00:00Montez les marches à Cannes, le fameux tapis rouge, l'escalier, etc.
00:04Maud Coffler, vous étiez à Cannes le week-end dernier, vous étiez déjà le week-end d'avant.
00:08Alors, dites-nous un peu, je crois qu'il y a eu quand même un moment très fort, un moment de vérité,
00:14à la fin du festival, en tout cas au moment de la Palme d'Or notamment.
00:18Oui, parce qu'on a entendu beaucoup de choses négatives sur le festival de Cannes depuis deux semaines.
00:21On se souvient du discours d'ouverture faussement larmoyant de Juliette Binoche,
00:24des propos odieux de Mathieu Cassovitz dont vous avez parlé ici sur le plateau de C'est à vous.
00:29en début de semaine dernière, et de la tribune signée par une centaine d'artistes pour dénoncer, je cite,
00:33le génocide à Gaza. Et comme l'a très justement rappelé le maire de Cannes, David Lysnara,
00:37votre micro, André Bercoff, je synthétise, mais le bal des hypocrites, ça suffit,
00:41pas un mot pour Boalem Sansal. Tous les otages ne se valent pas,
00:44mais surtout le festival de Cannes n'a pas à devenir une tribune politique.
00:47Et vous l'avez dit, le point positif de ce festival, et on peut dire que c'est une surprise,
00:52pour le coup, c'est la Palme d'Or qui a été attribuée au cinéaste iranien Jafar Panaï pour son film
00:56« Un simple accident ». Dans ce long-métrage d'1h40 tourné clandestinement à Téhéran,
01:00Jafar Panaï, qui vient alors de sortir de prison à cause d'un précédent film,
01:04déjà critique du régime iranien, raconte le martyr des prisonniers du régime d'Emola
01:08à travers une épopée absurde en camionnette.
01:12Je ne vous raconte pas l'histoire, je vous propose vraiment de le découvrir,
01:14parce qu'on n'a vraiment pas le temps. Mais en tout cas, il faut vraiment retenir ça,
01:17c'est qu'il a été emprisonné pendant six mois, il a été interdit de tourner des films
01:21pendant 20 ans, donc autant vous dire qu'il n'a pas respecté cette condamnation.
01:25Voilà, on ne sait pas ce qu'il attend à Téhéran, où il est revenu il y a deux jours,
01:29mais je voudrais citer cette déclaration qu'il a faite au Festival de Cannes.
01:33Ce qui importe le plus, c'est que le film ait été réalisé,
01:36je n'ai pas pris le temps de penser à ce qui pourrait arriver,
01:38je suis vivant tant que je fais des films.
01:40On aimerait beaucoup que Gilles Binoche se contente de ça.
01:43Ben écoutez, voilà, c'est une conclusion en tout cas heureuse du Festival de Cannes,
01:47il n'y a pas que des modalités et il n'y a pas que des bobos politiquement corrects.
01:51Il y a aussi des gens qui risquent leur peau et qui sortent de leur zone de confort.
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