00:00RTL événement
00:02Et on l'entend souvent, travailler ne protège plus de la pauvreté.
00:07Et bien, c'est notre événement ce matin sur RTL.
00:09En voici une nouvelle illustration, un chiffre qui fait froid dans le dos.
00:13D'après un réseau d'associations d'aides alimentaires,
00:1617% des salariés sont aujourd'hui des travailleurs pauvres.
00:19La moitié d'entre eux ne mangent pas à leur faim.
00:21Ça veut dire en clair qu'on peut aujourd'hui avoir un job
00:24et ne pas réussir à se nourrir, à nourrir sa famille.
00:26Bonjour Mathilde Piquet.
00:27Bonjour.
00:28Vous êtes allé à la rencontre de ces travailleurs précaires
00:31dans une épicerie solidaire d'Arcueil au sud de Paris.
00:33Oui, la petite salle ressemble presque à un supermarché.
00:36Des étagères remplies de conserves, des frigos pour le poisson et la viande,
00:40des étiquettes avec les prix.
00:42Ici, 36 familles sur 93 sont considérées comme travailleurs pauvres.
00:47Parmi elles, Awa, son panier de course à la main.
00:50Cette auxiliaire de puériculture travaille à temps partiel
00:52pour un salaire de 750 euros.
00:55Avec deux enfants, ça ne suffit pas.
00:57alors elle doit travailler 5 à 10 nuits par mois.
00:59Je vais prendre votre carte, Awa, s'il vous plaît.
01:02Awa, vous avez 32 ans.
01:03Parfois, c'est difficile.
01:05C'est ma mère qui m'aide à garder mes enfants la nuit.
01:07Quand je vais au travail, mon fils, il me l'a gardé.
01:09Il disait à mamie, Awa, il est parti.
01:12Ça me donne vraiment l'arbre aux yeux et ça me fait pleurer.
01:15Grâce à ses nuits travaillées, Awa dit toucher 1400 euros le SMIC.
01:19De quoi payer son loyer de 600 euros, ses factures d'électricité et d'eau, 250 euros par mois.
01:26Mais il faut ajouter les soins pour l'un de ses enfants handicapés.
01:29En bas du relevé de compte, il ne reste plus grand-chose pour se nourrir une injustice, selon Awa.
01:34C'est une espèce d'inégalité.
01:37La petite enfance, ce n'est pas payé à sa juste valeur, mais c'est physique.
01:41On est content de travailler très tôt le matin et très tard le soir.
01:45Et à la fin, on gagne qu'il y a des miettes.
01:47Comme je sais que tu prends toujours 2 kilos, 2 kilos.
01:49Oui, 2 kilos, 2 kilos.
01:50Bon, ben, à la prochaine, merci beaucoup.
01:53Ces travailleurs pauvres ont souvent le même profil des familles monoparentales qui travaillent à temps partiel.
01:59Et Mathilde, cette situation s'est nettement aggravée ces dernières années.
02:01Oui, depuis le Covid, en fait.
02:03Ensuite, l'inflation n'a rien arrangé.
02:06Ferrouz met une boîte de conserve dans son caddie.
02:08Cette maman solo travaille à temps partiel avec un salaire de 300 euros par mois et 400 euros d'aide.
02:14Travailler ne suffit plus depuis l'inflation.
02:16Depuis qu'il y a eu la crise, ça devient de plus en plus cher, surtout les légumes.
02:20Avant, on arrivait à s'en sortir avec 80 euros, par exemple.
02:23J'arrivais à sortir avec un grand caddie pour tenir à peu près 20 jours.
02:27Avec un petit salaire, les gens, ils n'arrivent plus à tenir.
02:30Et le phénomène est généralisé en Resto du Coeur.
02:33La part des bénéficiaires salariés est passée de 9% en 2022 à 12% en 2024.
02:39Et on imagine, Mathilde, que pour les associations, ces travailleurs sont forcément un public un peu particulier.
02:44Comment font-elles pour s'adapter ?
02:45Eh bien, à Arcueil, les bénéficiaires ne paient que 10% du montant de leur course.
02:49Mais ce n'est pas une raison pour rogner sur la qualité des produits.
02:52Catherine Gouzou, la responsable.
02:53Il n'y a plus que du lait bio et des œufs bio.
02:56Et on les a laissés à nos prix avant, quand on n'avait pas du bio.
02:59Ce n'est pas parce qu'on n'a pas forcément les moyens.
03:01On a le droit, comme à tout le monde, de pouvoir avoir des produits de qualité.
03:05Ici, les bénéficiaires sont inscrits pour un an maximum pour les inciter à effectuer des démarches pour sortir de la précarité.
03:11Merci beaucoup, Mathilde Piquet.
03:13Si vous le pouvez, vous savez qu'il y a des campagnes, des restos du cœur, souvent l'hiver.
03:16Mais c'est toute l'année, vraiment, que ces associations ont besoin d'un petit...
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