00:00Triple A, ça veut dire arabe, albinos, aveugle.
00:02Arabe parce que je suis algérienne, albinos parce que je suis albinos.
00:04Et aveugle parce que je suis un peu aveugle, quoi.
00:07Je m'appelle Lilia Benchaban et je suis humoriste.
00:09J'ai été diagnostiquée de mon albinisme oculocutané,
00:13du coup de mon problème de peau et de mon problème de vue à la naissance.
00:15J'ai grandi avec, c'est un peu comme un pote toxique, mon handicap.
00:17Premier collège-lycée, c'est un peu compliqué, l'intégration avec les gens, etc.
00:20J'ai été très vite pointée du doigt de par ma différence.
00:22J'ai des souvenirs où on se met autour de moi dans la cour en me disant
00:25on se parle plus parce que t'es handicapé, enfin bref, des trucs un peu durs.
00:28Les adultes n'ont jamais, quasiment jamais été de mon côté
00:30parce que c'était soit on comprenait pas donc on voulait pas s'occuper de moi,
00:33soit t'es handicapé mais t'abuses un peu, j'ai des souvenirs de moi en cours de stats.
00:37Vraiment, je voyais pas du tout l'écran.
00:38Et des fois ça me frustre et je me dis
00:39je pense que si j'avais été normale, j'avais eu une vue normale,
00:43ça m'aurait aidé dans plein de choses.
00:44L'humour est rentré dans ma vie très très tard
00:46parce qu'en fait je pense que j'étais pas assez mature pour être drôle.
00:49C'est vraiment arrivé au lycée en première et en terminale
00:52où je me suis rendu compte que prendre mon handicap entre guillemets à la légère
00:55et être ok avec, être ok avec les questions des camarades,
00:58être ok avec les petites remarques qui parfois sont juste du manque de tact
01:01et pas de la méchanceté, ça me rendait un peu plus cool et un peu plus accessible.
01:03Donc j'ai commencé à monter sur scène en parallèle de mes études.
01:06Ça me faisait du bien et ça me faisait plaisir donc je continuais.
01:08Pendant longtemps je m'en suis servie comme une arme
01:09mais maintenant je considère ne plus avoir besoin d'armes en fait.
01:13Les gens peuvent penser ce qu'ils veulent de moi, je m'en fous en fait.
01:15Je sais pas si j'ai pété tous les plafonds qui sont au-dessus de moi
01:17mais en tout cas j'ai vraiment essayé d'aller et j'essaierai d'aller le plus loin possible.
01:21Et déjà juste le fait d'aujourd'hui ne plus avoir besoin d'armes
01:23ou aujourd'hui être ok avec qui je suis, je pense que déjà c'est un bon combat.
01:27Des fois peut-être à trop vouloir intégrer et donc dire
01:30ah ouais on dit pas normal, on dit pas en situation de handicap,
01:33on dit pas différent, on dit pas ceci, on dit pas cela.
01:35En fait c'est un peu dur parce que les gens se retrouvent plus forcément.
01:38Il y en a qui savent plus quel mot employer,
01:39il y en a qui savent plus comment ils doivent appeler quelqu'un d'autre.
01:42C'est un peu technique.
01:43Moi perso qu'on me dise de moi que je suis une personne en situation de handicap,
01:45c'est ok parce que je le suis.
01:47Qu'on me définisse comme ça, je suis pas fan, pas mentir.
01:50Mais je suis ok avec le fait qu'on m'appelle handicapé, c'est pas grave.
01:52On peut me retrouver le 17 mai prochain au Parc Floral
01:55pour le festival unique qui est le premier festival d'égalité des chances.
01:59Le but de ce festival c'est que vous puissiez venir avec vos différences
02:01ou sans vos différences, venez vraiment comme vous voulez.
02:03Le but c'est d'essayer de trouver ce que vous cherchez.
02:05Vous cherchez un job, vous en trouverez peut-être un.
02:07Vous cherchez des contacts, vous en trouverez peut-être un.
02:08Vous voulez agrandir votre réseau, vous voulez juste un petit peu d'espoir,
02:11du contact, échanger avec les gens, vous êtes les bienvenus.
02:15Merci.
02:16Merci.
02:17Merci.
02:18Merci.
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