- il y a 1 an
Thierry Breton, ancien commissaire européen au marché intérieur et ancien ministre de l’Économie, était l’invité du Face-à-Face sur RMC et BFMTV de ce jeudi 15 mai. Il a été interrogé notamment sur la guerre en Ukraine et le nouveau paquet de sanctions contre Moscou, mais également sur les États-Unis ou encore sur le cri d'alarme des patrons de Renault et Stellantis sur la multiplication des normes européennes qui asphyxient le secteur automobile.
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00:00Il est 8h32, vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Thierry Breton.
00:14Merci d'être là ce matin à mon micro pour répondre à mes questions.
00:17Vous êtes l'ancien commissaire européen, bien sûr.
00:20Vous étiez commissaire européen au marché intérieur.
00:22Aujourd'hui, à Istanbul, il y aura des Européens.
00:27Il y aura peut-être Volodymyr Zelensky, s'il va tout de même attendre un Vladimir Poutine qui a déjà annoncé qu'il n'irait pas.
00:35Est-ce que ça veut dire que Vladimir Poutine continue de se jouer, de se rire de nous tous ?
00:40Je voudrais vous interroger d'abord sur les mots qui ont été utilisés hier à ce même micro, entre 9h et 10h.
00:47Mon invité, c'était le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud.
00:50Il a dit, nous allons prendre des sanctions que nous sommes anciens en train de préparer,
00:57qui seront véritablement dévastatrices contre Moscou.
01:01Est-ce que ça veut dire que tout le boulot que vous avez fait, que les uns et les autres ont fait depuis 3 ans, n'était pas vraiment dévastateur ?
01:07Non, le travail qui a été fait depuis 3 ans a été absolument essentiel pour accompagner d'abord l'Ukraine.
01:13C'était pas rien quand même d'être aujourd'hui le premier contributeur à l'aide à l'Ukraine.
01:20Je dirais tout secteur confondu, la défense, l'aide humanitaire, le soutien également économique.
01:27C'est pas rien quand même de ce que nous avons fait et de ce que nous avons fait collectivement, nous tous Européens.
01:33Et il faut qu'on en soit conscient.
01:35Pourquoi on l'a fait ? Parce qu'évidemment cette guerre, bien sûr c'est une guerre qui est absolument scandaleuse
01:41au regard évidemment du droit international, mais cette guerre également, elle nous concerne nous Européens.
01:46Alors maintenant, il y a eu...
01:48On a effectivement passé hier le 17ème, oui très bien.
01:53Et ça va continuer, il y en a un 18ème qui est en préparation.
01:56Mais ça je dirais, c'est normal compte tenu du fait qu'aujourd'hui l'agresseur c'est Vladimir Poutine
02:03et que rien ne semble vouloir l'arrêter.
02:06Mais ma question n'est pas le fait que ce soit normal ou non que vous preniez ces sanctions.
02:11C'est que je me souviens, à ce même micro, en 2022, en mars 2022, le ministre de l'économie de l'époque, Bruno Le Maire,
02:21avait dit devant moi, nous allons provoquer l'effondrement de l'économie russe.
02:27Chaque sanction avait normalement pour objectif, chaque train de sanctions avait normalement pour objectif
02:31de décourager Vladimir Poutine de cette guerre et de lui mettre une telle pression
02:36qu'il soit obligé de rendre les armes.
02:39Oui, si vous voulez me faire dire que les sanctions vont arrêter la guerre, je vous dis tout de suite, non.
02:44Les sanctions n'arrêteront pas la guerre.
02:46En revanche, que les sanctions aujourd'hui, qui sont quand même légitimes, pardon, mais enfin, cette guerre...
02:53Ce n'est pas ça que j'interroge, Thierry Breton.
02:55J'entends, les sanctions encore une fois, elles accompagnent...
02:58C'est simplement, est-ce que ce n'est pas des coups d'épée dans l'eau ?
02:59Les sanctions, non, c'est un ensemble, c'est un paquet complet, aujourd'hui, de démarches, une démarche globale, cohérente, soutien, sanctions.
03:08Est-ce qu'elles ont affaibli ou isolé, en tout cas économiquement, plus la Russie qu'elle ne l'était, bien entendu ?
03:14Est-ce qu'aujourd'hui, la Russie ne fonctionne uniquement, ou quasi uniquement, à travers son économie dite de guerre ?
03:20Et là, ce n'est pas un vain mot, c'est vraiment une économie de guerre, aujourd'hui, qui fait tourner la Russie.
03:26Est-ce que la Russie souffre d'un prix du baril qui est très inférieur à ce qu'il était auparavant ?
03:32Bien entendu.
03:33Donc, est-ce que la Russie souffre économiquement ?
03:35Je ne m'en rejoue pas, mais enfin, c'est un constat.
03:37Bien sûr, bien sûr.
03:39Est-ce qu'aujourd'hui, du reste, et c'est peut-être la vraie question qu'il faut se poser,
03:42est-ce que Vladimir Poutine a besoin de la guerre, encore, y compris pour se maintenir ?
03:48Je ne suis pas loin de le penser.
03:50Il a intérêt à ce que la guerre se poursuive ?
03:53Je ne suis pas loin de le penser, et c'est donc la raison pour laquelle il faut, par tous les moyens,
03:57créer une coalition la plus large possible pour le contraindre.
04:01On a vu comme c'était difficile.
04:03On a vu comme c'était difficile de remettre les États-Unis avec nous sur cette question,
04:10alors qu'il l'était, évidemment, massivement avant l'arrivée du président Trump.
04:16Il y a eu, évidemment, comme on dit en jargon politique ou diplomatique, des bougées.
04:20On l'a vu, en particulier lors de la visite à Kiev du week-end dernier,
04:26des quatre membres de la coalition de volontaires.
04:30Je fais allusion, évidemment, à Emmanuel Macron, à Kirchner, à Friedrich Schmerz et à Donald Tusk.
04:37Bien sûr. Est-ce que ça suffit ? Non. Est-ce qu'il faut accélérer ? Oui.
04:41On en est au 17e paquet de sanctions.
04:43Je leur ai dit, il ne faut pas donner le sentiment que c'est parce qu'on va avoir un 18e que ça va s'arrêter.
04:47Mais tant que lui continuera, il faudra que nous, nous continuons.
04:50Thierry Breton, il y a beaucoup de choses dans ce que vous avez dit.
04:51On reviendra, évidemment, dans un instant aussi sur l'aspect économique de l'arrivée de Donald Trump,
04:55sur la question aujourd'hui des débouchés économiques et des négociations commerciales.
05:01Mais lorsque vous évoquez ces quatre-là, au fond, ça n'est plus dans le cadre de l'Union européenne que ça se joue.
05:08Oui, vous avez parfaitement raison.
05:10Et d'abord, je regrette que l'Union européenne ait quasiment disparu de ces négociations.
05:19On avait imaginé, lors de la commission précédente, que la commission européenne devait jouer un rôle géopolitique.
05:24On appelait ça la commission géopolitique.
05:26On voit qu'aujourd'hui, la commission n'est absolument plus géopolitique.
05:28Au fond, ça n'a jamais vraiment été non plus son rôle, si on s'en réfère au traité.
05:32Mais de là à être totalement absente, y compris dans des discussions, y compris dans celles qu'il y a eu en Pologne ce week-end dernier,
05:42eh bien oui, je suis de ceux qui le regrettent.
05:44Parce que, encore une fois, la commission européenne, elle représente certes uniquement les aspects industriels, en particulier de défense.
05:53Enfin, ce n'est pas rien d'avoir les moyens, de se donner les moyens de nous coordonner pour augmenter nos capacités de défense,
06:00et en particulier nos capacités d'augmentation de production industrielle.
06:03Et de comprendre aussi ce qu'il se joue dans ce collectif de l'Union européenne.
06:08Lorsque vous avez vu, vendredi dernier, sur la Place Rouge, Robert Ficot.
06:14Robert Ficot, c'est le premier ministre slovaque.
06:18Il était à Moscou pour ce jour de démonstration de force militaire sur la Place Rouge,
06:25ostensiblement aux côtés de Vladimir Poussi.
06:28Non, mais absolument. Je trouve ça particulièrement choquant.
06:32Il fait partie, évidemment, des 27.
06:33Il connaît parfaitement, encore une fois, la position, qui est la position des 27.
06:38Robert Ficot est le seul à y être allé.
06:43C'est évidemment son droit souverain, donc on ne va pas le contester pour ça.
06:48Mais ça en dit long, il est très critiqué.
06:51Très critiqué, maintenant, en Slovaquie et en Bratislava, je peux vous le dire, très critiqué.
06:57Mais on verra bien.
06:58Il y a des manifestations à qui commencent à...
07:00Vous noterez également qu'il partage, évidemment, cette ambiguïté entre Poutine et Trump,
07:09avec un de ses collègues.
07:11Je fais allusion à Viktor Orban.
07:12Mais vous noterez que Viktor Orban...
07:13Viktor Orban ne s'est pas rendu.
07:15Exactement.
07:16Donc ça veut dire que, quelque part, en politique, l'expérience, ça paye,
07:21quel que soit, encore une fois, ses options.
07:23Vous voulez dire que c'est une erreur de débutant de la part de Robert Ficot ?
07:26En tout état de cause, il faut s'interroger.
07:28Pourquoi, alors que Viktor Orban est encore plus vocal que lui sur ses questions,
07:33il n'est pas allé ?
07:34Mais ma question, c'est tout de même...
07:35La réponse est simple, à Péline de Malherbe.
07:37Parce que, évidemment, tous les pays membres de l'Union ont besoin de l'Union.
07:41Alors, ils peuvent raconter ce qu'ils veulent à leur opinion,
07:43mais à la fin, ils en ont besoin.
07:45Et Robert Ficot en aura besoin aussi.
07:47Mais a-t-il encore sa place dans l'Union européenne ?
07:50Bien sûr, bien sûr.
07:50Comment on fait pour se mettre d'accord, pour tenir le discours que vous tenez aujourd'hui,
07:54vous qui incarnez quand même l'Europe, encore aujourd'hui aux yeux des Français,
07:59et devoir composer avec ceux qui vont ostensiblement aux côtés de Vladimir Poutine
08:07pour ce jour du 9 mai ?
08:09Et madame de Malherbe, nous sommes une grande démocratie continentale.
08:13Nous avons un Parlement européen qui représente nos 450 millions de concitoyens.
08:18Ils ne pensent pas tous pareil.
08:20Et quelque part, quand on leur soumet des textes, ils votent.
08:22Nous avons également un Conseil européen.
08:24C'est un peu l'équivalent pour nos auditeurs du Sénat,
08:27qui représente les États.
08:29On n'est pas un État fédéral, mais par contre, sur les co-législations,
08:32on fonctionne sur un système bicaméral.
08:34Eh bien, voilà, dans notre Sénat européen à nous, je mets des guillemets,
08:38oui, il y en a qui pensent différemment, mais à la fin, on prend les décisions.
08:42Chacun a le droit de penser ce qu'il veut, pour peu évidemment,
08:46qu'il respecte les traités.
08:48Et c'est à ça qu'il faut être très, très, très attentif.
08:51Et je le dis, le respect des traités, le respect de la gouvernance
08:54est absolument essentiel dans les périodes critiques et historiques que nous vivons.
09:00Lorsque vous voyez les réarmements mis en place aujourd'hui
09:04par les différents pays européens, notamment l'Allemagne,
09:07qui jusqu'alors, et lorsque vous étiez encore commissaire européen,
09:12brandissaient sans cesse les règles budgétaires
09:15qui ne laissaient pas déraper le budget,
09:19y compris pour des questions aussi majeures que des questions de réarmement.
09:23Qu'est-ce qui se joue aujourd'hui ?
09:24Est-ce que la souveraineté européenne, on s'en donne véritablement les moyens ?
09:28On sait par quoi elle va passer.
09:29Elle va passer par une autonomie en matière de défense.
09:32Aujourd'hui, c'est clair, on dépend beaucoup trop encore des États-Unis.
09:35Et on le voit. Donc, aujourd'hui, toutes les gesticulations diplomatiques,
09:40appelons-les comme ça, auxquelles nous assistons,
09:43elles ont un but, Apolline de Malherme.
09:45C'est de ramener les États-Unis avec nous.
09:47Celui qui est au centre du jeu, qu'on le veuille ou non,
09:50que ça fasse plaisir ou non, c'est Donald Trump.
09:52C'est Donald Trump parce que c'est lui qui fait basculer.
09:55Y compris, par parenthèse, dans les autres négociations qu'il y a.
09:57Donc, on voit bien que pour nous, tant que nous aurons cette dépendance excessive,
10:03eh bien, on ne sera pas souverain.
10:05Donc, oui, c'est absolument indispensable.
10:07Ce que, à mon niveau, j'avais commencé à faire avec force,
10:11pour les satellites, pour les constellations, pour les munitions,
10:15pour l'ensemble du réarmement européen dans sa base industrielle.
10:20Oui, c'est absolument essentiel aujourd'hui d'accélérer.
10:23Alors, on peut se réjouir, mais il faut se réjouir que, je dirais,
10:25enfin, l'Allemagne corrige cette espèce de situation anormale
10:30dans laquelle elle était, notamment depuis le début des années 2000,
10:34où elle ne dépensait que 1% de son PNB pour la défense.
10:37Il fallait monter à deux.
10:38C'est fait maintenant.
10:39Ils ont pris la décision.
10:40Il faut s'en féliciter.
10:41C'est 500 milliards d'euros qui vont être mis sur la table.
10:43Notre souveraineté, comme vous dites, elle est essentielle,
10:46ne pas dépendre des États-Unis.
10:48Alors, on vient d'en parler sur le moment,
10:49mais quand vous entendez hier qu'une entreprise comme Sanofi
10:52annonce qu'elle va investir 20 milliards de dollars aux États-Unis,
10:57est-ce qu'au fond, les États-Unis ne sont pas en train de gagner leur pari,
11:01c'est-à-dire attirer les entreprises européennes là-bas ?
11:04Mais il ne faut pas être naïf.
11:07L'ensemble des projets que vous voyez, Pauline de Malherbe,
11:10ils ne sont pas nés en un claquement de doigts.
11:13Et je crois que Donald Trump est maintenant en place depuis 100 jours.
11:18On ne met pas 100 jours pour prendre une décision d'investissement,
11:21surtout des investissements de cette nature.
11:23Pour une entreprise, j'ai été chef d'entreprise,
11:26et c'est 6 mois, 1 an, 2 ans.
11:29Donc tous les investissements que vous voyez maintenant aux États-Unis,
11:31il est évident...
11:31Donc ce n'est pas une victoire de Donald Trump dont il pourrait se targuer ?
11:34En tout cas, pas maintenant, c'est trop tôt.
11:36Ils sont en fait l'héritage de quoi ?
11:40De Biden.
11:41Il faut appeler un chat un chat.
11:42Vous vous souvenez de ce fameux IRA,
11:44Inflation Reduction Act,
11:46c'est-à-dire le programme qui nous avait beaucoup choqués du reste.
11:48Vous voyez, ça ne date pas de Donald Trump.
11:50On est plus facilement choqués par Donald Trump qu'on aurait dû l'être par Joe Biden.
11:54J'avais été extrêmement vocal,
11:56j'avais même décidé d'annuler une réunion aux États-Unis,
11:58ça m'avait évalué quelques problèmes,
12:00parce que j'estimais que c'était tout à fait inadmissible la façon dont nous avions été traités,
12:03parce qu'on n'avait pas été prévenus.
12:05On a tendance à faire de Donald Trump le coupable idéal, au fond ?
12:10Vous savez, Donald Trump,
12:12vous en parlez à longueur de plateau,
12:16on voit très bien comment il agit.
12:17Il pose souvent des questions qui ne sont pas des questions fausses.
12:21Quand il dit que les États-Unis étaient devenus trop dépendants de la Chine, c'est vrai.
12:24Quand il dit que les États-Unis sont trop désindustrialisés,
12:27il faut voir ce qui se passe dans la Roosevelt.
12:29Maintenant, la méthode, alors c'est la méthode, là on peut la critiquer.
12:32Mais quand Emmanuel Macron, au lendemain des annonces de Donald Trump sur les droits de douane,
12:38s'est adressé aux entrepreneurs français,
12:40en disant, en les appelant à geler leurs investissements aux États-Unis,
12:44il n'a pas été entendu.
12:45Cette annonce de Sanofi hier montre que...
12:48Oui, mais parce qu'encore une fois, il y a le rythme et la vie des entreprises,
12:52et puis il y a les rythmes politiques.
12:53Il faut faire très attention de ne pas mêler les deux,
12:55sauf que dans les négociations commerciales que nous avons aujourd'hui,
12:59il y en a trois.
13:00Il y a les négociations pour discuter sur ces fameux 10%,
13:02il faut voir, on se demande pourquoi.
13:04Il y a ensuite les négociations industrielles.
13:06Il a mis 25% de droits de douane sur certains secteurs,
13:08et évidemment, il s'apprête en mètre, on le sait,
13:11sur l'automobile c'est fait, les semi-conducteurs,
13:14maintenant évidemment la santé,
13:15donc c'est aussi pour ça que certains bougent.
13:17Mais ce que je veux dire,
13:18c'est que pour pouvoir négocier encore une fois
13:20avec les Etats-Unis,
13:22on est un marché de 450 millions de consommateurs,
13:24une fois et demie le marché américain,
13:26on est une fois et demie plus gros que les Etats-Unis
13:28en termes de marché et de population.
13:31Il faut évidemment arriver de façon agrégée,
13:33donc l'idée, je dirais la situation idéale,
13:37c'est non plus que les entreprises viennent en ordre dispersé,
13:41mais c'est de dire, vous avez vos projets,
13:42c'est légitime,
13:43et ce n'est pas du tout à l'État ou à quelques États
13:45de les contester ou d'en discuter,
13:47en revanche, venons plutôt grouper,
13:50plutôt qu'il y aller un par un,
13:51Vous trouvez que la méthode n'est pas la bonne ?
13:53Non, ce que je veux dire,
13:53c'est que quand vous arrivez dans le bureau Oval
13:55et que vous pesez 10 investissements de Sanofi
13:57parce qu'ils ont été pris ici ou là,
13:59vous pesez différemment.
14:01Et il n'y a que ça,
14:02il n'y a que ça, Pauline de Malherbe,
14:03que Donald Trump comprend les rapports de force,
14:06y compris quand ils sont positifs.
14:08On n'entend plus beaucoup Elon Musk d'ailleurs.
14:10Ah oui, vous l'avez constaté, moi aussi.
14:12Peut-être que ça fait plaisir à ses actionnaires
14:15ou peut-être du reste que ceux-ci l'ont demandé
14:16qu'il parle plus à ses salariés,
14:19à ses clients qu'à nous, par exemple.
14:22Donc finalement, il vous a lâché un peu
14:25parce qu'il était sur toutes les...
14:27D'ailleurs, y compris les interventions,
14:29il tweetait sur vos interventions ici,
14:31au micro de BFM, d'RMC.
14:33Écoutez, dans la mesure où je me prononce pas
14:36sur ses affaires, effectivement,
14:38que maintenant il est, je l'espère en tout cas
14:41pour ses actionnaires,
14:42focalisé à 100% sur son travail.
14:44Vous estimez que chacun son rôle ?
14:46J'estime que c'est très difficile
14:48d'être à la fois chef d'entreprise,
14:50qui plus est chef de quatre entreprises,
14:52et également homme politique.
14:54En tout cas, chez nous, en Europe,
14:55on ne sait pas faire ensemble.
14:57On peut faire séquentiellement,
14:58en prenant soin de préserver la transparence,
15:01de préserver la rigueur,
15:02de préserver la déontologie,
15:03ce qui n'est peut-être pas le cas partout,
15:05en particulier aux États-Unis,
15:06mais on ne sait pas le faire en tout cas en même temps.
15:07– Une question sur le cri des patrons
15:10de Stellantis et de Renault,
15:11vous les avez entendus.
15:11Là, pour le coup, ils ne disent pas
15:13que c'est la faute des États-Unis
15:14ou de je ne sais qui,
15:14ils disent que c'est la faute de l'Europe.
15:16Ils disent qu'en Europe, aujourd'hui,
15:17on a tant de normes, tant de règles,
15:20tant de cahiers des charges,
15:22que l'on ne peut plus produire
15:24à des prix compétitifs en Europe.
15:26Et ils appellent les membres de l'Union européenne,
15:29les responsables de l'Union européenne,
15:31à laisser les entreprises travailler.
15:34Et comment vous avez perçu,
15:35comment vous avez entendu
15:36ce cri conjoint de deux personnes
15:38qui sont pourtant concurrents,
15:39mais qui se mettent ensemble là-dessus ?
15:40– Mais ils ont parfaitement raison
15:42et ça ne date pas du reste
15:43des deux patrons de Stellantis et de Renault.
15:46Ils ont raison,
15:47on se bat et on s'est battus précisément
15:50pour réduire le nombre de normes aujourd'hui
15:53qui entravent une partie très importante
15:56de l'activité industrielle européenne,
15:58même si, je rappelle en permanence,
16:00que ces normes,
16:01elles ne sont pas nées d'un bureau obscur,
16:04d'un technocrate ou bureaucrate bruxellois,
16:07elles sont nées de notre,
16:08on en parlait tout à l'heure,
16:09de notre démocratie.
16:10Ce sont les parlementaires européens
16:11qui les ont votées,
16:13c'est le Conseil européen
16:14et les États qui les ont votées.
16:16Donc généralement, à la base,
16:18il y avait sans doute une idée
16:19qui n'était peut-être pas une idée saugrenue
16:21de préserver par exemple l'environnement,
16:23de préserver la qualité au travail,
16:26d'avoir aussi la réciprocité maintenant
16:29vis-à-vis des pays
16:30qui n'ont pas également les mêmes normes.
16:31Mais il y en a trop,
16:32donc il faut maintenant évidemment
16:34simplifier au maximum
16:36et ils ont raison.
16:37Ce matin, Arnaud Rousseau,
16:38le patron de la FNSEA,
16:39qui était mon invité à 7h40 sur RMC,
16:42appelle à nouveau à la mobilisation.
16:44Dès le 26 mai,
16:45des agriculteurs,
16:47il dit,
16:47les promesses qu'on nous avait faites
16:49n'ont pas été tenues
16:49et notamment sur la question des normes,
16:51notamment sur la question du stockage de l'eau
16:53ou des néonicotinoïdes.
16:55Il dit,
16:56nos voisins,
16:56allemands,
16:58espagnols,
16:58peuvent y avoir recours,
16:59nous non,
17:00c'est donc une concurrence déloyale.
17:02Est-ce que c'est un problème
17:02quand nous allons plus loin
17:04que l'Europe neuve ?
17:05C'est un problème
17:05et c'est la raison pour laquelle
17:06moi je suis plutôt
17:07pour les règlements,
17:09les règlements dans notre jargon européen,
17:11ce sont des lois
17:12qui s'appliquent
17:12à tout le monde en même temps.
17:15Les directives,
17:16il y a un cadre général
17:17et ensuite,
17:18chaque État peut l'adapter.
17:20Et évidemment,
17:20c'est là où on voit des différences.
17:22Donc je pense qu'aujourd'hui,
17:23il faut limiter le nombre de directives
17:25qui pénalisent,
17:26et il a raison,
17:26qui pénalisent aujourd'hui
17:27l'agriculture française
17:28par rapport à ses concurrents.
17:30Vous savez,
17:31c'est un travail
17:31qui ne doit jamais cesser.
17:33Alors il y a des crises
17:33et donc à ce moment-là,
17:36on les met sur le devant de la table.
17:38Il faut évidemment
17:38qu'entre deux crises,
17:40puisque c'est ce dont on parle ce matin,
17:43eh bien le travail se poursuive.
17:44Donc oui,
17:45le travail n'est pas terminé aujourd'hui
17:46sur l'agriculture française.
17:48Il faut absolument le poursuivre.
17:49Thierry Breton,
17:50je voudrais que vous écoutiez
17:50les mots de Keir Starmer,
17:51c'est donc le Premier ministre britannique.
17:54C'était cette semaine
17:55un grand discours
17:56sur les questions
17:56d'immigration
17:58et de travail.
18:01Nous risquons de devenir
18:02une île d'étrangers
18:03et non une nation
18:05qui avance ensemble.
18:07Nous publions aujourd'hui
18:08un plan d'action
18:09sur l'immigration,
18:10une stratégie absolument centrale
18:12dans mon programme
18:12pour le changement
18:13qui permettra enfin
18:15de reprendre le contrôle
18:16de nos frontières
18:17et de tourner la page
18:18d'un chapitre sordide
18:19de notre vie politique,
18:21de notre économie
18:21et de notre pays.
18:25Il veut refermer les frontières
18:28comme le fait aussi l'Allemagne.
18:30Les patrons disent l'inverse.
18:31Ils disent
18:31on a besoin
18:32de cette main d'oeuvre.
18:33Ils disent même
18:34que le travail
18:34est un des moyens d'intégration.
18:36Qui croire ?
18:37Qui suivre ?
18:38Alors évidemment
18:39Kirstheimer parle d'une situation
18:41qui est une situation
18:41qui a été je dirais
18:44extrême dans un cas
18:45comme dans l'autre
18:45dans un sens
18:46comme dans l'autre
18:46en Grande-Bretagne.
18:49Et c'est vrai
18:51que ce sujet
18:52est un sujet
18:52qui devient éminemment sensible.
18:55Tu restes pour l'ensemble
18:55vous le rappelez à l'instant
18:56de nos concitoyens.
18:58Ce n'est pas un sujet
18:59qui est un sujet
18:59à traiter l'air vert de la main.
19:01Donc politiquement
19:01on comprend parfaitement
19:02pourquoi il le fait.
19:04Maintenant économiquement
19:04l'immigration économique
19:06ça a toujours existé
19:07ça continuera à existir.
19:08Il suffit encore une fois
19:10de se donner les moyens
19:10de le faire un petit peu mieux
19:12de le faire accepter aussi
19:13par toutes
19:14je dirais
19:15les strates politiques
19:18de nos états.
19:19Bien sûr
19:20qu'on va continuer
19:21à avoir un besoin
19:22d'immigration
19:22c'est une évidence.
19:24Bien sûr aussi
19:25dans le monde
19:26dans lequel nous sommes
19:27il faut davantage
19:27la contrôler
19:28c'est une autre évidence.
19:29Et bien voilà
19:29c'est ça la dualité aujourd'hui
19:31la responsabilité
19:32des hommes politiques
19:32c'est exactement
19:33ce que vient de dire
19:33Kirstheimer.
19:34Merci Thierry Breton
19:35d'être venu répondre
19:36à mes questions
19:37ce matin sur RMC
19:38et BFM TV
19:39vous êtes l'ancien
19:40commissaire européen
19:41il est 8h50
19:42et BFM TV
19:43vous êtes l'ancien
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