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  • il y a 8 mois
Selon une récente étude du réseau d'associations Andès, 17% des travailleurs sont considérés comme travailleurs pauvres. Parmi eux, 50% déclarent ne pas manger à leur faim. Reportage dans une épicerie solidaire, pour comprendre le quotidien de ces travailleurs dans une situation de grande précarité et pour qui le travail ne suffit plus pour vivre.
Regardez RTL Événement avec Mathilde Piqué du 20 mai 2025.

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Transcription
00:00RTL événement
00:02Et on l'entend souvent, travailler ne protège plus de la pauvreté.
00:07Et bien, c'est notre événement ce matin sur RTL.
00:09En voici une nouvelle illustration, un chiffre qui fait froid dans le dos.
00:13D'après un réseau d'associations d'aides alimentaires,
00:1617% des salariés sont aujourd'hui des travailleurs pauvres.
00:19La moitié d'entre eux ne mangent pas à leur faim.
00:21Ça veut dire en clair qu'on peut aujourd'hui avoir un job
00:24et ne pas réussir à se nourrir, à nourrir sa famille.
00:26Bonjour Mathilde Piquet.
00:27Bonjour.
00:28Vous êtes allé à la rencontre de ces travailleurs précaires
00:31dans une épicerie solidaire d'Arcueil au sud de Paris.
00:33Oui, la petite salle ressemble presque à un supermarché.
00:36Des étagères remplies de conserves, des frigos pour le poisson et la viande,
00:40des étiquettes avec les prix.
00:42Ici, 36 familles sur 93 sont considérées comme travailleurs pauvres.
00:47Parmi elles, Awa, son panier de course à la main.
00:50Cette auxiliaire de puériculture travaille à temps partiel
00:52pour un salaire de 750 euros.
00:55Avec deux enfants, ça ne suffit pas.
00:57alors elle doit travailler 5 à 10 nuits par mois.
00:59Je vais prendre votre carte, Awa, s'il vous plaît.
01:02Awa, vous avez 32 ans.
01:03Parfois, c'est difficile.
01:05C'est ma mère qui m'aide à garder mes enfants la nuit.
01:07Quand je vais au travail, mon fils, il me l'a gardé.
01:09Il disait à mamie, Awa, il est parti.
01:12Ça me donne vraiment l'arbre aux yeux et ça me fait pleurer.
01:15Grâce à ses nuits travaillées, Awa dit toucher 1400 euros le SMIC.
01:19De quoi payer son loyer de 600 euros, ses factures d'électricité et d'eau, 250 euros par mois.
01:26Mais il faut ajouter les soins pour l'un de ses enfants handicapés.
01:29En bas du relevé de compte, il ne reste plus grand-chose pour se nourrir une injustice, selon Awa.
01:34C'est une espèce d'inégalité.
01:37La petite enfance, ce n'est pas payé à sa juste valeur, mais c'est physique.
01:41On est content de travailler très tôt le matin et très tard le soir.
01:45Et à la fin, on gagne qu'il y a des miettes.
01:47Comme je sais que tu prends toujours 2 kilos, 2 kilos.
01:49Oui, 2 kilos, 2 kilos.
01:50Bon, ben, à la prochaine, merci beaucoup.
01:53Ces travailleurs pauvres ont souvent le même profil des familles monoparentales qui travaillent à temps partiel.
01:59Et Mathilde, cette situation s'est nettement aggravée ces dernières années.
02:01Oui, depuis le Covid, en fait.
02:03Ensuite, l'inflation n'a rien arrangé.
02:06Ferrouz met une boîte de conserve dans son caddie.
02:08Cette maman solo travaille à temps partiel avec un salaire de 300 euros par mois et 400 euros d'aide.
02:14Travailler ne suffit plus depuis l'inflation.
02:16Depuis qu'il y a eu la crise, ça devient de plus en plus cher, surtout les légumes.
02:20Avant, on arrivait à s'en sortir avec 80 euros, par exemple.
02:23J'arrivais à sortir avec un grand caddie pour tenir à peu près 20 jours.
02:27Avec un petit salaire, les gens, ils n'arrivent plus à tenir.
02:30Et le phénomène est généralisé en Resto du Coeur.
02:33La part des bénéficiaires salariés est passée de 9% en 2022 à 12% en 2024.
02:39Et on imagine, Mathilde, que pour les associations, ces travailleurs sont forcément un public un peu particulier.
02:44Comment font-elles pour s'adapter ?
02:45Eh bien, à Arcueil, les bénéficiaires ne paient que 10% du montant de leur course.
02:49Mais ce n'est pas une raison pour rogner sur la qualité des produits.
02:52Catherine Gouzou, la responsable.
02:53Il n'y a plus que du lait bio et des œufs bio.
02:56Et on les a laissés à nos prix avant, quand on n'avait pas du bio.
02:59Ce n'est pas parce qu'on n'a pas forcément les moyens.
03:01On a le droit, comme à tout le monde, de pouvoir avoir des produits de qualité.
03:05Ici, les bénéficiaires sont inscrits pour un an maximum pour les inciter à effectuer des démarches pour sortir de la précarité.
03:11Merci beaucoup, Mathilde Piquet.
03:13Si vous le pouvez, vous savez qu'il y a des campagnes, des restos du cœur, souvent l'hiver.
03:16Mais c'est toute l'année, vraiment, que ces associations ont besoin d'un petit...
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