00:00Europe 1 Soir, 19h, 21h, Stéphanie de Muru.
00:04Un témoignage exceptionnel ce soir sur Europe 1, celui d'Elkanah Cohen, officier de réserve et soldat de combat dans Tsaal.
00:11Il a tenu un journal quotidien pendant près de 100 jours à Gaza, en plein cœur de la guerre, déclenché après les attaques du 7 octobre 2023.
00:20Bonsoir Elkanah Cohen.
00:30C'est disponible sur Amazon, c'est un récit brut, direct, profondément humain, qui mêle des témoignages de guerre, des réflexions sur l'engagement, la mémoire juive et les preuves morales de la guerre.
00:44Première question, pourquoi avoir décidé de tenir ce journal ?
00:48D'abord, merci infiniment de me recevoir.
00:54La raison pour laquelle j'ai décidé de tenir ce journal, c'est qu'au bout de 6 jours de combat dans la bande de Gaza, je ne pouvais pas communiquer avec ma femme, et j'ai décidé de lui écrire une lettre.
01:08Et en écrivant cette lettre, je me suis rendu compte qu'on assistait à des choses que le monde entier devait savoir.
01:18Et à partir de ce moment-là, j'ai décidé de documenter tout ce que je voyais en tenant mon journal, et puis avec une caméra GoPro aussi que j'avais achetée, parce que je voulais vraiment que le monde voit ce que nous, nous voyons de nos propres yeux.
01:36Vous dites que vous avez décidé d'en faire un témoignage pour le monde, et c'est vrai que c'est extrêmement important, parce que peu de monde, peu de gens, peu de journalistes ont pu accéder à la bande de Gaza, et c'était important aussi d'avoir votre point de vue.
01:51Je suis d'accord avec vous, ce qui m'a poussé à faire cela, c'est que pas seulement moi, mais les soldats avec lesquels je travaillais, je me battais, voyaient des choses, découvraient des choses que le monde entier devait savoir, devait connaître.
02:16Par exemple, un jour, on était près d'une école qui était remplie de civils, mais aussi, on le savait, il y avait beaucoup de terroristes.
02:28Donc, on leur a demandé de quitter le bâtiment, et personne n'est sorti, on ne comprenait pas pourquoi.
02:34On a utilisé un drône, et on a vu qu'il y avait des gardes du Hamas qui ne laissaient pas les civils sortir du bâtiment.
02:46Et il fallait qu'on tue ces gardes du Hamas pour laisser les civils sortir de l'école.
02:52Et ce qui s'est passé, grâce au drône, on a vu quelques enfants qui essayaient de s'enfuir, et qui ont été tués par les gardes du Hamas.
03:08Donc, on a compris qu'il fallait les abattre.
03:11Et un des gardes est monté sur le toit, et il tenait dans les bras un bébé, un tout petit, devant nous.
03:18Il savait qui nous étions, bien sûr.
03:24Et derrière lui, il y avait un autre type du Hamas qui tenait une caméra.
03:32Il s'en fichait complètement de la vie de ce tout petit.
03:35Et je voulais en parler, en témoigner, parce que c'est le genre de scène auquel on assistait.
03:41Les gens du Hamas étaient tellement cyniques qu'ils utilisaient les Palestiniens comme boucliers humains,
03:48alors que nous, on essayait de protéger ces enfants des tirs mortels du Hamas.
03:55C'est important ce que vous nous dites, parce que vous parlez de cette scène où les civils sont pris comme boucliers humains.
04:03Vous parlez de cette scène de l'école qui vous a beaucoup choquée.
04:06Vous vous demandez, finalement, pourquoi ces civils sont-ils restés dans la bande de Gaza,
04:13alors que vous avez, vous, Israéliens, appelés à leurs évacuations.
04:17Est-ce qu'aujourd'hui, vous avez la réponse à cette question que vous vous posiez ?
04:20Je pense que la réponse est complexe, parce qu'en fait, les civils étaient maintenus sur place par le Hamas.
04:32La population de Gaza, pour la plupart, soutenait cette organisation terroriste,
04:37alors que l'organisation terroriste qu'est le Hamas les utilisait comme boucliers humains.
04:42Ils sont fichés de la vie des civils.
04:46C'était très choquant.
04:49Vous dites d'ailleurs, dans les écoles, qu'il y avait des livres où, clairement, il y avait une forme de propagande.
04:54Vous voyez des plans, from the river to the sea,
04:59une vraie propagande anti-juive dans les écoles de la bande de Gaza.
05:05C'est cela, malheureusement.
05:10On a beaucoup entendu et on continue d'entendre beaucoup cette phrase du Jourdain à la mer.
05:16Bon, beaucoup de gens ne savent pas de quel fleuve il s'agit ni de quelle mer,
05:20mais moi j'ai parcouru des manuels d'histoire dans une de ces écoles,
05:25et je voulais voir ce qu'ils enseignaient aux enfants palestiniens.
05:30Et on trouvait des bombes, des fusils, des armes de guerre dans tous les endroits où on mettait le pied.
05:40On trouvait des grenades dans les poussettes des bébés, des bombes placées sous des lits.
05:46Vous le dites dans le livre, c'est que vous trouvez des jardins d'enfants avec, vous l'avez dit, des explosifs à côté.
05:53Constamment, la population, les civils sont mis en danger par leur propre peuple, par le Hamas.
05:59Ce que vous venez de dire, c'est important.
06:06Mais ils n'étaient pas seulement aux mains du Hamas, ils soutenaient le Hamas aussi,
06:12et ils soutiennent le Hamas pour la plupart.
06:16Ça n'a pas de sens pour moi de trouver des bombes dans chaque maison.
06:21Dans chaque maison.
06:21C'est quelque chose sur laquelle ils étaient d'accord.
06:24Dans chaque maison, vous dites ?
06:25Dans chaque maison, absolument.
06:28Aujourd'hui, on a une partie, en tout cas certains élus français,
06:33issus de la France insoumise, de l'extrême gauche,
06:36qui évoquent le Hamas comme un mouvement de combattants.
06:39Qu'est-ce que ça vous évoque ?
06:40Moi j'aimerais leur poser la question.
06:46Est-ce que vous pensez que ce groupe de gens, une organisation terroriste,
06:52qui a violé des femmes, brûlé des bébés dans des fours,
06:57ont massacré des femmes dans leur maison,
07:01est-ce que c'est vraiment un mouvement de liberté ?
07:03Ce sont des bouchers.
07:08Et le Hamas a envoyé les vidéos sur Facebook.
07:11Ils étaient fiers de ce qu'ils avaient, des atrocités qu'ils avaient commises.
07:16Je ne vois pas comment aucun représentant officiel puisse les soutenir.
07:19Est-ce que le Hamas a gagné la guerre de la communication, selon vous ?
07:23Malheureusement, oui, je crois.
07:28On voit combien sont nombreux les gens à les soutenir.
07:31Dans un monde normal, personne ne soutiendrait un groupe de meurtriers et de bouchers.
07:37Malheureusement, c'est ce qui se passe.
07:39Votre journal s'arrête au bout de 100 jours, vous retournez à la maison.
07:42On a envie de savoir aujourd'hui, ce sera ma dernière question,
07:44elle est plus personnelle.
07:45Qu'est-ce que vous devenez ?
07:46Est-ce que vous avez retrouvé votre épouse, Shiran ?
07:49Est-ce que vous allez retourner à la guerre ?
07:51Oui, j'ai arrêté de tenir mon journal au bout de 100 jours,
07:58mais en réalité, ce n'est pas terminé.
08:01Depuis le 7 octobre, j'ai combattu pendant plus de 300 jours.
08:09Avec ma femme, ça représente plus de 700 jours en tant que combattant réserviste.
08:14Donc, ce n'est pas la fin de mon journal et ce ne sera pas la fin jusqu'à ce qu'on soit certain de pouvoir vivre paisiblement.
08:23Vous croyez à cette paix encore ?
08:25Je crois toujours en la paix.
08:30Mais on ne peut pas faire la paix avec des gens qui veulent nous tuer.
08:34C'est une excellente question.
08:35Mais tant qu'il y aura des organisations et des gens qui poussent à notre mort, à notre assassinat
08:43et qui soutiennent des organisations terroristes comme le Hamas,
08:46on ne peut pas signer la paix avec eux.
08:48On ne peut pas négocier avec des gens qui veulent nous massacrer.
08:51Et voilà une interview à découvrir en intégralité à 22h15 sur Europe 1 et sur le site europe1.fr.
08:59Et dans quelques instants, restez avec nous, on débriefera cette interview avec Jules Torres et Gilles-William-Goldnadel
09:05qui a d'ailleurs signé la préface du livre d'Elkana Cohen.
09:10Restez avec nous sur Europe 1.
09:1219h-21h
09:13Merci de nous rejoindre en direct sur Europe 1 Soir.
09:21On vient d'écouter ce témoignage rare, celui d'Elkana Cohen, officier de réserve, soldat de combat d'Antzal.
09:28Il a tenu un journal quotidien pendant 100 jours à Gaza, en plein cœur de la guerre,
09:31déclenché après les attaques du 7 octobre 2023.
09:34Il raconte comment l'organisation terroriste Hamas se sert de sa population comme bouclier humain.
09:42C'est Gilles-William-Goldnadel ici présent avec Jules Torres qui va aussi commenter en cette interview
09:49qui a signé, Gilles-William, la préface de ce livre.
09:53Déjà, pourquoi avoir signé cette préface, Gilles-William ?
09:56D'abord, je vous sais gré d'évoquer ce livre qui est un témoignage mais aussi une sorte de plaidoyer.
10:05Et moi-même, j'avais commis un journal de guerre et si j'avais le temps,
10:12j'écrirais une sorte de journal de la désinformation qu'on a connu pendant l'époque,
10:19notamment au sein de l'audiovisuel de services publics ou dans des journaux comme Le Monde et d'autres,
10:24qui n'ont fait que relayer souvent la propagande du Hamas,
10:29notamment les bilans victimaires,
10:31sans même dire qu'il s'agissait du Hamas et sans expliquer sur tout le contexte.
10:36Or, j'ai fait la connaissance en vérité d'Elkanah Cohen hier.
10:40Il est venu me voir à mon bureau hier, je ne le connaissais pas.
10:44On m'avait envoyé son manuscrit après l'avoir lu.
10:47Je l'ai volontiers préfacé.
10:50Il explique en vérité ce soldat, il est assez jeune, il est d'un bon niveau intellectuel.
10:59Et en vérité, il explique, il est en proie à de nombreux tourments.
11:06Il a vu la guerre de près, il a vu des camarades de combat tomber à côté de lui.
11:13Et il est venu pour défendre son pays agressé dans les conditions...
11:18Il parle d'ailleurs de lutte existentielle.
11:19Mais bien sûr.
11:21Un vrai sens du devoir pour son...
11:23Mais c'est non seulement un combat existentiel pour l'État d'Israël,
11:27mais les conditions que nous avons connues, je peux dire nous,
11:31de ce programme, on n'avait pas connu cela avant la Shoah.
11:38Pardon, moi, depuis la Shoah,
11:40moi, depuis que j'existe et qu'il suis né après la Shoah,
11:45je n'avais pas eu le sentiment de redevenir un juif, si vous voulez.
11:49Et Elkana non plus, d'ailleurs.
11:52Donc, il explique ça et en même temps qu'il explique les conditions,
11:57il vous décrit son témoignage de la manière la plus terrible,
12:03ce que c'est qu'un bouclier humain.
12:06Parce qu'on dit les boucliers humains.
12:07C'est ce témoignage, le bébé s'est brandi par un membre du Hamas.
12:12C'est un bouclier au sens littéral du terme.
12:16En l'occurrence, c'est un bébé bouclier.
12:18Donc ça, c'est un témoignage des plus précieux.
12:21Et en même temps, bien entendu, il est horrifié, comme celui qui vous parle,
12:27que le combat médiatique, il a été perdu.
12:29Israël a été démonisé, l'État de la Shoah a été...
12:34Et devenu l'agresseur pour beaucoup d'observateurs.
12:38L'État génocidaire.
12:39Le mot génocidaire est employé à hauteur et travers,
12:43notamment par l'extrême-gauche insoumise.
12:45Donc, Elkana lui-même, il a beau se battre pour sa vie,
12:50il se bat aussi forcément pour l'honneur de son pays.
12:54Et il le raconte, je crois, au jour le jour.
12:58Et j'avoue que j'étais frappé quand même par sa hauteur de vue.
13:01Jules Torres, ce qui est important, pardonnez-moi, vous alliez commenter,
13:03mais ce qui est important aussi, c'est qu'on l'a entendu dans la bouche de ce soldat,
13:07c'est que ce qui est peu rappelé, c'est que les soldats de Tsaal
13:11ont encouragé la population à évacuer.
13:14Et ça, c'est vrai que ça a été finalement assez peu dit.
13:17Oui, mais ce témoignage, il est évidemment salitaire,
13:20parce qu'il nous vient directement du terrain.
13:22Et moi, pour avoir discuté avec des officiers qui ont participé au 7 octobre,
13:27puisque je me suis rendu en Israël il y a à peu près un mois,
13:31et au-delà des images qu'on a vues, des horreurs,
13:35parce qu'évidemment, j'ai vu, comme la plupart des parlementaires français,
13:40le film du 7 octobre, quelque chose de censuré.
13:43J'ai dû donner mon téléphone, signer une décharge,
13:45parce que les images que l'on voit, en effet,
13:47c'est les images que Elkana Cohen décrit parfaitement dans votre interview.
13:51C'est des boucliers humains, des bébés, des parents qui se jettent sur des bombes,
13:56des mères de famille qui crient,
13:59qui voient leurs enfants se faire tuer d'une balle dans la tête.
14:01Donc, ça, évidemment, il fallait nous le dire,
14:04mais ce qu'on sait moins, en effet, c'est la désinformation.
14:07Et j'ai un petit peu le sentiment,
14:09et quand je parle à des compatriotes juifs ou même israéliens,
14:12ce qu'ils nous disent, c'est qu'au quotidien,
14:14ils vivent un deuxième 7 octobre,
14:16quand ils entendent la désinformation,
14:17quand ils entendent qu'il y a un génocide,
14:19et quand ils entendent que les otages qui sont encore à Gaza,
14:22ils méritent quasiment d'être encore là-bas.
14:24J'ai une dernière petite question à vous poser,
14:26parce qu'on arrive à la fin, malheureusement, de cette interview.
14:28Gilles William, est-ce que vous pensez que ça va changer l'opinion ?
14:32Alors, peut-être que certainement,
14:34les membres de la France Amuse Soumise
14:35ne vont pas lire le livre d'Elkanah Cohen,
14:37mais tout de même, ce genre de témoignages peut-il infléchir l'opinion publique ?
14:42Un peu, vous savez, c'est un combat quotidien
14:45que nous menons, qu'Elkanah livre,
14:49qu'à mon niveau aussi, je ne le cache pas.
14:52Je livre, vous savez, quand je vois les ONG
14:54qui prétendent témoigner comme MSF,
14:57comme Amnesty et d'autres,
14:59et qui sont en vérité totalement inféodés,
15:01ça fait mal.
15:02Ça fait mal.
15:03Alors, bien sûr que Elkanah, lui tout seul,
15:05ne va pas gagner la guerre médiatique.
15:07Mais il contribue, je crois,
15:10quand même à redresser un peu l'honneur de son peuple et de son pays.
15:14Merci à tous les deux, Jules Torres,
15:15Jules William, Golden Allen.
15:17Merci à vous.
15:18Et tout de suite, c'est le Zatine.
15:1919h, 21h, Europe 1 Soir.
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