Passer au playerPasser au contenu principal
1
  • il y a 1 an
Après avoir été présenté en compétition officielle au Festival de Cannes, le quatrième film d'Ari Aster, "Eddington", sort en salles ce 16 juillet. Avec Joaquin Phoenix et Pedro Pascal.
Transcription
00:00Comment ça va l'Amérique ? Comment ça va le monde ? Partant de là, pas super bien si on en juge par Eddington.
00:05C'est le film d'Ari Aster qui était présenté en compétition ici au 78e Festival de Cannes,
00:12avec Joaquin Phoenix, donc très attendu, et Pedro Pascal, le GOAT.
00:30C'est le film le plus directement contemporain et branché sur les réseaux sociaux, je pense qu'on verra à Cannes cette année.
00:49C'est-à-dire que c'est comme si Ari Aster avait absorbé 5 ans de réseaux sociaux, de vidéos TikTok, de Karen, de Ken,
01:00de complotistes, de terplatistes, de fous de dieux, enfin, autant dire que c'est un peu terrifiant ce matériau-là qui concasse
01:08dans une histoire qui est située dans une toute petite ville qui s'appelle Eddington et qui se trouve au Nouveau-Mexique.
01:13Alors le film débute donc en printemps 2020, donc c'est le début de la pandémie de Covid, et aux États-Unis aussi, il y avait les mesures barrières, etc.
01:22Ça c'est vraiment la partie la plus réjouissante du film, la plus intéressante aussi, c'est de raconter, nous replonger dans cette période quand même très très particulière.
01:30On pensait qu'on ne la verrait plus au cinéma, bah si, Ari Aster nous y replonge.
01:33Ça donne des scènes assez marrantes, ça replonge aussi dans cette période où, un peu absurde, effectivement, on était tous éloignés à six feet, comme ils disent dans le film,
01:41deux mètres, chacun les uns des autres, avec le masque.
01:45Le problème, c'est que ça se gâte un peu après, parce que, bah, Ari Aster, il a beaucoup d'ambition, ça on le sait depuis ses débuts, ce qui n'est pas un défaut,
01:51mais il a peut-être un peu trop d'ambition par rapport à ses moyens.
01:53Et là, le film, il est vraiment très très chargé.
01:55Donc, Marie l'a dit, on raconte l'état de l'Amérique, mais alors vraiment, on met tout, tout l'état possible de l'Amérique qu'ils sont.
02:03Ça fait un peu étouffe-païen, au bout d'un moment, cette affaire-là, quoi.
02:06Parce qu'en plus, l'humour qu'il y a au début n'est plus toujours aussi bon, suivant les scènes.
02:11Et puis, il y a un effet de, ce qu'il y avait déjà un petit peu dans « Bow is the Fred », une dimension de surenchère permanente,
02:17dans l'action, dans l'horreur, pourquoi pas.
02:21Mais c'est cet effet de toujours plus, tout le temps, tout le temps, qui finit par lasser.
02:26Je dirais que c'est un peu la limite du film, c'est-à-dire qu'il y met beaucoup de choses et que ça finit par créer une sorte de confusion politique.
02:32Moi, je ne sais pas bien ce que veut raconter le film in fine, mais en même temps, c'est peut-être ça que veut raconter le film.
02:37Il y a cette noirceur terrible, assez désespérante, d'un truc qui mélangerait un peu tout
02:42et qui serait peut-être une sorte de constat que, politiquement, nous sommes confus, les amis.
02:50Et l'époque n'est pas terrible.
02:52Donc, il y a effectivement des scènes assez sidérantes de jeunes étudiants blancs qui hurlent aux noirs.
03:00Ce n'est pas mon combat et ce n'est pas à moi de le dire, mais je le dis quand même.
03:03Mais maintenant, ce serait bien que ce soit toi qui le dis.
03:04Enfin, des choses comme ça.
03:06Et c'est vraiment, vraiment comme si on avait passé une journée sur TikTok, sur YouTube, sur X
03:12et qu'on avait compulsé des vidéos jusqu'à en perdre des neurones, clairement,
03:17et que ça finissait par faire la matière d'un film.
03:19Le film est imparfait et en même temps, il vous happe dans une sorte de réel démultiplié.
03:25Moi, je l'ai trouvé très concernant, on va dire.
03:29Joaquin Phoenix, c'est vraiment l'homme de la situation.
03:31Parce que Joaquin Phoenix, c'est vraiment l'acteur qui est capable de se mettre dans tous les états.
03:34Voilà, il est pitoyable, il est dangereux, il est amoureux, il est mendiant, il est gênant.
03:44Et donc, ça crée comme ça, voilà, un personnage assez détestable,
03:49mais en même temps que le film va victimiser petit à petit.
03:54Donc, c'est assez trouble là aussi.
03:57Voilà, je trouve que celle qui s'en sorte le moins bien, finalement,
04:00c'est les personnages féminins.
04:02Je dirais, est-ce que ce ne serait pas une petite constante chez Harry Aster ?
04:06Voilà, continue de faire des films et d'aller chez le psy.
04:09Oui, alors je rejoins tout à fait Marie sur cette critique des personnages féminins.
04:15Alors, Harry Aster a visiblement un problème avec les personnages féminins,
04:18peut-être plus encore avec les mères,
04:19parce qu'il y a encore un personnage de mère assez gratiné dans ce film.
04:23C'est la belle-mère, en fait, du personnage de Joaquin Phoenix,
04:26et donc dans le film, la mère d'Emma Stone,
04:29voilà, une espèce de sorcière vraiment chelou,
04:33voilà, et vraiment pas sympathique du tout.
04:35Voilà, mais tous les personnages féminins du film sont vraiment bizarres,
04:38et à commencer par celui d'Emma Stone aussi,
04:40une espèce de victime, et un peu vraiment bizarre,
04:44qui va tomber dans les griffes d'un gourou joué par Austin Butler.
04:47Bon, ça fait partie des personnages comme ça qui passent dans le film,
04:50qu'on aurait peut-être de voir un petit peu plus développés,
04:52ou de manière peut-être un peu moins caricaturale.
04:54Je dirais que c'est du Ostloune sans le marxisme,
04:57c'est du Cohen sans la poésie et peut-être la philosophie et l'humour qui vont avec,
05:04mais en même temps, c'est pas rien.
05:06Eddington, j'y vivrai pas, mais c'est quand même bien.
05:09Eddington, j'y vivrai encore moins, et c'est bof.
05:17Sous-titrage Société Radio-Canada

Recommandations