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Melvil Poupaud joue les escrocs dans "Les règles de l'art" : "Mon personnage retombe un peu en enfance"
franceinfo
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il y a 9 mois
Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Mardi 29 avril 2025 : l'acteur Melvil Poupaud. Il est à l'affiche mercredi du film "Les règles de l'art" de Dominique Baumard.
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00:00
Bonjour Melville Poupot. Bonjour.
00:01
Le cinéma a toujours fait partie de votre vie, ou presque.
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Ce qui est certain, c'est que vous avez été fasciné très tôt par le 7e art.
00:08
D'abord par le biais de votre mère, scénariste, réalisatrice, productrice, attachée de presse de Marguerite Duras.
00:13
Puis par votre mentor et d'autres réalisateurs, je pense évidemment à Raoul Ruiz,
00:18
qui dès vos 11 ans vous a fait tourner et arpenter les coulisses et les plateaux.
00:22
Vous avez donc débuté dans la ville des pirates, avec une furieuse envie d'en découdre avec ce métier passion,
00:27
multiples trésors, le principal étant l'amour du jeu, transmis justement par ce même réalisateur.
00:33
Ce qui vous a permis de prendre conscience que oui, acteur était bien un métier pour vous.
00:37
Suivrons Jacques Doyon avec la fille de 15 ans, Jean-Jacques Hannault, je pense à l'amant François Ozon,
00:42
avec le temps qui reste, je pense aussi à Grâce à Dieu, ou encore Xavier Dolan et le fameux Laurence Anyways.
00:49
Tout ça pour dire que vous avez, au fil du temps, su délecter vos nombreux coups de chance,
00:54
et bien avant de travailler avec Woody Allen, aujourd'hui vous êtes à l'affiche du film « Les règles de l'art » de Dominique Beaumard,
01:00
aux côtés de Sofiane Zermani.
01:02
Vous êtes un expert, un montre de luxe qui vit, on va dire, sans prétention dans un appartement parisien confortable,
01:09
entouré de sa femme et de sa fille, jusqu'au jour où effectivement il rencontre Eric, russeleur et escroc,
01:15
qui rapidement finit par lui déposer cinq oeuvres d'art volées au musée d'art moderne à Paris.
01:24
C'est une vraie histoire, l'histoire initiale.
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J'ai presque envie de dire, malheureusement, voilà exactement,
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car les fameuses oeuvres ont été, semble-t-il, détruites et jetées à la poubelle.
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C'est ce qu'on a appelé le casse du siècle.
01:36
Ce qui vous a attiré, Melville, tout d'abord, c'est de travailler effectivement avec le scénariste.
01:40
Absolument, Dominique Beaumard, qui est un excellent scénariste, un ami, et là c'est sa première réalisation.
01:46
Mais je sentais déjà dans ses écrits, dans ses scénarios, qu'il avait cette envie de mélanger un peu les genres,
01:51
de faire à la fois de la comédie et un polar, enfin un film de braquage.
01:54
Et c'est ce qui est très réussi dans le film, c'est qu'on se marre, c'est franchement hilarant, même par moments.
01:59
Mais il y a aussi ce fil conducteur de cette histoire, de ces tableaux volés,
02:02
et que les mecs sont incapables de refourguer parce qu'ils sont trop nuls.
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Est-ce que l'humour, justement, a ce pouvoir-là, justement, Melville,
02:09
d'apporter aussi, de faire sortir les spectateurs de leur zone de confort ?
02:17
Bien sûr, et puis là, en plus, c'est un plaisir à faire, mais c'est beaucoup de travail aussi.
02:25
C'est ce que j'ai remarqué sur le tournage d'Éric Dollard, c'est qu'il y avait une précision dans le jeu,
02:29
il y avait une mécanique qui était vraiment implacable, et des fois ça marchait, des fois ça ne marchait pas.
02:33
Donc c'est le travail de trouver la bonne note, le bon équilibre.
02:36
Et ensuite, même moi, en voyant le film, je me suis marré, et j'ai oublié même l'avoir tourné,
02:41
que c'était presque moi à l'écran, et j'ai vu Cobb, ce personnage,
02:44
aux prises avec ses dilemmes, se faire manipuler,
02:47
et je suis retombé dans le panneau, un peu comme Cobb lui-même, en voyant le film,
02:49
je me suis dit genre, ah oui, mais... Et j'ai vibré avec mon personnage.
02:52
Et c'est vrai qu'on est pendant une heure et demie, on oublie un peu tout, on se marre, on vibre,
02:57
et puis on découvre aussi des choses sur la nature humaine,
02:58
parce que quand même cette histoire où ces mecs ont été jusqu'à gâcher autant de chefs-d'oeuvre,
03:04
c'est assez édifiant sur la nature humaine.
03:06
On se demande la part d'honnêteté qui existe en nous,
03:10
et jusqu'où on est capable pour aller pour de l'argent, finalement ?
03:12
Parce qu'en fait, mon personnage, j'y retombe un peu en enfance,
03:14
et en fait, c'est un grand enfant, c'est pour ça aussi que je lui ai donné cette apparence,
03:16
avec des bretelles, des crocs oranges, il y a un côté un peu clownesse dans mon personnage,
03:20
parce que pour moi, c'est un grand enfant, il rencontre un type qui le manipule,
03:23
il se dit, ah génial, un nouveau copain, il l'entraîne faire des bêtises,
03:26
ils sont là, comme ça, jusqu'au moment où ça va trop loin,
03:28
la bêtise est trop grosse pour lui,
03:29
et c'est comme un môme pris un peu la main dans le sac,
03:33
même avec sa femme, il n'ose pas lui dire,
03:34
puis finalement, quand il lui dit, il ne lui dit pas vraiment,
03:36
enfin, il continue à s'empêtrer les pieds dans le tapis,
03:39
et finalement, quand il a fait une trop grosse bêtise,
03:42
il ne sait plus comment s'en sortir,
03:43
et je pense qu'un môme ferait la même chose,
03:44
c'est-à-dire qu'il aurait volé un truc,
03:45
et puis à la fin, il le mettrait à la poubelle,
03:47
non, ce n'est pas moi, monsieur.
03:48
Il y a vraiment ce côté charmant du personnage,
03:50
qui à la fois nous paraît totalement ahuri,
03:52
et en même temps nous touche,
03:54
parce qu'on s'identifie, en fait.
03:56
Ce qui vous a attiré dans ce métier d'acteur,
03:59
c'est le jeu.
04:00
Ça vous a été transmis par Raoul Ruiz.
04:03
Pourquoi vous avez dit, à un moment donné,
04:05
que ce n'était pas dans votre ADN, entre guillemets ?
04:08
Parce que quand j'étais petit,
04:10
j'étais plutôt timide, un peu inhibé,
04:12
je n'étais pas spécialement branché théâtre ou spectacle,
04:16
et c'est vraiment par Raoul Ruiz
04:17
que je me suis retrouvé à jouer des rôles,
04:19
et même si je ne comprenais pas vraiment ce qu'il attendait de moi,
04:21
parce que c'était des films assez compliqués,
04:23
enfin, pas compliqués, mais complexes, oniriques,
04:26
sans vraiment de scénario, c'était un artiste,
04:28
c'était quelqu'un qui était capable de créer un film
04:29
pendant qu'il le tournait, ce qui est assez rare.
04:32
Donc, c'est vrai que j'ai appris sur le tas,
04:34
et en même temps, j'ai pris beaucoup de plaisir
04:35
à écouter les adultes et aller regarder aussi, s'amuser.
04:38
Il y avait aussi un côté enfantin, malgré tout,
04:39
sur les films de Ruiz, avec le pousser le travelling,
04:42
moi, je voyais ça comme un jeu,
04:43
il me faisait faire des cascades, un petit peu,
04:45
qu'on ne pourrait plus faire aujourd'hui,
04:46
mais que je trouvais amusantes à l'époque.
04:48
Et donc, voilà, ce n'est pas tellement le jeu,
04:51
dans le sens d'incarner des personnages
04:53
et développer des émotions, c'était plus s'amuser
04:55
avec une bande de, en l'occurrence des adultes,
04:57
mais une bande à fabriquer une histoire
04:59
et voilà, à faire des bêtises un peu.
05:01
Et surtout que les films de Ruiz étaient souvent
05:03
des films d'aventure, des films avec des pirates.
05:06
Donc, moi, j'avais l'impression, en tant qu'enfant,
05:07
de rentrer dans le conte de fées.
05:09
Le conte de fées qu'on raconte d'habitude aux petits
05:10
pour l'endormir, là, j'avais l'impression
05:12
de rentrer dedans éveillé.
05:13
Je voudrais juste qu'on parle du temps qui reste
05:15
de François Ozon, ça a été un moment très,
05:16
très important pour vous.
05:18
Vous avez joué le rôle d'un photographe,
05:20
pas du tout, voilà, d'un photographe atteint d'un cancer
05:23
en phase terminale.
05:24
En quoi ce rôle a changé votre vie, Melville ?
05:27
Parce que déjà, il y a des rôles
05:28
qui vous emmènent tellement loin
05:30
et que vous habitez tellement profondément.
05:32
Je dirais qu'à la sortie du film, déjà,
05:34
vous êtes très content que ça s'arrête
05:35
parce que c'était intense
05:36
et vous avez l'impression de renaître à vous-même
05:38
et de repartir avec une expérience en plus.
05:41
Là, en l'occurrence, c'est quelqu'un qui meurt.
05:43
Donc, c'était très intense.
05:44
Il a fallu que je perde beaucoup de poids
05:45
pendant le tournage.
05:46
Et à la fin du tournage, je me disais,
05:48
j'ai enviement que ça s'arrête
05:49
parce que là, je suis vraiment allé au bout.
05:50
Ce n'est pas une expérience vraiment mortifère,
05:53
mais c'est quand même une espèce de désincarnation.
05:57
Et en plus, avec Jeanne Moreau,
05:58
qui était une amie après
06:00
et qui était une grande dame du cinéma
06:01
qui m'a beaucoup appris,
06:02
avec qui j'ai passé beaucoup de temps.
06:04
C'était très enrichissant,
06:05
qui jouait ma grand-mère.
06:07
Et donc, à la fin du tournage,
06:07
je me suis dit, OK, maintenant,
06:08
je peux repartir à zéro.
06:09
C'est comme si j'avais ça derrière moi
06:11
et j'ai une nouvelle vie qui s'offre.
06:12
En plus, tout le monde disait,
06:13
et notamment Jeanne Moreau,
06:14
tu vas voir, après ce film-là,
06:15
ta carrière va changer.
06:16
Ma carrière n'a pas changé du tout.
06:17
Ça n'a rien changé.
06:19
Mais en tout cas,
06:19
moi, je me suis senti différent.
06:21
Et ça a été le cas aussi
06:22
avec le film de Xavier Delanne,
06:23
Laurence Inuys,
06:24
où j'ai eu l'impression,
06:26
après ce grand tournage
06:27
et ce grand rôle,
06:28
de repartir un peu à zéro
06:29
et d'être plus fort.
06:30
Plus honnête que malhonnête ?
06:32
Dans la vie.
06:33
Quand on voit cette histoire-là,
06:35
je vais juste préciser une chose.
06:36
Les trois protagonistes ont été condamnés
06:38
à 6, 7 et 8 ans de prison
06:40
et à rembourser 104 millions d'euros.
06:42
Ah oui, c'est pas parce que tu jettes le truc
06:44
qu'on ne va pas te penser coupable.
06:46
Mais, donc moi, si je suis honnête ?
06:48
Plus honnête que malhonnête ou pas ?
06:49
Vous voulez que je sois vraiment honnête ?
06:50
Oui.
06:51
Oui, je suis très honnête.
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