quelqu'un d'autre.
04:42Parce que la société est faite comme ça.
04:46La société est faite comme ça.
04:47Bon alors c'est un fait divers, mais oui, c'est un fait divers.
04:50Il y a des faits divers, mais c'est intéressant.
04:52Il y a des faits divers et il y a des choses qui ne sont pas des faits divers.
04:56Dans une autre circonstance, écoutez ce que dit sur l'affaire Naël et le refus d'obtempérer.
05:01C'est le même qu'a Mathieu Kassovitz.
05:04Écoutez.
05:04Tout ce dont vous parlez là, c'est des faits divers.
05:06C'est une journée que celle-ci, avec la mort de Naël...
05:09Ce qui est arrivé à votre mari, malheureusement, va arriver à quelqu'un d'autre.
05:13Tué par un gendarme.
05:14Parce que la société est faite comme ça.
05:1630 ans après, je fais la référence à Naël parce que c'est le moment où on a commencé à parler de ces bavures policières
05:21et tout le monde a appris beaucoup de choses.
05:24Mais apparemment, il y a des gens qui n'ont toujours pas compris à qui ils ont affaire
05:28et qui sont ces jeunes en face, que c'est des fils.
05:32Ce n'est pas des voyous, ce n'est pas des criminels.
05:35Ils n'ont pas d'armes.
05:36Et Philippe Monguillot avait une arme.
05:41Et ça, non, ah bon, ce n'est pas des policiers, ce n'est pas des voyous, ce n'est pas des criminels.
05:45Alors là, ce n'est pas du tout un fait divers.
05:47Là, c'est terrifiant.
05:48Effectivement, c'est terrible.
05:49C'est terrible qu'un policier ou quelqu'un d'autre tue quelqu'un.
05:53Mais vous avez vu, le ton est totalement changé.
05:55Non, non, non.
05:56Là, ce n'est plus un fait divers dont on parle.
05:59Non, non, non.
05:59Là, c'est terrible.
06:00C'est un crime.
06:01Ils ne se rendent pas compte que c'est des voyous sans armes.
06:03Mais dites-moi, tous les gens qui sont agressés,
06:05notamment un jour, la promenade des Anglais, etc.,
06:08ils étaient armés, les gens qui ont été agressés ?
06:10Non.
06:11Alors, il y a quelque chose qui est quand même préoccupant
06:15de ces artistes, encore une fois, dont personne ne nira le talent
06:20ni la qualité, qui veulent absolument légiférer sur tout
06:24et penser qu'ils ont un avis sur tout.
06:26Et quel avis, on voit dans quel sens.
06:29Et je dois dire, merci David Disnard d'être là.
06:32Bonjour, d'abord.
06:33Bonjour.
06:33Le maire de Cannes et, je rappelle, le président de Nouvelle Énergie
06:42et de l'Association des maires de France, bien sûr.
06:45Mais je voudrais dire ce que vous avez dit, justement, sur une télévision.
06:48Vous avez dit ceci.
06:50Ce que je remarque, c'est que toutes ces personnes qui défendent,
06:52à raison, la liberté d'expression et la liberté artistique,
06:55qui s'indignent des guerres ailleurs,
06:57n'arrivent pas à se battre pour libérer un Français,
07:00un grand écrivain, Boalem Sansal.
07:01C'est bien de parler des misères dans le monde, ajoutez-vous, David Disnard,
07:05mais il faut déjà aussi défendre des artistes français,
07:08y compris quand on n'est pas d'accord avec ce qu'ils disent.
07:10Je suis fier que Cannes soit cette vitrine de la liberté d'expression,
07:14mais il ne faudrait pas qu'elle soit à sens unique.
07:16Et c'est ce qu'on constate, David Disnard,
07:19c'est que pour le moment, en tout cas,
07:21tout se passe comme si elle était vraiment à sens unique.
07:25– Alors, oui, dans un certain sens, si vous me permettez,
07:30tout ce que vous avez dit, je le partage,
07:33y compris sur ce qu'est être français,
07:36et la célèbre phrase de Romain Garry en est la quintessence.
07:41Pour revenir à votre question,
07:43l'expression des artistes,
07:45elle est légitime ou pas,
07:48moi, je suis pour la liberté d'expression,
07:49y compris quand elle me dérange,
07:51mais en fait, elle révèle,
07:55ce n'est pas Cannes, ce n'est pas le festival,
07:57elle révèle l'endogamie,
08:00l'entre-soi d'un milieu culturel,
08:03notamment en France, mais aussi aux États-Unis,
08:04qui sont des milieux très progressistes,
08:07avec des personnes qui sont des grands talents,
08:12je ne veux pas du tout être dénigrant
08:14et tombé dans la facilité du dénigrement,
08:16mais dont la parole est une parole légitime,
08:20mais pas plus que la parole de n'importe quel citoyen.
08:23Et en cela, le fait qu'il y ait un entre-soi,
08:28qui est une sorte d'effet de chambre d'écho,
08:31moi, je le vois très bien ici,
08:32on l'observe pendant les 11 jours du festival,
08:34il y a, comme disait David Lodge,
08:35c'est un petit monde, small world,
08:37fait qu'il n'y a que certains sujets,
08:39qui sont toujours des sujets très politisés,
08:42du même côté, dans l'expression des artistes.
08:45Et peut-être que nous aussi,
08:46le tort que l'on a,
08:47c'est peut-être de trop les commenter d'ailleurs,
08:49mais le problème, c'est que ça prend toute place.
08:52Après, ce que je voulais dire quand même,
08:54c'est que, contrairement à ce que l'on pense,
08:57vu de l'extérieur,
08:58les œuvres, elles,
09:00elles sont beaucoup plus diverses dans leur expression.
09:02D'abord, une œuvre,
09:04elle est là pour avoir une qualité avant tout artistique.
09:06Bien sûr.
09:07C'est la base de tout.
09:09C'est ce qui doit guider sa sélection,
09:11sa projection, etc.
09:13Mais bien évidemment,
09:14les œuvres, elles ne sont jamais neutres.
09:15Elles n'ont jamais été neutres.
09:16Il y a même des œuvres
09:17qui sont des œuvres volontairement, etc.
09:20Mais quand vous regardez les films
09:21projetés au festival depuis des années,
09:24on se gosse souvent,
09:26surtout nous, quand on est à droite,
09:27en tout cas, je parle pour moi,
09:29des œuvres un peu de bien-pensance,
09:30mais il y a aussi beaucoup d'œuvres
09:32qui mettent des coups de pieds dans le wokisme,
09:36y compris à Cannes.
09:37C'est bien plus diversifié qu'on ne le pense.
09:39C'est plus réjouissant.
09:41Qui s'attaque à la cancel culture.
09:44Alors, ce n'est pas ce qu'il y a le plus.
09:46Ce n'est pas celles qui sont plus mises en exergue
09:48par Télérama ou par Libération, évidemment.
09:51Mais elles existent.
09:52Je me souviens,
09:53quand Audiard a eu la Palme d'Or avec Dipane,
09:56ça avait dérangé le microcosme
09:58de l'entre-soi cultureux
09:59parce que ça montrait l'arrivée de cet émigré
10:02qui ne supportait pas l'insécurité
10:04et qui flinguait d'autres immigrés,
10:06pour résumer.
10:07Mais le film était formidable.
10:10Qu'on ne soit d'accord pas avec le propos,
10:11ce n'est pas le sujet.
10:12Et moi, j'aime bien être dérangé dans mes convictions.
10:14J'ai fait des films très à gauche,
10:15mais qui étaient très bien faits
10:16et qui vous font réfléchir.
10:18Mais il y a des œuvres,
10:19quand vous avez le réalisateur,
10:21comme Jérôme Panahi,
10:22qui est présent à Cannes,
10:23qui est un réalisateur iranien,
10:24qui dénonce le régime des Mollahs,
10:27qui dénonce la République islamique.
10:30Je vais vous assurer qu'il a toute sa place à Cannes,
10:33qu'il est soutenu aussi par des artistes.
10:35Donc, heureusement,
10:36quand on va à l'intérieur de l'événement,
10:40c'est beaucoup moins grotesque
10:42ou monolithique
10:43que ces expressions
10:44qu'on a entendues à la cérémonie d'ouverture
10:47ou les propos que vous venez de relater
10:49en conférence de presse
10:50de Mathieu Cassonitz,
10:52qui d'ailleurs est un super acteur.
10:53Moi, à chaque fois que je le vois,
10:54je le trouve excellent.
10:54Bien sûr.
10:55Je m'ai dit que je n'en peux parler,
10:56mais même ce que vous avez passé tout à l'heure,
10:57je n'ai pas compris.
10:58Il dit à un moment donné
10:59que la France ne s'est pas intégrée
11:00et puis après qu'on est super intégrant.
11:01Je vais être très fier de tout ça.
11:03Bon, je pense qu'il y a un peu de...
11:05Enfin, c'est un peu contradictoire
11:07et peut-être un peu cramé dans le cerveau.
11:09Je ne sais pas.
11:11Mais c'est un grand acteur
11:12et puis il a bien le droit de dire ce qu'il veut
11:13tant qu'il n'a pas atteint
11:15mais c'est vrai.
11:17Non, mais si vous voulez,
11:18en fait, moi, ce qui m'a fait réagir
11:21effectivement par rapport à ce que vous aviez dit,
11:24c'est que c'est très bien, bien sûr,
11:25que tout chacun a le droit
11:27de dire ce qu'il veut
11:28et heureusement, c'est ça la liberté d'expression,
11:31mais on peut dire aussi qu'un artiste connu,
11:33que ce soit un Robert De Niro ou autre
11:34qui était là,
11:36ça pèse quand même.
11:37Mais c'est normal.
11:38Et ça pèse plus qu'un citoyen lambda
11:40parce qu'il est connu, adoré
11:42et pour son talent
11:43et personne ne n'ira le talent
11:45de tel ou de tel.
11:47Mais moi, ce qui m'a frappé,
11:49et je voudrais qu'on revienne là-dessus,
11:51c'est ce que vous avez dit quand même.
11:52Il est frappant que dans des festivals
11:55comme ça,
11:56dans des circonstances comme ça
11:59où la presse du monde entier est là,
12:01effectivement, on parle d'un artiste
12:03et pas un mot sur Boilem sans salle
12:05pour prendre votre exemple.
12:08J'allais y venir,
12:08c'est-à-dire que ce qui est insupportable
12:10dans tout cela,
12:12c'est la monoculture.
12:13C'est un peu la mièvrerie.
12:16Et c'est toujours à sens unique.
12:18Donc, il y a des combats
12:19qui, tout d'un coup,
12:20sont repris par le microcosme cultureux
12:24et qui dénoncent de façon générale
12:27l'oppression,
12:28ce qui ne mange pas de pain.
12:28On est tous contre l'oppression.
12:30Bien sûr.
12:31Et contre la violence
12:32et contre le mal, bien sûr.
12:33Mais en revanche,
12:34on ne sait pas dénoncer l'oppression
12:36d'un de nos compatriotes
12:38qui lui-même est un immense artiste
12:39et qui est victime de l'arbitraire total
12:41et qui est mis en tol.
12:43C'est-à-dire que ces mêmes gens,
12:44je pense,
12:45n'auraient pas su voir Solzhenitsyn.
12:46Et d'ailleurs,
12:47ils ne savaient pas le voir
12:48dans les années 70.
12:49Absolument.
12:50Vous voyez ?
12:51Ces personnes-là
12:52sont soit dans l'abstraction,
12:56soit dans des combats
12:57qui ont des arrière-pensées politiques
12:59très souvent d'extrême-gauche
13:00parce qu'il ne faut pas se leurrer
13:01parce qu'il y a la naïveté
13:03parfois chez certains artistes,
13:04mais d'autres sont très bien encadrés.
13:07Ils savent ce qu'il faut.
13:08Il y a vraiment de la stratégie d'entrisme
13:10et de propagande d'extrême-gauche.
13:13C'est très présent dans les mieux progressistes.
13:15Mais c'est aussi un révélateur.
13:17Et c'est peut-être la faute d'ailleurs
13:19de la droite d'avoir abandonné
13:20la culture pendant trop longtemps,
13:22d'avoir abandonné aussi
13:23la formation journalistique.
13:25Moi, je ne veux pas
13:25qu'elle soit idéologique,
13:26la formation journalistique.
13:27Mais quand vous faites un sondage
13:28dans une école de journalisme
13:30à Sciences Po,
13:30ça avait été fait il y a quelques années
13:32sur une présidentielle,
13:33et que vous avez 90% qui vous disent
13:36qu'ils votent pour Mélenchon
13:37ou un socialiste,
13:38ils en ont le droit.
13:39Mais c'est quand même curieux.
13:40Ça pose un problème de démocratie.
13:43Évidemment.
13:43Donc là, on a, j'allais dire,
13:45une sorte de concentré de cela.
13:49Notamment chez les Français
13:50et un peu chez les Américains.
13:52Alors, c'est sûr que quand Robert Niro parle,
13:53ça a de l'allure.
13:55Ça interpelle, évidemment.
13:56Mais ça reste très, très, très monolithique.
14:01Et je n'ai été sidéré
14:02que ni aucun des artistes,
14:04mais pas non plus la ministre de la Culture,
14:07ne prononce une seule fois
14:09le nom de Boalem Sansal,
14:11compatriote franco-algérien,
14:14mais qui a aussi la nationalité française,
14:15qui est un immense écrivain,
14:18qui rayonne dans le monde entier.
14:21Je ne demande pas aux gens
14:21de partager tout ce qu'il dit.
14:23Comme moi, je défends la liberté
14:26d'un artiste qui serait de gauche.
14:28Ça m'arrive souvent.
14:29Et s'il est opprimé,
14:30je le défendrai dans mes prises de position.
14:34Mais je voudrais que ce que je disais,
14:35que ce ne soit pas à sens unique,
14:37qu'on ne soit pas dans l'hémiplégie
14:38de l'indignation.
14:40Et qu'à ce titre,
14:41le cinéma,
14:42on le retrouve dans les œuvres,
14:45mais on le retrouve un petit peu moins
14:47dans les prises,
14:48dans les postures,
14:49qui là sont parfois...
14:50Voilà.
14:51Il ne faudrait pas que ces postures
14:52soient des impostures.
14:54Et comme vous dites,
14:54le problème, c'est exactement ça.
14:56Ce sont dans les œuvres,
14:57qu'elles soient de gauche
14:58ou d'ailleurs.
15:00C'est là où on retrouve le combat.
15:03Exactement.
15:04Et puis le problème,
15:04c'est que moi,
15:05je suis attaché à la manifestation
15:06parce que je vous dis,
15:08malgré son côté parfois exaspérant,
15:10c'est une vraie diversité,
15:12c'est une vraie fenêtre
15:13sur la création.
15:15Il y a des grands réalisateurs
15:16comme Stokko, Storica,
15:18comme vous voyez.
15:18Bien sûr.
15:19Terrence Malick
15:20qui était venu avec Tree of Life.
15:21C'est un film prodigieux
15:22sur Dieu.
15:24Bien sûr.
15:24C'est vraiment magnifique.
15:26Le festival,
15:28en plus,
15:28a des retombées économiques
15:29très importantes pour la France.
15:30Ça rapporte plus de 300 millions d'euros.
15:33Ça rapporte beaucoup plus
15:34que ce que ça coûte.
15:35Ça crée des emplois, etc.
15:36Et c'est une fierté française.
15:38C'est le plus grand festival
15:39culturel au monde.
15:40Il est en France.
15:41Les Américains n'ont pas réussi
15:42à faire l'équivalent.
15:43Les Chinois n'ont plus
15:44et d'autres pays n'ont plus.
15:46Donc, c'est bien.
15:47Mais ces artistes
15:48avec cette expression
15:49qui est un peu tarte à la crème,
15:51qui est monolithique,
15:52ça crée une réaction inverse.
15:54Ça exaspère tout le monde.
15:55C'est à dire,
15:56mais les gars,
15:56arrêtez de nous faire la leçon.
15:57C'est comme qu'il y a eu
15:58une pétition il y a quelques années
16:00d'acteurs français
16:01pour dire aux gens
16:02de ne plus manger de la viande
16:03le lundi
16:03parce que ce serait mauvais
16:04pour la planète.
16:05Vous imaginez,
16:06ces gens-là
16:07qui n'ont pas payé une addition
16:08pour certains depuis 20 ans,
16:10moi, les gens que je vois
16:11dans mes permanences,
16:12leur problème,
16:13c'est de pouvoir acheter
16:13de la viande.
16:15Et ce que je dis
16:15est rigoureusement vrai.
16:16Il y avait une pétition là-dessus.
16:18Ils mangent du quinoa,
16:19très bien.
16:19Ils en ont tout à fait le droit.
16:21Mais de vouloir imposer le quinoa
16:22à des personnes
16:23qui ne gagnent pas le SMIC,
16:24c'est un peu plus compliqué.
16:25Et je vais vous dire,
16:26et ça se résume.
16:27C'est une question à ces leçons-là.
16:28Et c'est vrai.
16:28Et moi, mon rôle,
16:30ma liberté,
16:30c'est aussi de le dire.
16:32Ben, bien sûr.
16:33Heureusement.
16:33Il faut rappeler
16:34que le festival de Cannes
16:35a été créé en 1939.
16:37Il avait été avorté
16:38par la déclaration de guerre
16:39en septembre.
16:41Déjà, c'était un acte politique
16:43puisque c'était une alliance
16:44d'Hollywood
16:45et du Front populaire
16:46grâce à un type génial
16:47qui était Erlinger,
16:49Philippe Erlinger
16:49qui était un grand diplomate
16:50et qui voulait faire
16:51le festival des démocraties.
16:52Et puis, ça revient en 1946.
16:55Mais Erlinger,
16:56dans le règlement intérieur
16:57du festival,
16:58avait dit
16:58les œuvres doivent être sélectionnées
17:01pour leur qualité artistique
17:03et non pas pour l'idéologie
17:04puisque c'était les pays
17:05qui sélectionnaient.
17:06Ben voilà.
17:06C'est encore le cas aujourd'hui.
17:08Tout à fait.
17:08Tout à fait.
17:09C'est le cas aujourd'hui.
17:11Non, mais...
17:12Ne jetons pas l'œuvre
17:13qui est le bébé
17:14avec l'eau du bain
17:16qui sont les expressions
17:17un peu ridicules
17:17d'artistes de bonne conscience.
17:19On est bien d'accord.
17:20Disons simplement,
17:21on est brés à entendre
17:21moins le chouintement
17:23de l'eau du bain
17:23que les vagissements
17:25et les bons vagissements
17:26des bébés.
17:27Merci David Isda.
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