00:00Bien, nous parlons, nous venons de parler du Sénat avec le sénateur Burgoa,
00:04maintenant nous parlons de la rentrée parlementaire à l'Assemblée.
00:07Alors là, les députés, rentrée parlementaire aussi au Sénat,
00:11c'est la raison pour laquelle vous êtes à Paris, Laurent Burgoa.
00:13Députés et sénateurs retrouvent leur hémicycle dans un climat,
00:18vous dites, à couper au couteau.
00:19Ah bah oui, alors vraiment c'est une ambiance de chien de faïence et personne n'y échappe.
00:23D'abord, on parle du groupe socialiste, Congrès oblige.
00:26Quand le président du groupe, Boris Vallaud, défie le premier secrétaire du Parti Socialiste, Olivier Faure,
00:31c'est du jamais vu d'ailleurs, ça n'est jamais arrivé,
00:33et bien que son offensive à Boris Vallaud fait plus ou moins cheat,
00:37parce qu'il n'arrive pas pour le moment à ramener des députés et des fédérations d'impercussions.
00:42C'est un peu tiré par les cheveux.
00:44Bien sûr, bien sûr, moi aussi, évidemment.
00:46Ça tend forcément les cordes, on reste encore courtois au PS, on se dit encore bonjour,
00:50mais on connaît la mécanique d'un Congrès socialiste,
00:53ça passe toujours à la fin en mode dégradé.
00:55Ajoutez à cela la tension avec LFI, qui a atteint un nouveau stade, je le redis,
01:01avec les insultes essuyées par Jérôme Gage dimanche lors de la manifestation,
01:05un hommage à Aboubakar Sissé, Gage traité de salsioniste par des militants de LFI.
01:11Là, il y a encore un cap qui a été franchi.
01:14Vous ajoutez à cela les louvoiements de Marine Tondelier,
01:17qui semblent repartir totalement dans le giron de Jean-Luc Mélenchon,
01:20notamment pour les municipales,
01:22et vous avez évidemment une gauche à l'Assemblée nationale sous pression en chien de faïence.
01:26À droite, Jean-Jacques, ça n'est pas mieux, Bruno Retailleau,
01:29qui est quand même le favori pour la présidence des Républicains,
01:32est de plus en plus attaqué.
01:34On voit, ça se tend avec Laurent Wauquiez sur tout sujet.
01:37Et on voit aussi un ministre de l'Intérieur qui se dimultiplie.
01:40Il est ministre de l'Intérieur le jour,
01:42et il est candidat à la présidence des Républicains le soir,
01:46avec, comme ministre de l'Intérieur, des résultats assez limités.
01:50C'est la limite, on l'a souvent expliqué à cette antenne,
01:52du ministère et de la place Beauvau.
01:54Les coups vont pleuvoir, en tout cas, avant la date butoir.
01:56Et puis on a le RN.
01:57Le RN ?
01:58Oui, Jean-Jacques, parce que là, aujourd'hui,
02:00la rentrée parlementaire, elle se fait avec la figure de proue Marine Le Pen,
02:03qui est quasiment disqualifiée, en tout cas pour 2027.
02:06Et le moins qu'on puisse dire,
02:07Jean-François Aquilier en parlait hier à cette même place,
02:10le moins qu'on puisse dire, c'est que Jordan Bardella,
02:13je fais mise même, est loin de faire l'unanimité,
02:16et de convaincre la masse.
02:18En gros, le RN...
02:19Tout le monde pense qu'il n'a pas les épaules suffisantes.
02:21Le RN dit avec Marine Le Pen, c'était une place assurée en finale,
02:26avec Jordan Bardella, c'est beaucoup moins.
02:28Et puis on termine par le blues des macronistes.
02:30Imaginez cette rentrée, il pédale complètement dans la choucroute.
02:34Personne ne comprend vraiment où veut aller Gabriel Attal.
02:36On sait qu'il veut aller sur la ligne de départ de 2027,
02:39mais on ne sait pas comment il veut y aller.
02:42Un coup barre à droite, un coup barre à gauche,
02:44c'est impossible à suivre.
02:45Et quand les groupes flottent,
02:47eh bien, c'est une règle parlementaire,
02:50eh bien, il faut se refaire une santé en se trouvant quoi ?
02:52Un adversaire.
02:53Un ennemi commun, c'est François Bayrou.
02:55Évidemment, on ne va pas le plaindre,
02:56parce que François Bayrou, il pense avoir trouvé sa martingale.
02:59En relançant quoi ?
03:00Je vous le donne en mille et mille,
03:01la proportionnelle.
03:03La proportionnelle, c'est le petit cadeau fait à Marine Le Pen
03:06pour s'éviter la censure.
03:07Est-ce qu'on peut se poser une question ce matin ?
03:09Oui, ben, allez-y, François.
03:10Posons-nous la question que tout le monde doit se poser.
03:13Y a-t-il pas autre chose à faire actuellement
03:15que de relancer un débat sur la proportionnelle ?
03:18Vous avez 600 salariés qui vont être sur le carreau,
03:20ArcelorMitte.
03:21Vous avez des dettes en veux-tu en voilà.
03:23Vous avez une situation internationale délirante.
03:25Que fait François Bayrou ?
03:27Il relance la proportionnelle.
03:28Pour le bien du pays ?
03:29Oui, bien sûr.
03:31Mais pour le bien de François Bayrou.
03:32Pour le bien du modem.
03:33Oui, ça permet d'assurer la survie du modem.
03:36Ça lui permet à lui, évidemment,
03:38de regagner sa mairie de Pau en 2026.
03:41Pourquoi ?
03:41Pour être candidat à la présidentielle en 2027.
03:45Bien sûr que si.
03:45Vous y croyez ?
03:46Non, mais j'y crois plus que j'y crois.
03:48Demandez donc à ses proches.
03:49Bien sûr que si.
03:50Alors Bayrou, il espère que ce hochet,
03:51la proportionnelle,
03:53qui pourrait être inscrite,
03:54je vous donne l'info normalement en septembre,
03:56lui permettra d'échapper à l'audition
03:58sur Metaram le 14 mai
04:00et d'échapper à la fin du conclave des retraites.
04:02Non, mais Metaram, il n'y échappera pas.
04:04En tout cas, il voudrait une conclusion heureuse.
04:06Il pense que la proportionnelle va faire diversion.
04:08En fait, François Bayrou, c'est un jeu de fléchettes
04:10et tout le monde a une fléchette.
04:12LFI veut le censurer sur Metaram.
04:14Le PS sur les retraites
04:15et Marine Le Pen ne le lâche pas sur l'énergie.
04:18Et que fait François Bayrou ?
04:20Eh bien, il fait comme son héros Henri IV.
04:22Il se dit, Matignon vaut bien une proportionnelle.
04:25Voilà.
04:25Bravo.
04:26Voilà, je vous en prie.
04:27Bravo, c'était tout feu, tout flamme.
04:28Ben comme nous, il n'y a que des gardois dans ce studio.
04:32On entend de l'accent, ça fait du bien dans le studio.
04:35J'adore, j'adore.
04:367h53.
Commentaires